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Archive pour le 3 mai, 2008

La déclaration du jour

tou.jpg« Le Front national algérie (FNA) sera la première force politique en Algérie en 2012…Vous connaissez mal le FNA qui n’est pas un parti du pouvoir mais un parti du peuple qui occupe actuellement la troisième place après le FLN et le RND. Notre objectif est d’atteindre un million de militants à l’horizon 2010. »

Moussa Touati, président du FNA lors d’un point de presse organisé aujourd’hui.

Mustapha Bouchachi, président de la LADDH au Courrier

bouchachi.jpg«Il faut dépénaliser le délit de presse…La Ligue algérienne de la défense des droits de l’homme (LADDH) a demandé la levée de l’état d’urgence qui entrave davantage le métier de journaliste…Il est temps de dépénaliser et de revoir le code de l’information que nous considérons, en tant que militants des droits de l’homme, comme un code pénal bis.  Pour promouvoir la liberté de la presse, il faut ouvrir le champ audiovisuel, à l’instar de ce qui se fait dans tous les pays démocratiques…La presse algérienne travaille dans des conditions dangereuses. Il faut que la liberté d’expression soit respectée, selon les standards universels».

Bouguerra Soltani réélu président du MSP pour un 2ème mandat

untitled.bmpBouguerra Soltani a été réélu samedi à Alger président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), pour un 2ème mandat, par le 4ème congrès national du parti. 
Le Conseil consultatif (Majliss Echoura), s’était réuni peu auparavant pour avaliser la candidature de M. Soltani à la présidence du parti. 
L’autre candidat à ce poste, Abdelmadjid Menasra, avait annoncé, vendredi après-midi, son retrait de la course à la présidence du mouvement devant les délégués au congrès, justifiant sa décision par le souci de « préserver l’unité et la cohésion du parti ». 
Par ailleurs, Abderrezak Mokri et Mohammed Megharia Hadj Hamou ont été élu vice-présidents du parti, alors que Abderrahmane Saidi a été élu président du Conseil consultatif par le congrès, qui a également procédé à l’élection des 262 membres du Conseil.

Algérie : le Comité contre la torture demande la levée de l’état d’urgence

Les experts du Comité contre la torture de l’ONU  (CAT) ont demandé vendredi à l’Algérie de lever l’état d’urgence, en vigueur  dans le pays depuis février 1992. « L’état d’urgence est complètement inapplicable et incompatible avec l’Etat  de droit lorsqu’il est utilisé trop longtemps », ont estimé les experts du CAT  au premier jour de l’examen du rapport périodique de l’Algérie, selon un  compte-rendu de la réunion. 

Les autorités algériennes ont-elles « une idée de la date à laquelle l’état d’urgence pourrait être aboli ? », ont demandé les experts. « L’Algérie doit sortir de cette situation pour que les gens puissent avoir un Etat de droit normal », ont-ils jugé. 

Le rapporteur sur l’Algérie du Comité contre la torture, Claudio Grossman, a rappelé que le droit international n’autorisait un pays à déclarer l’état d’urgence qu’en cas de « menace imminente et grave, qui ne doit pas revêtir un  aspect hypothétique ».

L’Algérie vit sous le régime de l’état d’urgence décrété en février 1992 après l’annulation des législatives de décembre 1991, remportées par le Front islamique du salut.

M. Grossman a également relevé que si les autorités dénombrent 4.884 disparitions, l’organe algérien de défense des droits de l’homme fait état de 6.146 disparitions. 

De son côté, le Collectif des familles de disparus en Algérie, comptabilise 8.200 dossiers de personnes disparues du fait de l’action des forces de l’ordre depuis le début des années 1990. 

Le rapporteur du CAT a demandé aux autorités algériennes si les listes de disparus étaient accessibles au public et si le Comité pouvait en avoir une copie. 

M. Grossman a également demandé si des membres du Département du Renseignement et de la Sécurité (services de renseignement) avaient été condamnés pour torture, ainsi que des informations sur d’éventuelles statistiques sur les groupes ou individus qui ont porté plainte pour torture contre ce service. 

La délégation algérienne doit présenter lundi après-midi ses réponses au CAT. 

Résolution politique du Conseil national du FFS

haa.jpgLe pouvoir algérien est le pouvoir des paradoxes. 

D’un côté, il fait preuve de beaucoup d’ingéniosité pour répondre aux exigences, voire aux injonctions de l’ « Etranger ». 

Toutes les mesures politiques, économiques et sociales prises ces derniers mois, révèlent une volonté soutenue et suivie de mettre le pays en conformité avec les nécessités de l’internationalisation et de l’inscription dans la globalisation, quel qu’en soit le prix. 

C’est précisément parce que le prix politique et humain est lourd pour les enfants, les femmes et les hommes de ce pays, qu’aucune autorité n’a le courage d’assumer cette politique et d’en expliquer les enjeux. Il s’agit d’une entrée honteuse et rampante dans la globalisation. 

Il faut le dire clairement, le système actuel a aussi échoué sur le plan économique. Les seules réformes se limitent à un dossier : une soi-disant stratégie industrielle fondée sur la privatisation du secteur public et l’appel à l’investissement direct étranger. Au lieu de défendre le secteur public base de tout développement économique indépendant, on le liquide purement et simplement, alors que les ressources financières sont gelées dans un « fonds dormant » au lieu de servir l’investissement productif. 

De l’autre coté, sur le plan intérieur le pouvoir manque totalement de volonté, d’initiative et d’imagination pour répondre aux contestations sociales de plus en plus nombreuses qui secouent tout le pays. Mieux, il n’hésite pas à les réprimer sauvagement par la matraque, la prison et le harcèlement judiciaire. 

Les syndicats autonomes, même quand ils sont reconnus et qu’ils inscrivent leur action dans le cadre légal subissent le même traitement. Ils ont pourtant fait la preuve de leur représentativité, de leur capacité d’action et de leur force de mobilisation. 

A Berriane dans la wilaya de Ghardaïa, les autorités ont préféré la facilité et l’instrumentalisation des archaïsmes. 

A Tiaret et à Chlef, face aux contestations populaires, elles ont joué le pourrissement puis la répression. 

En fait, le pouvoir s’inscrit dans une logique d’affrontement. 

Il refuse de gérer pacifiquement les conflits. 

Il refuse toute médiation moderne. 

Il ne veut ni d’une société politique ni d’une société civile. 

Il est désormais admis qu’en l’absence de démocratie, d’un Etat de droit et de contre-pouvoirs clairement établis, d’une presse d’investigation libre, d’une justice indépendante et de structures de contrôle efficientes, il est vain d’espérer des politiques viables et un développement durable. 

Aujourd’hui, de plus en plus d’Algériennes et d’Algériens ont le sentiment qu’ils n’ont pas leur place et qu’ils n’ont plus d’avenir dans le pays. C’est un sentiment intolérable. C’est une situation inacceptable qui ne peut plus durer. 

Il est temps que les Algériennes et les Algériens se remettent en mouvement pour arracher leur liberté, leur dignité et la maîtrise de leur destin. 

Le conseil national du Front des Forces Socialistes, inscrit ses espérances, ses ambitions et son action dans une perspective de changement radical et pacifique. 

Le FFS réaffirme sa solidarité avec les forces sociales et les personnalités politiques autonomes qui partagent cette vision et les assure de sa disponibilité pour réfléchir et agir ensemble pour civiliser la politique et imposer l’alternative démocratique. 

Le FFS donne à son combat pour les droits et les libertés une dimension et une portée nationale mais aussi maghrébine. L’esprit de la déclaration de Tanger du 27 avril 1958 est d’actualité. Nos pays n’ont aucune chance de se développer séparément, la réduction des tensions est un impératif pour l’avenir de nos enfants. L’urgence et la priorité sont l’ouverture des frontières. L’ambition et l’objectif sont la construction démocratique d’un ensemble maghrébin ; espace indispensable à la stabilité de la méditerranée. 

Le FFS adresse ses salutations aux travailleurs qui célèbrent le 1er mai et aux journalistes à l’occasion du 3 mai, journée de la liberté de la presse. 

Le Conseil National réuni en session extraordinaire le jeudi 1 mai 2008

Ouyahia honore la presse. Quelle horreur !

idir.jpgA l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, le Rassemblement national démocratique (RND), a organisé ne cérémonie en l’honneur des journalistes. Lors de cette cérémonie, le RND a récompensé quelques directeurs de publication de la presse écrite.

Ces diretcteurs et les journalistes récompensés ont oublié que Ahmed Ouyahia était l’initiateur du projet d’amendement du Code pénal adopté par l’Assemblée populaire nationale le 15 mai 2001. Pour rappel, l’article 144 bis prévoit des peines de deux à douze mois de prison et des amendes variant de 50 000 à 250 000 dinars (762 à 3811 euros) contre toute « atteinte au président de la République en termes contenant l’injure, l’insulte ou la diffamation, soit par l’écrit, le dessin ou par voie de déclaration, et ce, quel que soit le moyen utilisé : diffusion sonore, image, support électronique, informatique ou autre ». Les poursuites peuvent désormais être engagées directement par le ministère public, sans dépôt préalable d’une plainte. En cas de récidive, les peines d’emprisonnement et les amendes sont « portées au double ». Toutes ces sanctions sont également applicables dans le cas où les délits sont commis à l’encontre du « Parlement ou de l’une de ses deux Chambres, de l’ANP » (l’Armée nationale populaire) mais aussi de toute « autre institution publique ou tout autre corps constitué ».

Sur la photo Ahmed Ouyahia et Idir Benyounes, directeur de La Dépêche de Kabylie et néanmoins membre du bureau national du Syndicat national des journalistes SNJ 

Au-delà de l’expression, le gain

L’argent, le nerf de la guerre… et de la presse

Par Ali Boukhlef, La Tribune

L’ouverture du champ médiatique, au début des années 1990, a donné de l’espoir aux nombreux journalistes qui, en réalité, ne cherchaient que cette brèche pour prouver leurs compétences.
L’enthousiasme créé par cette ouverture a été tellement immense que la scène médiatique s’est enrichie, en quelques années, de centaines de titres, dont une bonne partie disparaît juste après publication, à cause notamment de faillite financière. Même si beaucoup de titres ont été fermés pour des raisons politiques, donc de choix éditorial.
Seulement, beaucoup d’observateurs, notamment des lecteurs, ont été floués par un mythe qui fait qu’un journal, une publication, sont un instrument de la lutte pour les libertés démocratiques, à commencer par celle de s’exprimer. La thèse tient la route, bien entendu. Mais on a toujours oublié de dire qu’un journal est avant tout une entreprise. Il gagne donc de l’argent.
Cela n’empêche que, dès les premiers mois de l’ouverture, la majorité, sinon la totalité des titres parus à l’époque ne l’ont été que grâce à un soutien très actif de l’Etat, d’autant plus que la majorité des journaux étaient détenus par d’anciens journalistes des médias publics.
Des salaires versés par le Trésor public, bonifications sur les emprunts et publicité à profusion donnée par l’entreprise publique d’édition et de publicité, ANEP, en passant par des loyers dérisoires, tous les moyens étaient mis en œuvre pour donner du tonus à une presse censée apporter un nouvel élan à une démocratie naissante. Sur le plan politique, l’affrontement avec le pouvoir a été parfois très dommageable, provoquant des fermetures de journaux, mettant au chômage plusieurs journalistes et travailleurs de presse.

Limogés par… des annonceurs
L’argent, nerf de la guerre, a souvent été utilisé, soit pour bâillonner ceux qui commençaient à montrer une certaine audace, soit pour faire taire d’autres, moins audacieux.
Passé la relative accalmie des années 1990 –une sorte de trêve imposée par la situation chaotique vécue à l’époque par le pays- les choses prennent une autre tournure depuis la fin de la décennie 1990. Bien sûr, le pouvoir a toujours brandi l’argument économique pour faire pression sur les journaux, soit par l’entremise de l’imprimerie d’Etat, comme cela s’était passé en 2003, soit par le biais de l’ANEP ou, parfois, du fisc. Mais la grande nouveauté introduite dans les milieux de la presse, ces dernières années, est sans conteste le boom de la publicité des entreprises privées, à la lumière de l’arrivée de grandes firmes multinationales et la rapide croissance de certains secteurs, notamment les services, en particulier, les communications. Cet état de fait a permis à plusieurs journaux de devenir de grandes entreprises florissantes.
Car, au fur et à mesure que les annonceurs se bousculent, les prix des pages de publicité augmentent, pour atteindre, dans plusieurs journaux à fort tirage, 400 000 DA jour. Cette aisance financière profite-t-elle à tout le monde ? A-t-elle réussi à améliorer les conditions de vie des hommes et des femmes des médias ?

Salaires de misère et absence de protection
Avant de répondre à ces questions, il y a lieu de souligner que de nouveaux phénomènes sont nés avec cette embellie budgétaire. Plus qu’une bouffée d’oxygène qui permet aux entreprises de presse de respirer sur le plan financier, l’arrivée de la publicité a charrié avec elle de nouveaux phénomènes. A commencer par les pressions qu’exercent des annonceurs sur les entreprises. Des pressions qui, souvent, prennent l’image d’un chantage ayant conduit à des pratiques à la limite de l’inacceptable. Des journalistes ont même été sanctionnés ou parfois limogés pour avoir rapporté les mésaventures d’un patron ou les mauvaises performances d’un grand annonceur. D’autres ont été mis à la porte comme de vulgaires voyous sur une simple injonction d’un responsable d’une grosse boîte. Un jeune journaliste s’est même vu infliger une ponction sur salaire. Le motif ? «Atteinte aux intérêts économiques de l’entreprise». Son tort ? Il ne savait pas qu’une activité, qu’il a annoncée, a été organisée par un annonceur.
Sur le plan social, l’aisance financière a, bien sûr, profité aux responsables et aux actionnaires, faisant même de nouveaux riches. Mais elle n’a pas de grandes incidences sur le pouvoir d’achat des journalistes et autres travailleurs du secteur.
Dans certaines rédactions, des journalistes sont payés juste au SNMG et n’ont même pas de couverture sociale, en infraction avec toutes les lois de la République. Plus grave encore, ces journalistes, à leur corps défendant, sont appelés à dénoncer des situations identiques à la leur… mais dans d’autres secteurs. Mais, en l’absence d’une vraie représentation des journalistes et face au manque de respect de l’éthique de plusieurs patrons de presse, les pouvoirs publics semblent être dans une position confortable. Parce que le journaliste, en l’absence de conditions minimales de vie décente, ne peut que se replier sur lui-même. Sur un autre plan, cette aisance financière augure une nouvelle étape. Plusieurs grands groupes de presse étrangers veulent faire leur entrée dans le paysage médiatique algérien. D’ores et déjà, on annonce la vente de certains grands tirages de la presse nationale. Cela permettra-il d’opérer la décantation nécessaire à la professionnalisation de la presse ? Pas si sûr. Du moins pas avant longtemps.

Le syndicat des journalistes en Algérie

bouteflika080606.jpgDu combat pour la liberté à l’organisation de tournois de football

Par Chafaa Bouaiche, La Tribune

La profession de journaliste en Algérie est précarisée. Le constat est fait par de nombreux journalistes qui continuent d’exercer leur profession dans des conditions indécentes. Un nombre important de journalistes ne bénéficie pas de la couverture sociale. Pis, certains éditeurs font signer des contrats de travail à des journalistes où il est carrément mentionné que «le présent contrat n’autorise pas son signataire à bénéficier d’une déclaration à l’assurance sociale». Plusieurs journalistes sont réduits à quémander. Ils courent derrière des annonceurs pour avoir une page publicitaire et pourquoi pas deux pour bénéficier de 10 pour cent. L’objectif : arrondir ses fins de mois. Les conditions d’hébergement sont déplorables. Plusieurs journalistes se retrouvent jetés dans des hôtels. Plusieurs journalistes, sous-payés, versent dans la pige. Il arrive à des journalistes de piger dans plusieurs titres, de publier les mêmes articles, en violation des règles de la déontologie. Tout cela pour «joindre les deux bouts», disent-ils. Pour changer leur situation et améliorer leurs conditions de vie, les journalistes ne font plus aucun effort. Ils ont, semble-t-il, accepté leur sort. Ils sont blasés, à l’image de beaucoup d’Algériens. Ils ne croient pas ou plus au combat. Ils ont baissé les bras. Ils ne font pas confiance au syndicat, mais ne s’impliquent pas pour apporter un changement. Beaucoup de journalistes que nous avons rencontrés s’accordent à dire que le Syndicat national des journalistes (SNJ) était l’appendice d’un appareil politique avant de devenir carrément celui des autorités. La représentativité du SNJ est remise en cause. Les journalistes n’ont pas adhéré à ce syndicat pour plusieurs raisons. D’aucuns déclarent ne pas assumer le passif. «Le syndicat est à la merci des éditeurs», accuse un journaliste. «Quelle crédibilité accorder à un syndicat qui n’a pas renouvelé ses structures depuis de longues années ?» s’interroge un autre. «Quel peut être le poids d’un syndicat qui ne possède même pas un local pour se réunir ? Le SNJ tient ses réunions au niveau du siège de la FIJ», constate un pigiste. Les plus pragmatiques déclarent que le syndicat, à l’image de la corporation, est à la recherche d’une identité. Alors que le rôle d’un syndicat de journalistes est de défendre les intérêts moraux et le statut d’une profession indispensable au droit à l’information des citoyens, le rôle du SNJ est réduit à la commémoration de la date du 3 mai, Journée internationale de la liberté de la presse. Et de quelle manière ! «Au lieu d’honorer la mémoire des journalistes tombés au champ d’honneur en continuant le combat pour l’indépendance de la presse, le syndicat se limite à l’organisation d’un tournoi de football», dénonce un journaliste.
Par ailleurs, le séminaire organisé par le syndicat, avec le soutien de l’ambassade des Etats-Unis à Alger, le 1er mai dernier, à l’hôtel Hilton d’Alger, sur la pratique journalistique entre le délit de presse et le défi de l’autorégulation, s’est fait dans une totale discrétion. Enfin, les journalistes doivent se mobiliser pour leurs droits, car ni l’ambassade d’un pays étranger ni les ONG internationales ne pourraient venir à bout de leur souffrance.

La LADDH incite les journalistes à s’organiser pour défendre leurs droits

Par Samir Azzoug, La Tribune

A la veille de la Journée internationale de la liberté de la presse, fêtée le 3 mai, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH) a tenu hier une conférence de presse en son siège. «Nous sommes fatigués des discours creux sur la liberté de la presse. Nous voulons des analyses sur les enjeux. Nous voulons des mesures concrètes et précises», a déclaré Hocine Zehouane. Lors de cette rencontre, le président de la ligue a dresse un tableau chaotique sur les conditions de travail et les traitements réservés à la corporation des journalistes. Un constat qui lui inspire la question suivante : «La corporation est-elle faible ou existe-t-il une force qui cherche à casser toutes les tentatives d’organisation ?» Continuant sur sa lancée, Me Zehouane soutient qu’il «n’y a pas plus faible que la corporation des journalistes. Il n’y a pas de syndicat qui s’occupe réellement d’eux». «Le journaliste vit dans le dénuement, dans les difficultés, sans garantie d’emploi», poursuit-il. L’avocat de profession se dit outré par le fait que des journalistes soient payés à moins de 6 000 DA par mois. «C’est de l’esclavage. C’est une violation du code du travail qui a fixé le SNMG à 12 000 DA». Pour mettre un terme à ces pratiques, le président de la ligue encourage les journalistes à engager une réflexion sérieuse sur la création d’un «syndicat sérieux». «La LADDH est prête à accueillir toute manifestation dans ce sens.» «Au sens des préoccupations de la LADDH, le combat pour la liberté de la presse doit consister à assurer la défense, la protection et la promotion des journalistes en tant que travailleurs juridiquement protégés, matériellement assurés contre l’exploitation et la précarité et moralement reconnus dans leur spécificité de créateurs intellectuels», note la LADDH dans un communiqué. «Face à la mainmise des puissances de l’argent sur l’espace médiatique, la LADDH dénonce la fausse indépendance de tant d’organes devenus des centres d’info imposture, la marchandisation de l’information sous le poids de la publicité, l’ostracisme exercé envers les petites publications par le contrôle des réseaux de distribution, et appelle à la mise en place d’un jury d’honneur qui devra veiller à la moralisation de la profession», poursuit le communiqué. Le président de la ligue va plus loin en affirmant que «la presse est otage d’un monde de rapaces et des réalités sociales. La loi cannibale du plus fort qui mange le plus faible. Le darwinisme social». Et de poursuivre : «Il y a même une ségrégation au niveau de la distribution des titres et leur présentation.» Sur le sujet récurrent et très controversé relatif aux sanctions qu’encourt le journaliste, l’orateur déclare : «On réaffirme avec force l’impératif de dépénalisation du délit de presse. Les contentieux à naître de l’acte d’informer ne peuvent être qualifiés de délit et quasi-délit civil. S’il doit y avoir une obligation de réparation, le journaliste doit être protégé par un fonds de garantie. Il faut créer un fonds de garantie financé par le ministère de la Communication, des entrepreneurs de presse et des syndicats des journalistes.» Toujours en ce qui concerne la protection juridique et pour «suppléer aux lacunes réglementaires», la LADDH demande à ce que l’élaboration et la conclusion de conventions collectives soient rendues obligatoires entre les entrepreneurs de la presse et les représentants des employés. «C’est un objectif urgent et la ligue peut aider.» L’autre suggestion faite par la LADDH concerne la préservation de la liberté intellectuelle des journalistes rédacteurs. Cette suggestion a trait à l’introduction de la clause de conscience dans les contrats et statuts du journaliste. «Je demande, dans un texte d’organisation, le droit de démission pour clause de conscience avec droit à l’indemnisation.» Interrogé sur le statut du journaliste adopté dernièrement, le président de la LADDH le qualifie de «pétition de principe». «C’est un code du travail bis», renchérit un autre membre de la ligue.

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