Adieu camarade

osman.jpgDifficile d’y croire ! Je te dis adieu en essayant de me convaincre que je pourrais encore te croiser dans la rue ou t’appeler sur ton téléphone. Et pourtant ! Ton cœur n’a pas pu supporter plus. Un cœur tourmenté, et ô combien surmené, qui n’a pu être à la hauteur de ton ardeur, de ton engagement. Tu as rendu l’âme au champ de bataille, dans ton milieu naturel, au milieu de tes élèves. Ceux-là mêmes qui venaient nombreux assister à chacun de tes procès. Preuve de leur soutien, leur attachement et leur amour à leur professeur.

Tu étais l’homme de tous les combats et de toutes les causes justes. Des luttes syndicales embrassées très jeune, à l’université au sein du SNEA-AD et au sein d’une UGTA déjà sclérosée et verrouillée, que tu as fini par quitter, du combat pour les droits de l’homme et pour la démocratie au sein de l’historique MCB, de celui contre la torture au lendemain des événements d’octobre 1988, de celui pour le multipartisme et la liberté d’expression, ou encore de celui contre les ajustements structurels injustes imposés à notre pays par le FMI et consorts, contre le libéralisme sauvage de l’économie nationale qui causait déjà et génère encore d’énormes misères à de larges couches de la société, du combat contre l’intégrisme et le terrorisme, du combat pour la vie et la dignité et de celui pour la vie dans la dignité. Pour la vie dans une société juste et équitable. Tu as toujours été désintéressé et imperméable à toute tentation. Ton combat, ou tes combats pour être juste, n’avaient de motivations que tes convictions et la sincérité de ton engagement. Tu es l’incarnation de cette généreuse idée du renouveau syndical dans une Algérie désarticulée. La malheureuse condition de cadavre récalcitrant qu’est devenue l’UGTA t’écœurait et te révoltait. Tu n’avais pas hésité à claquer la porte et tu as su ressusciter l’idée syndicale et la faire renaître de ses cendres. Tu as su redonner espoir à des milliers, pour ne pas dire à des millions, de travailleurs sapés par le rouleau compresseur du libéralisme et des compressions d’effectifs. Tu as su leur redonner confiance et semer en eux le courage de se battre. Tu agissais comme si tu avais une éternité devant toi. Chaque bataille que tu engageais avait son importance dans la longue marche vers ton idéal de justice et de démocratie. Mais malgré ton ardeur et ton empressement de voir aboutir ta cause, tu étais toujours loyal et savais attendre et accompagner le rythme des luttes. Entre une grève et un procès, tu avais toujours un énorme travail à entamer ou à finaliser. Tu répondais présent partout où tu étais sollicité. Tu étais un véritable porte-drapeau et un infatigable défenseur des opprimés. Ton souvenir demeurera. Ton empreinte et ton combat aussi. Adieu Redouane, adieu l’ami, adieu le frère, adieu camarade !

Par Boudjemaâ Medjkoun

Commentaires

  1. brievague dit :

    merci de tout coeur osmane pour avoir rallumé la bougie et éclairé un espace d’intérêt ou la noblesse en est le coeur battant. tu es et restera dans la mémoire des enseignants tout corps confondu,un fondateur et combattant pacifique ,intelligent pédagogue surtout. nous t aierons toujours.dors en paix.nous te rejoindrons aussi.

  2. BARBACHE ESPOIR dit :

    A MON AMI CAMARADE .TU ES UN HERO? TU A REFUSER LA SERVITUDE ? DORS EN PAIX . VIVE LA REVOLUTION DES HOMMES DIGNES .BARBACHA COMMUNE SOCIALISTE VOUS A SUREMENT PROCURER DE LA JOIE.
    VIVE L AMERIQUE LATINE ABAT L IMPERIALISME ET LES OBSCURANTISTE.

  3. el fahla dit :

    les camarades de lutte d’osmane sont determinées farouchement a continuer son combat.et a coté de leurs camarades du cnapest nous jurons que rien ne viendra entraver notre determination a respecter le but que redouane avait tracé dans la lutte syndicale.notre cheval de bataille est la continuité pour anéantir les néo libéraux.les khobzistes;les mondialistes destucteurs potentiels de notre école publique.nous agirons jusqua obtention de nos revendications légitimes.et nous ferons monter le pic de tension a benbouzid jusqu a la mort s il le faut s’il ne déguerpi pas de sa tour d’ivoire.

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