Alger veut récupérer un ancien officier des services de sécurité qui a fait défection

Le Monde, 23 novembre 2007
Lorsqu’il avait témoigné, à l’été 2002, contre le régime algérien lors d’un procès qui se déroulait à Paris, le tribunal avait écouté Mohammed Samraoui dans un silence profond. C’était la première fois qu’un ancien colonel des services de renseignements, qui avait fui à l’étranger à la suite d’un désaccord sur la conduite de la guerre antiterroriste, racontait par le menu les méthodes de la Sécurité militaire, avec leur part d’ombre et de coups fourrés.

L’année suivante, l’ancien officier publiait en France un livre témoignage qui était le prolongement de ses propos à la barre (Chronique des années de sang, éditions Denoël). Dévastateur, l’ouvrage fit grand bruit. Depuis, plus rien. Installé en Allemagne avec sa famille, Mohammed Samraoui était retombé dans l’anonymat.

Du moins le croyait-il. A l’occasion d’un déplacement à Malaga, fin octobre, l’ex-colonel a été interpellé et présenté à la justice espagnole sur la base d’un mandat d’arrêt international lancé en 2003 par l’Algérie via Interpol pour « désertion, atteinte au moral de l’armée et activité terroriste ».

Incarcéré pendant quelques jours, Mohammed Samraoui a été remis en liberté, avec interdiction de quitter le territoire espagnol. « Tous les deux jours, je dois pointer au tribunal », a-t-il expliqué au Monde par téléphone.

L’ancien colonel dit ignorer les raisons de son inculpation. « J’attends une audition devant le juge qui ne vient pas. Aucun dossier me concernant n’est arrivé d’Algérie. Je ne comprends ni l’acharnement algérien – j’ai rompu depuis des années avec mon pays natal – ni l’empressement espagnol. Protégé par le statut de réfugié politique, j’ai pu voyager en toute liberté à l’étranger. Jamais les Allemands ne m’ont inquiété », dit-il.

Il y a une semaine, le quotidien espagnol El Pais a publié un appel en faveur du dissident. Cet appel sera remis aux autorités espagnoles, lundi 26 novembre. Appuyé par des dizaines de personnalités européennes et maghrébines (le président du Front des forces socialistes, l’algérien Hocine Aït Ahmed, figure parmi les signataires), le texte parle de l’accusation « grotesque » à l’encontre du dissident et du « caractère fallacieux du mandat d’arrêt algérien ». Jean-Pierre Tuquoi

 

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