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Archive pour le 9 septembre, 2007

Une question qui veut une réponse!

A quelques jours des élections législatives du 17 mai 2007 en Algérie, Qaïdat Al-Jihad Fil Maghreb Al Islami (QJMI) a appelé les Algérien à boycotter le scrutin. Pourquoi QJMI n’a pas lancé un appel au boycott des élections législatives qui viennent de se passer au Maroc ?

Hocine Aït-Ahmed à l’ouverture du congrès du FFS

Chers camarades, Chers compagnons, Chères sœurs, Chers invités.

C’est en votre nom, c’est devant vous, c’est avec vous que j’ai envie de pousser un cri de vérité , un cri de joie  » idheli, assa, azeka, le FFS yella ! Yella ! « ,  » el barah, el youm, wa inchallah ghadwa le FFS hay « ,  » hier le FFS était, aujourd’hui il est, demain il sera « .

Nous voici grâce à l’engagement et aux efforts de chacune et chacun d’entre vous réunis sous le regard du peuple algérien avec nos amis pour tenir notre 4ème congrès. Et pour construire un avenir pour toutes et pour tous.
Cet avenir que nous devons et pouvons construire s’énonce clairement comme l’accomplissement des objectifs historiques :
· l’indépendance
· la démocratie
· la construction du Maghreb
Pourquoi avons-nous intitule ce rendez vous : congrès du millénaire ?
Notre parti a l’ambition légitime de construire un état de droit selon les normes universelles et de gouverner le pays selon les principes démocratiques. Les objectifs du millénaire pour la démocratie et le développement tels qu’énoncés par l’ONU sont en cohérence avec notre programme et nos valeurs. Nous aurons à en débattre.
Un état de droit de tous les droits qu’ils soient politiques, économiques, sociaux ou culturels.
Chaque algérienne, chaque algérien, a le droit d’avoir des droits ; tous ses droits.
Chaque algérienne, chaque algérien, a droit à la vie, à la liberté, à la dignité et au bonheur.
La raison d’être du FFS est que sur la terre des chahidates et chouhadas soient bannis, soient interdit, soient sanctionné les pratiques d’intimidation, de terreur, de torture et les disparitions.
Ce combat nous le mènerons avec notre peuple, avec d’autres peuples ; pour notre peuple, pour d’autres peuples.
Ce combat nous le menons pour bannir à jamais la guerre civile, la guerre contre les civils et toutes les violences et les dérives à caractères ethnicistes et régionalistes.
Notre ambition pour le parti, notre ambition pour le pays demain, est d’être au premier rang pour soutenir un système des relations internationales fondé sur l’éthique et les droits humains.

Pour un observateur non averti quoi de plus normal pour un parti agrée de tenir ses assises dans un pays qui jouit de son indépendance depuis 45ans et qui a pour devise  » République Algérienne Démocratique et populaire  » même si un état d’urgence de plus de quinze ans maintenant est là pour nous rappeler la vanité rhétorique du  » tout va bien  » dans un pays qui va bien.

Pour un observateur initié, pour vous, c’est un miracle si le FFS est encore là. Et ce miracle vous l’avez construit petit à petit comme un nid’ pierre par pierre comme un temple de la démocratie, mot par mot comme un lexique d’espérance, douleur après douleur comme un champ de résistance. Aussi par reconnaissance aux anciens et aux plus jeunes, je vais esquisser l’odyssée du FFS pour arriver à ces assises.

C’est en votre nom, en votre présence et dans le souvenir de ceux qui nous ont quittés que je souhaite la bienvenue à nos amis du Maghreb, d’Afrique, de l’Orient, de la Méditerranée, d’Europe, d’Asie, d’Amérique, d’ici et d’ailleurs. je remercie les représentants du corps diplomatique qui ont répondu à notre invitation et nous ont honoré de leur présence. Je remercie les personnalités politiques et les représentants de partis politiques qui assistent à nos assises. Quant à nos compatriotes, ils savent qu’ils sont ici chez eux et comme le dit un ami très cher  » nous habitons dans la même maison même si nous sommes dans des pièces différentes »

Nos 4e assises revêtent une importance capitale pour notre histoire commune, pour notre pays, pour le Maghreb, pour notre société et pour notre mouvement et j’espère pour chacune et chacun d’entre nous et pour nous tous collectivement.

Que mes vieux amis, que mes camarades du mouvement national me permettent d’abord, de m’adresser aux plus jeunes de ce forum.

C’est dans vos yeux, c’est dans votre regard juvénile, c’est dans votre détermination, c’est dans votre énergie communicative que je puise la force nécessaire pour continuer l’action politique.
Vous voulez vivre, vous voulez travailler, vous voulez voyager, vous voulez respirer. Vous ne voulez pas, vous ne voulez plus qu’on décide de vos têtes, de votre sort au dessus vos têtes ( our thavghim ara athrayan a fi kouray anwan anig ikaray anwan ) (ma athabouche aydabrou ala rissan koum fouk rissankoum )
Vous êtes le nombre, vous êtes la force, vous êtes la richesse de ce pays ; vous êtes ici avec nous pour prendre en main votre destin, vous saurez trouver les chemins de l’avenir, de la liberté et de la solidarité.
En 1963 le FFS est né, d’abord et surtout pour barrer la route à la guerre civile. Un jour cette vérité historique sera reconnue et justice lui sera rendue.
En 1963 le FFS naquit pour la liberté, les libertés, toutes les libertés, pour un socle constitutionnel incontesté et incontestable, pour le respect du pluralisme et de tous les pluralismes. Ces fondements et ces objectifs restent encore à atteindre et à concrétiser.

Objectivement l’Algérie de 2007 n’est pas l’Algérie de 1963. Mais force est de reconnaître que cette constitution comme les précédentes souffre du double handicap : illégitime et provisoire.

L’état est plus que jamais privatisé.
La société est de plus en plus étatisée.
Les rapports sociaux sont encore empreints de violence et de brutalité.
Le désordre social est ordinairement banal.
La paix civile est obtenue par la domination, elle n’est pas le fruit d’une démarche ou d’un esprit de négociation.

Dès sa naissance le FFS opta pour un credo : la force de la politique et non la politique de la force. La popularité de cette devise, son appropriation par de larges segments de la société firent craindre le pire au pouvoir qui considérait et considère toujours la politique comme une hérésie et des politiques comme des apostats de la révolution.

Le FFS eut alors à subir les affres d’une répression féroce et un procès en sorcellerie sous le fallacieux chef d’accusation de régionalisme et de séparatisme.
Je rappelle ces faits avec un sentiment de douleur car beaucoup de camarades de lutte, d’amis, de frères, moururent par des balles fratricides. Des centaines de militantes et de militants qui connurent les tortures dans des sinistres lieux de détention coloniale furent retortures dans des geôles nouvellement nationales par des mains de compatriotes -permettez-moi de saluer ici pour certains leur mémoire et pour d’autre leur courage et surtout leur fidélité au serment de novembre et à leur rêve d’indépendance et de liberté- (el isteqlal wa el houria).

Je voudrai exprimer ici clairement et obstinément deux idées qui expliquent le comment et le pourquoi de toutes nos positions ultérieurs.

L’une me concerne directement, ayant eu à vivre et à partager des pans de vie entière avec les Belouizdad, Ben m’hidi, Benboulaid et des milliers d’anonymes, des hommes et des femmes exceptionnels, des héros au quotidien pour qui les mots avaient leur plein sens, chaque mot était dans son sens, son juste sens, pas plus que son sens mais pas moins aussi, et dont les faits et gestes quotidiens reflètent à chaque instant une harmonie entre dire et faire, entre parole et acte. Leurs souvenirs ne me quittent jamais. Aussi me suis-je fait l’obligation de ne jamais m’éloigner de ce chemin, de ne jamais renier nos engagements originels, de ne jamais abdiquer devant aucune oppression et de ne céder à aucune sirène de pouvoir ou de gloriole personnelle.

Je me suis senti et me sent toujours redevable envers ma conscience et mes amis de continuer le chemin commun même quand tout concourt à vouloir arrêter ou à désespérer.

Est-ce être rigide, oppositionniste chronique qui d’être fidèle dans l’instant et dans la durée à ses engagements personnels et collectifs ?

Par tempérament je ne rejette aucun compromis. J’explore toute issue pacifique possible mais je n’accepte aucune compromission et je ne prête concours ni ne cautionne aucune crise ou impasse, même si les sentiments de fraternité ou de camaraderie sont convoqués.

Je voudrai expliciter ici une deuxième idée : les clans qui se sont succédé au pouvoir, dans leur ressemblance et leur différence ont toujours substitué aux propositions politiques du FFS,à ses questionnements ou à ses propositions de débats des attitudes de mépris et d’arrogance. Quand c’est nécessaire ils instruisent des procès qui vont de l’argutie administrative en passant par l’accusation de traîtrise en finissant par l’assassinat de cadres ou d’élus s’ils n’ont pu les détourner.

Vous l’aurez compris, ils nous accusent de ce dont ils sont capables de faire. Par quels mécanismes moraux ou mentaux ils nous imputent leurs actes et leurs travers. Ils expriment un désir obsessionnel de nous voir leur ressembler comme si notre différence les dérangeait. Je vous rassure tout de suite, nous ne sommes ni parfaits ni exempts de défauts. J’y reviendrai tout à l’heure car c’est une saine thérapie que de se soigner sous le regard de camarades et d’amis non complaisants. Notre mutuel respect c’est d’abord construit avec des attitudes de vérité avec soi-même et avec les autres.

Ces assises revêtent une importance capitale pour notre pays :
Le développement d’un pays,de notre point de vue passe par le développement de sa société,une société démocratique ou chacun défend ses intérêts ou peut se structurer en fonction de ses intérêts, peut développer un pays durablement. Nous n’avons cesse de proclamer que l’homme -l’HUMAIN- doit être au centre de toute politique de développement. Si nul n’est indispensable, chacun peut et doit contribuer à un effort d’ensemble. Pour cela, des institutions crédibles, légitimes, débarrassées des scories népotiques et mafieuses qu’elles connaissent aujourd’hui, sont nécessaires.
Aucun pays fut -il la suisse, le Vatican ou l’Algérie ne peut se passer d’une armée. C’est une institution républicaine. Elle est nécessaire à la défense du pays, à son intégrité et à son développement.
Quand de gré ou de force, elle outrepasse ses missions, quand pas un jeu de rapport de force elle soumet les autres institutions elle se fait du mal à elle-même d’abord et devient le contraire de ce qu’elle souhaite être et de ce qu’elle doit être.
L’histoire jugera et dira qui respecte l’armée .celui, celles et ceux qui lui rappellent ses devoirs et ses missions et le respect de la discipline l´égale ou les laudateurs et autres aventuriers qui louent sa force et l’incitent à l’utiliser à l’exclusion des voix ou d’issues plus politiques, moins expéditives, moins sanglantes.

Le FFS dans ce domaine n’a pas hésite à alerter les uns et les autres sur les dangers d’un recours à la violence armée en 1991. Il réitérera son appel à une sortie de crise pacifique et ordonnée par un mémorandum remis au président et aux généraux décideurs.

Le contrat national signé à Rome se voulait et se veut toujours une tentative d’arrêter l’effusion de sang, d’amorcer une approche pacifique des conflits et une médiation politique dans les crises. Ces contributions pour éviter ou dénoncer les crises ont valu à nos partenaires et à nous mêmes les qualificatifs de traîtres et de renégats.

Les révélations tardives et les nombreuses mise au point faites ces derniers jours par des acteurs de l’époque qu’ils soient de premier plan ou seconds couteaux montrent avec quelle légèreté s’est joue le destin du pays.

Ces révélations qui sont autant de témoignages tardifs si elles étaient faites à temps auraient épargne au pays une décennie sanglante.

Si les affaires du pays avaient été menées dans la transparence sous le regard des algériennes et les algériens, sous le regard de l’opinion nationale et internationale notre pays se serait épargne une décennie sanglante.

On mesure aujourd’hui les conséquences néfastes des décisions clandestines prises entre complices. – A l’évidence les esprits n’étaient pas murs pour une médiation politique car il n’y avait pas dans la période précédente, dans les us et coutumes du régime des habitudes et des dynamiques de négociation. Il n’y avait pas le sentiment de la nécessité du compromis.
Il n’y avait ni le self-contrôle ni le regard populaire ni le contrôle populaire.
Quant à la classe politique qui n’a pas de relais ni d’ancrage populaire s’insérer dans la proximité du pouvoir était une urgence vitale. Un autre motif plus violent, plus vaste et plus dévastateur fut le sentiment de peur réelle et sciemment entretenu qui s’est emparé d’une large partie de notre société.

Ce sentiment de peur a généré et génère encore des postures de violences et de contre violence endémiques, de suspicion permanente dont le pays et la société peinent à en sortir.

Ces assises revêtent une importance capitale pour le Maghreb.

Le cloisonnement social et politique à l’intérieur de nos sociétés découle de cette vision policière des problèmes et surtout de leur approche sécuritaire. Et c’est tout naturellement que s’est installé un cloisonnement entre les pays du Maghreb que tout a uni jadis et que tout peut unir aujourd’hui et demain et surtout une approche démocratique des problèmes. Le dire avec force aujourd’hui c’est dire l’urgence d’un Maghreb de la société civile et des droits de l’homme. Des sociétés savantes et scientifiques Maghrébines existent et fonctionnent bien m’assure-t-on.
Ici et pour ce cadre j’appelle à l’élection d’un parlement Maghrébin élu au suffrage universel.

Ces assises revêtent une importance capitale pour notre société.

Beaucoup d’observateurs, de chercheurs nationaux, d’institutions internationales s’accordent à dire que les paramètres de développement humain et que les indicateurs sociaux sont au rouge dans notre pays.

Je n’exagère rien en disant que les incuries dans la gestion et dans les relations avec la société relèvent plus du désordre social que du contrat social.

Il ne s’agit pas ici de faire un énième procès du régime ou l’absoudre de son bilan calamiteux, il s’agit pour nous :
-de créer une nouvelle proximité avec la société.
-de renforcer notre présence dans celle-ci.
-d’être à son écoute.

Cette société si admirable dans ses résistances à l’oppression,à la pauvreté subit des pressions intolérables . Ici et là on note ou une apathie ou un bouillonnement désordonné ou suicidaire.

Il s’agit pour nous d’être humble, devant l’énormité des problèmes et d’être aussi déterminés à accompagner les mouvements sociaux les revendications pacifiques catégorielles et de faire un véritable travail de formulation sociale et sociétale.

Ces assises revêtent une importance capitale pour notre mouvement.

J’avais dit tout à l’heur que nous ne sommes pas parfaits et que nous ne sommes pas exempts de défauts.

Aucune raison, aucun alibi d’image ou de cohésion organique ne doivent empêcher de faire le point sur notre fonctionnement et nos dysfonctionnements. La concertation, le débat doivent être la règle à tous les échelons du parti. C’est consacre par nos textes, cela doit être plus consacre encore par nos comportements. Cependant aucun texte ne peut être brandi pour casser l’âme du FFS, son âme de résistance à la dictature et l’oppression. Aucun texte ne peut soumettre l’autonomie stratégique du FFS pour l’arrimer à je ne sais quel clan, à je ne sais quelle communauté fut elle génétique. Aucune manipulation frondeuse ne nous fera dévier de notre ligne originelle pour le combat de la démocratie. Aucune ambition, aucun calcul ne fera abdiquer notre volonté d’ouverture.

Nous avons choisi notre camp, il est dans la société avec toutes et tous les hommes intègres de ce pays. Nous sommes libres de nos fréquentations et nous sommes jaloux de notre liberté à choisir nos fréquentations.

L’habitude a été prise par certains de reprocher au FFS une chose et son contraire, d’annoncer sa mort et d’annoncer en même temps que c’est une menace aux frontières, qu’il deale avec les islamistes et qu’il manque aux démocrates, qu’il est compromis avec le pouvoir et en même temps qu’il est un opposionniste chronique et irréductible.

La qualité de ceux qui nous attaquent, leur parcours suffisent à nous dispenser de leur répondre.
Néanmoins gardons -nous d’un excès de vertu et de pureté. Le FFS a failli dans son ouverture vers la société et surtout vers les femmes, vers les handicapés, les chômeurs et les exclus. Les pesanteurs sociales, l’environnement hostile ne sauraient expliquer cet état de fait.

Dans beaucoup de nos compartiments, les jugements de valeur l’emportent sur les attitudes d’écoute et sur la reconnaissance des qualités des uns et des autres.

Souvent le vice fait procès à la vertu. La vérité, ce n’est pas uniquement le contraire de mensonge c’est aussi ce qui élève l’autre à nos yeux et à ses propres yeux.

Les Conférences Politiques D’évaluation et l’audit si elles ont révèle l’étendue des problèmes, elles ont aussi contribue à les dépasser et à clore le chapitre de l’introspection, notre introspection individuelle et collective. Elles ont aussi génère une décantation qualitativement et quantitativement positive. Nous sommes dans une phase de mobilisation pour nous ancrer et nous reancrer dans la société. Nous sommes dans une phase ou il s’agit de recenser et de fédérer les potentialités de notre pays.

Votre mission est d’édifier la 2eme République Démocratique et sociale promise par novembre et consacrée par la SOUMMAM. Votre mission et de réaliser la construction du maghreb. Notre devoir et de vous y aider. Pour ma part je suis disponible et je suis prêt à vous servir.

J’ABORDE MAINTENANT LE VOLET INTERNATIONAL

Un pouvoir qui maltraite un peuple- le sien ou un autre – ne peut être l’ami d’aucun autre peuple.

Un pouvoir qui viole les lois, qui ment, qui fait de la force et de la violence le principal instrument de sa victoire ne peut être l’ami de la moindre cause juste. Et ne peut que multiplier les malheurs.
Un tel propos n’est pas le fruit d’une philosophie abstraite ou d’un idéalisme rêveur, il est le résultat de l’observation du monde qui nous entoure et s’inscrit dans la poursuite d’une politique internationale conforme aux intérêts des peuples du monde, au sein desquels se trouve le peuple algérien qui, autant que les autres, a tout intérêt a voir triompher :

Le Droit sur la Force
La justice sur le fait accompli,
La démocratie véritable sur la violence et le chaos.

L’ALGERIE se trouve dans CE monde et non sur un plan abstrait de l’univers des dogmes et des croyances.

C’est dans CE monde que les Algériens évoluent et tentent de faire entendre leur voix ; essaient de se faire une place ; d’identifier leurs amis , repérer leurs adversaires etc.….

La politique INTERNATIONALE n’est en définitive que la poursuite de la politique intérieur, de SA propre politique sur un plan plus vaste.

Il est important de faire certains rappels pour faire échec – d’abord – à la somme astronomique de mensonges, d’illusions, de pièges et de leurres qui se dressent devant l’action internationale. Ils sont très souvent le reflet des mensonges et des leurres développés à usage interne.

Il est important de rappeler que l’Universalité des Droits commence et se vérifie aux plans local et national.

L’Algérie se trouve dans ce monde et il serait pour le moins étrange que son gouvernement soit l’ami des peuples palestinien, iraquien, tchétchène ou somalien, alors qu’il n’arrive à gérer son propre peuple qu’à coups de matraque, d’injustice, de manipulation, de paupérisation, de spoliations multiples commençant dans le détournement des urnes et se poursuivant dans le détournement des coffres de la Banque d’Algérie et dans les passations de marchés qui font de tout le pays un immense coffre ou des multinationales et autres Golden Boys de tous les continents viennent se servir pendant que des pans entiers de la société algérienne allant de l’ouvrier au professeurs d’Université sombrent dans la précarité.

Nous vivons dans un monde qui n’a pas tenu ses promesses.

D’abord celles qui ont été faites par les vainqueurs de la Deuxième Guerre Mondiale qui promettaient un monde meilleur fonctionnant sur la base du Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.

Le carnage du 8 mai 1945 en Algérie, les massacres de 1947 à Madagascar, la spoliation du peuple palestinien en 1948 ont vite fait d’éclairer sur le Double Discours des Pouvoirs Dominants.

Arrêtons-nous un instant ici pour préciser un élément fondamental :

Ce ne sont pas les idéaux de Liberté des peuples et d’universalité des Droits de l’Homme qui ont failli ! Ce sont les Pouvoirs dominants qui les ont trahi !

Les idéaux ont continué – quant à eux – à irriguer les sociétés et à se frayer un chemin au sein des peuples dominés qui se les ont appropriés et s’en sont servi comme langage Universellement décodable pour faire entendre la voix de leur humanité écrasée, humiliée, spoliée et niée par la domination féodale des régimes archaïques autant que par la domination coloniale et le racisme.

C’est parce que les peuples dominés et les Sociétés avancées ne se sont pas découragés devant la TRAHISON DES POUVOIRS DOMINANTS que les idéaux de liberté et d’universalité des Droits de l’Homme ont continué à constituer un langage universellement décodable et ont fini par impulser une force irrépressible au mouvement mondial de décolonisation.

Ceci est un point fondamental de l’Histoire passée et un élément central de celle qui est en train d’advenir ! Sans un Langage Universel, le formidable mouvement de Solidarité Internationale n’aurait pas pu se produire et la lutte des peuples sous domination coloniale n’aurait pas bénéficié de l’ample mouvement de décolonisation qui balayait le monde.

La mondialisation dont beaucoup croient qu’elle est fille d’aujourd’hui et n’intéresse que quelques experts en économie a constitué un Elément central pour l’indépendance de nombreux pays dont le notre : l’Algérie.

Cette mondialisation là est celle des peuples et sociétés en lutte pour un Monde plus juste et régi par le Droit , le Dialogue et le Respect. C’est la mondialisation qui repose d’abord sur l’existence de valeurs et de normes universelles constituant un langage commun à tous les peuples de la terre par-delà la diversité des cultures et l’inégalité dans l’auto construction politique des sociétés.

La première trahison à l’égard du mouvement mondial de décolonisation a consisté d’abord à enlever aux peuples nouvellement indépendants les instruments leur ayant permis d’accéder à ce langage commun :
L’autodétermination des peuples sur la base de l’universalité des Droits.

Freiner l’auto construction politique des sociétés anciennement colonisées a été un acte majeur dans le retour de la mondialisation hideuse à laquelle nous assistons aujourd’hui et qui est, elle, la riposte des POUVOIRS à l’Emancipation des peuples et des sociétés, au vaste mouvement de solidarité internationale qu’a été la décolonisation.
Là encore, l’ALGÉRIE s’est particulièrement illustrée !

Comment comprendre qu’une Révolution sortie victorieuse de plus d’un siècle de domination coloniale en s’appuyant sur les conquêtes de la communauté humaine qu’ont été les principes de l’Universalité des Droits des peuples et de la personne humaine – s’en détourne au nom de la spécificité et de l’authenticité ?

Le mot-clé dans cette triste affaire est DETOURNEMENT !

Car si le recours aux principes d’Universalité des Droits ne devait être qu’une parenthèse dans l’histoire de notre peuple vers son Emancipation, deux éléments demandent à être clarifiés :

L’ « authenticité » sous domination donne-t-elle à la société la possibilité de briser les liens de la dépendance sans s’épuiser dans des révoltes sans perspectives réelles?

Celui qui met les principes universels au service de la libération d’un peuple tenu pendant des siècles à l’écart du développement de l’Humanité est-il réellement moins  » authentique  » que celui qui l’invite à idéaliser ses  » carences  » faites de despotisme archaïque et de fatalisme culturaliste entre deux révoltes sans lendemain ?

Ces questions sont aussi cruciales aujourd’hui qu’elles l’ont été hier et les réponses conditionnent gravement ce que sera demain.

Entendons-nous bien : l’Universalité dont nous parlons comme conquête de l’humanité, est celle des droits des peuples, des sociétés et des individus qui les composent sans discrimination aucune !

Car le dernier  » tube  » à la mode auprès des élites dominantes des pays anciennement colonisés est l’Universalité des droits des castes dirigeantes !

En dehors du paradoxe manifeste entre  » Universalité  » et  » Castes « , il n’y a strictement rien de nouveau dans cette posture qui elle-même participe de nos archaïsmes séculaires puisque de tous temps : Sous les Romains, sous les Ottomans ou sous la colonisation, les élites participant au système de domination des peuples disposaient de quelques droits  » spécifiques  » que ces élites se soient drapées de  » gandouras authentiques « , de  » tarbouches stamboul  » ou de  » costumes européens  » !

Soyons sérieux ! Universalité des droits, cela signifie clairement : Peuples – Sociétés – Individus !

Quiconque veut jouer un de ces éléments contre les autres, ne peut aboutir qu’à la destruction du lien entre les trois. Lequel lien est la seule garantie de viabilité d’un Etat, d’une société organisée sur la base de lois qui rassurent et protègent l’individu.

On comprend mieux aujourd’hui le sens du monstrueux détournement opéré au lendemain de l’Indépendance qui, pour des raisons de pouvoirs de clans, a sapé les fondements mêmes de la dynamique de Libération Nationale.

Il n’y a aucune exagération dans ces propos, juste un peu d’amertume devant le gâchis.

Car le détournement monstrueux a consisté à profiter du formidable potentiel de solidarité dont l’Algérie a bénéficié sur la scène internationale pour procéder méthodiquement à sa neutralisation au bénéfice des réseaux d’affaires et de trafics en tous genres.
D’ami des peuples en lutte pour leur libération, l’Algérie est progressivement devenue l’amie de puissances dominatrices.

Le chemin qui mène de la Déclaration du 1er Novembre à la recherche désespérée d’un traité d’amitié avec une France officielle qui connaît un mouvement notable de colonialisme décomplexé, ce chemin-là qui mène de la Conférence de Bandoeng aux manœuvres militaires et à la collaboration tous azimuts avec une Administration américaine contestée par tous les esprits sages dans le monde et dans son propre pays ; ce chemin-là commence par la dictature et ne peut mener qu’au chaos.

Il ne s’agit pas pour nous de critiquer le Pouvoir pour le critiquer, cela il s’en charge tout seul en agitant ses opposants d’opérette.

Suivre pas à pas le cheminement intellectuel et politique dans le discours et dans l’action qui ont mené au tragique échec que vit aujourd’hui l’Algérie, hier porteuse de tant de promesses ; est pour nous un élément essentiel dans la consolidation d’une conscience politique nationale véritablement au service de son peuple.

Nous l’avons souvent répété : il ne sert à rien de changer les hommes du régime si c’est pour maintenir en place les procédés qui ont conduit au désastre actuel.

Mais il est essentiel de comprendre que quiconque opte pour le meurtre et le mensonge pour éluder des problèmes politiques, finit dans le camp des bourreaux des peuples et insulte par cela son propre passé de lutte – s’il en a.

Nous vivons dans un monde qui n’a pas tenu ses promesses.

Prenons garde toutefois à ne pas renforcer ceux qui ont trahi la promesse d’un monde plus juste en rejetant, comme le font les inconscients et les désespérés, l’idée même d’un monde plus juste.

Le cynisme des ambitieux pressés de jouer au petit chef des micro-Etats qui naissent tous les jours, l’aveuglement et la colère face à l’injustice, la résurgence dramatique du fanatisme sous toutes ses formes religieuses ou  » douaristes  » sont non seulement moralement condamnables, mais également politiquement criminels ; car ils renforcent la domination, de la plus proche à la plus globale.

Encore un mot sur les liens entre les premières dérives opérées par la dictature et la collaboration actuelle avec les pires politiques en cours sur la scène internationale.

Tout responsable, à quelque niveau qu’il se tienne sur la terre, se doit au moment d’assumer sa charge, d’opérer des choix stratégiques au premier rang desquels, je dis bien au premier rang, se tient le choix des partenaires.

Un militant politique, un cadre d’entreprise, un chef de gouvernement et un chef d’Etat ont tous, à un moment qui sera déterminant pour l’ensemble de leur action, l’obligation de choisir le type de partenariat qui correspond le plus à leurs ambitions politiques. Et à leur morale politique.

Tout comme on ne choisit pas impunément de méthode, on ne choisit pas impunément de partenaires.
Il n’y a nul mystère insondable à ce que ceux qui ont choisi le mensonge et le meurtre de leurs opposants se retrouvent à être ceux qui ont également opté hier pour la complicité des barbouzards de tous bords, plutôt que pour le dialogue entre partenaires politiques.
On commence par croire que l’on peut s’allier au diable et on finit par se retrouver à son service.
On commence par assassiner ses opposants, puis liquider son peuple en masse.

Pour ce qui nous concerne, il nous semble, aujourd’hui comme hier, que la seule action qui s’inscrive dans le sillage du 1er novembre 1954, notre principale victoire sur le colonialisme en tant que système de domination et sur nos archaïsmes en tant que facteurs aggravant cette domination, reste encore et toujours :
L’universalité des Droits (peuples, sociétés et individus)
Le partenariat avec les acteurs civils et les militants politiques qui s’inscrivent dans cette conception de l’universalité, ici et partout dans le monde
Nos partenaires, outre les syndicats (représentant les intérêts des travailleurs) restent les ONG véritables à ne pas confondre avec les excroissances des Pouvoirs
Le recours à toutes les possibilités qu’offre la mobilisation citoyenne et le droit international.

Plus que jamais, notre pays comme le monde, a besoin que toutes les forces agissant en faveur de l’émancipation des sociétés et de la libération des peuples fassent que l’action citoyenne et l’arbitrage du droit l’emportent sur la voix de la guerre et de la violence.

Si le monde des pouvoirs dominants, anciens et nouveaux, a trahi les promesses faites aux lendemains de la 2ème guerre mondiale et à l’aube de la décolonisation, le combat des sociétés n’a jamais cessé et s’il a souvent été étouffé par le vacarme des néo-colonialistes dans leur version  » moderne  » ou  » archaïque « , il connaît un nouveau souffle avec les victoires des peuples sud-américains et avec les résistances qui s’expriment partout à travers le monde devant le scandale de l’arrogance et de la force brutale qui n’épargne ni les hommes, ni les économies, ni les richesses, ni la nature elle-même.

Si notre société est terriblement éprouvée par les malheurs qui lui ont été imposés durant toutes ces années ; si elle est si fragilisée par les souffrances subies aggravées par la déroute gestionnaires d’un Pouvoir qui se contente de lui interdire l’auto-organisation, il appartient à tous les militants de lui redonner confiance en elle-même et en les autres peuples du monde.

Du militant de base en n’importe quel coin perdu de la planète, au dirigeant associatif, syndicaliste ou politique de 1er plan, le seul mot d’ordre qui vaille est : tenir ses promesses.

Nous choisissons nos partenaires sur cette base, nous élaborons notre programme dans cette perspective. Et nous serons jugés sur cette base.

Chers amis
Chers invités
Je voudrai a travers vous m’adresser à la communauté internationale peuple et institution
D’abord un peu d’histoire

Le sort de république espagnole s’est joué à Berlin, Rome, Paris et Londres.
FRANCO, est arrivé au pouvoir, grâce au soutien ouvert des Allemands et des Italiens mais aussi parce que les Anglais et les Français, effrayés par le péril bolchevique et par Moscou n’ont pas apporté aux républicains espagnols toute l’aide qu’ils pouvaient attendre. Eux aussi ont objectivement choisi FRANCO.
Cette politique préparait la voie au nazisme ; elle explique son ascension foudroyante et irrésistible ainsi que bellicisme au pouvoir.
Le sort de révolution algérienne s’est joué à Paris, Rabat et le Caire. La déposition du GPRA (gouvernement provisoire de la république algérienne) allait sonner le glas de toute évolution pluraliste et démocratique du pays. Le GPRA fut l’unique et le dernier gouvernement pluraliste qu’ait connu l’Algérie. Ce gouvernement était remarquable pour son souci constant de respecter les droits humains, au plus fort d’une guerre atroce et d’une répression sans exemple.
Les logiques de guerre froide, ont permis voire accéléré les dérives de la décolonisation.

Aujourd’hui, la tolérance envers les pouvoirs autoritaires est la source de dérives intérieures mais aussi extérieures de la part des dirigeants.
Au plan intérieur, la tolérance internationale envers ces pouvoirs pousse les populations à l’effondrement moral et la non résistance ; progressivement les sociétés de ces pays se défont.
Au plan extérieur, la grande stratégie policière qui intègre et subordonne la diplomatie évacue de facto, à la fois le droit national et le droit international, notamment dans son volet :
Droits humains
Les jeux d’équilibres internationaux actuels, les enjeux de la lutte internationale contre le terrorisme facilitent la mise en œuvre de cette stratégie.

Chers invités
Les tolérances d’aujourd’hui préparent les désastres de demain. C’est ici et maintenant qu’il faut démasquer les impostures autoritaires et donner un coup d’arrêt aux dérives violentes.

La prévention stratégique des crises et des conflits dans les pays du SUD, c’est l’appui à l’émergence d’une opinion publique, a l’émergence d’une société civile, au respect et à l’enracinement des droits de l’homme dans ces pays.
Si non demain il sera inutile de s’apitoyer sur nos malheurs ou de pleurer sur nos tombes.

Mes chers compatriotes ;

-serait-il encore sérieux, Serait-il encore réaliste de s’illusionner sur les possibilités d’ouverture du régime, quand celui-ci bénéficie encore d’un soutien indéfectible et inconditionnel en dépit de ses options,
- serais ce courir après de fantômes que de croire qu’au sein du pouvoir existe des secteurs ou des hommes convaincus que le changement et l’ouverture sont vitaux pour le pays, que le statu quo est intenable et exige un prix politique et humain très lourd à cause d’explosions de violence et de répression inéluctables.
A ceux là je dirai : exprimez vous et agissez ici et maintenant de manière publique.
A vous mes chers compatriotes, à toutes les militantes et militants des droits humains, des libertés et de la tolérance, je vous appelle à vous rassembler, à vous organiser, et mener des luttes autour d’objectifs politiques clairs et de mesures sociales urgentes pour soulager les souffrances et la détresse de larges couches de la population,

Je vous appelle à une constance inébranlable dans l’action politique, pacifique et non violente,
Vous avez toujours le choix quelque soit la situation ; si vous êtes conscients politiquement, vous ne serez jamais acculés à la violence.

Je vous remercie.

Zéralda, le 7 septembre 2007

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