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Archive pour le 8 avril, 2009

Photo souvenir du meeting de Karim Tabbou à Tazmalt (Béjaia)

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Algérie: une élection contre le changement

Hocine Aït Ahmed* , Le Soir de Bruxelles, 8 avril 2009

Le peuple algérien est convié à se rendre aux urnes cette semaine pour «élire» un président qui s’est assuré une victoire sans risques.
C’est une évidence pour l’écrasante majorité aussi bien des Algériens que des observateurs étrangers: le résultat de l’élection présidentielle du 9 avril prochain ne fait pas de doute. Bouteflika et ses sponsors se sont assuré une victoire sans risques et sans surprises. Sans risque démocratique, sans risque de voir l’urne révéler le nom de l’élu, comme cela se fait en démocratie au terme d’une campagne, d’une élection et d’un dépouillement honorables.
Les autres risques encourus par le pays et non plus par le seul régime – déroutes politique, économique et morale qui découlent des choix désastreux opérés par une oligarchie militaro-marchande déterminée à spolier le peuple algérien de ses droits et de ses richesses –, ces risques-là, Bouteflika et ceux qui l’ont adoubé aux commandes du pays ne les voient pas. Plus grave, ils s’en accommodent.

Bouteflika et ses sponsors militaires et milliardaires sont, il est vrai, encouragés dans cette voie par leurs partenaires internationaux. Ces derniers trouvent leur compte en faisant commerce avec un régime plus soucieux de faire plaisir à des réseaux d’affaires influents sur la scène internationale qu’à remplir ses obligations à l’égard de son peuple.

L’histoire moderne des Algériens est une succession de luttes contre toutes les multiples formes de la domination qui s’est imposée sous les visages successifs du colonialisme, de la dictature autoritariste et maintenant d’un despotisme de moins en moins soucieux de masquer sa nature. Une nature brutale qui transparaît dans l’outrance. Avec une débauche de moyens pour Bouteflika déguisé en «candidat» et en «indépendant», dans une partition jouée d’avance avec l’argent et les institutions de l’État mis au service d’un homme qui incarne la pérennité du système. Un système honni par les Algériens qui paient jour après jour le prix de cette longévité.

On le voit clairement pour cette élection avec la convocation du plus indigent des folklores en guise de liesse populaire et d’un encadrement administratif et policier de la population digne des pires républiques bananières. On le voit également dans le carnaval prétendument pluraliste qui sert de façade et qui ne tient lui-même que grâce aux milliards puisés dans les caisses du pays et distribués à une clientèle avide de prébendes.

Prise en étau entre pauvreté et répression, la société algérienne peine à résister à l’effondrement moral. Un simple coup d’œil sur les cinquante dernières années renseigne sur les souffrances endurées et les sacrifices consentis par un peuple dont la patience a rarement rencontré la sagesse chez ses oppresseurs.

Il est de bon ton, en ces jours sombres pour des pans entiers de l’humanité confrontés à la dureté des prédateurs économiques, politiques et militaires, de reprocher aux peuples la longévité des régimes qui les oppriment. Rappelons alors avec l’exemple de l’Algérie contemporaine à quel prix se maintiennent les prédateurs à la tête des nations et où ils les mènent. 200.000 morts, des milliers de disparus, des millions de déplacés et des milliards de dollars investis dans le seul « maquillage » du crime en tragédie. C’est le bilan de la seule décennie 90 et de sa « sale guerre » que Bouteflika est venu maquiller en « sale paix » depuis 1999. De même que Bouteflika a eu pour mission de maquiller la déroute politique et morale en « moindre mal » en martelant que la paix est de retour. Tandis que l’horreur, qui a diminué sur le terrain de la guerre sans pour autant disparaître, se redéploie en criminalité tous azimuts et en violence économique.
Ceci ne doit pas nous dédouaner, en tant qu’Algériens de toutes obédiences mais unis par un même souci de démocratie, de liberté et de justice, de faire nos bilans respectifs et d’assumer notre part de responsabilité dans la trop longue durée de chacun de ces épisodes de domination.

A la veille de ce énième viol du droit des Algériens à l’autodétermination, de ce énième viol des promesses de l’indépendance et de ce énième mensonge que sont ces élections présidentielles destinées à pérenniser un régime de prédation, il n’est pas inutile de rappeler que l’ordre mondial qui a permis à une oligarchie corrompue de trouver les alliances utiles à son maintien est en train de changer sous la pression de sociétés qui n’en peuvent plus des mensonges et de l’arrogance que cet ordre a portés et maintenus au mépris de toutes les avancées de l’Humanité.

Qu’on cesse alors de regarder les Algériens (ainsi que d’autres peuples de l’aire musulmane du reste) sous le seul prisme déformant de la lutte antiterroriste ou de la « menace islamiste. » Là où leurs droits sont piétinés, leur dignité bafouée, leurs vies réduites à un simulacre de survie végétative, tous les peuples du monde ont le droit et le devoir de résister à leurs oppresseurs.

Malgré le décor Potemkine dans lequel excelle ce régime qui ne craint par ailleurs ni le crime d’Etat ni le viol de toutes les lois qu’il promulgue lui-même, malgré la persistance de divergences sévères au sein de l’élite algérienne sur les voies et moyens d’en finir avec cette insupportable agonie, des voix, chaque jour plus nombreuses, plus précises, plus rigoureuses se joignent à la longue marche de la protestation algérienne pour lui faire emprunter les chemins du changement démocratique et pacifique.

Cette victoire si difficile, contre les atavismes de tous bords, les sectarismes, l’enfermement idéologique et la manipulation des divers clans du pouvoir ; cette victoire qui consisterait en une véritable construction démocratique, les Algériens ont compris qu’ils doivent d’abord la remporter sur eux-mêmes.

Cela, le pouvoir n’y pourra rien changer. Un cap a été franchi sur le chemin de la maturité politique. Tant au sein de l’élite que de la société.

Désormais, patriotisme ne rime plus avec soumission au régime mais avec changement ! Un changement que la société appelle de toutes ses forces et vers lequel nos énergies doivent converger.

*Hocine Aït Ahmed Vétéran de la lutte nationaliste algérienne, président-fondateur du Front des forces socialistes, le plus ancien parti d’opposition

Un militant du FFS arrêté par la police à Alger

Un militant du Front des forces socialistes (FFS) a été arrêté, mercredi 8 avril, à la gare routière du Caroubier, dans la banlieue-est d’Alger. Le militant a été interpellé par des policiers peu avant 16 heures alors qu’il distribuait le dernier numéro de «Repères», l’organe officiel du parti. Il a été conduit au commissariat de Hussein-Dey où il a été interrogé par la police.

Bounedjma:«Pas moins de 78 % de participation»

bouned.jpgLe président de la Coordination nationale des enfants de chouhada (CNEC), Khaled Bounedjma, jure par Dieu que le taux de participation au scrutin présidentiel de demain sera supérieur à 78 %. Bounedjma qui s’exprimait hier lors d’une conférence de presse animée à la maison de la Presse Tahar-Djaout d’Alger, souligne que son optimisme n’est pas une vue de l’esprit, rapporte Le JIndep.

Voilà pourquoi, je voterai le 9 avril

brosse1.jpgC’est une fâcheuse habitude des intellectuels de se croire au-dessus de la mêlée et de refuser, sous prétexte de neutralité, l’engagement politique. Et pourtant, les intellectuels, comme les autres, sont engagés dans la société. Ils en partagent, non seulement les valeurs, mais aussi les préoccupations. Or sans organisation politique qui assure la sécurité et la justice, aucune création artistique n’est possible. L’intellectuel algérien est aujourd’hui devant le choix, non seulement d’un président, mais aussi d’un choix de société. On aura entendu, durant la campagne, des discours pompeux et des promesses fallacieuses, mais il y a aussi les faits qui parlent, les réalisations socio-économiques de ces dix dernières années, les avancées de notre société et les espoirs suscités par l’ouverture de grands chantiers. Aujourd’hui, Bouteflika est certainement le candidat qui incarne le mieux les aspirations des intellectuels algériens et de tous les Algériens. Les raisons ne manquent pas pour le choisir de nouveau à la tête de l’Algérie :

1- Il est celui qui a rendu la paix et la sécurité et réconcilié les Algériens qu’une décennie de haine séparait.

2- Il a redonné à l’Algérie une place dans le concert des nations.

3- Il s’est montré le défenseur des valeurs nationales, l’Islam, l’arabe et l’amazighité et confirmé les appartenances culturelles de l’Algérie au monde berbère, musulman, arabe, africain et méditerranéen.

4- Il a été le premier dirigeant du Maghreb à constitutionaliser la langue amazighe et à lui donner, en plus des institutions mises en place, de nouveaux moyens de son développement.

5- Il a brisé les carcans du monolithisme politique et linguistique et ouvert l’Algérie sur le monde.

6- Il a su réaliser les réformes et développé les infrastructures économiques.

7- Il a favorisé l’émancipation de la femme et renforcé ses droits, faut-il rappeler que tous les Algériens sont scolarisés, que des dizaines d’universités accueillent des milliers d’étudiants, que les hôpitaux sont gratuits, que le système de sécurité sociale couvre les frais de maladie de tous les citoyens, y compris pour les actes chirurgicaux coûteux, que le réseau routier est le plus performant du Maghreb et de l’Afrique ? 

Le 9 avril, j’irai voter et je voterai, non pour un parti, mais pour un homme : Bouteflika !

M. A  Haddadou, Docteur d’Etat en linguistique, professeur

Commentaire: Depuis l’annonce de Bouteflika de la création d’une académie berbère, M. A. Hadadou, un grand oppotuniste, fait tout pour plaire au clan présidentiel dans l’espoir de le désigner à la tête de cette académie. Cet opportuniste ne sera jamais désigné à ce poste. La présidence désignera M. Kahlouche. El Mouhtarem 

La police de Tazmalt impliquée dans la campagne électorale !

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Un groupe de militants du FFS a surpris hier vers (22h10) des policiers du commissariat de Tazmalt dans la wilaya de Béjaia entrain d’afficher, sur les murs de la mosquée de la ville, un appel à un vote massif signé par un certain MOUDARIS FI EL MASDJID AL NABAOUI AL CHARIF qui s’appelle ABOU BAKER DJABIR EL DJAZAIRI. Un militant du FFS

Le PST et la schizophrénie politique

6a6chawkisalhipst.jpgDans un communiqué rendu public hier, le PST accorde son appui au RCD et considère que «la campagne de lynchage qui a exprimé sa tristesse est une dérisoire opération de diversion ». «Comme si la démocratie n’était pas aussi le droit d’étaler à sa fenêtre, sans offenser personne, des tissus rouges, noirs ou bleus, selon son choix. Il s’agit d’occulter l’agacement provoqué par une campagne envahissante, illégale, devenue contre-productive et d’imposer le passage en force, le fait accompli d’une réélection forcée.»  Pour rappel, le PST boycotte le scrutin mais participe à la commission politique de surveillance de l’élection présidentielle.

Le RCD dénonce des «propos xénophobes»

bouk.jpgDans un communiqué remis hier à la rédaction d’El Watan, le bureau régional du RCD dénonce les «propos diffamatoires, les insultes et les atteintes à l’unité nationale proférés par l’animateur de la radio de Chlef, Karim Slimani, le 6 avril à la salle de cinéma El Djamel, lors d’un monologue de ce dernier à l’occasion du meeting animé par Rachid Boukerzaza en faveur du candidat Bouteflika». Le communiqué ajoute que «l’indignation est en rapport avec les propos irresponsables, xénophobes et antinationaux de cet animateur sketchiste en proférant des propos débiles comme : les Arabes comptent 1,5 million et demi de chouhada et les Kabyles ont 1,5 million et demi de litres d’olive».

Le médiocre bilan du meilleur président

bouteflikj.jpgPar Maâmar BOUDERSA 
Le quotidien «El-Khabar» a publié, dans son édition  du  6 avril 2009, sous forme de publicité, le programme électoral du candidat Bouteflika, où il énumère ses réalisations durant la décennie écoulée de son règne qui sont: 1) création de six millions de postes d’emplois, 2) livraison de 1,5 millions de logements, 3) un taux de croissance hors hydrocarbures de 5% en moyenne et 4) réduction de la dette extérieure.

Comme le bilan économique, politique et social de dix ans de règne n’a pas fait l’objet d’études et de débats contradictoires, tout lecteur peut croire à ce qui est avancé dans cette publicité.

Cette brève et synthétique étude veut combler cette lacune et apporter les preuves et les arguments que ce bilan positif est loin de refléter la réalité des faits qui restent têtus.

Pour cela, j’ai étudié les statistiques disponibles émanant aussi bien du FMI, de la Banque mondiale, de la Banque d’Algérie, de l’OPEC et du PNUD. La sincérité et la fiabilité de ses statistiques n’ont pas fait l’objet d’étude.

Pour prouver que ces réalisations sont fantaisistes, j’ai choisi l’étude des réalisations physiques de quelques agrégats économiques qui peuvent être considérés comme indicateurs de la tendance lourde qui ne peut être influencée par des exceptions conjoncturelles. 

1- Classement de l’Algérie dans le monde selon le PNUD.

Le PNUD publie chaque année son rapport sur le développement humain et classe les pays selon le niveau de l’indice de développement humain qui est un indice composite composé de plusieurs facteurs économiques, politiques et sociaux.

Selon différents rapports du PNUD, l’Algérie était classée à la 106 place sur 177 pays, c’est-à-dire sur la liste des derniers pays dans le monde et cela en l’an 2000, alors que la Tunisie occupe la 97ème place. En 2001, l’Algérie régresse à la 107ème place et la Tunisie progresse à la 91ème place. En l’an 2002, l’Algérie régresse encore à la 108ème   place et la Tunisie à la 92ème, alors que les territoires occupés palestiniens occupent la 102ème place, mieux de l’Algérie.

En l’an 2003, l’Algérie occupe la 103ème place, alors que la Tunisie la 89ème et les territoires palestiniens la 102ème, mieux que l’Algérie. En 2004, elle occupe la 102ème place contre la 87ème pour la Tunisie et la 100ème pour les Palestiniens qui restent mieux classés. Enfin en 2005, elle occupe la 104ème place contre la 91ème pour la Tunisie et la 106ème pour les Palestiniens.

Ces différents classements sur une période de six ans montrent qu’il n’y a jamais eu de progrès notable durant la période, mais un statuquo  s’est installé. C’est-à-dire que l’Algérie n’a enregistré aucun progrès, aucun changement notable, mais des rafistolages de la façade pour tromper les uns et faire croire aux autres que le pouvoir incarné par le président-candidat a mis l’Algérie sur les rails de sortie de crise. Ce qu’infirment ces chiffres. 
 

2- Production animale ou élevage.

La croissance du PIB est celle de la production. Pour cela, j’ai choisi quelques branches de l’économie nationale en tant qu’indicateurs d’ensemble. Celle de la production animale  peut donner la tendance d’ensemble, comme celle  du pétrole brut, du gaz et de la réalisation des logements.

Entre 1999 et 2006, période pour laquelle, nous disposons de données statistiques, l’évolution de la production animale indique qu’il n’y a pas eu de croissance durant la période et les années, où il a été constaté une augmentation, elle est très faible. Entre 1999 et 2000, il a été enregistré une chute  de la production des ovins de l’ordre de 3,2%, des bovins de l’ordre de 17,3%, des caprins une chute de l’ordre de 11%. Celle la production, très minime d’ailleurs des camelines, a enregistré une progression de l’ordre de 6,4%.

La production ovine a connu  aussi une chute en 2001 et en 2003. Les seules augmentations ont été enregistrées en l’an 2004, 2005 et 2006, où les taux de croissance étaient respectivement de 4,5%, 3,4% et 2,4%, taux très loin de la moyenne de 5%.

La production bovine a enregistré une décroissance en 2002 et en 2004. Les années 2001, 2003,2005 et 2006 ont enregistré des augmentations qui étaient, dans l’ordre de 18,3%, 1,3%, 3,4% et 5,2%.

La production des caprins a connu une augmentation de 3,4% en 2001, de 5,6% en 2002, de 0,5% en 2003, de 3,8% en 2004, de 4% en 2005 et enfin de 2,2% en 2006. ON est loin de la moyenne de 5%. 
 

3- La réalisation de logements.

Entre 1999 et 2006, il a été réalisé 1,1251 millions de logements, avec des réalisations annuelles qui ont atteint le maximum en 2006, soit 177 800 logements. Même  avec ce rythme,  le chiffre avancé de 1,5 millions de logements ne sera pas atteints, car il fallait réaliser le reste, soit 529100 logements en deux ans, soit le double et plus que durant les années passées, ce qui est impossible. 

4) Evolution de la production de pétrole brut.

Durant la période allant de 1999 à 2008, la production de pétrole brut a connu deux augmentations exceptionnelles de l’ordre de 29% en 2003 et 39% en 2004. En dehors de ces deux années, la production de pétrole brut a connu une hausse de 6,18% en 2000, de 3% en 2005, de 1,2% en 2006, de 0,2% en 2007, de 1,3% en 2008, une chute de 2,43% en 2001 et de 6% en 2002. Ces chiffres montrent qu’on est loin des chiffres donnés par le pouvoir qui aiment falsifier les statistiques et les données. 

5) Quelle est la quantité réelle de la production de pétrole brut ?

La recherche nous a fait tomber sur deux chiffres différents de production du pétrole brut algérien, issues de deux sources différentes. Comme l’écart statistique est important, se pose la question de la quantité réelle de la production réelle de pétrole brut. Le tableau ci-après nous donne un aperçu général de la production de pétrole brut en milliers de barils par jour, selon deux sources différentes, B.P et OPEP.  

  1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007

  1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007

Ce tableau montre que la différence entre la source BP et la source OPEP est énorme. Il ne s’agit pad d’un simple écart statistique qui est admissible, mais de grandes différences allant du simple au double. D’où la question légitime : quelle la production réelle du pétrole brut en Algérie ? Qui en tire profit de la production non déclarée à l’OPEP ? A défaut, d’où BP tire ses données. A ce stade, il n’y a pas de réponse, mais des hypothèses de recherche, et la plus probable est que la production non déclarée est vendu sur le marché spot, c’est-à-dire en dehors des clients traditionnels de Sonatrach. C’est un marché informel qui bénéficie aux hommes influents du pouvoir. Comme c’est une simple hypothèse, seule une commission d’enquête indépendante peut arriver à connaître l’énigme de cette différence et à qui elle profite.

Cette importante quantité de pétrole brut n’est pas comptabilisée, ni en dinars, ni en devises, ce qui réduits des recettes des exportations.  

6) Production de gaz. 

Entre 1999 et 2007, la production de gaz a connu une décroissance de l’ordre de 1,8% en 2000, de 7,4% en 2001, de 1% en 2004, de 4,2% en 2006 et de 1,8% en 2007. Seules les années 2002, 2003 et 2005 ont connu une augmentation de la production de gaz de l’ordre de 2,8%, 3% et 7,6% respectivement.

Ces taux sont très loin de ceux du pouvoir. Ils montrent que même l’économie des hydrocarbures (pétrole brut et gaz) a connu une récession et une grave crise, masquée par la hausse conjoncturelle du prix de baril sur les bourses de Londres et de New York. 

7) Bradage du gaz algérien sur le marché international.

 A cause des prix bas de vente de son gaz par rapport aux prix internationaux, ce qui constitue un bradage, un dumping et une concurrence déloyale sur le marché international, l’Algérie a perdu, entre 1999 et 2007, entre 24 et 28 milliards de dollars durant la période.

8) Destination des exportations des hydrocarbures.

L’analyse de la destination des exportations des hydrocarbures de l’Algérie montre la nouvelle force qui dicte la politique énergétique au pouvoir. En 1999, la part des USA était de 3,5% dans les exportations du pétrole brut. Le reste étant partagé entre le Canada, la France, l’Italie, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Espagne.

En 2007, la part des USA a atteint 45,7% des exportations algériennes, ce qui est les met en position de monopole et donc dictant leur volonté au pouvoir. La loi sur les hydrocarbures n’a été que la révélation de ce nouveau pouvoir invisible. Ce sont les sociétés américaines qui dictent leur volonté au pouvoir. L’Algérie a perdu sa souveraineté sur l’exploitation de ses ressources énergétiques. 

9) Evolution des prix de quelques produits énergétiques.

En 2004, le pouvoir a augmenté les prix de quelques produits énergétiques de large consommation. Le prix de la bouteille de butane est passé de 157 dinars à 200 dinars, soit une hausse de 27%, celui de la bouteille de propane est passé de 278 dinars à 400 dinars, soit une hausse de 44%.  Les autres produits énergétiques ont connu aussi une hausse ; mais d’une importance moindre. 

10) Evolution de la valeur du dinar. 

 Durant la période, le dinar a été dévalué clandestinement en 99, en 2000, 2001, 2002,2005. Sa valeur a connu un léger redressement en en 2003, 2004,2006 et 2007, et cela malgré l’augmentation des réserves de change.

 Dans une véritable économie de marché, la monnaie nationale est soumise à la règle de l’offre et de la demande des devises. Sa valeur augmente, si l’offre est abondante, elle diminue si l’offre est rare.

 L’analyse de l’évolution de la valeur du dinar par rapport au dollar prouve que l’Algérie n’a pas de réserve de change pour soutenir la valeur de sa monnaie, qui est très faible et source d’inflation importée.

 La raison est que c’est le FMI qui dicte la politique monétaire et de crédit à suivre jusqu’à l’an 2023, suite l’application des conditions de rééchelonnement. Le pouvoir a refusé de payer par anticipation les dettes algériennes vis-à-vis de cette nouvelle dictature qui a imposé au pouvoir de stériliser les réserves de change, comme le révèle le rapport de la Banque mondiale consacré aux finances publiques algériennes établi le 15 août 2007 qui a constaté le gaspillage de 115 milliards de dollars, consacrés à la relance économique.

Cette stérilisation des réserves de change coûte très cher à l’économie nationale du fait que ses ressources financières ne peuvent pas être affectées au développement du marché intérieur. Le pouvoir se tait sur ce gaspillage, car il a déjà stérilisé la société algérienne en réduisant le taux de croissance démographique à 1,2 %. L’Algérien et l’Algérienne repousse l’âge du mariage et nous avons à faire à une société de célibataires endurcis. 

11) Où sont comptabilisés les avoirs en devises transformés en bons de Trésor US ?

L’analyse aussi bien de la balance de payement de l’Algérie, ainsi que la situation de la Banque d4algérie montre qu’il y a une opacité comptable qui ne permet pas de trouver les comptes où sont logés aussi bien les 40 milliards de dollars transformés en bons de Trésor Us ainsi que leurs revenus annuels.

On trouve dans la situation de la Banque d’Algérie une rubrique intitulée «  avoirs à l’étranger en devises » sans aucune autre précision. Ces avoirs ont augmenté de 4,8 milliards de dollars en 1999 à 56,6 milliards de dollars en 2005. Il n’y a aucune autre précision sur ces avoirs et en quelles monnaies et quel est leur statut. Sont-elles placées dans un compte courant ? En quelle monnaie ? Sont-elles placées en tant qu’investissement ? A moyen terme ? A court terme ? A long terme ? A quels taux ? Il n’y a aucune précision. C’est l’opacité la plus totale, comme c’est le cas de la production du pétrole brut. 

 12) Chômage et création d’emplois.

Durant la période allant de 1999 à 2007, pour laquelle nous disposons de données statistiques, la population active est passée de 8,583 millions à 10,514, soit une augmentation de 1,93 millions durant la période, ou en moyenne 240 000 par an. Selon ces données, créer 1, 93 millions d’emploi équivaut au plein emploi. Ce qui est faux. Créer 6 millions d’emplois, cela suppose que l’Algérie est devenue une importatrice de main-d’œuvre, de l’ordre de 4 millions, ce qui est faux.

Durant la même période, la population occupée est passée de 4,898 millions en 1999 à 6,771 millions en 2007. La différence donne le nombre de chômeurs qui serait de 3,685 millions en 1999, soit un taux de chômage de 43% et de 3,743 millions en 2007, soit un taux de chômage de 35,6%.

Mais pour falsifier la réalité, le pouvoir comptabilise les emplois temporaires, le travail à domicile s’il existe, les appelés du service national, les apprentis de la formation professionnelle,  et les autres emplois payés en deçà du SNMG, comme le filet social, ESIL (Emploi Salarié d’Initiative Locale), TUP-HIMO (Travaux d’utilité publique à haute Intensité de Main-d’œuvre), AIG (Activité d’Intérêt Général, CPE (contrat de pré-emploi), etc.

Cette méthode de falsification des statistiques et des données sur le chômage n’a pas convaincu ni le FMI, ni la Banque mondiale. C’est une méthode qui fausse la réalité des faits.

Toutes ces données et d’autres non abordées dans cette étude montrent qu l’Algérie est restée plongée dans une grave crise économique, politique et sociale. Dix ans de règne sont dix ans de retard en plus, dix ans de perdus sans résultat palpable, sauf  le mensonge grossier. 

La fraude électorale.

Je termine cette brève étude pour apporter la preuve de la fraude électorale et de la falsification des résultats, à travers l’étude de la constitution, du code électoral et de la pratique du pouvoir.

Selon l’article l’aliéna 2 de l’article 163 de la constitution, le conseil constitutionnel veille à la régularité des opérations de référendum, d’élection du président de la république et d’élections législatives. Il proclame les résultats.

Cette disposition constitutionnelle a trouvé une application dans le code électoral à travers les articles 116, 117, 165,166, 167 et 171  qui donnent le pouvoir au conseil constitutionnel de recevoir les procès-verbaux des résultats de vote. Il proclame  les résultats et reçoit les recours.

Dans la réalité des faits et l’expérience passée est là pour le prouver, le pouvoir du conseil constitutionnel a été usurpé par le ministre de l’intérieur qui proclame les résultats et le conseil constitutionnel les valide.

Là se pose la question : qui envoie les procès-verbaux des résultats des élections de la commission électorale de la wilaya au ministre de l’intérieur ? La loi oblige ces commissions composées de juges désignés par le ministre de la justice d’envoyer leurs procès-verbaux au conseil constitutionnel et non ailleurs. Ces commissions électorales de wilaya existent-elles dans la pratique ? Autant de questions sans réponse.

Mieux encore le code électoral ne prévoit pas la création de commission de préparation des élections que préside le chef du gouvernement, devenu par un trait de plume premier ministre. A quoi sert-elle ? A qui elle rend compte ?

Ce qui est valable pour cette commission non prévue par la loi l’est aussi pour la commission politique de surveillance des élections. Elle n’a aucune existence légale et ne sert qu’à masquer la fraude, comme l’usurpation du pouvoir du conseil constitutionnel par le ministre de l’intérieur.

D’autres méthodes de fraude sont aussi comptabilisées. Il s’agit de la durées des scrutins à l’étranger  et pour les bureaux de vote ambulants, où la durée du scrutin dépasse la durée légale qui est d’un seul jour.

Les articles 33 et 34 de la loi électorale sont clairs. Ils accordent le pouvoir aux walis, après autorisation du ministre de l’intérieur d’avancer et/ ou retarder  les heures d’ouverture et/ou de fermeture  des bureaux de vote. De même  que le ministre de l’intérieur peut autoriser les walis, à leur demande d’avancer de 72 heures la date d’ouverture du scrutin. Cette avance ne veut pas dire allonger la durée du scrutin qui doit être d’un seul jour.

De même pour le vote à l’étranger, où le ministre des affaires étrangères peut autoriser les consuls et les ambassadeurs, à leur demande  toujours, d’avancer la date du scrutin de 120 heures ? Ce qui ne veut pas dire prolonger la durée du scrutin qui doit d’être d’un seul jour. La réalité des faits montre que le pouvoir viole la loi et allonge la durée du scrutin aussi bien pour  les bureaux de vote ambulants que pour le vote à l’étranger.

Comme le pouvoir falsifie les données économiques et sociales, il falsifie les résultats des élections qui ne le sont plus.  

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