• Accueil
  • > Analyse
  • > Entre redistribution et reconnaissance ou entre materiel et symbolique

Entre redistribution et reconnaissance ou entre materiel et symbolique

socialisme01.jpgNombreux sont ceux qui s’interrogent sur l’inertie et les divisions des socialistes, mais à observer les tiraillements et la guerre des personnes cela n’aidera en rien en la compréhension de la complexité de cette entreprise. 

L’Internationale socialiste tiendra en ce moment son congrès. Il propose des thématiques qui pourraient accrocher les citoyens, mais à ce titre est-ce que les socialistes ne traversent pas une crise plus profonde aux réalités et aux facettes multiples

Prétendre une réponse à cette interrogation c’est peut-être avoir la clef, la solution, ou le sursaut à cette crise

La crise du « socialisme » est comparable dans certains aspects à celle du libéralisme. Ce dernier a traversé des crises au milieu du siècle dernier, mais il a vite opéré sa révolution sémantique, en s’assumant en tant que tel

La place de l’individu a gagné énormément au cours des dernières années, posant de nouveaux défis ainsi le « libéralisme culturel » avait pris toute sa place dans les mœurs de l’Etat social protecteur

Les droites européennes avaient connu et connaissent en ce moment des trajectoires, des moments d’apogées, mais ça serait peut-être un cycle vertueux ou une faiblesse du camp de la gauche socialiste et social-démocrate

Si des formes nouvelles de l’action collective ont vu le jour au milieu des années 1990 imposant aux politiques une redéfinition des problématiques liées aux mouvements sociaux et de leur rapport aux partis. Les conquêtes qui ont marqué les siècles précédents sont celles des droits civiques, puis suivra les droits politiques qui consacrèrent des régimes démocratiques dans les pays occidentaux et un fort
mouvement de décolonisation c’est en ce moment que la gauche progressiste avait connu des conquêtes. 

Les sociétés occidentales ont consacré des droits sociaux au milieu du siècle passé, qui sont principalement défendus par un mouvement ouvrier, ce sont des mouvements tournés essentiellement sur la redistribution des fruits de la production et du capital. 

Mais une question reste entièrement posée: quelle est l’articulation entre les luttes de classes qui revendiquent une redistribution et les mouvements de lutte pour la reconnaissance des différences

Nancy Fraser dans son ouvrage de dialogue avec Axel Hannoth, consacré à la nouvelle redéfinition des concepts de justice sociale, redistribution, reconnaissance… pose les clés de cette problématique, mais sans apporter une réponse à notre problématique

Après la société post industrielle, post capitaliste c’est dans l’optique d’une critique du socialisme qu’on peut opérer des redéfinitions nécessaires pour une meilleure prise en charge des nouveaux clivages entre redistribution et reconnaissance

La lutte pour la reconnaissance, en un peu de temps, devenue “la forme paradigmatique du conflit politique à la fin du XX siècle. Les revendications de reconnaissance d’une différence alimentent les luttes des groupes mobilisés sous la bannière de la nationalité, de l’ethnicité, de la “race», du genre et de la sexualité” 

Malgré le contexte de mondialisation inégalitaire, les disparités entre le nord et le sud, l’hégémonie du capitalisme financier qui a vite prit la place du capitalisme industriel, la chute du bloc communiste, le concept de lutte des classes a-il encore raison d’existence

Nancy Fraser tente une réponse a travers une autre façon de repenser les deux thématiques car cela nous impose d’autres défis “prendre comme un défis intellectuel et pratique qui nous oblige à développer une théorie critique de la reconnaissance, une théorie qui ne se réclame que des composantes de la politique, de la différence culturelle qui peuvent être combinées à une revendication sociale d’égalité( ….) car ce n’est qu’on intégrant la reconnaissance et la redistribution que nous pourrons parvenir à élaborer le cadre théorique -critique dont notre époque a besoin” 

Il est vital de mettre ensemble, en simultané dans le cadre de l’amorce d’un cadrage théorique, la redistribution comme revendication résultante d’une accumulation du capitalisme financier, et la reconnaissance, car les stratégies identitaires nous reprochent ou nous éloignent de l’égalité sociale

C’est à ces défis que les nouveaux mouvements sont attelés à répondre sans retomber dans les clivages figés des luttes de classes, le mouvement ouvrier qui se projetait dans des horizons plus prometteurs, ou dans l’avenir avait vu ses ambitions à la baisse car il s’est contenter de défendre des acquis est ce que cela dénote une crise ou une tentative de lecture nouvelle

Les événements de décembre 1995 ont marqué une nouvelle phase dans la lecture et l’analyse des mouvements sociaux, il s’agit d’un fait politique majeur “pourtant les rapports de ces mouvements sociaux à la politique apparaît ambigu, et beaucoup de constater la césure profonde entre ces mouvements et la politique institutionnelle pour s’en féliciter ou, à l’inverse pour le regretter” 

Si le mouvement syndical est pensé comme un instrument pour organiser les ouvriers, il reste néanmoins que la conception marxienne préconise ” que le mouvement syndical organise la classe ouvrière en vue de son émancipation et soutienne tout mouvement social et politique qui tend à ce but” 

La conception marxienne se trouvait quelques années plus tard heurtée à une série d’interprétations présentent à nos jours, à travers un débat entre le modèle énarcho – syndicaliste d’une part et le social démocrate d’autre part

La tradition française marquée par une indépendance du mouvement syndical, à cela on pourrait rajouter le poids des années de méfiance qui ne cesse de se développer entre la sphère politique et les mouvements sociaux

On pourrait observer une déconnexion entre les deux sphères, une autonomie des champs, ce qui contraste avec la conception marxienne

on a une diversité de champs ou de secteurs animés par des logiques qui ne sont pas réductibles les unes aux autres (l’univers associatif, le syndicalisme, le monde intellectuel, ou la politique institutionnelle) avec leurs langages, leurs règles, et leurs rythmes propresmais face à ce constat qu’elles sont les convergences stratégiques entre les deux sphères

Par Ahmed de Paris 

Commentaires

  1. smail dit :

    vraiment c’est un honneur d’avoir des blogeurs du style d’ahmed
    il est loin des querelles de personnes, il dit tous ce qui il pense etre bon.

  2. SAID- DE ANNABA dit :

    dans ce genre de sujet tu ne trouverais jamais de pollueurs, c’est tres bien débattons des idées
    vive un débat franc et responsable

  3. wi yilan' dit :

    Allons-y, les jeunes : débattons !

  4. fugitif dit :

    tu sais que nous sommes les champions du monde de la polémique

Laisser un commentaire

FRONT NATIONAL - Bouches-du... |
Mouvement des Jeunes Social... |
15ème circonscription du No... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Sagvar, le Roman Noir de la...
| Sarkophage
| UES - Claude WEBER