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Archive pour le 27 septembre, 2008

FFS: An 45 ou l’empreinte d’un patriarche

Par Boubakeur Hamidechi Le Soir d’Algérie : hamidechiboubakeur@yahoo.fr

«La résistance du peuple algérien au coup de force constitutionnel a acculé le régime à découvrir son véritable visage. Les tenants du pouvoir ont recouru aux méthodes coloniales de corruption (…) afin de bâillonner et de truquer la volonté populaire» (fin de citation). Que le lecteur distrait ne se fasse pas du souci quant à sa dissipation ramadanesque. Quoique évocatrice des menaces qui pèsent actuellement sur le pays, la déclaration en question ne se trouve dans un aucun journal de la semaine et n’a pas pour auteur l’un, parmi les hommes politiques, qui de nos jours administrent notre avenir. Vieille de 45 années, cette déclaration est l’acte de naissance du FFS. Deux phrases liminaires d’un réquisitoire sans concession et qui, de nos jours, n’a pas pris une seule ride. Un certain 29 septembre 1963, Aït Ahmed décidait de le rendre public et d’entrer en résistance au nom de l’idéal démocratique. Lui, dont le militantisme, au sein du mouvement national, était incontestable auprès de ses pairs, renouera alors avec l’infamie des procès et de la prison. Arrêté le 17 octobre 1964, il sera condamné à mort par une certaine «cour criminelle révolutionnaire» le 17 avril 1965 vite commué en perpétuité le 12 avril.

Lui qui ne retrouva la liberté qu’en mai 1966 et l’exil qui est son lot, deviendra, au fil des avatars du régime, la cible de campagnes orchestrées. Il connaîtra alors la bassesse des attaques ad hominem et les insupportables soupçons de sectarisme. Epreuves inouïes pour le discréditer mais qui, finalement, fourniront aux réseaux clandestins de son parti et à lui-même les bons ressorts pour survivre et ne pas tomber dans l’oubli. Pionnier de l’opposition, telle que ce pays souhaite qu’elle se manifeste et agisse de nos jours, le FFS peut se prévaloir d’être le contemporain d’un Etat dans les limbes. La crise de l’été 62 qui torpilla la transition, alors incarnée par le GPRA en imposant le premier scénario du putschisme à l’algérienne, contraignit de nombreuses personnalités à se démarquer de la dérive autoritaire en marche. Face au travail de verrouillage de la première Assemblée délibérante, les Boudiaf, Ferhat Abbas et Aït Ahmed n’eurent d’autre choix que d’entrer en dissidence ou battre en retraite. Aït Ahmed, lui, choisira à la fois la tribune pour dénoncer et la démission pour être conséquent avec ses convictions. Et c’est à lui que l’on doit la plus vigoureuse des philippiques adressée à cette constituante hésitante et prête à la servilité. En ce mois de décembre 1962, Ben Bella n’était pas encore président de la République au moment où, par la menace et les promesses, il voulait se tailler une constituante à sa mesure et selon ses vagues credo idéologiques. Manœuvres sordides qui firent dire ceci à Aït Ahmed : « (…) Parions sur la démocratie, comme valeur et méthode à la fois, comme but doctrinal et moyen politique. Il ne faut pas entendre qu’il s’agit là d’une simple question d’orgueil national, d’un messianisme d’exhibition, d’une spéculation philosophique abstraite. Non ! C’est une option (…) de raison. En tant qu’expérience démocratique, notre révolution répond à nos valeurs collectives et de dignité individuelle, à notre passé et à nos traditions de lutte (…)» Etayant par un exemple concret son refus de l’unanimisme stérilisant, il fustigera dans le même discours le complot qui allait faire du Parti communiste la première victime. «(…) Un parti fort et organisé qui jouit de la confiance du peuple n’a nul besoin de dissoudre un autre parti comme le PCA. Il me semble au contraire, conclura-t-il, qu’il serait bon que ce parti puisse se maintenir car il jouerait le rôle de stimulant (…). Je pense enfin que la prééminence du parti FLN n’entraîne pas nécessairement l’unicité (…).» Irrigué par une telle somme de principes intangibles et que, ni le temps historique est parvenu à démentir, ni les péripéties politiques du pays à rouiller, le FFS a finalement traversé la période de glaciation dictatoriale sans grands dommages. Certains spécialistes écriront même qu’il s’est grandement bonifié grâce au sens de la communication de son leader. A l’inverse du PRS de feu Boudiaf qui s’est auto-dissous après la disparition de Boumediene, ce front a plutôt trouvé matière, à partir de sa clandestinité, pour actualiser (avec une grande justesse dans l’argument) son procès de l’arbitraire politique qui règne dans le pays. Décrivant la succession fermée, Aït Ahmed ironisa sur les conséquences en déclarant que «la disparition de Boumediene a, dans les faits, plus profité que nui au régime». Précisant au passage que «l’armée a tout naturellement désigné un des siens pour succéder à un des siens», avec simplement une petite nuance dans le «changement du centre de gravité du pouvoir» profitable alors au clan de l’est au détriment du clan d’Oujda, dont le postulant en 1979 était Bouteflika. Plus près de nous, le 5 octobre 88 n’a pas semblé prendre de court ses évaluations. Car à chaud, le FFS posa, dès le 24 octobre, la bonne question à propos du train des réformes annoncées par Chadli. – «S’agit-il d’un bluff démocratique destiné, en ravalant la façade, à donner au pouvoir un semblant de légitimité à l’image de la kermesse colossale organisée en 1976 autour de la Charte nationale ? Qui peut croire que des centaines de compatriotes ont été sacrifiés délibérément pour que le chef de l’Etat puisse procéder à son profit à un simple rééquilibrage des appareils, à un changement de personnes …»(1) Le voilà donc ce magistral scepticisme positif dont ce patriarche politique ne s’est jamais départi jusqu’à devenir exemplaire et référentiel auprès des analystes les plus pointus, même lorsqu’ils ne se revendiquent pas de son radicalisme «obtus», selon leur reproche. Parmi les «spin-doctors» qui n’ont pas hésite à mettre en perspective (prospective ?) le rôle de ce FFS, nous citerons le colonel Chafik Mesbah qui écrivait précisément ceci, il y a dix ans de cela : «Si je peux me prévaloir cependant de quelques capacités d’anticipation politique, ce serait pour faire part de la forte probabilité que le courant dit «démocratique» finira fatalement par être dominé par le FFS, parti dont je salue la qualité de l’ancrage social et la constance du programme, même si celui-ci m’inspire des réserves.» (2). Mais en 2008, comment se porte et se comporte encore ce parti hors normes, exclusivement modelé par un personnage également d’exception mais qui frappe aujourd’hui à la porte du grand âge ? De l’avoir porté à bout de bras 45 ans durant et de l’avoir protégé en toutes circonstances des déviations majeures, n’a-t-il pas fini par s’entourer de disciples sans originalité personnelle ? Et c’est un peu de cela qu’il s’agit dans les sphères de ce «front». Comment survivre à la nostalgie du zaïm sans avoir l’air de trahir son enseignement mais également sans l’imiter comme un perroquet ! Vaste problème que celui de vouloir prolonger un combat avec une culture politique rénovée et des valeurs «maison» anciennes.
B. H.

 

 

(1)- Toutes les citations citées dans cet article sont extraites de la documentation du FFS
(2)- La citation est extraite d’un droit de réponse de Mohamed Chafik Mesbah à la suite d’un article critique publiée par l’hebdomadaire Libre Algérie : numéro du 7au 20 décembre 1998.

La Fondation Friedrich Ebert répond à Sidi Said

sidi1.jpglogo2.jpg«Les déclarations de M. Abdelmadjid Sidi-Saïd, secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens, à l’endroit de la Fondation Friedrich Ebert, reprises par l’ensemble de la presse algérienne du 24 septembre 2008, sont surprenantes et infondées.

 

Surprenantes, les déclarations de M. Sidi-Saïd, le sont d’abord au regard du rôle reconnu de la Fondation en matière de soutien à la Révolution algérienne et particulièrement de l’UGTA dès la seconde moitié des années 50. L’hommage rendu par de hauts responsables algériens à feu Hans Jurgen Wischnewski illustre bien la qualité des rapports historiques entre l’Algérie et la Fondation.

 

Surprenantes, les déclarations de M. Sidi-Saïd le sont ensuite au regard des rapports récents entre la Fondation et l’UGTA. Dès l’ouverture de son bureau à Alger, la Fondation a considéré l’UGTA comme un partenaire privilégié, et pour preuve, l’a intégré dans un projet triennal 2004-2007 soutenu par la Commission européenne.

 

Infondées, lesdites déclarations le sont pour la simple raison que la Fondation n’a jamais émis un quelconque jugement de valeur ni sur les questions économiques, sociales et syndicales locales, ni sur les personnes exerçant ses multiples activités dans le strict respect de la législation algérienne et dans la transparence la plus totale.

 

En fait, et dans le cadre de la mission pour laquelle elle a été créée en 1925, la Fondation a visé, depuis l’ouverture de son Bureau d’Alger, l’affermissement des capacités algériennes et de ses organisations sociales à affronter les défis d’un monde en plein bouleversement. A cet effet, elle a lancé en 2008, après en avoir avisé les autorités du pays d’accueil et sollicité la contribution de leurs compétences, une initiative visant à développer des réflexions sur des questions d’actualité aux fins d’alimenter des débats publics auxquels des administrations publiques et les organisations de la société civile ont été conviées à participer. Ces actions s’inscrivent bien dans les missions de la Fondation, notamment celle du renforcement de la démocratie. Au-delà des réactions que peuvent susciter conjoncturellement ses activités, la Fondation s’est toujours considérée — et se considérera encore — comme une amie de l’Algérie.»

«Le FFS n’est pas comme certains partis, né après 1988»

ffs.jpg

Le commandant de la Wilaya IV et membre fondateur du FFS, Si Lakhdar Bouregaa dira, lors d’une conférence qu’il a animée jeudi dernier au siège national du FFS, que la révolte de 1963 n’était que la continuité du combat mené par les moudjahiddine qui ont cru en la libération de l’Algérie du joug colonial. A travers son long témoignage, il tenta de réhabiliter les acteurs du congrès de la Soummam qu’il a qualifiés de bouffée d’oxygène pour avoir fait sortir la guerre de Libération d’une situation de flou qui a failli l’étouffer. «Ceux qui accusent Abane Ramdane de trahison ne font que servir les intérêts de la France coloniale qui a cherché à l’assassiner historiquement et ensuite physiquement. Que ceux qui profitent des richesses que leur procure le pouvoir sachent que ce peuple a résisté et continuera de leur résister. Il continuera sa lutte contre leur dictature et leur injustice», indiquera-t-il en substance.

Le conférencier a appelé les présents à la sauvegarde de la mémoire collective. «L’histoire est comme une carte géographique. Elle est le repère des peuples. L’histoire est un vaccin qui protège les générations futures contre l’oubli », ajoutera-t-il, estimant que «les Algériens ont un grand problème avec l’histoire que certains utilisent à des fins politiques. L’histoire est la propriété exclusive des peuples. L’utiliser en politique conduit à sa falsification. » Par ailleurs, Bouregâa regrettera de voir «la lâcheté et l’hypocrisie érigées en valeurs sociales.» Selon lui, la responsabilité incombe à l’élite qui fabrique l’opinion publique. «L’élite doit assumer son statut et contribuer à l’épanouissement de son pays au lieu de chercher à servir les intérêts d’un clan qui a pris le pouvoir depuis 1962.» Continuant sur sa lancée, l’orateur dira qu’il n’y a pas de multipartisme en Algérie : «Les partis politiques sont devenus des associations de soutien au régime.» «Le FFS n’est pas comme certains partis, né après 1988», note-t-il, ponctuant son récit de quelques anecdotes qui ont leur poids lors de la Révolution algérienne.

Pour sa part, l’ancien représentant de la Zone 5 au niveau de la Wilaya III, Si Mohand Chérif, dira : «Nous avons toujours été dans l’opposition. En 1963, Ben-Bella est rentré du Maroc avec son armée pour prendre le pouvoir de force. Il a envoyé 5 000 soldats pour combattre la Wilaya IV. J’ai été emprisonné par Ben-Bella, Boumediène et Chadli, mais je n’ai jamais accepté de travailler pour eux.» Si Mohand Chérif a tenu à apporter sa vérité sur les circonstances ayant présidé à l’arrestation du leader du FFS, Hocine Aït- Ahmed. «Il faut que vous sachiez qu’Aït-Ahmed ne s’est jamais rendu. J’étais avec lui jusqu’à la dernière minute où il a été arrêté dans la maison qui nous servait de refuge à Aït- Zellal, dans la daïra de Mekla», a-t-il insisté. Et de conclure : «L’avenir est pour vous, les générations à venir. C’est à vous que revient la charge de perpétuer notre combat, de sauvegarder notre mémoire et notre histoire. »

Sources Le Soir d’Alger

Le FFS et Ali Rachedi Abdeslam

rachedi.jpgLe premier secrétaire du Front des forces socialistes, Karim Tabbou, s’est ouvertement et violemment attaqué à Abdeslam Ali-Rachedi, lors de la rencontre organisée en hommage aux «anciens de 1963», jeudi soir. Ali-Rachedi a été qualifié de «traître» et d’«hypocrite» par un Tabbou qui l’a classé dans la catégorie de «ceux qui se sont servis de notre parti à des fins personnelles. Ils ont aussi aidé ce pouvoir à affaiblir le combat démocratique des Algériens ». Tabbou a estimé que cet ex-militant du FFS et ancien parlementaire s’est servi du parti d’Aït Ahmed pour «remplir ses poches et celles de tous ceux qui l’ont aidé». Le Soir d’Algérie

 


Le FFS fête son 45ème anniversaire

aitahmed.jpgLe FFS a organisé dans la soirée de jeudi dernier une conférence animée par le commandant Lakhdar Bouregaa, ancien dirigeant de la wilaya IV historique et membre fondateur du FFS. Le premier secrétaire du FFS, Karim Tabbou qui intervenait à l’ouverture de la conférence a affirmé que son parti compte organiser plusieurs rencontres et regroupements de «militants de la première heure du FFS», à l’occasion du 45ème anniversaire du parti, affirmant que «les militants de 1963 vont se regrouper pour élire leur représentant au sein du conseil national», a rapporté l’APS.

 

Tout en reconnaissant que son parti connaît «quelques difficultés», il a soutenu que «beaucoup se disent militants de 1963, et qu’ils œuvrent pour réhabiliter le parti, alors qu’ils œuvrent, dans la réalité, pour sa destruction». Il a, par ailleurs, annoncé que «le FFS va organiser plusieurs congrès pilotes, pour élire les bureaux des fédérations».

 

Pour sa part, le commandant Lakhdar Bouregaâ a évoqué les événements ayant émaillé les deux premières années de l’indépendance de l’Algérie, et qui ont conduit à la création du FFS le 29 septembre 1963. Il a, également, plaidé pour l’écriture de l’histoire de la guerre de libération nationale, estimant que «l’histoire est la meilleure immunité pour la nation». Tout en rappelant les différentes étapes de la Révolution du 1er novembre 1954, il a souligné que «la cinquième République de France avait tout fait pour retarder l’indépendance de l’Algérie, afin de diminuer l’avant-garde révolutionnaire».
Dans le même ordre d’idées, l’ex-chef de zone dans la wilaya III historique, Mohand Chérif, a évoqué l’atmosphère qui régnait à Alger, juste après l’indépendance. «Nous avons pris position dans cette crise», a-t-il souligné, ajoutant que «le FFS a été fondé dans ces conditions pour revendiquer le pluralisme politique».
Dans la soirée de vendredi, le premier secrétaire du FFS a animé une conférence-débat dans la commune de Timizart (Tizi-Ouzou). Il convient de signaler que Karim Tabbou animera lundi prochain à Tizi-Ouzou une conférence publique au niveau de la maison de la culture Mouloud-Mammeri. La conférence sera suivie du dépôt d’une gerbe de fleurs devant la stèle de M’Douha érigée à la mémoire des martyrs de 1963. Par ailleurs, dans une déclaration rendue publique hier, la fédération du FFS de Tizi-Ouzou a dénoncé l’amnésie et le mépris affiché par le pouvoir à l’égard des martyrs de 1963 à 1965. La fédération a appellé chacun à exiger la réhabilitation politique, historique, juridique et morale de ces martyrs qui étaient dans leur quasi totalité de valeureux maquisards pendant la guerre de Libération nationale 54-62.

 

 

Synthèse d’El Mouhtarem

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