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Archive pour le 2 juin, 2008

Hocine Ait Ahmed : Portrait d’un maghrébin de toujours

haa1.jpgM. Hocine Aït Ahmed est passé ce matin sur la chaîne Medi 1 Sat. El Mouhtarem a transcrit l’intégralité de l’émission.

50 ans après la Conférence de Tanger qui avait réuni en 1958 des représentants du Maroc d’Algérie et de Tunisie, le processus d’unification de la région est en panne. Quez vous inspire cette situation ?

Hocine Aït Ahmed :
Grande colère, frustration énorme ! Les peuples du Maghreb étaient intimement liés sous l’oppression coloniale non seulement dans la résistance armée mais aussi dans les combats syndicalistes. On n’avait pas à être rapproché. Nous étions un seul et même peuple. Des décennies sont passées, les rêves d’unification démocratique du Maghreb ne sont pas encore réalisés. Nous sommes pratiquement, aujourd’hui, les seuls à ne pas voir construit un ensemble régional ou continental comme en Europe, en Asie ou Amérique latine.

Nos positions sont connues depuis très longtemps ; je dirais que depuis que j’étais à la tête de l’Organisation paramilitaire.

En décembre 1948, le rapport que j’avais fait au Comité central élargi du parti indépendantiste algérien, avait fait de l’action libératrice une condition sine qua non de ce que le Maghreb s’unisse, qu’il y ait une lutte à l’échelle du Maghreb, parce que le rapport des forces entre l’Algérie et une puissance industrielle, une impuissance militaire… Déjà à l’époque tout de suite après l’adoption de ce rapport, nous avions envoyé deux délégations : une au Maroc et une autre en Tunisie. Mais par ailleurs, mes positions sont connues depuis 1963, parce que après l’indépendance, lors d’un des débats de politique étrangère à l’Assemblée nationale constituante, j’appelais déjà à des projets communs de développement.

Pardonnez-moi de lire un court instant de ce que je disais à l’époque. « Soyons réalistes ! Si les facteurs affectifs et culturels peuvent aider à instaurer un climat, l’unité ne peut se concrétiser qu’a la faveur des réalisations économiques communes. Si nous parvenions à cela, la question des frontières avec le Maroc comme avec la Tunisie, deviendrait futile. Et nous donnerions à nos peuples des objectifs de construction et de lutte communes».

Donc, je n’ai pas changé. Et puis je vais vous dire: je suis marqué par la façon dont j’étais reçu au stade de Casablanca lors du 40ème jour de la mort de Bouabid (*1). Toute la population s’est levée parce que je venais d’Alger. Ce jour-là, je proposais la création d’instances maghrébines.

Qu’il y ait d’abord un Parlement maghrébin élu au suffrage universel. Qu’il y ait un Conseil économique, social, et culturel dans lequel seront représentées différentes régions des pays du Maghreb et puis une Cour maghrébine des droits de l’Homme. C’est vous dire à quel point je m’intéressais à ça.

Le conflit entre le Maroc et l’Algérie qui se cristallise sur le conflit du Sahara occidental

Hocine Ait Ahmed :
Moi je ne m’y résoudrai jamais, jamais, jamais ! Nos pays ne sont pas condamnés à se regarder comme des chiens de faïence. C’est vraiment, je dirais, une trahison de notre histoire et de nos valeurs.

Nos peuples ne sont pas voués à être nourris de discours agressifs et d’accusations où le nationalisme étriqué fait office de vérité historique. Soyons clairs: on ne sortira jamais de l’impasse sans bonne gouvernance, sans Etat de droit, sans transparence et obligation de rendre des comptes aux institutions légitimes. On est loin, notamment dans mon pays où une grande majorité de la société se disloque, exclue de toutes retombées de la manne pétrolière ou gazière. Je crois qu’un régime qui repose sur la violence et la prédation à peu de chances de créer avec ses voisins les liens qui n’a pas su ou voulu établir avec sa propre population.

L’heure est à choisir les problèmes les plus fondamentaux. L’heure est à la construction de l’avenir de nos enfants. Il n’est pas à la course aux armements.

Réaction du FFS à la demande marocaine d’ouvrir les frontières

Hocine Aït Ahmed :
Nous avons une vraie cohérence dans notre programme. C’est pour cela que lors du congrès que nous avons tenu en septembre dernier, il y avait trois thèmes, le deuxième thème c’est l’unification du Maghreb. C’est vous dire l’intérêt fondamental que nous portons à cette donnée.

Qu’est-ce qu’il faut faire pour la construction du Maghreb ?

Hocine Aït Ahmed :
Je crois qu’il y a des exemples en Amérique latine du fait qu’ils ont fait l’accent, dans leurs luttes démocratiques, sur la nécessité de créer des sociétés civiles. Je crois qu’il faut multiplier les initiatives politiques, culturelles, sociales entre les trois peuples aussi des sociétés civiles. L’urgence pour les Algériens, les Marocains et les Tunisiens c’est qu’ils doivent pouvoir circuler librement dans leur région en même titre que les Mauritaniens et les Libyens. L’urgence pour le développement économique de toute la zone. On le sait: nos pays n’ont aucun chance de se développer séparément.

Nous avons perdu un demi siècle. Je crois que la meilleure manière de dépasser c’est effectivement de créer un dynamique dans la société civile et de faire en sorte que celle-ci devienne le garant d’une alternative démocratique, la garantie aussi, une fois concrétisée la démocrate, puisse tenir la route.

L’Union pour la méditerranée peut-elle favoriser un rapprochement au Maghreb ?

Hocine Ait Ahmed :
Nous n’avons pas besoin de rapprochement. On n’est les uns les autres. C’est vraiment le même peuple. L’UMP ? Tout dépend si elle tient compte des peuples, des sociétés. Je n’ai jamais entendu une déclaration par exemple sur les droits de l’Homme comme pouvant être à la base de création…. Déjà il y a quand même un précèdent significatif et instructif : l’échec du processus de Barcelone. Cet échec est dû à l’exclusion des peuples et des sociétés. Il faut que l’on puisse dire après : au lieu de l’union de la méditerranée on veut faire l’union pour la méditerranée. J’ai une appréhension, il ne faut pas que ça soit une union pour les requins de la méditerranée.

N.B : Transcription par El Mouhtarem www.ffs1963.unblog.fr. Je n’ai pas transcris les questions dans leur intégralité. J’attends des commentaires sur la construction du Maghreb. Tout commentaire qui sortira de ce cadre sera supprimé.

La vidéo : http://www.medi1sat.ma/fr/emission2.aspx?t=1&e=482&inv=120

Notes : (*1) Abderrahim Bouabid a été un résistant de la première heure, chef de file de la gauche progressiste et social-démocrate, leader de l’Istiqlal, puis de l’UNFP et de l’USFP, ministre dans les premiers gouvernements de l’Indépendance en charge de l’Economie et des Finances. Il est décédé en 1992.

Emigration algérienne : quel rapport pour quel apport ?

Le nombre d’Algériens vivant à l’étranger a connu une augmentation très importante au cours des dernières années. En effet, 5 millions d’Algériens vivent en dehors de leur pays, dont 4 millions résident en France. Ces chiffres représentent environ 15% de la population algérienne. Si, durant la guerre de libération et même après l’indépendance nationale, l’émigration algérienne constituait un réservoir de main-d’œuvre dans lequel puisaient les entreprises françaises, ces dernières années, ce sont plutôt des cadres, professeurs, chercheurs, médecins, ingénieurs qui fuient le pays à la recherche de conditions de vie décentes et meilleures. Ils sont plus de 300 000 cadres algériens à travailler à l’étranger ! Ce chiffre donne froid dans le dos, mais ne semble pas émouvoir les autorités du pays. Au lieu de réfléchir à une stratégie d’organisation de notre émigration à l’étranger, même si cela est nécessaire, l’Algérie devra, plutôt, réfléchir aux solutions aux nombreux problèmes qu’évoquent nos cadres et qui  freinent l’état d’avancement de la recherche dans notre pays. Réduits, dans la plupart des cas, à la plus affreuse misère, en travaillant pour des salaires dérisoires et dans des conditions lamentables, les cadres algériens optent pour l’émigration qui leur offre des conditions plus favorables à leur épanouissement personnel et professionnel. Mais une fois à l’étranger, nos émigrés et particulièrement nos cadres, sont-ils tenus de contribuer au développement de l’Algérie ? Pour ce faire, les conditions sont-elles réunies ? Notre émigration est-elle organisée ? Les associations déjà existantes jouent-elles le rôle de passerelles entre nos émigrés et le pays ? Aujourd’hui, il est malheureux de constater que les raisons ayant précédé au départ de nos cadres sont pratiquement les mêmes qui les empêchent de contribuer au développement du pays. Durant les dernières années, de nombreux émigrés ont tenté d’investir en Algérie, mais sont vite repartis. Ils sont découragés par les tracasseries bureaucratiques. Alors que les migrants tunisiens ont rapatrié en 2007 des avoirs estimés à 2,206 milliards de dinars (1,223 milliard d’euros), dont 1,7 milliard sous forme de transferts monétaires, les transferts de migrants algériens sont pratiquement insignifiants. En Tunisie, ces fonds transférés représentent 5% du PIB et 23% de l’épargne nationale ! Les expatriés tunisiens ont contribué à la réalisation de plus de 10 000 projets durant les 20 dernières années (44 000 emplois). Il est urgent de réfléchir à une stratégie d’organisation de notre émigration et sur sa contribution dans le développement national. Les participants au colloque sur «la communauté algérienne établie à l’étranger», qui se tient depuis hier à Alger, organisé par la commission des affaires étrangères de l’APN, doivent se pencher sérieusement sur le problème de l’apport de notre émigration au développement du pays. Le colloque devra sortir avec de véritables recommandations, des orientations claires, et bien entendu mettre en place une instance qui doit veiller à l’application rigoureuse des résolutions. La rencontre aspire aussi, selon les organisateurs, à identifier les voies et moyens permettant d’aider les quelque 5 millions d’Algériens vivant à l’étranger à s’intégrer dans les pays d’accueil et à protéger leurs droits. La tâche est tellement importante qu’elle exige, pour sa réalisation, l’implication de tous les acteurs, dans un travail permanent qui va au delà du colloque de Djenane El Mithak.  

Par Chafaa Bouaiche

Plainte de la gendarmerie contre El Watan

kamelirchene.jpgLe directeur d’El Watan a été entendu hier et pour la troisième fois par un juge d’instruction au sujet de la publication d’un reportage le 1er avril 2002, intervenant une année après le déclenchement des événements de Kabylie. 

Se sentant outragée par les dires d’un citoyen rapportés dans cet article, la Gendarmerie nationale a déposé plainte contre El Watan. Les faits remontent donc à cette année charnière des événements de Kabylie. Le journaliste qui s’était rendu à M’chedellah pour rendre compte de l’essence du mouvement citoyen à Bouira avait intitulé son reportage paru en deux parties : « M’chedellah, QG de la protesta. » Tendant, comme l’exige ce style journalistique, son micro aux citoyens, le journaliste a rapporté entre autres déclarations les propos de Fodil Ahmanache mis entre guillemets. Sa phrase disait : « La gendarmerie continue de nous réprimer comme la gendarmerie française a réprimé nos parents sous la colonisation, on dirait qu’on n’est pas indépendants ». Invité à livrer son témoignage, le citoyen en question a complètement nié devant le juge avoir fait cette déclaration ; le journal se trouve donc seul face à l’accusation de diffamation. Cette affaire transcrit clairement une des difficultés rencontrées par le journaliste dans l’exercice de son métier où l’accusation de diffamation semble lui incomber de fait. Le directeur de la publication a été inculpé dans cette nouvelle affaire. Sources El Watan

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