14 janvier, 2008
L’Algérie, un nouvel Irak ?
Par François Gèze*, Le Journal du dimanche, 16 décembre 2007
La terreur sanguinaire continue à frapper l’Algérie, au détriment d’une popul
ation qui vit dans la misère et qui craint désormais la recrudescence d’attentats suicides, formule jusqu’au mois d’avril jamais utilisée par les groupes terroristes algériens. Mais comment imaginer que des actions de cette ampleur puissent se commettre en plein cœur des quartiers les plus sécurisés d’Alger ? Comment imaginer que les services de sécurité n’aient rien remarqué ? D’où sont arrivés les explosifs ? Plus de 1 600 kg à la barbe des renseignements algériens ? Il y a de quoi se poser des questions. Même la presse algérienne, qui ne présente en général qu’un seul son de cloche, commence à s’interroger, à évoquer des luttes de clans à l’origine des attentats.
Lors de la conférence de presse qui a suivi les attentats du 11 décembre, le ministre de l’Intérieur Yazid Zerhouni a expliqué : « Les services de sécurité savaient depuis des mois que le siège du Conseil constitutionnel figurait parmi les cibles des groupes terroristes. » Et d’ajouter : « Les services de sécurité ont acquis une grande capacité d’infiltration des groupes terroristes et sont parvenus à affaiblir un grand nombre de ces groupes. » Que faut-il comprendre ? Les services secrets savaient parfaitement que les attentats étaient en préparation ? Pourquoi ne les ont-ils pas arrêtés ? Faut-il croire qu’ils ont laissé faire ? Le Département de renseignement et de sécurité (DRS), le vrai centre du pouvoir, se sert-il d’Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) pour frapper ses cibles et faire des dizaines de morts… ?
Bouteflika est un président au pouvoir limité. Mais depuis deux ans il est tenté de l’élargir. D’où une lutte sans merci qui oppose son clan à celui des chefs du DRS, en particulier pour le partage entre eux des richesses pétrolières et gazières du pays. Le président a ainsi suspendu une loi sur les hydrocarbures qui aurait permis aux multinationales américaines de mettre la main sur ces richesses et cela au plus grand profit des généraux qui touchent des commissions sur les grands contrats liés à l’exploitation des hydrocarbures.
Les causes profondes de la recrudescence du terrorisme ne viennent donc pas de Ben Laden. Elles sont endogènes et se situent au cœur même du pouvoir algérien. Pour cette raison, il n’y a pour le moment pas de risque que l’Algérie devienne un nouvel Irak. Il semble très improbable que l’AQMI bénéficie du soutien logistique d’Al-Qaida. Les seules « informations » sur ce point viennent du DRS. Et toute enquête indépendante est impossible. Mais beaucoup d’indices montrent que l’AQMI est un instrument entre les mains des chefs du DRS. En particulier le fait que les dizaines de milliers d’hommes de cette police politique sont partout, contrôlent tout.
Le choix de l’ONU comme cible n’est peut-être pas sans rapport avec ce qui s’est dit il y a un mois à Genève au Comité des droits de l’homme des Nations unies. Pour la première fois, le gouvernement algérien a été mis en cause : l’expression de « crime contre l’humanité » a été utilisée pour qualifier les événements de la « sale guerre » des années 1990. Cette déclaration a rendu furieux les officiels algériens. En revanche, le risque d’attentat en France est faible. Pour le moment du moins. Nous ne sommes pas dans le même scénario qu’en 1995, où la France avait pris position par le biais d’Alain Juppé contre la guerre qui se déroulait en Algérie [et qui avait conduit le DRS, par GIA interposés, à organiser des attentats sur le sol français].
* Directeur des Éditions La Découverte et membre de l’ONG Algeria-Watch
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