Archive pour mars, 2009

Les USA et l’UE ne se soucient plus de la démocratisation de l’Algérie

boutefbush.jpgIl y a un facteur externe qui favorise le maintien du même système. Il s’agit, selon Isabelle Werenfels, du rôle que jouent les grandes puissances mondiales que sont les USA et l’Europe. «Les Etats-Unis d’Amérique et l’Union européenne ne se soucient plus de la démocratisation de l’Algérie. Ce qui les intéresse, c’est la stabilité du pays», explique-t-elle. C’est-à-dire que les Occidentaux accordent plus d’importance à la protection de leurs intérêts dans le pays qu’à l’instauration d’un système démocratique. La France joue également, dit-elle, un rôle dans le maintien du système algérien. Preuve en est le soutien du président français, Nicolas Sarkozy, à un troisième mandat pour Bouteflika. Source El Watan. 

Après quelques verres de vin…

vin.jpgInvitée au forum Les Débats d’El Watan jeudi dernier,  Isabelle Werenfels, politologue suisse et chercheuse à l’institut allemand Stiftung Wissenschaft und Politik a raconté une anecdote:  « Au cours d’un entretien avec un responsable algérien, j’ai été émerveillée par ses idées favorables au changement. Mais après quelques verres de vin, il me proposa d’enter avec lui dans des affaires de business en Suisse. J’ai compris alors qu’il avait un argent à blanchir».

Résolution des femmes militantes du FFS

dilem.jpgLes femmes militantes du Front des Forces Socialistes, réunies dans le cadre du forum national de débat et ce conformément aux résolutions du 4ème congrès du parti, le jeudi 26 mars 2009 au siège national du parti, ont adopté la résolution suivante :

Depuis des décennies, des générations de militantes, toutes tendances confondues, toutes classes confondues ont labouré, semé et engrangé: ont labouré des sillons revendicatifs, ont semé les idéaux de liberté, ont engrangé la visibilité plus manifeste par une présence marquée et remarquée dans tous les compartiments et lieux de la société algérienne. Aujourd’hui, le devoir de mémoire nous impose d’abord de saluer les femmes palestiniennes courageuses et résistantes à la violence, à la sauvagerie et au chantage alimentaire que leurs impose l’armée israélienne.

Le devoir de mémoire nous impose d’honorer celles de nos aînées de la lutte de libération nationale. Elles s’étaient imposé comme droit et devoir de libérer la terre et les êtres. A l’indépendance, l’ingratitude, les habitudes, les pesanteurs sociales ont pris le pas sur le rêve commun : un pays libéré, une société juste. Celles qui vivent parmi nous encore avec des corps meurtris et torturés continuent toujours par leur présence et leur témoignage à nous rappeler et exiger de nous de réaliser les objectifs de notre Révolution.

Notre fidélité aux idéaux de liberté et de justice nous impose de saluer la mémoire des militantes de 1963, qui après avoir subi l’arbitraire colonial ont subi l’arbitraire de l’Ordre Etabli. Nous saluons également le courage et l’engagement des mères de disparus qui, avec quelques rares compagnons, continuent de manifester à Alger, la capitale interdite de manifestation. Elles sont emblématiques d’une société qui résiste, d’une générosité qui survit, d’une exemplarité à suivre. Elles sont révélatrices de la cruauté et du cynisme d’un système arbitraire et d’une société civile frileuse. Nous payons là le prix des faux débats, des débats tronqués, d’un discours sur les Droits de l’Homme à géométrie variable.

Le constat est là :

Durant toutes ces années, nous avons consacré beaucoup de temps au débat sur le Code de la famille sans grand résultat. Ce code a été proposé, approuvé et consacré par des institutions illégitimes. 

Aujourd’hui, prenons la parole pour dire que la précarité qui touche l’humanité algérienne touche d’abord la femme. Que la précarité qui touche l’enfance touche plus la fille que le garçon, mais pas autant que la mère ; car elle les protège même au prix de sa vie. Mobilisons nous pour que la femme cesse d’être un simple jouet de l’histoire. Si la précarité sociale oblige de larges pans de la société à devenir des clientèles du pouvoir ou à entrer dans les réseaux d’allégeance, elle jette la femme dans beaucoup de cas, à la rue, dans la prostitution et  dans la servitude.

Toutes les femmes doivent dire aujourd’hui et toujours avec la même voix : Nous sommes pour un Etat de tous les citoyens qui reconnaît et sacralise la citoyenneté, laquelle citoyenneté doit avoir pour corollaire l’égalité. Nous ne sommes ni dociles et ni complices.  Nous n’acceptons ni le marchandage électoral ni les rôles de supplétives. Nous, femmes militantes du FFS réunies dans ce forum, saluons la résolution de boycotte du scrutin présidentiel prise par le parti. Nous considérons que cette décision révolutionnaire est juste. Une décision qui s’inscrit dans le prolongement du combat de libération nationale et du combat pour la démocratisation de l’Etat et de la société.

Nous appelons toutes les femmes Algériennes à boycotter ce scrutin et à s’engager dans le combat pour le respect intégral du droit. Le doit d’avoir des droits. Au FFS, nous militons pour une Algérie qui donne la parole à l’homme comme à la femme. Nous militons pour une société humaine ou seront consacrées les valeurs de respect, de dignité, d’égalité, de paix et de démocratie. Nous voulons construire une société débarrassée de toute forme de violence.

M. Ouyahia, le colonialisme français traitait aussi les Algériens, qui luttaient pour leur indépendance, de «criminels»…

ouyah.jpgNe trouves-tu pas que tu fais là usage de vocables et d’invectives qui datent un peu ? Ben, oui ! C’est le moins qu’on puisse dire puisque, de son temps déjà, le colonialisme français traitait aussi les Algériens, qui luttaient pour leur indépendance, de «criminels»…
En fait, c’est une des deux: Ou vous êtes tous de mauvais élèves et des cancres fermés à triples tours, ou alors c’est votre employeur, «Madame
la France», qui a oublié de vous offrir une petite formation de mise à jour puisque, de toute évidence, vous en êtes restés aux anciennes consignes… d’avant 1962.
Mais, moi, à ta place je prendrai tout de même le temps de réfléchir à la probabilité d’une… heu… troisième piste. Ben, oui ! Il n’y a pas que les «mandats» qui se déclinent en trois après tout !
Ne vous êtes vous pas dit, vous tous, qu’il serait peut-être du domaine de la probabilité qu’en ces temps troublés et incertains de crise mondialisée, que vos employeurs, insatisfaits de la médiocrité de votre rendement et constatant vos lamentables échecs, réfléchissent maintenant à une version «Ponce Pilate» améliorée leur permettant de se départir de vos services ?
Cette thèse n’expliquerait-elle pas au fond la panique qui s’est emparée de vous tous vis-à-vis du boycott par le peuple de votre triple mascarade ? Parce que, que pèserait et que vaudrait alors votre «crédibilité» sur la scène internationale si cela devait arriver ?
Bref, sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, tous cela n’annonce rien de bon pour vous tous. Les guezanettes et certaines zaouïettes peuvent, contre petites rétributions, vous confirmer certains présages. Et ce n’est pas le fait d’avoir le «courage» d’insulter et de menacer le peuple qui va rassurer «madame la France» et toute les autres madamettes qui vous mènent par le bout du…« nif». C’est que, pour l’opinion internationale, votre approche, pas très catholique pour un sou, ne fait pas non plus, tellement… «démocratique» !
Tu vois ? Tout le problème réside à ce niveau : Vous n’êtes même pas foutus, avec toute la latitude qui vous est accordée et les moyens colossaux que vous vous octroyez, de simplement faire semblant ! De tout simplement sauver les apparences ! Ce n’est pourtant pas la mer à boire ! Ni tout le pétrole d’ailleurs ! Et c’est justement cette incapacité chronique à vous renouveler et à vous dépasser qui semble inquiéter et irriter l’employeur en chef qui, par ailleurs, a déjà commencé à sévir en douce et sans aucun état d’âme (Guinée, Madagascar, Soudan… Gaza…).
Mais toi, Ouyahia, de quoi as-tu peur finalement ? De perdre ton contrat actuel ou celui déjà «promis-et-réservé» ? Mais qu’est-ce qui te déstabilise autant ? Les pressions venant d’«en haut» ? La crainte que le boycott ne puisse pas te permettre de bourrer les urnes à ta guise ? La peur de voir le boycott se traduire, à terme, par un changement de régime et de voir ainsi filer sous ton nif (qui s’est d’ailleurs bien accommodé de la moustache qui le cache depuis longtemps déjà) la consécration ultime de toute ta carrière ?
Tu ne seras plus le premier ministre, c’est un fait. Mais tu ne seras pas le premier qui sera au chômage boulitik. Et qui sait ? Peut-être que tu effectueras, toi aussi, la traversée de quelques déserts salutaires. Et puis, après tout, ça ne sera pas la fin du monde! Parce que d’ici là le taux de chômage ne sera plus que de 0,333 % – rendons donc grâce, nuit et jour, à notre grand bienfaiteur, sa fakhamatouhou Bout-hef 1er, le clairvoyant et bien guidé.
Et dans le pire des cas, dis-toi une seule choses : ton expérience, tes hautes compétences et ton savoir-faire unique dans le domaine du nationalisme patriotique ne peuvent aucunement laisser certaines puissances étrangères indifférentes et de glace devant ce genre de profil. Elles auront toujours besoin de gens comme toi.
Prépare donc ta valise et ton CV ! Par Rezki

Le P/APC de Draa Ben Khedda quitte le FFS pour rallier Bouteflika

miraoui.jpgLe président de l’APC de Draa Ben Khedda, wilaya de Tizi-Ouzou, M. Mohamed Miraoui, a décidé de quitter son parti, le Front des Forces Socialistes (FFS), et annoncé, par conviction, son soutien au candidat indépendant Abdelaziz Bouteflika. Dans un communiqué qu’il a rendu public ce vendredi, M. Miraoui a indiqué : «j’annonce, par conviction, mon soutien au frère Moudjahid Abdelaziz Bouteflika, initiateur du projet de réconciliation et de paix, et artisan de projets et de grandes réalisations que l’Algérie n’a pas connus auparavant». Et d’ajouter : «Par la même occasion, j’annonce ma démission du FFS».

Source: Le site officiel de Bouteflika.

Commentaire: Le président de l’APC de DBK vient de prouver qu’il n’a aucune conviction. Il a participé à la rencontre des Maires avec Bouteflika alors que le FFS a demandé à ses élus de ne pas prendre part à la rencontre. Il est passé à la commission de médiation et du règlement des conflits du parti. Sachant qu’il ne lui reste rien à espérer du FFS, il décide de rallier Bouteflika. Bon débarras.

Hocine Aït-Ahmed « Il n’existe pas de suffrage universel en Algérie »

haa1.jpgAu cours d’un débat organisé le 12 mars à Genève, en Suisse, Hocine Aït-Ahmed affirme qu’il n’existe pas de suffrage universel en Algérie. « Le général Nezzar était étonné, que je n’ai pas accepté d’être chef de l’Etat ! Il tombait des nues. Il ne sait pas comment quelqu’un peut refuser d’être «honorer» (…) Je vais avaliser toutes leurs décisions, toute leur politique, tous leurs massacres, tous les effets de destruction et de déshonneur de notre pays ?  J’ai été frappé par le fait que l’ex-ministre des droits de l’homme, qui était chef de la Fédération de France du FLN (Ali Haroune NDLR) qui a dit : «On lui a proposé le poste de chef de l’Etat, il a refusé ». Mais c’est quoi ça ? Moi j’ai mes convictions ! (Applaudissement de la salle). Ce qui m’importe ce sont les souffrances du peuple algérien.

Je me suis présenté aux élections présidentielles en 1999. C’était la première fois. Je me suis fais violence ! Le général Zeroual qui était en ce moment là à la présidence m’a envoyé une délégation me disant «voilà moi je démissionne, ça ne va pas, c’est n’est pas ce que je veux, alors je démissionne. Mais j’aimerais bien que vous participiez et sans votre participation, les gens n’aurons pas de confiance en ces élections». J’ai dit mais quelle garantie allez-vous me donner ? Il a dit: «vous venez en Algérie puis on discute». J’arrive là bas (Algérie),  je lui ai dit : écoutez, vous êtes là depuis 45 ans, vous me donnez 15 jours pour faire la campagne électorale dans un pays quatre fois la France ?! Il m’a dit je ne peux pas. Je lui ai dit : Comment ça tu ne peux pas, tu es président ! Je voulais partir parce que le suffrage universel n’existe pas en Algérie. Tout est trafiqué, c’est l’administration qui fait tout.

Par contre nous participons, généralement, à toutes les élections municipales parce que nous avons le contact avec la population. Pour le reste, aller dans une Assemblée nationale qui est aux ordres du pouvoir ? C’est une question de dignité. Je vais vous dire autre chose: des Algériens très riches, qui ont fait honnêtement leur fortunes, m’ont proposé que je prenne leur avion pour faire la campagne électorale. Mes amis au parti étaient contents. J’ai dit: vous ne me connaissez pas vous ne connaissez pas votre peuple. Je viens de Suisse pour safari chasse ? Les Algériens vont me taxer de ceci et cela. J’ai fait la campagne en voiture et c’est là où j’ai attrapé mon problème cardiaque.  »

Source www.fifdh.org/ Transcritpion d’El Mouhtarem 

Bouteflika à Tizi-Ouzou: « Je ne sais pas, jusqu’à maintenant, qui, d’un côté ou de l’autre, a provoqué les événements de Kabylie »

aabbouteflika.jpgAprès avoir remercié les habitants de Tizi-Ouzou pour leur accueil  « digne » de la région de Djurdjura et de ses combattants, à l’image de Lala Fatma  N’Soumer, Bouteflika s’est incliné « à  la mémoire des martyrs de 2001″. « Je peux vous dire, au nom du peuple algérien tout entier, que les Algériens  où ils se trouvent les pleurent comme leurs enfants« , a-t-il affirmé, ajoutant  : « Je voudrais vous dire aujourd’hui, très clairement, et à la nation aussi,  que du poste que j’occupais, je ne sais pas, jusqu’à maintenant, qui, d’un côté  ou de l’autre, a provoqué cette tragédie« . Qualifiant d’ »historique » sa visite à Tizi-Ouzou, il a affirmé n’avoir,  « en aucune manière, imaginé l’Algérie sans la Kabylie et la Kabylie sans l’Algérie ».   « Le patriote que je suis ne peut imaginer, un seul instant, que l’on  puisse discuter en Algérie de l’unité nationale et de l’indivisibilité du pays ». Par ailleurs, il est à signaler la présence lors du meeting du président de la JSK, Moh Cherif Hanachi, Hakim Meddane, Ali Fergani, l’ancien boxeur Loucif Hamani et sa mère et le fils de Mouloud Feraoune, Ali. El Mouhtarem

Lettre ouverte à M. Ahmed Ouyahia, «Premier Ministre»

ahmedouyahia.jpgEn qualifiant de « traîtres » et de « criminels », des citoyens algériens dont le seul tort est d’avoir appelé à l’instauration d’une vraie démocratie dans le pays, tout en dénonçant une nouvelle mascarade électorale, vous venez de commettre une double  forfaiture. Une forfaiture à la fois politique et morale qui vous déshonore en rejaillissant sur l’ensemble de votre «gouvernement». Cette faute politique et morale grave dénote l’état d’esprit d’un régime politique déliquescent et totalement discrédité. La perte de sang-froid et l’affolement dont vous venez de faire preuve aujourd’hui, sont en effet révélateurs de votre incapacité structurelle à faire face à un nouveau boycott populaire encore plus cinglant que les précédents.

S’il y avait dans notre pays un Parlement démocratiquement élu, c’est-à-dire constituant une authentique représentation du Peuple, ce Parlement se serait de plein droit, constitué en Haute Cour de Justice, à l’effet de statuer sur la forfaiture caractérisée, – indigne d’un Chef de Gouvernement -, que vous venez de commettre, en qualifiant des Algériens de « traîtres » et de « criminels », au seul motif qu’ils refusent de se prêter à vos simulacres d’élections. Ceci, sans préjudice des poursuites subsidiaires engagées par ces citoyens outragés, par devant les juridictions de droit commun, – en pénal comme en civil -, pour les chefs d’injures graves et de diffamation. Car, hormis les apparatchiks, les asservis du système et autres rentiers d’un clientélisme politique corrupteur, il ne se trouve pas grand monde pour adhérer ou accorder le moindre crédit à cette nouvelle mascarade électorale qui vise à perpétuer la marginalisation du peuple et la mainmise du système sur les Hommes, le pays et le patrimoine de la nation.

C’est pourquoi nous en appelons aux Algériens que vous venez d’insulter pour les inviter à se constituer librement et spontanément en collectifs de citoyens, à l’effet de se porter parties civiles contre vous, par devant tous les tribunaux à travers l’ensemble du territoire national.

Car, il ne sera pas dit que vous, M. Ahmed Ouyahia,  tout « Premier Ministre » que vous êtes, soyez au-dessus des lois et des convenances, en croyant pouvoir fouler au pied, impunément, la dignité de millions de citoyens honorables qui ne sont, eux, ni des traîtres ni des criminels. Des citoyens qui, en tout état de cause, n’ont ni l’esprit malade, ni la conscience tourmentée des vrais traîtres et des vrais criminels.

En rendant public notre Appel du 19 mars 2009, nous, citoyens algériens libres et dignes, avons seulement voulu dénoncer l’illégitimité d’un pouvoir politique dont l’arbitraire, l’incompétence et la corruption s’étalent au grand jour aux yeux du peuple algérien. Et nous confirmons ici, la teneur de cet Appel au Peuple, pour œuvrer à un changement radical et pacifique d’un système politique moribond, sous les brancards duquel se tapissent les vrais « planqués » – non pas ceux de la Seine – mais ceux d’un système qui a secrété ses propres charognards. Un système illégitime dont l’implosion inéluctable menace tout à la fois, les intérêts supérieurs du pays et l’unité de la nation.

Fait à Alger, le 26  Mars 2009.

Les signataires de « l’Appel du 19 Mars 2009 » :

Zineb Azouz, Universitaire. (Constantine). Djamaleddine Benchenouf, Journaliste, (Lyon). Abdelkader Dehbi, Universitaire, (Alger).  Abdelmalek Djoudi, Ingénieur Documentariste, (Lyon).  Kamaleddine Fekhar, Médecin, Militant des Droits de l’Homme (Ghardaïa). Rachid Ghorieb, Journaliste (Canada). Ahmed Kaci, Journaliste, (Paris). Samy Khoukoum, Psychosociologue. (Paris).  Madjid Laribi, Journaliste (Paris). Salah-Eddine Sidhoum, Chirurgien. (Alger). Ahmed Si Mozrag, Avocat, (Burkina Faso). Brahim Younessi, Politologue, (Paris). Ziani-Cherif Rachid, Médecin (Sidi Bel Abbés). Mohamed Larbi Zitout, Ex-diplomate. (Londres). 

Caricature de notre ami R.Z

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Nous étions tous et toutes des innocents.

enfa.pngNous étions tous et toutes des innocents. Les rêves pleins la tête. Nous aimions notre pays d’un amour sincère et doux. Nous étions tous des frères et des soeurs, unis, désireux au plus profond de nos coeurs de servir notre patrie, de lui offrir le meilleur de nos capacités et de la construire pour qu’elle devienne un pays riche, prospère, libre et où la vie serait joyeuse et plaisante pour tous ses enfants. Rien ne nous faisait peur, rien ne nous empêchait d’apprendre et de progresser et aucun obstacle n’était à la hauteur de notre détermination et de notre désir de réussir. De réussir pour nous, pour nos familles et pour notre patrie. Nous étions des enfants qui faisaient des kilomètres pour aller apprendre à lire et à écrire, pour parfaire notre éducation et pour construire et forger nos caractères. La fatalité n’était pas notre amie. Le renoncement n’était pas notre tasse de thé. Nous marchions le ventre vide mais les pieds solides et très courageux. Nous marchions et nous bravions le froid sec qui titillait nos os qui gelaient et nos mains et nos orteils.  

Nous marchions et nous humilions sous nos petits pieds et la neige et la boue. Nous marchions et nous narguions et la faim, et la soif et la chaleur qui nous suçait le peu d’eau qui restait dans nos corps frêles et amaigris. Nous avancions ensembles, entre copains et entre amis, vers la liberté et vers l’autonomie. Nous voulions honorer et ressembler un peu à ceux qui s’étaient sacrifiés pour que nous puissions vivre dans la dignité, pour que nous puissions rattraper à notre pays tout le temps perdu à faire des guerres qui ne voulaient pas nous abandonner et pour que nous puissions enfin vivre sur notre terre comme tout les humains que dieu avait crée. Nous ne connaissions ni la haine, ni la peur, ni la tristesse, ni la rancune, ni la jalousie, ni le mensonge, ni la fourberie, ni la calomnie, ni la méfiance, ni le désir d’écraser celui qui nous était inférieur ou celui qui était par le destin fragilisé. Le respect, la solidarité, le partage, le jeu, les livres, la joie …étaient avec nous nuit et jour malgré notre pauvreté, malgré nos frustrations, nos manques et difficultés à avoir le nécessaire pour assurer notre quotidien qui n’était pas souvent facile à assumer.  

Nous étions heureux, naïfs, humbles et toujours prêts à aider celui qui a besoin de nous pour tout ce que nous pouvions lui donner. Nous étions les fils et les filles d’une Algérie que nos ancêtres avaient pendant des siècles rêvés. Et, puis le temps est passé et l’insouciance est perdue. Et, puis nous avions rencontré des hommes sans pitié, des hommes égoïstes comme jamais, des hommes avares à un point que nous n’aurions jamais imaginer. Des hommes qui frappaient, d’autres qui censuraient, d’autres qui méprisaient, d’autres qui assassinaient, d’autres qui se faisaient des guerres sans pitié et d’autres qui voler. Et, puis nous avions rencontré des hommes qui torturaient, d’autres qui harcelaient, d’autres qui menaçaient, d’autres qui emprisonnaient, d’autres qui manipulaient, d’autres qui insultaient et d’autres qui trompaient. Et, puis nous avions vu des têtes égorgés posées sur des piquets, des corps déchiquetés par des bombes explosées, des familles entières massacrées sans que personne ne vienne les aider, des jeunes assassinés un à un sans regret et sans culpabilité, des hommes détruits à jamais, des pieds estropiés, des frères partis, enlevés et qui ne sont jamais revenu… 

Et, puis nous avions vu des incompétents prendre des places qu’ils sont incapables d’assumer, des cadres humbles, sérieux et compétents partir loin de leur pays ou rester à faire des tâches inutiles pour la société, la corruption remplacer l’économie, le savoir déserter les universités, les hôpitaux devenir des endroits où la souffrance est aggravée…Et, puis nous avions vu que tout était du festi, que le pouvoir nous a abandonné, que les richesses de notre pays étaient volées et gaspillées…Et, je me suis mis à pleurer, en implorant Dieu et tout les Saints de mon pays, que ceux qui ont tué notre Algérie trouveront devant un jour des hommes et un peuple qui leur diront 50 ans barakat, 50 ans ça suffit et 50 ans dayen. 50 ans vous avez tout ce qu’il vous faut pour l’éternité, partez et laissez ce pays à ceux qui veulent l’aimer même si pour cela ils vont crever. Fraternellement. Ammi Said

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