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Entre ‘‘raison’’ d’Etat et ‘‘folie’’ du régime, Ouyahia met le cap sur la Tunisie !!!

abid.jpgOn a souvent dit que ce qui sépare la Raison de la Folie c’est bien le «libre arbitre». Les conciliabules de l’ «immobilisme», viennent donc de s’achever avec la nomination de Mr A. Ouyahia au poste de Premier ministre immédiatement après sa ‘‘démission’’ (de son poste de chef de gouvernement). Les énergumènes de la pensée unique, comme pour parachever ce «bal» si cynique, agrémentent le décor avec leur façon habituelle. 

 Mr Belkhadem, «nie» le fait que «les présidentielles de 2009 vont être fermées» (el khabar 16 novembre 2008). Comme faisant écho aux propos de Mr Ouyahia, qui assène: «l’opposition n’accèdera jamais au pouvoir», jusqu’à ce que «le sel fleurira» [Hetta innewar elmelh] (el khabar 12 novembre).

Mr S. Sadi, nous fait abruptement une fixette de type paranoïaque sur la « présence importante » d’observateurs, comme «condition» de sa participation aux futures élections. «Ma candidature, dit-il, aux prochaines élections présidentielles dépend d’une surveillance internationale globale et efficace de ces dernières». Comme si la nature légitime (ou pas) d’un «suffrage» ou sa crédibilité sont réductibles à une simple question de ‘‘nombre’’ et de ‘‘multiplicité’’ de nationalités ! 

Chargé donc par le président de la République de mettre en place un plan d’action, le Premier ministre ne manquera pas de ‘‘créativité’’ pour trouver les mécanismes à travers lesquels le Gouvernement gérera les projets jusqu’à la fin du second mandat présidentiel. Il semblerait, qu’il s’y était préparé déjà depuis en moins quelques jours auparavant. Puisque, une ‘‘esquisse’’ du «pouvoir exécutif» et les mécanismes qui lui sont inhérents ont été annoncés à l’occasion d’une conférence de presse à l’hôtel Essafir à Alger*.

A vrai dire, nul ne peut nous éclairer avec exactitude à quel juriste (contemporain ou de la tradition grecque), Mr Ouyahia se réfère-t-il pour nous expliquer le nouveau mode de fonctionnement de l’exécutif dans sa ‘’nouvelle’’ version. Notamment, quand le Premier ministre fait des parallèles en citant des pays comme la «Grande Bretagne» ?! Selon lui la ‘’révision’’ concernant le pouvoir exécutif n’est ni une «invention» et encore moins une «hérésie algérienne». Soit ! Mais le pire, lorsqu’il fait preuve ‘‘d’audace’’ en citant un autre «modèle politique» dont Mr Ouyahia voudrait s’y inspirer:
la Tunisie ! Ce modèle «existe chez nos frères tunisiens…dans lequel le Premier Ministre exécute les instructions [programme] du Président de la République», et donc de Mr Ben Ali ! 
 

Premier point. En Grande Bretagne, inutile d’être politologue pour savoir que l’exécutif «s’appuie sur une majorité réelle». Et que tous les citoyens choisissent pratiquement eux-mêmes le chef réel du Gouvernement. Ainsi dans tous les Etats modernes (véritablement démocratiques), l’exécutif est le centre du pouvoir réel. Du coup, le législatif n’ayant qu’un rôle de contrôle, de limitation et d ‘empêchement. La désignation directe de son chef par l’ensemble des citoyens est donc essentielle. L’établissement d’un circuit de confiance entre le peuple et le pouvoir est beaucoup plus facile dans un tel système.  

Alors, comment se référer à d’autres systèmes politiques, quand on sait que la lutte politique (en Algérie) est on ne peut plus factice ? Sinon sous forme de combats (individuels ou claniques) pour capter indéfiniment les faveurs du Raïs ? Alors que ce dernier lui-même ne peut être contesté, pas plus que l’ensemble du régime ?   

Comment se référer à des systèmes démocratiques aussi ancrés dans l’imaginaire social et universel, tel le Royaume-Uni ou
la France (de F. Fillon), lorsque l’autorité de nos dirigeants échappent à l’action des citoyens tandis que, dans ces pays,  même le pouvoir suprême est remis question (compétition démocratique) à intervalles réguliers ? Et les dirigeants (sortants) sont comme des locataires dont les droits cessent à l’expiration de leur bail ?      
 

Second point. Mr Ouyahia illustre ses propos en vantant donc le « modèle tunisien » !  

Quelle mouche a bien pu piquer Mr Ouyahia pour s’inspirer du modèle tunisien ? Quand on sait que le pouvoir est concentré entre les mains d’un Président en place depuis 1987 (élu à plus de 94 %) ? Qu’y a-t-il de si original dans le mode opératoire d’un pouvoir exécutif, dont la «Censure», constitue la problématique par excellence depuis 1956 (indépendance de la Tunisie) ?   

En quoi le régime de Ben Ali serait-il source d’inspiration pour Mr Ouyahia, lorsque on sait que depuis 1998, le Maître de Carthage est listé comme l’un des «10 pires ennemis de la presse», par le Comité pour la protection des journalistes ? Ou «prédateur de la liberté» (selon RSF) ? Le citoyen algérien aurait-il donc besoin d’un «serveur mandataire» (en matière d’Internet) qui traite toutes les requêtes «HTTP» pour filtrer les sites sur la base de leur nom de domaine ?

Pour rappel, Sihem Bensedrine (pour ne citer que cette journaliste), arrêtée en juin 2001, a été emprisonnée durant 7 semaines pour avoir critiqué la justice tunisienne sur une chaîne de télévision privée basée à Londres. Les média pro-gouvernementaux, n’ont pas ménagé leurs efforts (dont Al Chourouk , mai 2005), pour la traiter de «prostituée», de «créature du diable», de «vipère haineuse»… Et dans d’autres publications qualifiée d’«hystérique», «délirante» et de «prostituée politique.»   

La plus ancienne des ligues (des Droits de l’Homme) arabes et africaines, la LTDH est depuis des années prise pour cible de la part du pouvoir policier de Ben Ali.   

Les 8 et 9 décembre 2007, les sections de Sousse, Kairouan, Monastir, Bizerte, Kélibia, Sfax, Gabès, Mateur et Nafta se sont mobilisés dans leurs villes pour protester contre la fermeture continue de leurs locaux et cette «politique d’asphyxie» menée contre le mouvement associatif indépendant.  

Ecartelé entre ses obligations «en homme de devoir», envers la Raison-d’Etat, et sa fidélité irrévocable aux théoriciens d’un régime aux bords de la ‘‘faillite mentale’’, Mr Ouyahia, devra se ‘‘se transcender’’ pour éviter des réminiscences: «parfois ressenti de la lassitude, une sorte de découragement», déclara-t-il, lors d’un entretien à Jeune Afrique/L’intelligent (en janvier 2004). Son dilemme est certainement plus ‘’pathétique’’ lorsqu’il admet: «Nous souhaitons oeuvrer pour l’instauration d’un débat d’idées. Cependant, je pense qu’il faut respecter les principes qui régissent notre système» !!!  

Si le peuple algérien n’en finit pas encore avec les affections générées par les «deuils» successifs avec leur «lot» de «mélancolies», que Dieu nous épargne d’autres affections, troubles, altérations, ou autres types de délires déstructurant notre appareil mental. ‘‘Juste’’ de quoi préserver ce qui reste de notre «libre arbitre». Au risque de ne plus nous souvenir de
la Chahâda …!   

Alors Mr le nouveau Premier ministre pas cela SVP !!!  

Par Khoukoum Samy

Paris 17 novembre 2008.  

Sources :  * Propos rapportés par El Khabar ,12 novembre 2008 (version arabophone).  

Jeune Afrique/L’intelligent, propos recueillis à Alger par Marwane Ben Yahmed et   Cherif Ouazani. 25 janvier  2004. wikipedia.org/wiki/Censure_en_Tunisie  crldht.org/spip.php?article93

Commentaires

  1. ahmed_91 dit :

    Bonjour cher samy !

    Déjà on ne sait pas quoi faire de nos cinglés dirigeants au pouvoir. Maintenant s’il faut aller en Tunisie pour avoir des idées sur leur pouvoir exécutif, alors là !!! Franchement, on ne sait plus que veulent nos sanafirs de plus que ce qu’ils ont déjà fait au peuple algérien…??

    Comme tu dis frère Samy, espérant que nous trouverons les mots justes au moment de notre dernier souffle. Car avec eux on ne sait jamais???

    Salem à tous les défenseurs des droits humains…

  2. za3maza3ma dit :

    OUYAHIA est fortiche pour justifier de manière cynique l’injustifiable. Il nous l’on déjà fait en déclarant, toute honte bue, que la suppression de la limitation des mandats prédientiels, est un acquis démocratique.

    Et c’est aussi en étant imbu de sa personnalité de vaudruche qu’il ose se comparer à la Tunisie qui elle au moins affiche des taux de croissances insolents, malgré tous les défauts de son système. Là – en algérie, il n y a rien !!!

    En réalité pour comprendre ce vil personnage il faut ré-écouter MATOUB Lounes qui le traitait …. d’orphelin de la parole.

  3. khoukoum samy 92 dit :

    Salem za3maza3ma !

    En effet, c’est un détail important qu’il faut mettre en exergue. Le taux de croissance vient de l’effort humain chez un certain nombre de pays. En dépit, d’un asservissement politique tous azimut.

    En Algérie, le seul « effort » se réduit à la dilapidation d’un bien commun (pétrole) qui s’est forgé durant des millions d’années… Autrement dit, nos « dirigeants » ont réussi en une génération à décréter un suicide politico-générationnel jamais commis dans l’histoire. Tout au moins, on peut solliciter des exemples s’il y ‘en a auprès de nos historiens.

    Fraternellement.
    K. Samy (92)de Paris.

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