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Algérie: révélations posthumes du journaliste Saïd Mekbel

saidmekbel7ab58.jpgPar François Gèze (Editeur), www.rue89.com

Dans cette « confession », recueillie en 1993 par Monika Bergmann, Saïd Mekbel, directeur du quotidien algérien Le Matin, assassiné « par des islamistes » un an plus tard, explique pourquoi il est convaincu que les meurtres d’intellectuels attribués aux GIA étaient commandités par le général « Tewfik » Médiène. Et il dit sa conviction que s’il est tué à son tour, ce sera sur son ordre.

C’est le cœur serré que l’on referme, après l’avoir lu, « Saïd Mekbel, une mort à la lettre », le livre d’entretiens entre Saïd Mekbel et Monika Borgmann. Journaliste algérien, le premier était le directeur du quotidien Le Matin, jusqu’à son assassinat, par deux balles dans la tête, le 3 décembre 1994, « par des islamistes ». La seconde est une journaliste allemande, qui s’était rendue en Algérie il y a quatorze ans, fin 1993, pour tenter de comprendre comment certains intellectuels algériens résistaient alors à la vague d’assassinats de leurs pairs, attribués aux islamistes, et « pourquoi ils restaient en Algérie alors que d’autres quittaient le pays ». Elle obtint alors de Mekbel trois entretiens approfondis, où celui-ci, par la grâce d’une mystérieuse empathie, confia à la journaliste allemande des secrets qu’il n’avait jamais révélés auparavant, même à sa famille.

Un témoignage majeur sur le début des « années de sang »

Pendant des années, « peut-être trop longtemps », dit-elle, Monika Borgmann n’a pas voulu rendre public ce « testament », se demandant si elle « avait le droit de le publier ». Son propre parcours de réalisatrice de documentaires engagés au Liban l’a fait changer d’avis, la convainquant « de l’importance de ‘raconter l’histoire’, […] surtout quand il s’agit de pays qui ont fait le choix de réagir à tant d’années de violence, à tant de massacres, d’assassinats et de disparitions, par l’adoption de lois d’amnistie coupant court à toute recherche de vérité ».

De fait, on peut regretter que ce témoignage majeur sur le début des « années de sang » en Algérie n’ait pu être rendu public plus tôt. Il aurait peut-être contribué à éviter le terrible aveuglement de la majorité des médias internationaux sur la réalité de la « sale guerre » déclenchée en janvier 1992 par les généraux algériens, suite à leur coup d’Etat annulant la victoire électorale du Front islamique du salut (FIS) aux élections législatives de décembre 1991.

Il faut dire que le paradoxe est vertigineux, car le journal de Saïd Mekbel, journaliste chevronné (il avait fait ses classes à l’Alger républicain d’Henri Alleg, après l’indépendance de 1962), était alors à la pointe du combat des « éradicateurs » algériens: ces intellectuels laïques, le plus souvent sincères, avaient fait le choix de soutenir sans réserve l’entreprise d’éradication des partisans de l’islam politique, en fermant les yeux sur les terribles exactions des « forces de sécurité » pour parvenir à leur but -torture généralisée, exécutions extrajudiciaires, disparitions.

« En haut, il y a des gens qui font tuer par pédagogie »

Et pourtant, au-delà des contradictions et des fulgurances de ce témoignage, son fil rouge, répété de façon obsessionnelle, est la mise en cause par Saïd Mekbel de la thèse officielle attribuant aux islamistes les assassinats en série qui frappaient l’intelligentsia algérienne depuis le printemps 1993:

« Il y a un projet pour liquider cette frange de la population, [parce qu’elle] sait ce que signifie la République, ce que signifie une démocratie » (p. 29); « On veut tuer ceux qui détiennent l’héritage de la civilisation universelle » (p. 30); « Il y a un cerveau quelque part qui choisit. Peut-être que les exécutants, ceux qui tuent, sont recrutés parmi les petits tueurs islamistes, chez les intégristes. Mais moi, je pense qu’en haut, il y a des gens qui choisissent. Ces choix sont faits très froidement » (p. 34); « Au début, je me disais que c’étaient les intégristes qui tuaient. C’était facile. […] Mais maintenant, je suis persuadé qu’il y a des gens qui font tuer un peu par pédagogie! » (pp. 37-38); « Si on me tue, je sais très bien qui va me tuer. Ce ne sont pas des islamistes. C’est une partie de ceux qui sont dans le pouvoir et qui y sont toujours. Pourquoi? […] C’est que je suis le seul responsable d’un journal qui n’a jamais travaillé pour le régime » (p. 74).

« Quelqu’un qui nous connaît tous »

Et cet opposant de toujours, arrêté et torturé par la sécurité militaire en 1967, qui s’était interdit de publier quoi que ce soit entre 1965 et 1988, date de l’ »ouverture démocratique », révèle enfin à Monika Borgmann sa conviction, nourrie d’une connaissance intime du système de pouvoir algérien. Ainsi, selon lui, le commanditaire de ces crimes d’intellectuels, « c’est quelqu’un qui nous connaît tous »:

« Il a géré leurs carrières, leurs fichiers, leur vie, leurs diplômes, etc. » (p. 100).

La journaliste allemande lui demande alors:

« C’est quelqu’un de l’armée? Je te demande ça parce que Khalida Messaoudi a rendu Toufik responsable. »

Il répond:

« C’est ça, c’est lui. […] Son nom est [Mohamed] Médiène. […] Quand j’ai découvert ça, j’ai essayé de rassembler, de faire le puzzle. […] Ce qui est terrible chez cet homme-là, c’est qu’il semble être l’auteur d’une théorie qui affirme que certains pays doivent sacrifier leur élite à un moment donné de leur histoire. […] Et selon cette théorie, il faut commettre des actes choquants pour réveiller les masses, pour réveiller la conscience, la société civile. […] C’est un terrorisme pédagogique. » (p. 100-104)

Début 2008, le général Mohamed Médiène, chef inamovible des services secrets de l’armée (le DRS) depuis 1990, reste le vrai patron d’une Algérie où la majorité de la population est plongée dans la misère, malgré la manne des pétrodollars accaparée par lui-même et ses pairs. Certains contestent toutefois de plus en plus ouvertement sa puissance, au prix d’une nouvelle « lutte de clans » par terrorisme islamiste interposé. Tous ceux qui n’ont pas renoncé à comprendre ce drame toujours actuel doivent impérativement lire ce livre bouleversant.

* Saïd Mekbel, une mort à la lettre, de Monika Borgmann – Téraèdre/Dar al-Jadeed, Paris/Beyrouth, 2008 – 141 pp., 15€.

Commentaires

  1. k2raguelid dit :

    repose en paix said .

  2. bouaziz dit :

    vous savez ces choses, on était convaincu depuis le début. mais ce qui se passe en kabylie avec ces attaques et prises en otages de ses villes et villages par des « terro » n’augure rien de bon.
    le risque de voir survenir « un dérapage » qui poussera la population à une riposte violente voir armée est une éventualité à ne pas ecarter. koulou chayin moumkine fi bilad DRS

  3. agora.dz dit :

    Dans un article intitulé « Entre Boutef’ et les généraux, rien ne va plus », le site bakchich.info, dirigé par Nicolas Beau, enquêteur au Canard enchaîné, parle d’une sourde guerre qui opposerait le président aux services du général Toufik, à propos d’un troisième mandat.

    Voici l’article :

    « Lors d’un précédent voyage à Moscou, le président Bouteflika a donné son accord pour un gros contrat d’aviation avec la Russie qui devait aboutir à la livraison d’avions de chasse Mig 29. À ceci près que les Algériens se sont révélés forts déçus par les premiers spécimens réceptionnés en 2006 et 2007. Résultat : à quelques heures de l’arrivée à Moscou du président algérien Abdelaziz Bouteflika, ce lundi 18 février, l’annonce d’un accord a fuité dans la presse russe.
    Finalement, les Mig 29 devraient être remplacés par des Mig 35. Étonnant quand on sait que ces dernières semaines, la présidence algérienne se disait intéressée par la livraison de Rafales français… En réalité, à la manœuvre en coulisses, les militaires algériens ont fait comprendre à Bouteflika que les Russes avaient leurs faveurs. Surtout, le tout puissant général Mohamed Médiène, à la tête des services algériens depuis dix-huit ans, qui a fait savoir à Bouteflika qu’il fallait conclure avec les amis de Poutine.

    Après tout, ce général aussi discret que redouté a été formé à Moscou. Apparemment, les désirs de Médiène – surnommé « Tewfik »- restent des ordres. Et entre le patron de la sécurité militaire algérienne et Bouteflika qui fait de la résistance, la guerre est déclarée. Bouteflika prétend se présenter pour un troisième mandat en 2009
    Le président algérien, qui apparaît aujourd’hui affaibli par ses pathologies aux reins et à l’estomac, s’accroche au pouvoir. Élu en 1999 et réélu en 2004, il prétend se présenter pour un troisième mandat en 2009.
    Bouteflika bénéficie de quelques appuis au sein du sérail algérien, essentiellement auprès des confréries religieuses (zaouias) et des ministres originaires de l’Ouest du pays. Parmi eux, le ministre de la Jutice, Tayeb Belaiz, le ministre du Travail, Tayeb Louh, le ministre de l’Énergie et des Mines, Chakib Khelil mais aussi le ministre de l’Intérieur, Noureddine Yazid Zehrouni, bien qu’il soit né à Tunis.

    Or, le bilan du groupe de l’Ouest n’est pas des plus glorieux : les privatisations traînent, la situation sociale se tend et surtout les attentats terroristes se multiplient autour d’Alger. Et, disons-le, l’idée d’un troisième mandat de Bouteflika n’enchante pas la population. Mais surtout, les ambitions du président suscitent la colère d’une partie de l’armée et des services secrets algériens. L’armée se mêle de plus belle des affaires de la Présidence.Du coup, le général Médiène et ses amis ont envoyé quelques scuds bien sentis dans le jardin de la Présidence.
    On peut, entre autres, citer celui des nominations d’ambassadeurs et de préfets. Ces dernières nécessitent impérativement le feu vert (ou « habilitation ») des services qui se gardent bien de le faire. Résultat : depuis des semaines, elles traînent. Mais on pourrait tout aussi bien citer les récents malheurs judiciaires de Kaddour Gouaïche.
    Ce conseiller du président Bouteflika et responsable de l’association des Zaouias a été condamné à quatre ans de prison pour avoir servi en douce, et moyennant devises, d’intermédiaire auprès de sociétés étrangères voulant décrocher des contrats en Algérie.

    À l’approche de l’élection présidentielle de 2009, l’un des derniers fortins de Bouteflika reste le géant des hydrocarbures algérien, Sonatrach, dirigé de facto par le ministre de l’Énergie, Chakib Khelil, et par l’un de ses proches. Et encore, même sur ce dossier, la marge de manoeuvre présidentielle se réduit comme le montrent les rebondissements de cette affaire qui implique 104 hauts cadres de la Sonatrach, accusés de comportements déviants lors de passations de marchés.
    Malgré ces déconvenues, le président Bouteflika s’accroche à un troisième mandat et n’hésite pas à mettre les deux pieds dans le plat. Ainsi, le 5 juillet dernier, en plein Conseil de sécurité qui a rassemblé la fine fleur de l’État-major de l’armée et des services, le président n’a pas hésité à leur lâcher : « Vous vous occupez de la sécurité et moi du reste »… « Un débarquement à la Bourguiba a été envisagé » à AlgerDu coup, en haut-lieu à Alger, on cherche une solution. Un débarquement à la Bourguiba (renversé en Tunisie en 1987 par le général Ben Ali lors d’un coup d’État médical) a été envisagé. Mais, soucieux de ménager l’opinion internationale, d’autres penchent pour la nomination d’un vice-président aux côtés de Bouteflika, ce qui permettrait une transition en douceur.

    Pour l’instant, l’armée n’a pas de favori tant le paysage politique algérien est davantage discrédité qu’en France, au vu de l’asthénie des partis politiques. L’Algérie est donc à la recherche de l’homme providentiel pour sortir de l’ornière. Avec toujours cette ambiguïté de l’armée qui tient le pouvoir sans l’assumer vraiment.

    Mardi 26 février 2008 par Nicolas Beau, Catherine Graciet

    Source de cet article : http://www.bakchich.info/article2756.html

  4. benmahammed samir dit :

    L’EX Directeur Des R.G Annaba
    Commissaire principal de police
    Mr BENMAHAMMED Med Samir
    Matricule : 749 Major de promo C.P.P Année 2001

    A

    A SON EXCELLENCE MONSIEUR
    LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
    ABDELAAZIZ BOUTEFLIKA

    Affaire EX : DIRECTEUR DES R.G ANNABA
    ET
    COMMISSAIRE PRINCIPALE DE POLICE

    S.V.P MR LE PRESIDENT AIDEZ MON FILS

    Excellence ;

    J’ai l’honneur de venir solliciter en dernier espoir, de votre haute et bienveillante autorité, pour intervenir dans l’affaire, ourdie et manigancée par la sûreté de wilaya contre mon fils BENMAHAMMED Mohamed Samir, Directeur des Renseignements Généraux a la sûreté de wilaya d’ANNABA.
    Utilisant des subterfuges et manipulations, mon fils a été suspendu et emprisonné dans l’exercice de ses fonctions ; alors qu’il a découvert « des scandales économiques » dans la wilaya.
    Du fait de la fonction stratégique que mon fils exerce au sein d’un corps de sécurité, dont la raison d’etre et la surveillance et la protection des citoyens, la veille sur les intérêts sans éxéption du pays.
    C’est justement en accomplissant cette mission ,que mon fils a été emprisonné sur de fausses accusations ,la précipitation à l’inculpation en dehors de tout le cadre légal juridique et administratif.
    Dés que l’accusation fomentée a été décidée, la notification de suspension et la traduction devant le Juge ,qui ,sous pression a été contraint d’emprisonner mon fils.
    Sur le plan administratif aucune enquête n’a été diligentée par la Direction générale de sûreté nationale, ni comparution devant le conseil de discipline organe légal et procédure obligatoire sous peine de nullité.
    Mais comme le but recherché est de soustraire mon fils de la fonction, pour mettre fin aux investigations faites qui en réalité sont préjudiciables a certains organes dans la wilaya.
    On s’interroge sur la non communication des informations afférentes à cette affaire que détient la D.G.S.N. a la pseudo commission d’enquête qui avait un dossier vide, cela en contradiction flagrante avec la législation et au code interne en application dans le corps de la sûreté nationale.
    Je cite comme preuve la notification de suspension décidée par la D.G.S.N. sans mentionner le motif de la sanction indispensable, ni la date de comparution devant la C.D., ou la Direction nationale de la police judiciaire-(obligatoire)
    Dans ce contentieux qui est en réalité une énigme qui a pris racine lorsque mon fils pour assurer sa défense et surtout se disculper a dénoncé certains abus et surtout il a prouvé des dilapidations de deniers publics.
    Des personnes appartenant a la même sûreté 04 officiers de police, ont été également suspendues de leur fonction depuis 19 juin 2006 alors qu’elles n’ont jamais été appelées par une instance quelconque soit au niveau local, ou national.Comme pour étouffer cette affaire plus de 85 % du personnel a été déplacé et muté dans d’autres sûretés urbaines
    Ces 04 personnes suspendues a ce jour par la direction de wilaya, sans comparution devant la C.D., ni décision de la D.G.S.N. ; pour la simple raison qu’elles avaient refusé de faire un faux témoignage chargeant mon fils.-(pour preuves de leur déclaration écrite ,une K7 vidéo et d’autres documents officiels sont a la disposition de la commission d’enquête ou autre organe qui sera chargé de cette affaire)
    Les raisons de l’emprisonnement de mon fils sont d’ordre professionnel.
    Suite aux séries de scandales financiers et économiques récemment découverts par mon fils dans l’exercice de ses fonctions ; comme récompense, il est inculpé et emprisonné.Cette initiative qui
    contrarie certains hauts responsables d’organes dans la wilaya ; voyant leurs intérêts découverts et menacés, se sont vengés sur mon fils auteur de cette initiative glorieuse et honorifique.
    Ainsi au cours de mes visites a la prison, il me déclare qu’il ne regrette nullement son action, étant resté fidèle au serment prêté il n’œuvre que dans l’intérêt du pays.Il m’a ajouté avec fierté que s’il devrait refaire ces investigations pour dénoncer les malhonnêtes, il le ferait sans hésiter.
    Est-ce la récompense de celui qui a accompli son service avec abnégation et probité, conformément aux lois et directives internes que de finir en prison ?
    Malgré le fait d’etre en prison ;il répète qu’il ne peut occulter un fait réel préjudiciable a la nation ;cacher la vérité est un crime que Dieu ne peut pardonner.

    Sur des pressions des organes cités au niveau de la wilaya, l’affaire a été traitée rapidement avec précipitation et sans respect des procédures et des droits de la défense des personnes accusées.

    La raison est simple le Chef de la sûreté de wilaya a donné des instructions fermes a son adjoint de se charger personnellement du suivi de cette affaire jusqu’à l’emprisonnement de mon fils quelque soit le motif
    et quelque soit le prix a payer.il lui a ordonné de rester sur place jusqu’à l’application de la décision de justice portant emprisonnement.

    Actuellement mon fils est détenu à la prison d’Annaba ; depuis 25 mois.Les demandes introduites pour obtenir sa libération conditionnelle ont été rejetées.

    Sur le plan légal l’Avocat de mon fils est affirmatif sur l’absence de motif nécessitent la prison.Il n’a y a ni preuve, ni fait justifié.
    Cette affaire a été ourdie par le chef de la sûreté de wilaya d’Annaba et son adjoint de l’époque, n’est qu’un subterfuge pour vider le corps de la sûreté de ces éléments probes et ainsi permettre aux aventuriers d’agir dans l’impunité.
    C’est en cela que je m’adresse a votre excellence en sa qualité de premier magistrat du pays et surtout en sa qualité de révolutionnaire qui a fait ses preuves et persévère a agir dans l’intérêt du pays ;
    Je souhaite qu’une enquête soit ouverte ou tous les concernés seront entendus.
    Persuadé de votre sens de responsabilité énorme veuillez agréer Excellence en mon plus profond respect.

    BENMAHAMMED Miloud.
    Cité Kaddour BOUMEDDOUS N°206
    25.000 Constantine.

    A Constantine, le 17/juin/08

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