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Archive pour octobre, 2008

LADDH: Conférence interdite

libertedexpression1.jpgLa LADDH vient d’apprendre avec consternation, que la rencontre- débat qu’elle organise  ce dimanche 5 octobre 2008 à la fondation Ebert à l’occasion de la commémoration des événements d’octobre 88  vient d’être interdite.

En fait, c’est vers 15H30 que la ligue a été contactée par les responsables de la Fondation pour  lui signifier que la Fondation est dans l’impossibilité d’abriter cette rencontre, et cela pour des raisons «indépendantes de sa volonté».

Cette rencontre–débat devait être animée par: Maître BOUCHACHI Mostefa, Maître ALI YAHIA Abdennour, Monsieur MEHRI Abdelhamid et Monsieur DJABI Nacer.   

La LADDH qui considère cette interdiction comme un exemple concret de la régression en matière des droits et des libertés dans notre pays, invite la presse à une conférence de presse à  11h00 à son siège sis au 5 Rue Pierre Viala (frères Alleg), au niveau du 101 Didouche Mourad.

Alger le 4 octobre 2008

Maître Bouchachi Mostefa/ Président       

Les journées d’Octobre 88:vues d’hier et d’aujourd’hui

corbis1.jpgPar Sadek Hadjeres 

«L’intifadha» d’Octobre 88 a été un sursaut populaire, l’explosion d’un mécontentement accumulé.. Elle a résulté de la conjonction de problèmes de fond non résolus et de manipulations irresponsables du pouvoir. Ces quelques journées vécues dans l’enthousiasme des jeunes, la colère et les espoirs de toutes les générations, ont ébranlé le régime autoritaire sur le moment et durant quelques mois. Mais la grande vague de fond n’a pu transformer la nature et les logiques hégémonistes du système. L’édifice oligarchique, bâti sur une combinaison de pratiques super étatistes et d’appétits libéraux de plus en plus sauvages, a été replâtré et repeint aux couleurs d’un pluralisme sans démocratie.

Ressenties d’abord comme exaltantes, ces journées laissent aux Algériens qui les ont vécues un goût d’amertume. On peut craindre dans le paysage politique actuel de redoutables rééditions des confusions d’Octobre 88. Le peuple exaspéré risque d’en payer les frais et les déceptions. Des enseignements précieux sont à tirer des causes et conséquences de ces journées et des péripéties qui les ont marquées.

Causes profondes et manipulation du mécontentement

Deux facteurs ont fait jonction au cours de la décennie 80: la montée du courant néolibéral dans le monde et la gestion incohérente et parasitaire de ses conséquences en Algérie. Au cours de l’été, un climat très lourd s’était installé, qui rappelle par certains côtés celui d’aujourd’hui. La dégradation économique et le mécontentement populaire s’étaient accentués en conséquence de la déstructuration anarchique du secteur d’Etat, la chute du prix des hydrocarbures et une politique d’endettement irresponsable. Face à la pénurie des ressources nationales, deux clans rivaux s’étaient constitués dans le pouvoir, sous couvert d’un conflit biaisé entre les options étatique et privative.

Chacun d’eux s’efforçait de détourner sur le clan rival la colère résultant des méfaits auxquels ils avaient été tous associés. Le discours du président de la République le 19 septembre était significatif de ces tensions.. Soucieux de maintenir ou de conquérir des privilèges économiques pour eux et leur clientèle, les uns et les autres,croyaient résoudre leurs contradictions non par un débat au grand jour, mais par des manœuvres, et des diversions. Un seul point leur était commun : rien pour les couches salariées et populaires, sinon la répression de leurs revendications. Certains technocrates et démocrates sincères intégrés au système appelaient à des réformes capables d’articuler positivement les deux secteurs dans l’intérêt de l’économie nationale et de la justice sociale. Ils seront eux-mêmes renvoyés après leur passage éphémère dans les instances gouvernementales constituées après Octobre 88.

L’important est que ces affrontements « au sommet » méconnaissaient la nature et la profondeur des problèmes sociaux et politiques. Les tenants du régime avaient cru possible de ruser avec les signaux d’alarme qui avaient jalonné la décennie.. Ainsi le printemps amazigh de 1980, le soulèvement de la jeunesse de Constantine contre l’arbitraire et la mal-vie en 1986, les remous politiques et les agissements terroristes sporadiques provoqués par les courants islamistes, l’éclosion d’organisations et associations pour la défense des libertés et des Droits de l’Homme. Enfin, la toile de fond permanente des luttes syndicales et politiques de plus en plus structurées après des décennies de blocages incessants et l’interdiction des organisations de progrès dont le PAGS.

C’est en particulier contre les travailleurs et leurs organisations que le pouvoir va construire une double machination : la première les frappant directement à la veille des évènements, la deuxième les visant indirectement le lendemain. Les cercles intrigants n’avaient pas prévu que la vague populaire énorme des jours suivants allait retourner ces deux machinations contre leurs auteurs. 

Le 4 Octobre, coup de force anti-syndical et anti-démocratique

Les mois précédents, la vague revendicative était devenue plus consciente et organisée, malgré le débile et malfaisant article 120 du FLN, les bureaucrates soumis dans l’UGTA et la répression par toutes les polices. Les castes dirigeantes voyaient dans cette évolution une double menace. Ce mouvement ascendant tendait à rassembler dans l’action unie des sensibilités politiques et identitaires que le pouvoir cherchait à diviser. De plus, les travailleurs ne se mobilisaient pas seulement autour des problèmes sectoriels quotidiens, ils condamnaient frontalement la politique anti-sociale menée contre eux par paliers successifs depuis le milieu des années 80. Comme les courants néolibéraux dans le monde, les décideurs prétendaient apporter des réformes alors que leurs actes tendaient au maintien de leurs privilèges, ils bloquaient les changements nécessaires au développement économique et social et à la cohésion nationale,

Un fait occulté officiellement et non vu ou souligné par les analystes, jette une lumière crue sur les évènements. Dans la nuit du 4 au 5 octobre, la répression s’est abattue sur le mouvement social et politique pourtant pacifique des travailleurs. Sa brutalité a été sans précédent depuis les coups de filet policiers qui avaient suivi le coup d’Etat du 19 juin 65. Cette diversion grossière a ciblé massivement les cadres et les structures d’organisation du PAGS et des syndicats actifs. Elle va fournir après coup la preuve flagrante que des sphères officielles étaient informées par avance des mouvements destructeurs des commandos de casseurs qu’ils allaient tolérer le lendemain. Nous avions connu des scénarios provocateurs du même genre à plusieurs reprises au cours des émeutes de la décennie, comme à Constantine en 86. Ils visaient à brouiller les pistes, isoler les syndicalistes et le PAGS, mais ils avaient été régulièrement mis en échec par la riposte et la solidarité populaires.

Les dizaines de cadres syndicaux et politiques arrêtés et « disparus » dans les casernes et lieux de détention, seront sauvagement torturés comme on l’apprendra seulement quinze jours plus tard à leur libération. Leur arrestation « préventive » n’était pas fondée sur des actes mais sur les fiches de police établies durant les années précédentes. Certaines comportaient des erreurs grossières et ont frappé des gens n’ayant plus d’activité militante.

Certaines autorités imaginaient de faire ainsi d’une pierre deux coups. D’une part, créer un climat de danger imminent d’agitation sociale, pour rendre plus crédibles les agissements des commandos casseurs qu’ils avaient programmés pour le lendemain. D’autre part, court-circuiter et neutraliser les actions démocratiquement engagées ou prévues au grand jour par les travailleurs depuis plusieurs semaines dans la zone industrielle et agricole de l’Est-Mitidja. Les unions locales et les sections d’entreprise s’apprêtaient par une grande marche à faire jonction avec les actions syndicales de la capitale. Le mouvement en cours, constructif et rassembleur, avait mûri depuis des années en expérience et base de masse. Il pouvait prouver que le monde du travail était capable de devenir un catalyseur, l’exemple d’un mouvement de contestation responsable et ramifié dans les couches populaires. Les clans influents du pouvoir n’en voulaient à aucun prix. Depuis l’indépendance, ils préféraient avoir en face d’eux des oppositions armées et aventureuses (quand ils ne les provoquaient pas), sans vrai projet social et politique, estimant qu’ils les isoleraient et détruiraient plus facilement. 

Vague de fond populaire, malgré le déclenchement manipulé du 5 octobre

Le PAGS et d’autres formations ont disposé de nombreuses données fiables sur la première journée. Les détails continueront à être vérifiés et enrichis par les témoignages, les recherches pluridisciplinaires , l’ouverture (problématique) des archives ou les fuites liées aux règlements de comptes entre officiels.

Le point de départ a été le déchaînement simultané à la mi-journée de jeunes notamment adolescents dans les artères centrales de la capitale et d’autres villes du pays. Leur déferlement n’avait rien d’un « chahut de gamins » spontané comme l’avait qualififié un responsable FLN de l’époque. Une grande partie de ces jeunes étaient peu ou pas du tout politisés ou membres d’organisations, ils avaient été attirés par les rumeurs lancées les derniers jours de septembre lorsque, avec le discours du président, le bras de fer des « chefs » avait débordé les coulisses du pouvoir. D’autres par contre avaient été recrutés et étroitement encadrés sur le terrain pour un travail de casse sélectif dans les villes. La synchronisation, certains mots d’ordre provocateurs proférés, les cibles des destructions, les actes de diversion étaient orchestrés directement par des chefs de file reconnaissables à divers indices. Le scénario était visiblement planifié en hauts lieux. Les services de sécurité, « débordés » ou sur ordre, sont pratiquement restés à distance sans réprimer ces jeunes.

Dans la brèche ainsi créée, se sont engouffrés les jours suivants des milliers de jeunes manifestants populaires, d’une autre qualité et d’une autre signification. Leur ouragan a gagné nombre de villes du pays en dépit des mesures répressives. Ces jeunes exprimaient leur révolte sans être pourtant porteurs d’un projet politique démocratique et social précis. A ce stade, l’immense majorité des manifestants, inorganisés et de sensibilités idéologiques variées, unis par leur colère et leur soif de justice, occupaient la rue selon des solidarités de proximité (quartiers, associations etc). Leurs heurts avec la police ont été de plus en plus réprimés, des centaines d’entre eux ont perdu leur vie et des milliers blessés.

Ils ne sont pas à confondre avec une troisième vague de manifestants, entrés en lice dans les derniers jours à la suite de tractations du pouvoir impliquant une ou des mouvances islamistes. Animés par le même sentiment de révolte, ils étaient minoritaires mais relativement structurés et regroupés idéologiquement.

Les militants d’opposition organisés ont manifesté leur présence ou leur absence sur le terrain selon les orientations et analyses propres de leurs formations respectives. L’Exécutif national du PAGS, après que les dizaines de cadres avaient été arrêtés ou recherchés dans la nuit du 4 u 5, a donné pour sa part à ses militants des directives précises et offensives. Comme de multiples témoignages récents me l’ont confirmé, elles ont été appliquées malgré de nombreuses coupures de contacts avec la même abnégation qu’à Constantine deux ans auparavant. Elles n’appelaient pas seulement à la nécessaire vigilance pour préserver les structures de l’organisation, mais surtout à la participation physique et au travail de responsabilisation politique partout où se déployaient les jeunes. Des membres de la direction exécutive ont maintenu les contacts avec la base y compris en assumant les rencontres prévues auparavant, même sur des lieux inattendus où se déroulaient des affrontements. Ce sont des camarades avec l’appui des travailleurs qui ont protégé, par la persuasion ou par la force, des usines et établissements d’intérêt public contre les destructions, comme au complexe Pompes et Vannes de Berrouaghia et plusieurs autres entreprises dans le pays. 

Désarroi du pouvoir et son repli tactique pour une trompeuse issue de crise 

L’ampleur nationale et la tournure prise par le mouvement de révolte a affolé l’ensemble des composantes du pouvoir. Certains d’entre eux se sont mis en quête cette fois de voies vers « l’apaisement », mais ont persisté dans les démarches d’apprentis sorciers tournant le dos aux problèmes de fond. Ils ont engagé des tractations dont une partie seulement est connue à ce jour, avec des leaders de courants islamistes, dont un officiel responsable de services de sécurité s’était vanté alors à un de nos camarades détenus « qu’ils mangeaient dans sa main ». Cette mouvance dans sa majorité était encore organiquement à l’état de nébuleuses structurées autour des prêches de certaines mosquées

La mission attendue de ces jeunes ainsi embrigadés était de canaliser le bouillonnement massif des manifestants. Accompagnés par leur leader charismatique qui s’est retiré avant l’arrivée du cortège à Bab el Oued, leur cortège ainsi que la masse des manifestants présents sont tombés dans le piège et la provocation classiques de tout temps à travers le monde. La manoeuvre débouché sur un massacre perpétré dans des conditions qui restent à éclaircir, avec les fusillades émanant des détachements militaires appelés à renforcer ou remplacer les forces de police débordées.

Le pouvoir a dû brusquement reculer parce qu’ils n’avait trouvé dans le peuple et même dans la « classe politique » qui lui était acquise, aucun écho favorable à leurs tours de passe-passe, aucune force capable de les soutenir dans l’épreuve. Le FLN comme facteur de mobilisation s’est évaporé sur le terrain. L’institution militaire engagée comme dernier recours venait d’épuiser son crédit et ne tenait plus à continuer de « porter le chapeau » de la répression. Le courant islamiste ne faisait pas encore le poids face à l’élan d’une jeunesse qui le plaçait en porte à faux, sa mise en selle sur la scène politique par le pouvoir lui-même n’aura d’impact que l’année suivante.

Fragilisé par l’indignation nationale et internationale, le pouvoir assis sur l’arbitraire des armes reconnaissait implicitement à travers le discours télévisé du chef de l’Etat et pour la première fois depuis l’été 1962, le bien-fondé de la protestation populaire et de sa soif de liberté et de justice. Il promettait de corriger le déficit démocratique devenu criant et dangereux pour la nation. Un courant favorable à l’évolution des institutions s’est dégagé à travers l’adoption quelques mois plus tard d’une nouvelle Constitution proclamant des principes démocratiques.

Tout le monde sait que le pluralisme formel instauré sera vidé de contenu démocratique et social en l’espace de deux ans. Un exemple, un de plus à élucider, est hautement emblématique de la transition sabordée, l’usage de la torture. La Constitution de 89 a vigoureusement condamné et interdit la torture, mais tous les membres du Comité d’action large et actif contre la torture mis sur pied après les révélations d’Octobre 88, ont été soit assassinés dans des conditions obscures soit contraints à l’exil. 

Vingt ans après, que reste-t-il d’octobre 1988.

Plus que le souvenir de la révolte d’Octobre, il reste les enseignements de la tragédie des années 90 et de ses séquelles

Le grand changement espéré n’a pas eu lieu parce que, pendant ces journées ou plus tard, les causes profondes qui ont généré la révolte d’Octobre 88 n’ont pas été traitées, et encore moins extirpées, elles ont même été aggravées par la détérioration du contexte international

A l’autoritarisme et aux machinations du pouvoir, premier responsable des déboires vécus par l’Algérie, la société et ses organisations politiques et sociales n’ont pu opposer une résistance à la fois unie et consciente, s’exprimant dans un projet politique et de société alternatif et rassembleur. Divisées et politiquement non préparées par les décennies de mentalités et de parti uniques, il leur a manqué au moment crucial la capacité théorique et pratique de déjouer les ruses du pouvoir et d’imposer une alternative commune constructive.

Deux défaillances se sont conjuguées. La première, foncière et structurelle est celle des autorités dans leurs responsabilité s étatiques. La seconde est liée à l’impréparation idéologique et politique de la société. Ce double déficit, sensible à la veille et lors du déclenchement de ces journées, a créé la confusion politique qui a marqué leur déroulement, puis leur dénouement. Un de ses indices les plus forts a été l’acharnement avec lequel les clans au pouvoir, juste avant les évènements, ont réprimé le monde du travail, ses forces syndicales et politiques, qui sans cela étaient potentiellement en mesure de peser sur les évolutions dans le sens des libertés et droits démocratiques, de l’intérêt et de la cohésion nationale. Vieille politique réactionnaire et conservatrice hantée par le spectre du communisme et cherchant à tout prix à enfermer les forces de libération sociale de toutes obédiences dans un « cocon de chrysalide » !

Les orientations antipopulaires, sous des formes subtiles ou brutales, s’accentueront pour déboucher après 1990 sur la tragédie nationale dans le nouveau contexte du basculement du rapport de forces international. C’est le moment de rappeler les résultats de l’aventurisme politique que nombre de gouvernants arabes tout comme les cercles réactionnaires des USA ont largement pratiqué, en exploitant les faiblesses et divisions idéologiques des peuples.. Le désastre algérien était déjà en germe dans les péripéties d’Octobre 88. Certains des cercles qui ont procédé au coup de force antidémocratique préliminaire du 4 octobre ont continué, quand les manifestations populaires sont devenues incontrôlables, à vouloir faire porter aux progressistes la responsabilité des évènements, qualifiés « d’insurrectionnels ». Ils voulaient ainsi à la fois justifier leur répression sauvage et ouvrir la route aux noyaux islamistes, même les plus extrémistes en les instrumentalisant.

Assistons-nous aujourd’hui à un début de retour du balancier ? Y aura-t-il prise de conscience des courants politiques et idéologiques qui ont été trompés et l’ont payé cher ? Se dirige-t-on à travers les luttes en cours vers la construction persévérante de l’unité d’action démocratique et sociale et des moyens d’organisation capables de faire progresser une dynamique des changements radicaux ?

Tirer les enseignements d’Octobre 88 pourrait y contribuer.

*Photo Corbis

LADDH: La commémoration du 5 octobre 1988

corbis.jpgPar Maître Ali Yahia Abdennour

Il y’a  un avant et un après le 5 octobre, dont nous n’avons pas mesuré encore toute les conséquences. Octobre 88 n’est pas un accident de parcours, mais le résultat d’une gestion, la conséquence d’une politique, dont les signes avant coureurs se sont multipliés dés le début de la décennie 1980, fertile en événements qui ont secoué le pays en profondeur. La politique intransigeante du pouvoir a porté les fruits de la violence, avec le 20 avril 1980, l’arrestation des dirigeants islamiques, le maquis de Bouyali, le procès des dirigeants de la LADDH et des enfants de martyrs de la Révolution, l’agitation dans les mosquées, les stades, les universités, le prix très bas du baril de pétrole, le chômage très élevé, la dette extérieure très importante, l’affaire Mecili.

Les violences policières sont entrées dans l’ère du quotidien. L’impunité est la règle. L’humiliation une fois vécue et acceptée, prépare à subir d’autres, à obéir et à se taire en toutes circonstances, à ne plus pouvoir vivre et penser qu’en aliéné.

Le peuple algérien dévoré par son Etat a le sentiment que la politique nationale, la vie politique, telles qu’elles sont gérées, se font au dessus de lui, sans lui et contre lui. Ceux qui monopolisent le pouvoir, trouvent qu’il n’est pas bon de le partager, ni de l’éclairer, n’écoutent personne, croient tout savoir, n’avoir rien à apprendre, mais tout à enseigner. Ils ont besoin pour durer de bafouer les règles les plus élémentaires de la démocratie, d’exercer une répression qui a tendance non pas à régler les problèmes, mais à éliminer ceux qui les posent, à supprimer les contradictions en éliminent les contradicteurs.

Le divorce est entre le peuple dépouillé de ses droits et le FLN parti unique, qui est supposé le représenter et parler en son nom, pour l’empêcher de parler.

L’année sociale de 1988 s’annonce morose et même pleine de périls. Une réaction populaire profonde est au bout du chemin.

I-   Les événements du 5 octobre 1988.

Je m’incline une nouvelle foi avec émotion indicible, devant la mémoire des victimes d’octobre 1988, et représente 20 ans après mes condoléances les plus attristées à tous les membres de leurs familles, avec l’expression de mon profond respect.

Les événements d’octobre 88 découlent d’une lutte de clans exaspérée au sein du pouvoir. C’est à l’intérieur de ce dernier que se déroule à huit clos, secret, rude, le plus dur des combats, entre deux tendances divergentes, contradictoire, l’appareil du FLN pour qui la vie politique est conçue avec un seul objectif, pérenniser le système politique en place depuis l’indépendance du pays, et la présidence de la république avec les partisans de l’ouverture contrôlée, du libéralisme. Le FLN dont l’UGTA est une de ses organisations de masse, a incité discrètement les 18000 ouvriers de la zone industrielle de faire grève, qui s’est étendue à tout le pays, bien que sachant que c’est l’armée qui est au pouvoir, et qu’il n’est que l’instrument de sa domination. En Algérie, qui détient l’armée, tien le pouvoir.

Pour camoufler les rivalités et les divergences stratégiques au sommet de l’Etat, le pouvoir a déclaré le parti d’avant-garde socialiste(P.A.G.S) qui avait infiltré de nombreux syndicats, responsable de la tragédie, et a procédé à de nombreuses arrestations de ses cadres et militants. Cette déclaration est de toute évidence contraire à la réalité des faits. La rue disponible qui ne supporte pas le vide, est occupée par les jeunes qui ont détruit de nombreux symboles du pouvoir. Ce dernier sous-estimant la profondeur du mécontentement et du désespoir des jeunes, en particulier l’exaspération de ceux sans débouchés, en rupture d’école et de travail, flottant entre petits boulots aléatoires et les combines inavouables, qui se posent avec angoisse la question relative à leur avenir, et celui de la société, a vu leur irruption brutale dans la rue. La coupe est pleine, c’est le ras le bol, car les jeunes ne peuvent aller plus loin dans la démission et la soumission.

L’explosion populaire du 5 octobre 1988, s’inscrit dans la mémoire collective du peuple algérien, comme une rupture du pays légal avec le pays profond, un cri de colère et de désespoir d’une jeunesse stressée, flouée, soufrant du double syndrome d’exclusion et de frustration, longtemps drapée dans le silence, en accusations muettes, qui refuse un pouvoir centralisé, bureaucratique, dictatorial. Elle clame par sa descente dans la rue, sa volonté de mettre fin aux entraves à ses droits et à sa liberté, par la mise en œuvre de la démocratie et des droits de l’Homme.

L’état de siège décrété par le président Chadli Bendjedid le  6 octobre 1988 a placé sous le commandement militaire, les forces de sécurité et toutes les autorités civiles et administratives. Chaque jour apporte une sinistre moisson d’outrages à la dignité humaine qui est plus chère que la vie. Quand l’homme est humilié, il oublie qu’il habité par la vie et il la risque. La ligne rouge celle du sang a été franchie par les militaires, les gendarmes et les policiers, qui ont tiré avec des armes de guerre, sur des enfants, des adolescents, des jeunes et des moins jeunes, qui n’avaient comme défense que leurs mains nues.

Pour le pouvoir la répression doit être sans pitié afin d’être efficace, menée dans le plus grand secret, en dehors des fondements essentiels de l’Etat de droit, des lois et des droits de l’Homme. Les violations des droits de l’Homme ont été à grande échelle, systématiques, massives. Le pouvoir a avoué 500 morts, le double est à retenir. La torture est de notoriété publique, généralisée. Défendre les droits de l’Homme, c’est en premier lieu dénoncer la torture, dont l’interdiction doit être immédiate, globale, efficace. De nombreux témoignages des victimes sont bouleversants, difficiles à supporter. Une manifestation islamique dirigée par Ali Benhadj, dispersée au niveau du siège de la DGSN à Bab el Oued a fait 10 victimes.

Au nom de la sécurité, les libertés ont été altérées et aliénées. Il faut naviguer au milieu des vents violents, et faire face à la tempête, condamner les atrocités commises et les horreurs perpétrées.

La LADDH s’est fixée un devoir, une obligation et une règle, parler et écrire pour dénoncer les arrestations arbitraires, la torture, les camps de travaux forcés dans le sud du pays, diffusés par la télévision. Marcherait-on à ce point sur la tête en Algérie ? J’ai été convoqué par le général Mohamed Betchine qui venait d’être désigné à la tête de la sécurité militaire par le président en remplacement du général Lekhal Ayat. Trois raisons sont supérieures à la raison d’Etat : celle du droit contre l’injustice, celle de la liberté contre la tyrannie, celle de l’humanité contre la barbarie.

Les intellectuels dans leur grande majorité ont renoncé à leur rôle de critiques et d’analystes rigoureux, pour servir de simples relais et d’instrument du pouvoir.qui sait flatter sait aussi calomnier. Les médias tous publics, la télévision, et la radio et la presse en particulier, ont diffusé non pas l’information mais la propagande, règle totalitaire, qui a pour but de manipuler l’opinion publique considérée comme étant passive et perméable aux principes idéologiques et doctrinaux du pouvoir, qui justifient la dictature.

La justice ne contrôle pas la police politique, qui a le pas sur elle. Il faut compter avec la sécurité militaire, bien rodée, d’une redoutable efficacité. Pour qui la fin justifie les moyens ; elle détient l’essentiel des leviers de la justice, pèse d’un poids démesuré sur son fonctionnement et sur ses décisions. Les tribunaux et Cours de justice, ne sont pas des lieux ou la justice est rendue, mais des instances politiques où le pouvoir juge ses adversaires.

II-  L’après octobre 1988  

Quel regard peut-on parler sur l’après octobre 1988 ? Je ne propose pas une solution mais un élément de réflexion. Il faut avancer en regardant devant vers l’avenir et laisser au temps le soin de découvrir toute la vérité sur octobre 1988.

La meilleure façon de commémorer octobre 88, c’est d’attirer l’attention sur les tâches qui ne sont pas accomplies par manque de direction ; pour certains le 5octobre a été une vague, mais une fois que la marée s’est retirée, il n’est resté que des pierres. L’action menée était en effet dispersée, n’a pas été plus soucieuse de rigueur et de cohérence, mais a ouvert malgré ses faiblesses un espace politique qui a profité au peuple. La politique menée est ouverte sur le mouvement du temps, dispose d’une peine liberté de conception, d’expression, et d’initiative, a obtenu des résultats concrets et peut en espérer d’autres ;

Lorsque des jeunes manifestent pour retrouver le chemin de la dignité et de la liberté, luttent pour sortir le pays de l’arbitraire, de l’injustice et de la corruption, c’est que rien n’est perdu et que l’espoir est permis ; tout pouvoir a besoin d’être contesté ; il ne peut être que contesté de l’extérieur et non transformé de l’intérieur.

Le pouvoir a compris que la réforme de la société n’est possible que par la démocratisation, d’où : la Constitution du 23 février 1989, la ratification des pactes internationaux des droits de l’Homme de 1966, reconnaissance d’associations à caractère politique (A.C.P) et d’associations autonomes, la liberté de la presse.

Allons dire un jour que le pire est derrière nous, et que le meilleur est devant ?

Le peuple algérien ne peut vivre dans la dignité, la justice et la liberté, car il n’y’a pas de justice sans liberté, ni de liberté sans justice, que s’il a acquis ses droits humains, qui sont l’un des rares lieux privilégiés de rencontre des Algériens de tous bords, l’ultime valeur à défendre.

La devise dans la voie du devoir nous rappelle constamment, que les droits de l’Homme reviennent de loin en Algérie, mais qu’ils ont encore un long chemin à parcourir, et qu’il faut être plus sensible, plus motivé, plus déterminé à poursuivre la route à faire, qu’au chemin parcouru.

* Photo Corbis

Policiers assassinés à Chlef

Nous apprenons d’un citoyen de la ville de Chlef qu’un groupe terroriste a attaqué un poste de police la veille de l’AID El Fitr aux environs de 22h00. Notre source ajoute que pas moins de trois policiers ont trouvé la mort. El Mouhtarem

Ghardaia:des milliers de manifestants réclament de l’aide

inondations.jpgDes milliers de personnes se sont rassemblées vendredi à Ghardaïa (600 km au sud d’Alger), ravagée par des inondations qui ont fait 31 morts, pour réclamer une aide plus rapide des autorités et des moyens plus importants, ont rapporté des participants à l’AFP.

Près de cinq mille habitants de la ville, selon ces sources, se sont réunis dans le centre-ville pour se rendre au siège de la wilaya mais en ont été empêchés par les forces de l’ordre.

Les manifestants réclamaient une aide plus rapide des autorités, principalement alimentaire, après les inondations qui ont ravagé la ville mercredi.

Ils demandaient aussi des moyens matériels plus importants pour fouiller les décombres des maisons où se trouvent peut être encore des survivants ou des corps de victimes, ont-ils ajouté.

Par ailleurs, les inondations ont fait 31 morts et 50 blessés, selon un nouveau bilan établi vendredi matin, a indiqué la radio nationale.

Un prédécent bilan faisait état jeudi soir de 30 morts. La ville de Ghardaia, dont presque tous les quartiers ont été inondés, a été la plus touchée par ces inondations qui ont frappé cette région considérée comme la porte du désert et qui ont également fait un millier de sinistrés, a ajouté la radio. (Sources AFP)

Alice au pays des merveilles

heart.jpgJe suis fier d’avoir été un gamin « teigneux » d’une école « ZEP » algérienne. Je le prends pour un compliment. Au moins dans ces écoles on se frotte à la dure réalité de l’Algérie. Dans ce genre d’école, on peut voir et vivre de très près les fruits amers de l’iniquité et la tyrannie du système oligarchique algérien. Un système imposé pas les généraux qui ne jurent que par notre bien-être.

Je suis fier de n’avoir pas été un enfant de bourgeois, ni fils à papa. Je n’ai pas fréquenté une école privée, je n’ai pas grandi à Hydra, je n’ai pas reçu un ordinateur personnel pour mes dix ans, ni reçut une bagnole à mes 18 ans. Mais j’ai reçu assez d’éducation de mes pauvres parents pour me garder d’être impoli quand je proteste et quand je désavoue quelqu’un. Comme j’ai appris d’eux à ne pas entacher la quiétude et la joie des jours de fête par des invectives acerbes. Je me contente donc de réagir calmement à une attaque surprise en règle dont je suis la cible puisque je crois j’ai été le premier à avoir suscité dans mes précédentes interventions le sujet du trafic d’organes par un réseau marocain. Je ne pensais pas une seconde recevoir, pour ça, en ce jour de l’Aïd cette congratulation si chaleureuse…

À toute fin utile, si on veut voir clair, bien sûr, il faut recadrer le débat, sur les faits et s’éloigner le plus possible de la rhétorique qui pèche par un altruisme emphatique, par un pacifisme béat et par la forme et le style plus que par le fond. La nouvelle effroyable de l’existence de ce réseau de trafic d’organe, n’a pas été inventée, n’a pas été transmise par ouï-dire, mais elle a été révélée brutalement par le ministre de l’Intérieur et publiée par la plus part des organes de presse algérienne. Je présente ici, pour les sceptiques, une source concernant cette affaire et une autre source que ce genre de réseau activer depuis bien longtemps.

Par Sniper

Saha Aïdkoum…

aidmabrouk.jpgSaha Aïdkoum, avec beaucoup de joie

Dans un pays où, au moins, rien qu’une fois

On respecte les lois, la seule voie, la seule foi

Vos oui et vos non, vos voix et vos droits 

Saha Aïdkoum, avec beaucoup  de lumière     

Sans bougies ni chandelles dans vos chaumières

Sonelgaz, ses délestages, ses gags et vos prières

De ne pas passer vos hivers  comme à l’Age de pierre  

Saha Aïdkoum, avec beaucoup de courage

Beaucoup de paix et sans faux barrages

Sans hantise de crever  au bout d’un virage

Sans kamikazes ni hommes étoilés sans visage  

Saha Aïdkoum, sans écoles en chantiers

Ni classes surchargées pour vos écoliers

Bourrés de livres et programmes improvisés

Ni profs exploités, tabassés sans le sou virés 

Saha Aïdkoum sans troisième mandat

Dans un pays comme celui de Mandela

Avec une Constitution loin des «cinémas»

Ni marches spontanées ni courbettes ni Zaouïas 

Saha Aïdkoum sans pouvoir en généraux

Sans peuple en particulier et mis à carreau

Rue, opinion et plume derrière les barreaux

Leur Etat de siège panacée des desperados  

Saha Aïdkoum sans députés et leur salaire

300.000, aux électeurs sale air et misère

Sans Assemblée avec «Les mains en l’air ! 

Le nif ou la bourse !» «Prenez le nif et on est fiers!» 

Saha Aïdkoum avec votre pétrole qu’on éponge

Peuple crève la dalle, soupe cheveux d’ange

Sans viande et «quand je l’ai» on  vous la mange

Congelée, surgelée pas grave, on s’arrange 
 

Saha Aïdkoum non à bord d’une épave avec des fous

Au gouvernail, un système rouillé jusqu’aux écrous

Navigant à vue,  vos enfants l’avenir corde au cou

Sans issue ni à bâbord ni à tribord démordez-vous 
 

Saha Aïdkoum sans sinistres ni Gouvernement

Sans Conseil des ministres, coupeurs de rubans

Au menu crise pomme de terre et autres boniments

Pays à l’arrêt, illusions et discours à profusion 

Saha Aïdkoum, sans lames tuant vos enfants

«Nageant leur mer» vers d’autres cieux et horizons

Ici emploi des jeunes jusqu’à cinquante  ans

Crédits bancaires, devises aux amis et malversations     

Saha Aïdkoum, avec beaucoup de joie

Dans un pays où, au moins, rien qu’une fois

On respecte les lois, la seule voie, la seule foi

Vos oui et vos non, vos voix et vos droits          

Par: R. Zenati

Point de vue incrédule sur une rumeur

enfant.jpgSeptembre 2008 Saha îdkoum et plus si le coeur vous dit

Saha îdkoum.

Je n’y crois pas mais saha îdkoum. Tout le monde y croit ou veut y croire, alors saha îdkoum. Mais je ne peux pas y croire. Ça fait des siècles que les musulmans se souhaitent saha îdkoum, ils n’en sont ni plus apaisés ni plus disponibles ni plus fraternels. Ça devient un parjure de prononcer ces paroles de fraternité en l’absence de toute fraternité.

En tout cas, quand on lit les infos sur le blog d’Elmouhtarem, on ne peut pas y croire. Quoi ? Des Marocains feraient la chasse à des enfants algériens pour les vendre ? Des musulmans ! Les vendre pour qu’ils soient tués et vidés de leurs organes, comme si c’était du poisson. Qu’en fait-on après, des organes et des enfants ? Ça sert à quoi à qui ? Les Marocains n’ont tout de même pas faim à ce point ! Et même, on ne mange pas avec la main d’un enfant, ni sur son dos. On cultive des terres en friche, on sème, on arrose ! Les séguias, ça sert à ça, hein ! Il y a tout de même des hommes qui savent encore installer un réseau d’irrigation potable dans un pays comme ça ! En tout cas, en Algérie, il y en a. Du moins je l’espère … La liberté d’expression nous hante et nous coupe nos moyens. On n’y comprend plus rien ; n’importe qui peut diffuser n’importe quoi, il n’y a personne pour nous garantir que c »est bien la réalité. Par exemple, on raconte que les attentats suicides sont commis par des kamikazes mais personne ne peut prouver qu’un kamikaze n’est pas un robot téléguidé. Si, c’est possible ! Parce que, si on réfléchit un peu, personne n’a intérêt à se faire exploser puisque, une fois déchiqueté, on ne peut pas vérifier qu’on avait raison ou tord et si, en tuant autant de monde que possible avec soi, on agit véritablement dans les desseins d’Allah.  

Mais saha îdkoum, j’allais oublier.

Ça ne coûte rien de faire comme tout le monde, ça fait vivre à l’unisson. On appartient à une communauté de sensibilité et ça fait du bien, même à ceux qui n’y croient pas. Saha îdkoum alors. Sauf que, si les Marocains font ça, il y a un problème: soit ils ne sont pas musulmans au même chapitre, soit que, en passant une frontière, un musulman est libéré de toute raison, n’étant plus soumis aux lois de son créateur unique de paix et de miséricorde mais à une puissance psychotrope.

Pourquoi attraper des enfants algériens ? Il n’y a plus d’enfants dans la misère au Maroc ?  Pardon, cette pensée est odieuse. C’est tellement frustrant ce genre d’infos ! Ça donne envie d’éliminer tout le monde juste pour oublier qu’on en est, qu’on est responsable de tous les dérèglements puisque, dès qu’on se souhaite saha îdkoum, on devient frères et soeurs … Un enfant est un enfant, et un enfant est sous la responsabilité de tous les adultes, de la mienne aussi par conséquent. C’est ça qui me fait très peur: je participe à tout ce qui leur arrive dès lors que je le sais. Pourtant, le souverain marocain est, en tant que cousin proche du prophète, une garantie absolue de justesse de gouvernance. Cette histoire d’enfants algériens volés, vendus et vidés est pure calomnie de la part des Algériens … Ils sont tellement frondeurs ! 

Seulement voilà, avant de tirer à bout portant sur les Marocains, ils ont ri aux larmes aux dépens des Tunisiens, pour leur manque de virilité. Leur président d’alors avait décrété la libération de la femme dans sa globalité sur l’injonction de la femme d’un autre qui voulait devenir la sienne parait-il. Une  histoire de drague idiote sauf que, pour les Tunisiens, ça arrosait les histoires de bistrots des Algériens. Rien de méchant non plus, ça manquait juste franchement de retenue. Le problème, c’est que les Algériens ne se moquent plus des Tunisiens … Leurs femmes se seraient-elles libérées aussi ? Tout bien réfléchi, il vaudrait mieux qu’ils continuent à s’en prendre aux marocains, pas trop tout de même, les frontières sont fragiles …  

Cette accusation ne peut pas être fondée. Cependant, l’idée d’enfants algériens kidnappés pour être vendus (à des cliniques en plus ! Vous voyez bien que ce n’est pas sérieux) est troublante car, c’est prouvé scientifiquement, il n’y a pas de fumée sans feu. Mais c’est impossible ! Stratégiquement, historiquement et spirituellement, c’est im-po-ssible. D’abord, l’état algérien est garant de la souveraineté du territoire : pas l’ombre d’un étranger malintentionné, aussi fugace soit-elle, ne peut effleurer le sable de la  République Algérienne Démocratique et Populaire sans qu’une tornade de l’engloutisse à l’instant. Cependant, «Algérie» c’est très beau tout seul. « RADP », ça donne une étrange sensation, comme une colombe qui prendrait gracieusement son envol mais qui, avant de parvenir à la stabilité, laisserait tomber ses ailes, se tordrait le cou et, ne maîtrisant pas son atterrissage, se briserait les pattes dans sa chute. La seule partie intacte de son corps serait la queue mais que peut une queue sans la tête qui va avec ? Ensuite parce que les marocains ne sont pas des fanatiques adorateurs de Satan, ils nous ressemblent trop. Alors, saha îdkoum frères de tous les pays musulmans, même si vous ne l’êtes pas. 

Et si c’était tout de même le cas, les ragots dans le blog de Si Elmouhtarem comme quoi des Marocains (invisibles en plus, sinon ils auraient été pris la main dans les sac aux enfants et… oust, dans le Sud !) font ça, que l’état algérien s’en tape, que le descendant du prophète de tous les musulmans n’en dédaigne que plus ses sujets, ainsi contraints à devenir des vautours cornus à deux pattes sur le sol algérien. Im-po-ssible ! Mais dans le doute, avec quel coeur souhaiter saha îdkoum à qui ? Peut-être que les musulmans ne savent pas qu’ils se conduisent ainsi, qu’ils se croient sincèrement croyants et loyaux, que, dans leur bonté innocente, ils ne voient de mal à rien et que tout ce qui se passe sur terre leur semble conforme à la volonté d’Allah … Comment savoir ? Saha îdkoum aux hommes et femmes qui se croient sincères.

D’ailleurs, même si c’était vrai, ça ne pourrait pas se produire pour la raison que des instances internationales veillent sur deux registres irréversibles de la charte des Nations Unies : les droits de l’homme selon lesquels les marocains étant des hommes, ils sont aussi humains, au même titre que les algériens entre autre. Et le bien-être des enfants. Ces instances ne rigolent pas avec ce chapitre en particulier. Que les algériens cessent de blôguer comme des gamins teigneux dans une cours d’école de ZEP (« zone d’éducation prioritaire », autrement dit « la zone ») ! Ouf ! Je parviens à me rassurer.  

D’ailleurs, même si elles ne parviennent pas à faire appliquer les lois inviolables qu’elles promulguent pour garantir aux enfants une vie paisible partout où il y a des enfants, en Algérie par exemple, il reste une solution radicale et facile à mettre en place. Mais elle ne regarde que les enfants car eux seuls ont en eux l’innocence requise pour la réaliser sans se sentir les maître du monde.

Shshsh… Faites silence, l’enfant s’endort. Tu peux laisser tomber tes paupières, enfant, nous sommes là pour te protéger. Endors-toi sans crainte. La lune immense émerge derrière le massif et répand sa poussière de safran sur nos plaines. Tu entends le cliquetis imperceptible des grains qui s’entrechoquent ? Faites silence, de grâce … 

Saha îd man sâ’ma li nafsihi wa taharaha. Bonne fête à qui a jeûné pour son compte et purifié ses pensées, ses sentiments et ses projets. 

Pensée inédite qui n’engage que l’auteur, qui vous prie de ne pas lui faire dire ce qu’il ne dit pas. Tous droits réservés. 

Wi Yilan’ 

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