Algérie : bled Tchippa

 

 

 

 

 

 

chipa.jpgSelon l’indice de perception de la corruption (IPC) 2007 rendu public, hier, par Transparency International (TI), l’Algérie occupe la 99ème place sur les 179 pays classés. Ainsi, notre cher pays perd 15 places par rapport à l’année 2006. Comme un mauvais élève qui passe un concours, l’Algérie a perçu une note faible: 3 sur 10. En Afrique, Djazair El Izza Oual Karama est classée à la 16e place. Le Maroc est mieux classé : il occupe 10ème place. Dans une déclaration rendue publique, l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) a soutenu que «la situation sociopolitique et économique catastrophique qui prévaut en Algérie, depuis plusieurs années déjà, n’a cessé de favoriser les conditions de l’explosion de la corruption – petite et grande – à tous les niveaux, et tout est fait par le pouvoir en place pour que la généralisation de ce fléau se poursuive à grande échelle ». L’AACC estime que « le retour en force d’un Etat policier, autoritaire, répressif et liberticide, est un des principaux indicateurs de ce maintien de l’Algérie parmi les pays cancres de la corruption au sein de la communauté internationale ».
La poudre aux yeux
L’AACC a rappelé à que « ceux qui croyaient que derrière les discours officiels et autres déclarations où le chef de l’Exécutif et son ministre de la Justice évoquaient leur intention de lutter contre la corruption se cachait une réelle volonté politique, en ont eu pour leur « naïveté » politique : tout cela était de la poudre aux yeux destinée aux partenaires internationaux et qui a surtout servi au plan interne à régler des comptes pour des luttes de pouvoir ». Des exemples ne manquent pas à l’AACC pour démontrer l’absence totale de volonté chez les autorités politiques du pays de mettre fin à la corruption. « Le processus de déclaration de patrimoine est éclaté et dispersé, sans mécanisme de suivi et de contrôle, et surtout non effectif, le chef du gouvernement ne se donnant même pas la peine de rendre publique sa propre déclaration de patrimoine », note l’AACC. Selon elle, les 200 milliards de dollars débloqués pour le plan de consolidation de la relance économique sont la proie de prédateurs et de « charognards maffieux ».

Grande mosquée d’Algérie : 3 milliards de dollars !
Dans son communiqué, l’AACC s’interroge sur l’opportunité de consacrer 3 milliards de dollars pour la construction d’une mosquée alors que la grande pauvreté se développe dans le pays. « Tout récemment encore, le ministre des Affaires religieuses annonçait, suite à l’ouverture des plis pour les études de la grande mosquée d’Alger, que ce sera au président de la République de choisir « l’heureux élu » parmi les 5 bureaux d’études retenus lors de la première sélection ! En vertu de quelle loi et de quelle réglementation sur les marchés publics, ce ministre annonce-t-il pareille décision ? », se demande encore l’AACC.

 

El Mouhtarem

 

Commentaires

  1. jnsplu dit :

    Parce que au Maroc c’est mieux messieurs du Makhzen ?

  2. ayaniw dit :

    LA FORCE QUI NOUS MANQUE

    …Je me souviens d’une escale à Alger, ou marcher sur le tapis rouge m’a paru une épreuve.
    Ce jour là, cette longue bande officielle semble décider de mes pas. Elle
    n’est pas là pour moi, le président de Palestine est annoncé pour le
    début de l’aprés midi. Celui qui m’attend tout au bout, petit homme rond
    serré dans un costume sombre, n’est pas mécontent de me voir marcher
    ainsi jusqu’à lui. Abdelaziz Bouteflika a ce petit sourire satisfait
    qu’on lui connaît sous la moustache grise. Je devine pourquoi: entre ces
    deux puissances pétrolières que sont l’Algérie et la Norvège,
    l’intermédiaire n’est autre que celle qui conduisit au prétoire Elf,
    c’est à dire la France.
    J’ai été la première surprise par cette invitation.
    Au printemps de l’année 2005, j’ai reçu un coup de téléphone de
    l’ambassadeur d’Algérie à la Haye. Il m’invite à venir donner une
    conférence devant les magistrats d’Alger. Cette idée est venue après
    m’avoir entendue parler six mois plus tôt, à l’occasion de la remise du
    prix Nobel de la paix. Ce jour là , pour illustrer les dégâts de la
    corruption dans les pays en voie de développement, j’ai pris un exemple,
    l’Algérie. « La corruption de son élite se lit dans son paysage », ai je
    dit. Et voilà que l’élite m’invite sur son territoire. Avec
    l’autorisation de mon gouvernement, je décide de m’y rendre. Je parle le
    lundi devant l’école de la magistrature, le mardi devant les
    fonctionnaires et le presse, d’ici là j’ai rendez vous au palais
    présidentiel. C’est un dimanche à 10 heures du matin

    J’ai mis montailleur blanc jupe plissée, des chaussures noir et blanc à talons,

    prismon sac à main, et aussi mon grand sac où je trimballe mes notes et mes

    problèmes. Ould Abbas, ministre des Affaires sociales, ancien médecin qui
    a fait ses études en RDA, est venu me chercher à l’hôtel. Nous roulons
    vers le palais présidentiel en voiture officielle, avec petit drapeau,
    motard à l’avant et voiture suiveuse à l’arrière. Quelques minutes plus
    tard, la voiture me dépose devant le tapis rouge. Le président
    Bouteflika m’attend tout au bout de l’angle droit, il me salue me fait
    signe de le suivre jusqu’à son bureau. Là il m’indique deux fauteuils
    proches l’un de l’autre, posés devant une petite table basse. Je
    comprends que ce rendez-vous n’a rien de formel.
    Il cherche à installer une connivence entre nous. Il me dit d’entrée « Je
    sais que vous êtes une amie de l’Algérie ». Là-bas, qui a mis les intérêts
    français en difficulté est forcément un ami de l’Algérie. Il me félicite
    chaudement et longuement pour l’instruction du dossier Elf, en affirmant
    haut et fort que le ménage est nécessaire. Mais plus nous parlons de
    corruption, plus il m’assure que, chez lui, l’industrie pétrolière est un
    modèle de transparence. Je ne suis plus juge. Mon rôle n’est pas de
    contredire. J’ai appris lors de ces rencontres internationales qu’il ne
    faut pas jouer à l’expert, mais rentrer dans l’univers mental de l’autre,
    l’accompagner, l’entendre C’est comme au poker, la table attrape, les
    mots créent la réalité Quand Bouteflika me dit qu’il lutte contre la
    corruption, il faut le féliciter et le prendre à ses propres mots. Je
    n’ai rien à gagner ni à perdre, je me sens tranquille. L’horloge tourne.
    Notre temps paraît nettement moins limité que prévu. Il avance à coup de
    confidences. Lorsqu’il me dit « Madame Joly qu’est ce que je vais dire au
    président palestinien? Doit il accepter la dernière proposition de
    rétrocession des territoires? » Je panique un peu, je ne m’attendais pas à
    refaire avec lui la carte du Proche-Orient, je trouve incroyable cet
    apparté. J’articule quelques phrases générales sur la nécessité de ne pas
    rompre le dialogue de paix.
    Il a besoin de s’épancher. A un moment, il s’approche, pose sa main sur
    moi et me dit : »Eva, c’est terrible ce que vit mon pays. J’ai lu vos
    livres, j’entends ce que vous dîtes. Mais si j’exécute les islamistes,
    si je fai arrêter les militaires, les tueries vont reprendre, j’ai peur
    de ne pas y arriver…Je voudrais faire une grande loi d’amnistie ».
    Il sait, s’il m’a vraiment lue, que, pour moi, seule la vérité juridique
    guérit. L’amnistie est un couvercle posé sur un passé encore brûlant.
    Mais sa voix plaintive, et ses gestes appuyés, tentent de me faire
    partager son angoisse, et de rendre vains les mots qui me viennent
    spontanément à la bouche. Je ne sors pas mon disque habituel. Mais j’ai
    de quoi lui répondre. Une semaine avant ce voyage, j’ai participé à une
    rencontre entre la Norvège et l’Indonésie sur les droits de l’homme. La
    délégation indonésienne était composée de nombreux magistrats et
    journalistes. J’avais alors bâti un discours sur l’importance de juger
    le passé pour être crédible aujourd’hui dans la lutte contre la
    corruption, je m’étais appuyée sur la pensée du philosophe Derrida. Il a
    écrit sur le pardon. A Alger, son texte est encore dans mon sac,
    véritable mille feuille. Le désordre a ses avantages.
    Je dis à Bouteflika qu’une simple amnistie ne réglera rien, que dans les
    villages on continuera de vivre mal à frôler les assassins. J’ajoute
    qu’une amnistie dépend des mots qu’on choisit et des projets qui
    l’accompagnent . Je sors le texte de Derrida. Je ne sais s’il a fini un
    jour par le lire… J’aimerais qu’il en retienne certains passages, comme
    celui-là.. « Si je dis comme je le pense, que le pardon est fou, et qu’il
    doit rester une folie de l’impossible, ce n’est certainement pas pour
    l’exclure ou le disqualifier. Il est peut être même la seule chose qui
    arrive, qui surprenne, comme une révolution, le cours ordinaire de
    l’histoire, de la politique et du droit. Car cela veut dire qu’il demeure
    hétérogène à l’ordre du politique ou du juridique tels qu’on les entend
    ordinairement. On ne pourra jamais, en ce sens ordinaire des mots, fonder
    une politique ou un droit sur le pardon. Dans toutes les scènes
    géopolitiques dont nous parlions, on abuse donc le plus souvent du mot
    « pardon ». Car il s’agit toujours de négociations plus ou moins avouées,
    de transactions calculées, de conditions et, comme dirait Kant,
    d’impératifs hypothétiques. Ces transactions peuvent certes paraître
    honorables. Par exemple au nom de la « réconciliation nationale »,
    expression à laquelle de Gaulle, Pompidou et Mitterrand ont tous les
    trois recouru au moment où ils ont cru devoir prendre la responsabilité
    d’effacer les dettes et les crimes du passé, sous l’Occupation ou pendant
    le guerre d’Algérie. En France les plus hauts responsables politiques ont
    régulièrement tenu le même langage : il faut procéder à la réconciliation
    par l’amnistie et reconstituer ainsi l’unité nationale. (Derrida, « Le
    siècle et le pardon », Le Monde des débats. Décembre 1999).

    Les heures passent. Le président algérien a manifestement du temps devant
    lui. « Vous savez Eva, je n’ai pas eu d’ami scandinave depuis Olof Palme,
    pourquoi vous ne faîtes que regarder l’Algérie? » Sentant venir le fin de
    l’entretien et son obstination à faire de nous des amis, je lui parle des
    journalistes en détention et lui suggère de les libérer. Il feint la
    colère, m’assure qu’ils sont en prison pour des délits financiers, et non
    d’opinion. Je lui réponds que leur qualité de journaliste est
    prédominante. Il évacue le sujet, en promettant vaguement de regarder
    leur cas. Lorsque nous nous séparons, quatre heures se sont écoulées. Je
    suis épuisée.
    Quelques mois plus tard, Abdel-aziz Bouteflika a convoqué un référendum
    pour faire adopter un ensemble de mesures dont le but était de
    restaurer la paix civile en Algérie. Il a proposé de reconnaître le
    droit à des réparations pour les familles de disparus, d’accorder une
    forme d’amnistie pour les membres de groupes armés non coupables de
    massacres. Dans la foulée, il a mené campagne tambour battant, écartant
    du débat l’opposition et les familles des victimes ainsi que les
    associations des droits de l’homme. Les médias ont fait bloc autour du
    pouvoir. L’Etat a utilisé tous les moyens matériels y compris les fonds
    publics pour le seul bénéfice des partisans du président. Le même qui,
    sa main posée sur moi, m’exhortait à le comprendre.
    Je ne suis pas surprise. Je me rappelle qu’en sortant du palais
    présidentiel nous avions sacrifié au rituel de la photographie côte à
    côte, la belle image imposée aux journaux du lendemain. Je savais que
    Bouteflika cherchait à se blanchir avec Eva Joly, mais j’en ai couru le
    risque, espérant c’est ma nature, que les mots laissent des traces, des
    taches de mensonge, sur les tapis rouges ».
    =================================================================
    LA FORCE QUI NOUS MANQUE – Eva JOLY – Les Arènes – mai 2007

    ——————————————————————————–

    Description du produit

    Présentation de l’éditeur
    J’ai besoin de mouvement. Certains appelleront ça de l’ambition. Le mot ne me fait pas peur. J’ai toujours eu peur du moment où le réel vous assigne votre place : vous êtes la bonne, vous êtes l’épouse, vous êtes une mère, vous êtes une secrétaire, une juge puisque vous êtes une obstinée, mais docile s’il vous plaît. Vous avez l’âge de la retraite. Non, j’ai toujours bousculé cet ordre-là.
    J’ai soixante-trois ans. Et je n’ai jamais été aussi libre.
    J’ai quitté la France. Je suis partie parce que je ne voulais laisser à personne les moyens et le temps de se venger. Au nom de la Norvège, dans les grandes institutions ou dans les soupentes des juges de Nairobi ou de New Delhi, je rencontre depuis cinq ans des hommes et des femmes à la hauteur de leurs rêves.
    La force nous manque trop souvent pour bousculer l’ordre des choses dans notre vie ou dans les affaires publiques. J’aimerais que ce livre soit pour ses lecteurs ce qu’il a été pour moi : un petit traité d’énergie et d’orgueil féminin.

    Biographie de l’auteur
    Eva Joly est conseillère pour la lutte contre la corruption et le blanchiment en Norvège. Ses deux livres précédents, Notre affaire à tous et Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ?, chez le même éditeur, ont été vendus à plus de 450 000 exemplaires en France et à l’étranger.

  3. nacer dit :

    c’est un site de politique, appropos de votre NB le site FFSIEN A 100 POUR 100 , concernant la phrase l’algerie bled chipa ces parmets les mots des enmis de notre pays et notre glorieux chohada,

  4. Khellouf Samir dit :

    Un chauffeur de Tahkout massacré par les sbires
    L’entreprise de transport Tahkout que tous les algériens savent être celle d’Ouyahia vient de défier la chronique.
    Un chauffeur de cette entreprise a fait un accident de la circulation et a un peu amoché le bus : les responsables n’ont pas cru à sa version des faits et l’ont accusé d’être fautif dans l’accident. Il a été convoqué dans un garage de l’entreprise et a été tabassé. Il est gravement blessé. Il est à l’hôpital de Hadjout, w. de Tipaza.
    Une entreprise mafieuse : le petit Tahkout qui gagne près de 50 millions de dollars par an en transportant des étudiants n’est-il pas un prête nom pour Ouyahia… ? Hé bien faites votre compte : 3000 bus X 5000 DA X 250 jours= 3750 000 000 DA soit 52 545 094 Dollars
    Et pourquoi les universités algériennes ont-elles recours au service de Tahkout au lieu de construire des cités universitaires et assurer ce transport par le biais du COUS comme elles le faisaient autrefois ?
    Tahkout est présent dans toutes les wilayas du pays, mais sous des appellations différentes. Ce sont toutes des sociétés établies à Alger, ce qui montre qu’Ouyahia a le monopole du transport des étudiants qu’il trimballe comme des ouvriers au lieu de leur construire des cités universitaires !
    Un bus est loué à 5000 Dinars/jour !

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