Archive pour mars, 2008

Amara Benyounes face à ses contradictions

amara.jpgDans un communiqué de soutien à Omar Belhouchet et Chawki Amari, rendu public aujourd’hui, le Secrétaire général de l’UDR, Amara Benyounes, a affirmé que par la condamnation des deux journalistes d’El Watan  »les partisans de la presse unique et de la pensée unique confirment leur volonté de mainmise sur l’un des derniers bastions de la liberté dans notre pays ». 

Reconnaitre que la presse est l’un des derniers bastions de la liberté dans notre pays signifie tout simplement que les autres libertés n’existent pas. Il est alors à s’interroger sur les raisons de soutien qu’apporte Benyounes au président de la République !

Ali Tounsi contredit Yazid Zerhouni

zerhounielkhabarcopy10.jpgtounsi.jpgLors de la conférence de presse qu’il a animée le 11 décembre 2007, suite au double attentat perpétré à Alger, le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, Yazid Zerhouni, a estimé que les deux attentats s’expliquent par « la baisse de vigilance », après les élections locales durant laquelle la capitale a connu un quadrillage sécuritaire « exceptionnel ».

Le Directeur général de la sureté nationale, Ali Tounsi, ne partage pas l’avis du ministre de l’Intérieur. En effet, dans un entretien accordé au quotidien Liberté du jeudi 6 mars 2008, le DGSN a répondu à la question: « Les derniers attentats enregistrés à Alger sont-ils le résultat d’une baisse de vigilance ? », que « Non, il y a peut-être des personnes qui ont constaté une baisse de vigilance mais pas moi ». La réponse de Tounsi est une réplique à la déclaration du ministre de l’Intérieur.

Pour rappel, le colonel Ali Tounsi dit El-Ghouti a été nommé au poste de Directeur général de la sureté nationale le 20 Mars 1995 en remplacement du commissaire divisionnaire de police Mohamed OUADAH qui n’est resté que 11 mois à la tête de la police.

Depuis mars 1995, le président Liamine Zeroual est parti et Bouteflika est à la fin de son second mandat…Mais El Ghouti est toujours à son poste.

Hommage à notre frère Mahmoud Khelili, combattant de la dignité humaine

 
 » Ô toi, âme apaisée, retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée, entre donc parmi Mes serviteurs et entre dans Mon paradis « .  (Coran). 

Il y a 5 ans, disparaissait notre frère et compagnon de lutte pour le respect de la dignité humaine, Maître Mahmoud Khelili, terrassé par une crise cardiaque. Il représentait pour nous, génération de l’indépendance,  un symbole de la lutte contre l’oppression et la hogra. En ce triste jeudi 06 mars 2003, l’Algérie des Hommes Libres venait de perdre l’un de ses rares véritables militants des Droits Humains.

Après un combat sans merci contre les hordes coloniales, en tant que maquisard de la wilaya IV, il s’engageait dès les premières années de la libération dans un autre combat, tout aussi harassant, contre les dérives des imposteurs qui avaient confisqué déjà l’indépendance (inachevée) de notre pays et les libertés de notre peuple.

Quand des bravaches commençaient, tels des charognards à dépecer le pays et à se servir, au nom d’une légitimité historique usurpée, lui, véritable moudjahid de la guerre de libération nationale, décidait de continuer à servir, au nom du devoir national.

Avocat des opprimés et des causes justes, il brillait par son courage, sa ténacité et sa générosité. Il défendra les prisonniers politiques de tous bords, sans exclusive ni exclusion, jetés en prison par les tuteurs de l’Algérie qui avaient pris le pouvoir par la force des baïonnettes et qui s’étaient proclamés « révolutionnaires » de l’Algérie « socialiste ». Un socialisme folklorique qui se terminera par une faillite sanglante.

Il dénoncera au début de la courte récréation démocratique qui suivra la manipulation sanglante d’octobre 88, les dérives d’une justice servile. Cette franchise et ce courage lui coûteront deux années de suspension. Ce n’est pas tant cette sanction qui l’affectera mais  le silence lâche et assourdissant de beaucoup de ses confrères.  

Durant la guerre menée contre  la population par le quarteron de putschistes et leurs affidés de la « société servile », il sera  à la pointe du combat pour le respect des droits humains  bafoués quotidiennement au nom de la « sauvegarde » de l’Algérie…..des privilèges.

Il sera parmi les tous premiers avocats à dénoncer l’instauration des tribunaux d’exception calqués honteusement par les « juristes » de service et des « services »  sur les « sections spéciales » de Vichy. Tout comme il sera le premier  à appeler au boycott de ces juridictions de la honte.

En ces temps d’indignation sélective, il faisait partie de cette poignée de militants qui dénoncera haut et fort tous les actes de barbarie commis depuis le Coup d’Etat de 92, qu’il s’agisse de la torture institutionnalisée, des exécutions sommaires massives, des massacres de populations, des tueries des bagnes de Berrouaghia et de Serkadji, des viols collectifs ou de la politique planifiée des disparitions forcées.

Par sa ténacité et son magnifique courage, il démolira l’hideux mur de  désinformation et de  mystification, bâti par le pouvoir, ses commandos médiatiques et ses mercenaires de la plume. Il dévoilera à l’opinion publique internationale, le véritable visage de cette « seconde guerre d’Algérie » et son lot quotidien d’horreurs commis à la fois par le régime criminel et les groupes armés se réclamant faussement de l’Islam.  Tous les dossiers et les cas en sa possession étaient publiés et remis à toutes les ONG internationales sans sélectivité aucune. C’est en grande partie grâce à ses dossiers que j’ai pu confectionner avec mon amie Salima Mellah d’Algeria-Watch en janvier 2002, les listes de milliers de cas de disparitions et d’exécutions sommaires.

Il fut avec une poignée de militants, à l’origine de la création de la première organisation des familles de disparus. Tout comme il fut le premier à mettre en garde ces mêmes familles  du risque de récupération de la cause de leurs enfants à des fins inavouées par certaines officines étrangères. Chose qui ne tardera pas à arriver et qui provoquera la stérilisation puis l’implosion  de cette association, à la grande joie des planificateurs de ce crime contre l’Humanité.

Ni les intimidations de la police politique (menaces de mort, arrestation de ses enfants sur la base de dossiers préfabriqués….), ni les insultes et autres diffamations de certains « journalistes » en service commandé ne viendront à bout de son inlassable combat.

Malgré un état de santé très précaire et qui s’était dangereusement dégradé, il poursuivra sa quête de vérité  et son soutien aux familles des victimes de cette guerre cachée. Et il mourra comme il a toujours vécu : DEBOUT.

Son admirable et magnifique parcours de combattant libre et digne des droits de l’Homme restera gravé dans les tablettes de l’Histoire de l’Algérie. Il fait honneur à sa noble profession (oh combien souillée en ces temps d’imposture !)  et aux Hommes Libres qui se sont sacrifiés pour une Algérie de Dignité et de Liberté.

Il  a tracé  la voie de l’Honneur, de la Dignité et du Devoir aux nouvelles générations.

Humble, il restera dans le cœur de tous les Humbles d’Algérie.

Son noble combat, qui est également celui des Algériennes et des Algériens dignes, sera poursuivi, comme promis, jusqu’à la libération de l’Algérie meurtrie des griffes de cette voyoucratie criminelle.

Je demande,  à toutes  celles et à tous ceux qui ont connu ce combattant de la Dignité Humaine, d’avoir, en ce 5e anniversaire de sa disparition, une pieuse pensée à sa mémoire.  

« A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournerons ».

Alger le 06 mars 200Salah-Eddine SIDHOUM

Communiqué de la LADDH

Suite à la condamnation par la Cour de justice de Jijel du Directeur du journal El Watan Omar Belhouchet, et du journaliste Chawki Amari à deux mois de prison ferme, la LADDH exprime sa solidarité aux deux journalistes et à l’ensemble de la presse écrite. 

La LADDH, tout en rappelant sa position de principe concernant les libertés d’expression et d’opinion, considère  que de telles condamnations constituent une remise en cause du droit à la liberté d’expression consacré dans la constitution  et par le Pacte International des Droits Civils et Politiques, notamment dans son article 19. 

La LADDH  qui milite pour la dépénalisation du délit de presse,  appelle à une large mobilisation dans la société en faveur des libertés au moment où d’autres journalistes dans différentes  Wilayas du pays risquent des condamnations similaires.  Alger le 05/03/08, Maître Bouchachi Mostefa, Président  

Chawki Amari condamné à deux mois de prison

La cour d’appel de Jijel a rendu hier sa décision dans le procès en appel opposant le wali de Jijel au directeur du quotidien El Watan, Omar Belhouchet, et au chroniqueur Chawki Amari. La cour a confirmé le verdict rendu par le tribunal de Jijel, prononcé le 27 mai 2007 et condamnant les deux journalistes d’El Watan à une peine de deux mois de prison ferme et le versement solidairement de la somme d’un million de dinars au wali, représentant les dommages causés à la partie plaignante. Le wali avait, rappelons-le, déposé une plainte suite à la publication d’une chronique intitulée «Un bel été à Jijel», dans l’édition du 17 juin 2006. Nous republions la chronique de Amari.

Un bel été à Jijel  

Du nouveau dans la caste des intouchables. Après le wali de Blida, au Centre, celui d’El Tarf, au bout, est sous les projecteurs de la justice et sous toute réserve, indique qu’une petite lessive est en train d’être mise en marche pour laver ce corps aux grosses tâches des représentants régionaux de l’Etat. Dans ce scénario, le prochain wali à être sur la liste semble être celui de Jijel. Accusé de tous les maux, dilapidation des deniers publics, attributions de marchés douteux et détournement de budgets communaux, dans ces califats qui caractérisent les régions éloignées des centres de décision, il aurait même été, détail marquant, jusqu’à offrir un 4X4 de la wilaya à sa maîtresse. Trompe-t-on l’Etat quand on trompe sa femme ? Pas forcément. Mais quand les maîtresses de walis roulent dans les 4X4 de l’Etat à l’heure où la plus petite voiture de base coûte encore 4 ans de salaire de base, il y a de quoi monter au maquis. Pas celui de Jijel, mais celui du combat contre l’impunité des fonctionnaires désignés de l’Etat. L’ère féodale des walis, qui après avoir ruiné des wilayas sont souvent mutés dans d’autres wilayas pour faire la même chose, a touché sa limite de l’acceptable. Pas de faux espoirs pourtant, puisque les questions restent entières. Qui nomme les walis ? Celui qui les limoge. Qui limoge les walis ? Celui qui les nomme. Qui déclenche des enquêtes sur eux ? Le contre-pouvoir judiciaire et policier étant ce qu’il est, c’est-à-dire un simple soldat du pouvoir exécutif, le mystère est aussi obscur que la question de l’origine du monde ; est-ce le système qui a créé la corruption ou la corruption qui a fabriqué le système ? Est-ce le président qui nomme les walis ou les walis qui sont imposés au président ? Répondre à cette question de fonctionnement est déjà comprendre pourquoi ne fonctionne pas le pays le plus riche de sa région. Chawki Amari 

Algérie: révélations posthumes du journaliste Saïd Mekbel

saidmekbel7ab58.jpgPar François Gèze (Editeur), www.rue89.com

Dans cette « confession », recueillie en 1993 par Monika Bergmann, Saïd Mekbel, directeur du quotidien algérien Le Matin, assassiné « par des islamistes » un an plus tard, explique pourquoi il est convaincu que les meurtres d’intellectuels attribués aux GIA étaient commandités par le général « Tewfik » Médiène. Et il dit sa conviction que s’il est tué à son tour, ce sera sur son ordre.

C’est le cœur serré que l’on referme, après l’avoir lu, « Saïd Mekbel, une mort à la lettre », le livre d’entretiens entre Saïd Mekbel et Monika Borgmann. Journaliste algérien, le premier était le directeur du quotidien Le Matin, jusqu’à son assassinat, par deux balles dans la tête, le 3 décembre 1994, « par des islamistes ». La seconde est une journaliste allemande, qui s’était rendue en Algérie il y a quatorze ans, fin 1993, pour tenter de comprendre comment certains intellectuels algériens résistaient alors à la vague d’assassinats de leurs pairs, attribués aux islamistes, et « pourquoi ils restaient en Algérie alors que d’autres quittaient le pays ». Elle obtint alors de Mekbel trois entretiens approfondis, où celui-ci, par la grâce d’une mystérieuse empathie, confia à la journaliste allemande des secrets qu’il n’avait jamais révélés auparavant, même à sa famille.

Un témoignage majeur sur le début des « années de sang »

Pendant des années, « peut-être trop longtemps », dit-elle, Monika Borgmann n’a pas voulu rendre public ce « testament », se demandant si elle « avait le droit de le publier ». Son propre parcours de réalisatrice de documentaires engagés au Liban l’a fait changer d’avis, la convainquant « de l’importance de ‘raconter l’histoire’, […] surtout quand il s’agit de pays qui ont fait le choix de réagir à tant d’années de violence, à tant de massacres, d’assassinats et de disparitions, par l’adoption de lois d’amnistie coupant court à toute recherche de vérité ».

De fait, on peut regretter que ce témoignage majeur sur le début des « années de sang » en Algérie n’ait pu être rendu public plus tôt. Il aurait peut-être contribué à éviter le terrible aveuglement de la majorité des médias internationaux sur la réalité de la « sale guerre » déclenchée en janvier 1992 par les généraux algériens, suite à leur coup d’Etat annulant la victoire électorale du Front islamique du salut (FIS) aux élections législatives de décembre 1991.

Il faut dire que le paradoxe est vertigineux, car le journal de Saïd Mekbel, journaliste chevronné (il avait fait ses classes à l’Alger républicain d’Henri Alleg, après l’indépendance de 1962), était alors à la pointe du combat des « éradicateurs » algériens: ces intellectuels laïques, le plus souvent sincères, avaient fait le choix de soutenir sans réserve l’entreprise d’éradication des partisans de l’islam politique, en fermant les yeux sur les terribles exactions des « forces de sécurité » pour parvenir à leur but -torture généralisée, exécutions extrajudiciaires, disparitions.

« En haut, il y a des gens qui font tuer par pédagogie »

Et pourtant, au-delà des contradictions et des fulgurances de ce témoignage, son fil rouge, répété de façon obsessionnelle, est la mise en cause par Saïd Mekbel de la thèse officielle attribuant aux islamistes les assassinats en série qui frappaient l’intelligentsia algérienne depuis le printemps 1993:

« Il y a un projet pour liquider cette frange de la population, [parce qu’elle] sait ce que signifie la République, ce que signifie une démocratie » (p. 29); « On veut tuer ceux qui détiennent l’héritage de la civilisation universelle » (p. 30); « Il y a un cerveau quelque part qui choisit. Peut-être que les exécutants, ceux qui tuent, sont recrutés parmi les petits tueurs islamistes, chez les intégristes. Mais moi, je pense qu’en haut, il y a des gens qui choisissent. Ces choix sont faits très froidement » (p. 34); « Au début, je me disais que c’étaient les intégristes qui tuaient. C’était facile. […] Mais maintenant, je suis persuadé qu’il y a des gens qui font tuer un peu par pédagogie! » (pp. 37-38); « Si on me tue, je sais très bien qui va me tuer. Ce ne sont pas des islamistes. C’est une partie de ceux qui sont dans le pouvoir et qui y sont toujours. Pourquoi? […] C’est que je suis le seul responsable d’un journal qui n’a jamais travaillé pour le régime » (p. 74).

« Quelqu’un qui nous connaît tous »

Et cet opposant de toujours, arrêté et torturé par la sécurité militaire en 1967, qui s’était interdit de publier quoi que ce soit entre 1965 et 1988, date de l’ »ouverture démocratique », révèle enfin à Monika Borgmann sa conviction, nourrie d’une connaissance intime du système de pouvoir algérien. Ainsi, selon lui, le commanditaire de ces crimes d’intellectuels, « c’est quelqu’un qui nous connaît tous »:

« Il a géré leurs carrières, leurs fichiers, leur vie, leurs diplômes, etc. » (p. 100).

La journaliste allemande lui demande alors:

« C’est quelqu’un de l’armée? Je te demande ça parce que Khalida Messaoudi a rendu Toufik responsable. »

Il répond:

« C’est ça, c’est lui. […] Son nom est [Mohamed] Médiène. […] Quand j’ai découvert ça, j’ai essayé de rassembler, de faire le puzzle. […] Ce qui est terrible chez cet homme-là, c’est qu’il semble être l’auteur d’une théorie qui affirme que certains pays doivent sacrifier leur élite à un moment donné de leur histoire. […] Et selon cette théorie, il faut commettre des actes choquants pour réveiller les masses, pour réveiller la conscience, la société civile. […] C’est un terrorisme pédagogique. » (p. 100-104)

Début 2008, le général Mohamed Médiène, chef inamovible des services secrets de l’armée (le DRS) depuis 1990, reste le vrai patron d’une Algérie où la majorité de la population est plongée dans la misère, malgré la manne des pétrodollars accaparée par lui-même et ses pairs. Certains contestent toutefois de plus en plus ouvertement sa puissance, au prix d’une nouvelle « lutte de clans » par terrorisme islamiste interposé. Tous ceux qui n’ont pas renoncé à comprendre ce drame toujours actuel doivent impérativement lire ce livre bouleversant.

* Saïd Mekbel, une mort à la lettre, de Monika Borgmann – Téraèdre/Dar al-Jadeed, Paris/Beyrouth, 2008 – 141 pp., 15€.

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