Manipulation, dites-vous ?

Editorial, La Tribune du 21 janvier 2008

Par Chafaa Bouaïche

L’année 2008 commence mal pour l’Algérie. Dans son rapport annuel, la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme (CNCPPDH) a évoqué la situation du front social, qu’elle a qualifiée d’«alarmante». Le président de la commission, Farouk Ksentini, a indiqué qu’une tension importante est perçue en ce qui concerne les droits sociaux, avant d’ajouter que les responsables «sont conscients de la gravité de la situation». En effet, la paralysie du secteur de la fonction publique, suite à l’appel à la grève générale lancé par les syndicats autonomes, ne fait que conforter M. Ksentini dans ses propos. Ce dernier a, par ailleurs, prévenu contre une explosion sociale.
Le front social est en ébullition. Les fonctionnaires sont mécontents de l’aggravation de leurs conditions de vie. Au lieu de convier les syndicalistes à un dialogue, le gouvernement cherche plutôt à savoir qui se «cache» derrière le mouvement. En d’autres termes, il veut connaître qui manipule les fonctionnaires. Cette manière de procéder contribue à jeter le doute sur les initiateurs du «mouvement» et leurs intentions.
En psychologie, la manipulation signifie obtenir de quelqu’un qu’il fasse quelque chose qu’il ne veut pas faire, sans qu’il s’aperçoive qu’on la lui fait faire. Les fonctionnaires ont-ils été obligés d’observer la grève ? Les syndicats ont-ils empêché les fonctionnaires de rejoindre leur poste de travail ? Il faut reconnaître que seule l’aspiration à «une vie meilleure» a «obligé» les fonctionnaires à suivre l’appel des syndicats. Affirmer que les fonctionnaires font l’objet d’une quelconque manipulation, c’est mépriser leur intelligence et piétiner leur conscience. Les enseignants ne sont pas des marionnettes ! Ils sont chargés d’éduquer les enfants. Ils décident de leur avenir.
Ces derniers jours, la grogne a gagné les lycéens. Ils emboîtent le pas aux adultes. Si ces derniers réclament l’augmentation de leur salaire, les lycéens, quant à eux, réclament l’allégement des programmes scolaires. Déterminés à faire entendre leur voix, les lycéens sont allés jusqu’à braver l’interdiction des manifestations publiques, décrétée par le ministre de l’Intérieur au lendemain de la marche du 14 juin 2001.
Dans le cadre du dialogue, le secrétaire général du ministère de l’Education, M. Khaldi, a pris l’initiative de recevoir une délégation lycéenne. La poursuite du mouvement de protestation après cette rencontre révèle l’échec des «négociations». «Il faut faire attention à la manipulation à des fins politiques des doléances des élèves», aurait déclaré M. Khaldi à l’adresse de la délégation. A court d’arguments, le responsable de l’éducation a préféré mettre en garde les lycéens contre la manipulation politique de leurs doléances. Mais comment ose-t-on parler de manipulation politique à des adolescents dans un pays où même les adultes ne connaissent pas le sens de la politique ? Le mouvement des lycéens est-il spontané ? Il n’y a aucun doute. La manipulation, par contre, risque d’intervenir au cours des manifestations.
Après l’assassinat de Guermah Massinissa en avril 2001 par un gendarme à Beni Douala, les lycéens avaient organisé des marches pacifiques pour exprimer leur colère. Ce n’est que plus tard que des apprentis sorciers se sont greffés au mouvement pour le dévier de sa trajectoire. La suite, tout le monde la connaît. Aujourd’hui, le même scénario risque-t-il de se reproduire ? Alléger un programme scolaire pour éviter des dérapages, ce n’est pas la mer à boire.

C. B

Commentaires

  1. Anonyme dit :

    Travaillons ensemble à l’instauration de la 2ème République

  2. Moumouh dit :

    Monsieur Benbouzid, même vous on est certain que si vous passez votre bac 2008 vous serez incapable de le décroché je vous l’assure, ce n’est qu’un travail bâclé, fait a la va vite plein de faute est surtout méga surcharger on devrais l’appelé « Bac session 2009 ».
    Lycéen de polyvalent à Tizi-Ouzou

  3. hamayas dit :

    Bon sang quand allez vous comprendre que si ben – bouz esr resté plus de 14 ans à la tete du M.E.N. c’est qu’il accomplit merveilleusement la sale besogne qui lui a été devolue par les tenant du pouvoir reel à savoir detruire toute INTELLIGENCE dans ce pays et entretenir la mediocrité; allez voir ce qui se passe dans les directions de l’education, allez voir les  » cadres  » de ces directions, allez voir les « qualités et le niveau des chefs d’tablissement et autres inspecteurs et inspecteurs generaux, comment ont été acquis ces postes et vous comprendrez pourquoi notre ecole est reellement sinistrée

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