Le syndicat des journalistes en Algérie

bouteflika080606.jpgDu combat pour la liberté à l’organisation de tournois de football

Par Chafaa Bouaiche, La Tribune

La profession de journaliste en Algérie est précarisée. Le constat est fait par de nombreux journalistes qui continuent d’exercer leur profession dans des conditions indécentes. Un nombre important de journalistes ne bénéficie pas de la couverture sociale. Pis, certains éditeurs font signer des contrats de travail à des journalistes où il est carrément mentionné que «le présent contrat n’autorise pas son signataire à bénéficier d’une déclaration à l’assurance sociale». Plusieurs journalistes sont réduits à quémander. Ils courent derrière des annonceurs pour avoir une page publicitaire et pourquoi pas deux pour bénéficier de 10 pour cent. L’objectif : arrondir ses fins de mois. Les conditions d’hébergement sont déplorables. Plusieurs journalistes se retrouvent jetés dans des hôtels. Plusieurs journalistes, sous-payés, versent dans la pige. Il arrive à des journalistes de piger dans plusieurs titres, de publier les mêmes articles, en violation des règles de la déontologie. Tout cela pour «joindre les deux bouts», disent-ils. Pour changer leur situation et améliorer leurs conditions de vie, les journalistes ne font plus aucun effort. Ils ont, semble-t-il, accepté leur sort. Ils sont blasés, à l’image de beaucoup d’Algériens. Ils ne croient pas ou plus au combat. Ils ont baissé les bras. Ils ne font pas confiance au syndicat, mais ne s’impliquent pas pour apporter un changement. Beaucoup de journalistes que nous avons rencontrés s’accordent à dire que le Syndicat national des journalistes (SNJ) était l’appendice d’un appareil politique avant de devenir carrément celui des autorités. La représentativité du SNJ est remise en cause. Les journalistes n’ont pas adhéré à ce syndicat pour plusieurs raisons. D’aucuns déclarent ne pas assumer le passif. «Le syndicat est à la merci des éditeurs», accuse un journaliste. «Quelle crédibilité accorder à un syndicat qui n’a pas renouvelé ses structures depuis de longues années ?» s’interroge un autre. «Quel peut être le poids d’un syndicat qui ne possède même pas un local pour se réunir ? Le SNJ tient ses réunions au niveau du siège de la FIJ», constate un pigiste. Les plus pragmatiques déclarent que le syndicat, à l’image de la corporation, est à la recherche d’une identité. Alors que le rôle d’un syndicat de journalistes est de défendre les intérêts moraux et le statut d’une profession indispensable au droit à l’information des citoyens, le rôle du SNJ est réduit à la commémoration de la date du 3 mai, Journée internationale de la liberté de la presse. Et de quelle manière ! «Au lieu d’honorer la mémoire des journalistes tombés au champ d’honneur en continuant le combat pour l’indépendance de la presse, le syndicat se limite à l’organisation d’un tournoi de football», dénonce un journaliste.
Par ailleurs, le séminaire organisé par le syndicat, avec le soutien de l’ambassade des Etats-Unis à Alger, le 1er mai dernier, à l’hôtel Hilton d’Alger, sur la pratique journalistique entre le délit de presse et le défi de l’autorégulation, s’est fait dans une totale discrétion. Enfin, les journalistes doivent se mobiliser pour leurs droits, car ni l’ambassade d’un pays étranger ni les ONG internationales ne pourraient venir à bout de leur souffrance.

Commentaires

  1. laurent dit :

    Hello,
    Nous avons reçu cette adresse de site internet, cela ne nous a pas laissé indifférent,
    donc nous participons à sa propagation sur la toile.
    Si comme nous vous vous sentez concerner faites circuler cette adresse.
    http://www.raslebol.moonfruit.fr
    Si chaque blogger l’envoyais à 10 de ses amis, les choses changeraient peut-être.
    Par avance merci

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