Et Ghardaïa, Monsieur le président ?

bouteflika.jpgAlors que Ghardaïa tente difficilement de se relever après avoir été cruellement touchée par les inondations, le président de la République décide de se rendre dans une autre wilaya pour une visite de travail et d’inspection.

Aux lamentations et pleurs des habitants de Ghardaïa, le Président a choisi les youyous, la zorna et les barouds d’honneur que la population tlemcénienne doit lui réserver. Aux complaintes et à la colère des Beni M’zab, le Président préfère le chant des sirènes de la « ouhda thalitha » pour mettre un pas ferme dans la campagne présidentielle et faire rejaillir la flamme chez les supporters du troisième mandat. Les neuf communes déclarées sinistrées de Ghardaïa devront se mettre au régime « veilleuse » et essayer de « sortir la tête de l’eau » loin de tout brouhaha et clameurs insupportables pour les oreilles « sensibles » des hauts responsables de l’Etat, qui n’ont eu de cesse de manifester un manque flagrant de compassion et de commisération pour les souffrances du peuple d’en bas. Des dizaines de morts et autant de blessés, des centaines d’habitations détruites, des populations entières sinistrées et sans logis, des moyens de subsistance disparus ; Ghardaïa la joyeuse n’est aujourd’hui que le reflet du désastre. La vallée du M’zab dont l’architecture a tant fait la fierté de l’Algérie ne mérite-t-elle pas que le chef de l’Etat lui tende sa main en ces temps difficiles et l’assure d’une voix apaisante que « sa douleur est la sienne », que « son malheur est le sien », que « sa peine trouve une place dans son cœur de Président de tous les Algériens » ? Il ne sert à rien d’aller planter un arbre sur les rives de l’oued M’zab ou d’inaugurer une nouvelle école érigée loin du lit d’El Oued, une fois que les préjudices causés par la catastrophe auront disparu ou que les peines seront étouffées par le temps. Le cri de douleur des populations de Ghardaïa n’aura pas été assez fort pour pénétrer les remparts du palais d’El Mouradia pour que le président de la République accoure à temps à leur secours.

Par Nadjia Bouaricha El Watan

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