Une conférence d’audit sans tabou

cherifi1.jpg«Le fait de reconnaître ses faiblesses est une force et le fait de tenir une telle conférence est une victoire.»

 

Le FFS innove. Sort de sa coquille. Il prépare son retour en force sur la scène politique en organisant un audit du parti. Une première en Algérie. En un mot, le FFS veut se replacer sur l’échiquier politique national qu’il a déserté depuis des années. L’audit en question vise à évaluer les mandats des élus, les objectifs politiques du parti, les moyens mis en oeuvre, le fonctionnement interne…soit un diagnostic précis du parti et de son personnel, comme a tenu à le signaler d’entrée la direction du FFS. Pendant deux jours, jeudi et vendredi, les militants et les membres de la direction nationale, élus à la base ont procédé à une véritable autopsie du plus ancien parti politique d’opposition en Algérie. Le FFS surprend aussi en ouvrant le débat et en abordant en public un sujet «tabou»: la défection de bon nombre de ses cadres et militants. Le professeur Mohand-Amokrane

Chérifi, expert à l’ONU, chargé de plusieurs audits de partis politiques à travers le monde, est l’artisan de cette opération inédite dans notre pays. Il considère que «le fait de reconnaître ses faiblesses est une force et le fait de tenir une telle conférence est une victoire.» C’est lui qui a piloté l’opération de bout en bout. C’est lui, aussi, qui a osé poser cette lourde interrogation: «Pourquoi la machine du FFS produit des frustrés?» Cet ancien militant engagé et respecté dans la famille du FFS a crevé l’abcès en abordant, du haut de la tribune qui lui était offerte, les démissions successives de cadres et de

 

responsables politiques brillants formés par le FFS. «Comment, s’interroge-t-il, que des gars comme le défunt El Hachemi Naït Djoudi en soient arrivés à quitter le FFS?» L’ancien premier secrétaire national n’est pas le seul à être cité. Il pose le même grand point d’interrogation au sujet de «Saïd Sadi, Ferhat Meheni» et tous ceux parmi les élus et les membres de la direction ou des simples militants de base qui ont fait de même «après le premier, le second et le troisième congrès organisés par le FFS». Un langage franc annonciateur d’événements décisifs pouvant survenir à brève échéance? C’est en tous les cas, l’impression qui s’est dégagée de cette ambiance et du ton d’un discours de celui qui aura ravi la vedette en ce jour d’ouverture des travaux de l’audit du parti.

Lorsque l’on sait la relation de confiance qu’entretient l’homme avec le président du FFS, Hocine Aït Ahmed, on ne peut qu’interpréter ce discours comme une intention de rassembler les enfants du FFS à l’occasion du prochain congrès prévu au mois de septembre prochain. D’autant plus que certaines sources au sein du FFS font état de surprises attendues lors du prochain congrès. Pour ceux qui ne le savent pas, le Pr Chérifi est installé en Suisse où il travaille comme expert à l’ONU. Il se pourrait même qu’il ait été mandaté par Aït Ahmed en personne, pour apporter son message. On imagine alors la qualité des relations qu’il entretient avec la figure charismatique du FFS. Revenant sur la

dernière démission annoncée, récemment, par un autre cadre du FFS, Mustapha Bouhadef, après son retrait, sans bruit, de longue date, il révélera qu’«il était présent lors de son installation comme premier secrétaire du FFS» et dément les propos du démissionnaire qui avait déclaré qu’on lui a imposé des membres au conseil national. «J’étais témoin, Bouhadef est un ami que je connais depuis 1959, et je peux vous dire que c’est lui qui a tort!» En homme politique averti, il veut donner à l’opération d’audit du FFS un cadre de débat franc pour exorciser les vieux démons qui hantent le FFS. Pour ce faire, il aura cette réplique qui réconforte l’assistance: «C’est le parti qui fait les hommes.

Dans un parti politique, explique-t-il, un élément tient sa force du groupe» et d’user d’une parabole pour appuyer ses dires: «Dans un parti on pratique un jeu collectif». Les militants sont soulagés quand ils entendent le conférencier dire devant tout le monde que «le plus dangereux dans un parti, c’est quand il perd ses principes et son âme. Ce n’est pas le cas du FFS!»
Applaudissements nourris dans la salle. «Nombreux, dit-il, sont ceux qui pensent que si Aït Ahmed était présent en Algérie, le parti aurait mieux fonctionné. Il s’agit là d’une critique à peine voilée portée à la direction du FFS», et de se demander si le système de

rotation au poste de premier secrétaire national n’a pas failli. «Faut-il revoir les statuts dans ce sens?» questionne-t-il. Pour mettre fin au marasme qui règne au sein du parti, le Pr Chérifi préconise la mise sur pied d’une commission autonome, instance en mesure d’arbitrer les conflits, qui peut être saisie directement par les militants sans passer par le secrétaire national. Parmi les huit ateliers mis sur pied durant les travaux de l’audit est celui des élections est celui qui colle le plus à l’actualité. Le FFS a annoncé, depuis longtemps, qu’il prendra part aux locales prévues au mois de novembre.

 

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