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Emigration algérienne : quel rapport pour quel apport ?

Le nombre d’Algériens vivant à l’étranger a connu une augmentation très importante au cours des dernières années. En effet, 5 millions d’Algériens vivent en dehors de leur pays, dont 4 millions résident en France. Ces chiffres représentent environ 15% de la population algérienne. Si, durant la guerre de libération et même après l’indépendance nationale, l’émigration algérienne constituait un réservoir de main-d’œuvre dans lequel puisaient les entreprises françaises, ces dernières années, ce sont plutôt des cadres, professeurs, chercheurs, médecins, ingénieurs qui fuient le pays à la recherche de conditions de vie décentes et meilleures. Ils sont plus de 300 000 cadres algériens à travailler à l’étranger ! Ce chiffre donne froid dans le dos, mais ne semble pas émouvoir les autorités du pays. Au lieu de réfléchir à une stratégie d’organisation de notre émigration à l’étranger, même si cela est nécessaire, l’Algérie devra, plutôt, réfléchir aux solutions aux nombreux problèmes qu’évoquent nos cadres et qui  freinent l’état d’avancement de la recherche dans notre pays. Réduits, dans la plupart des cas, à la plus affreuse misère, en travaillant pour des salaires dérisoires et dans des conditions lamentables, les cadres algériens optent pour l’émigration qui leur offre des conditions plus favorables à leur épanouissement personnel et professionnel. Mais une fois à l’étranger, nos émigrés et particulièrement nos cadres, sont-ils tenus de contribuer au développement de l’Algérie ? Pour ce faire, les conditions sont-elles réunies ? Notre émigration est-elle organisée ? Les associations déjà existantes jouent-elles le rôle de passerelles entre nos émigrés et le pays ? Aujourd’hui, il est malheureux de constater que les raisons ayant précédé au départ de nos cadres sont pratiquement les mêmes qui les empêchent de contribuer au développement du pays. Durant les dernières années, de nombreux émigrés ont tenté d’investir en Algérie, mais sont vite repartis. Ils sont découragés par les tracasseries bureaucratiques. Alors que les migrants tunisiens ont rapatrié en 2007 des avoirs estimés à 2,206 milliards de dinars (1,223 milliard d’euros), dont 1,7 milliard sous forme de transferts monétaires, les transferts de migrants algériens sont pratiquement insignifiants. En Tunisie, ces fonds transférés représentent 5% du PIB et 23% de l’épargne nationale ! Les expatriés tunisiens ont contribué à la réalisation de plus de 10 000 projets durant les 20 dernières années (44 000 emplois). Il est urgent de réfléchir à une stratégie d’organisation de notre émigration et sur sa contribution dans le développement national. Les participants au colloque sur «la communauté algérienne établie à l’étranger», qui se tient depuis hier à Alger, organisé par la commission des affaires étrangères de l’APN, doivent se pencher sérieusement sur le problème de l’apport de notre émigration au développement du pays. Le colloque devra sortir avec de véritables recommandations, des orientations claires, et bien entendu mettre en place une instance qui doit veiller à l’application rigoureuse des résolutions. La rencontre aspire aussi, selon les organisateurs, à identifier les voies et moyens permettant d’aider les quelque 5 millions d’Algériens vivant à l’étranger à s’intégrer dans les pays d’accueil et à protéger leurs droits. La tâche est tellement importante qu’elle exige, pour sa réalisation, l’implication de tous les acteurs, dans un travail permanent qui va au delà du colloque de Djenane El Mithak.  

Par Chafaa Bouaiche

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