L’Irak privé de Jeux olympiques

Le CIO reproche à Bagdad d’avoir «interféré» dans les mouvements sportifs du pays.

Le rêve olympique des quatre athlètes de la délégation irakienne s’est définitivement envolé. Le Comité international olympique (CIO) a confirmé l’interdiction à l’Irak de participer aux Jeux olympiques en août prochain, dans une lettre datée du 23 juillet et adressée au ministre irakien de la Jeunesse et des Sports Jassim Mohammad Jaffer.

«Nous regrettons profondément cette décision qui porte gravement atteinte au Comité olympique irakien, aux mouvements sportifs ainsi qu’aux athlètes irakiens mais qui est malheureusement imposée par les circonstances», peut-on lire dans la lettre, rendue publique jeudi.

Le 4 juin dernier, les instances olympiques avaient suspendu provisoirement le Comité olympique irakien, en raison de l’«interférence» du gouvernement irakien dans les mouvements sportifs du pays. Le CIO n’avait manifestement pas apprécié le vote d’un décret, le 21 mai dernier qui révoquait le Comité national irakien, issu de l’ancien régime de Saddam Hussein, pour le remplacer par un nouvel organisme dirigé par le ministre irakien de la Jeunesse et des Sports.

Le CIO, très à cheval sur les réglements, avait alors affirmé ne reconnaitre que les comités olympiques nationaux, jugeant illégal tout «comité intérimaire» ou tout autre groupe «appointé par le gouvernement irakien». Les instances olympiques avaient également soutenu avec vigueur les membres de l’équipe sortante, les qualifiant de seuls «légitimement élus».

Mais pour Bagdad, c’est là justement que réside tout le problème. Selon le gouvernement irakien, le Comité en question ne disposait plus du quorum suffisant pour mener ses débats. Autre problème soulevé : il n’aurait pas organisé d’élections depuis plus de 5 ans. Mais surtout, son responsable Ahmed Al-Samarrai a été enlevé par des hommes armés en juillet 2006 et l’on est toujours sans nouvelles de lui.

Fin mai, la Fédération internationale de football (Fifa) avait aussi décidé de bannir le champion d’Asie en titre de toute compétition internationale pendant un an. Cette sanction avait finalement été levée «de façon conditionnelle et provisoire» par la Fifa en mai dernier, qui avait indiqué avoir reçu une lettre du gouvernement irakien lui assurant que la Fédération irakienne de football avait été exclue du décret de dissolution.

La décision du CIO est une très mauvaise nouvelle pour un pays ravagé par les tensions communautaires et où le sport peut parfois jouer un rôle de ciment national. En 2007, la victoire des Lions de Babylone, l’équipe nationale de football, en finale de la Coupe d’Asie, avait provoqué une joie immense dans le pays. En 2004 encore, alors que le pays était ravagé par la guerre, l’Irak avait créé la surprise en atteignant les demi-finales de la compétition de football des JO d’Athènes.

En août prochain, quatre athlètes irakiens étaient attendus dans les compétitions olympiques, en tir à l’arc, en judo, en aviron et en haltérophilie. Ils verront les Jeux depuis chez eux, victimes des interférences entre sport et politique.

Commentaires

  1. Anonyme dit :

    Bonjour Elmoutarem;
    Finalement l’Irak participera belle et bien aux jeux olympiques,
    l’information vient de tomber car ils ont réussit a trouver un accord.
    Akli…

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