A propos de l’affaire “ALEXO”: rien que le respect de la loi

Ce dossier «sulfureux» a été évoqué par le wali lors de sa récente visite dans la commune. On croit savoir que, contrairement au Président de l’APW qui n’est pas allé par quatre chemins pour dire tout simplement la vérité en affirmant que cette unité est à inscrire au chapitre des constructions illicites, le chef de l’exécutif, lui préfère «réserver son appréciation aux conclusions de l’étude du dossier par ses services». Manifestement, je pense que ça va «bouger» et je crains fort que cette déclaration sonne «l’ouverture de cette entreprise». Plusieurs indices militent pour cette option.
D’abord, et ça peut sembler anodin, l’absence «énigmatique» du député Meziane, ex-P/APC qui n’a pas pour habitude de rater ce genre d’évènements officiels, et qui a fait de ce dossier «son cheval de bataille» lors de son mandat municipal. Celui-ci, alors que tout le monde l’attendait voir soulever cette question à l’hémicycle, a observé un silence assourdissant depuis qu’il a été promu à l’APN, où curieusement, il n’a jamais parlé «du panier à crabes» comme il se plaisait à désigner cette affaire. Quelque chose a dû s’opérer «là haut». Ensuite, le retour d’Ouyahia à la tête du Gouvernement, pourrait accélérer «la régularisation» de cette entreprise.
L’équipe aux commande de l’APC, ne constituant nullement une résistance, les élus du FFS doivent rester attentifs à l’évolution de la situation et faire preuve de vigilance pour alerter l’opinion. Ils pourraient être invités à une délibération pour «la révision» du POS pour permettre à cette entreprise de rentrer en activité.
Cela dit, voici une modeste contribution rédigée et publiée le 22 août 2006 pouvant apporter quelques éléments d’information relatifs à ce dossier.
Dans des articles parus notamment dans les quotidiens El watan, La dépêche de Kabylie, l’Expression et El Khabar, le PDG d’Alexo, à propos de «son projet dans la commune d’Amizour», continue de porter de graves accusations à l’encontre de la représentation légitime de la population d’Amizour. Tout en se faisant passer pour la victime, celui-ci porte aux «opposants» la responsabilité «de compromettre un investissement de 12 millions de dollars.»
En ma qualité d’élu à l’assemblée populaire communale et, tout simplement en tant que citoyen, me considérant interpellé par les propos du PDG de cette entreprise, je me dois d’apporter – à l’intention de l’opinion – quelques éclaircissements à propos de la position adoptée par l’APC.
D’abord sur le plan de la forme, je dois dire que le PDG d’Alexo, a mal choisi les termes de sa plaidoirie. Quant au «fond» du dossier, beaucoup d’interrogations méritent d’être posées.
Le PDG d’Alexo n’est pas sans savoir que ceux qu’il qualifie «d’opposants», sont les élus de la population, qui ont opposé une fin de non recevoir à un projet qui est loin d’être conforme à tous points de vue. Aux yeux du représentant de l’entreprise Alexo, nous nous serions opposés à un investissement «pouvant garantir des dizaines d’emplois.» Franchement simpliste comme argument ! Qui peut, un seul instant, croire que l’APC a pour vocation de s’opposer à un projet créateur de postes d’emploi, aussi peu soient-ils ? Alexo propose d’en créer des dizaines dont une bonne partie, faudrait-il le préciser, est déjà pourvue.
Le PDG déclare que «la délibération du 27 mars 2006 s’est déroulée mystérieusement à huis clos.» Rien de mystérieux n’a entouré cette réunion. Une disposition du code communal confère à l’assemblée populaire communale de se réunir à huis clos, lorsqu’elle en juge la nécessité. Par quel canal le PDG d’Alexo l’aurait-il appris, d’autant que les onze membres de l’APC ont adopté la même position ?
Lors de cette séance, les membres de l’APC, après avoir longuement débattu de la question, sous toutes ses facettes, sur la base de documents (descriptif de l’activité d’Alexo, correspondances de son PDG, POS) exposés par le président de l’assemblée, une délibération consignant le rejet catégorique de l’implantation du projet a été rendue publique. Cette décision est motivée par deux raisons fondamentales: La non-conformité de la société Alexo à la réglementation en matière d’urbanisme et l’impact préjudiciable de son activité sur l’environnement et la santé publique.
En effet, vis-à-vis de la loi, la société Alexo occupe un terrain que le plan d’occupation des sols de la commune (POS), approuvé par délibération, le 2 novembre 1998, délimite et prévoit comme zone d’habitat et y évacue toute construction à caractère industriel. Il faut convenir qu’il y a, là, violation d’un instrument d’urbanisme financé par l’État, défaut de permis de construire et d’autorisation d’exploitation. Au nom de quel principe fermer les yeux sur une construction illicite et prétendre aller exécuter un arrêté de démolition d’une construction illicite d’un simple citoyen, si cela advenait ? Comment une société comme la SONELGAZ s’empresse-t-elle d’approvisionner en gaz une entreprise en infraction avec la réglementation ? N’y a-t-il pas volonté de «passer en force ?» Si, là encore, il s’agissait d’un simple citoyen qui serait dans la même situation d’infraction, la SONELGAZ, aurait-elle fait preuve d’autant de complaisance ? Aurait-on accordé les mêmes largesses ?
Quant aux répercussions de l’activité en question sur l’environnement et sur la santé publique, le débat, à mon sens, n’a même pas lieu d’être. Car, vouloir en faire un abcès de fixation, cela voudrait dire que, du point de vue juridique, ce projet répond à toutes les normes. Or, c’est très loin d’être le cas. Par ailleurs, et sans prétendre me placer en spécialiste en la matière, il serait tout de même dissimulé de soutenir que ces répercussions sont nulles. Un document de la Direction de l’environnement, au terme d’une enquête qu’elle avait menée et dont nous ne détenons pas la teneur exacte, précise que les incidences sur l’environnement sont «quasi-nulles.» Il y a tout de même une nuance. N’est-ce pas déjà une réserve dont nous ne saurions négliger l’importance ? Les citoyens, n’ont-ils pas le droit de savoir ? Ce qui, si besoin est, bat en brèche, les conclusions de cette curieuse étude d’impact souvent invoquée. «Confiée» à un bureau d’étude dénommé «archi-pro», celle-ci statue que «l’activité repose sur un procédé purement mécanique.» Procédé mécanique mais qui fait appel à des manipulations de produits chimiques. Peut-on accorder un quelconque crédit à une étude d’impact réalisée par un bureau d’étude en architecture, quand il s’agit d’environnement ? A ce propos, il est intéressant de savoir que, presque toutes les fonderies ont des problèmes liés aux rejets de produits toxiques et potentiellement dangereux, dont l’acide fluorhydrique (un réactif important dans les procédés de purification de l’aluminium, pour le traitement ou le nettoyage des surfaces de métal dont l’équipement fait d’aluminium), aux rejets d’eaux chaudes dans les cours d’eau et pouvant progresser et atteindre fatalement les nappes phréatiques. Sachant que celle de la commune d’Amizour n’est située qu’à quelque 500 mètres du site, il y a lieu de s’en inquiéter sérieusement. A cela, s’ajoutent les nuisances sonores qui sont loin d’être un simple désagrément. Une telle activité est-elle concevable au beau milieu d’une zone d’habitat en pleine expansion, à proximité d’un lycée de 1300 élèves et d’une école primaire de 300 collégiens ?
Le responsable d’Alexo annonce le chiffre de «12 millions de dollars», coût du projet en question, et qui est, a-t-il reconnu «soutenu par les hautes autorités du pays.» (Sic.) De quelles hautes autorités du pays s’agit-il ? Si le projet en question est en parfaite adéquation avec la réglementation, pourquoi aurait-il besoin du soutien des hautes autorités du pays ?
A lire certaines autres déclarations, ce projet accuse un énorme retard dans sa concrétisation, ce qui implique un préjudice financier non négligeable. Soit ! Et si tel est le cas, comment expliquer cet acharnement à vouloir l’implanter à Amizour ? Et l’on se demande pourquoi, dès ses premières péripéties, des démarches n’ont pas été entreprises pour accélérer son implantation dans une autre localité. «Faire bénéficier la commune de «quelques dizaines d’emplois ?» Oui, mais selon quelles normes et à quel prix ? Surfer sur «les sentiments» et agir sur «certaines fibres sensibles» ne peuvent répondre aux exigences de la loi et de la réglementation. Créer «des richesses et des dizaines d’emplois» n’octroie pas un sauf-conduit ou une dérogation spéciale pour piétiner ces mêmes lois et réglementation. Celles-ci doivent être les mêmes pour tous, en tous lieux et dans toute leur rigueur.
Par A.Zenati
Ex-élu FFS APC Amizour

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