19 avril, 2009
Bouteflika: légalement élu ou désigné illégalement ?
L’opinion publique nationale est internationale a été orientée par les faiseurs d’opinions (commentateurs, acteurs politiques, figurants au pouvoir et dans l’opposition) vers un détail de «l’élection présidentielle» du 9 avril passé. Ce détail était le taux de participation des électeurs à ce rendez-vous électoral, ou son opposé le taux d’abstention ou de boycott. Ces taux sont des indices de confiance des électeurs dans le processus lui-même, mais ils n’ont la force légale de l’annuler.
De même pour les taux obtenus ou octroyés à chacun des participants à cet évènement national s’il faut le qualifier comme tel. Ils sont aussi des indices de confiance accordée par les électeurs à chacun des participants. Mais ils ne peuvent annuler le processus lui-même qui est régi par des dispositions légales contenues aussi bien dans la constitution que dans la loi électorale.
Que dit la constitution ? Dans son article 71, elle énonce ceci: «Le président de la République est élu au suffrage universel, direct et secret. L’élection est acquise à la majorité absolue des suffrages exprimés. Les autres modalités de l’élection présidentielle sont fixées par la loi.»
Par cet article, la constitution n’ a pas fixé un seuil du taux de participation, mais un seul seuil pour gagner cette élection: la majorité absolue des suffrages exprimés. Pour simplifier les choses, s’il n’y a que 20 voix qui se sont exprimées et qu’un candidat ait obtenu 11 voix, il est déclaré vainqueur. Mais qui le déclare vainqueur ?
La réponse est donnée aussi par la constitution dans son article 163 dans son aliéna 2 qui énonce ceci: «Le conseil constitutionnel veille, en outre à la régularité des opérations de référendum, d’élection du président de la république et d’élections législatives. Il proclame les résultats».
Ayant défini avec précision le pouvoir du conseil constitutionnel dans la surveillance, le contrôle, la vérification du processus électoral, la constitution lui a accordé aussi le pouvoir de proclamer les résultats.
Chaque juriste sait que toute requête, pour être acceptée par une juridiction, doit respecter aussi la forme ou la procédure que le fond. Une fois ces deux conditions remplies, la juridiction peut statuer.
Une question se pose par elle-même. Le conseil constitutionnel a-t-il veillé, comme le stipule la constitution à la régularité de l’élection du président de la république ? Jusqu’à preuve du contraire, la réponse est non, car ce pouvoir a été usurpé par la soi-disant commission politique de surveillance des élections dépendante du pouvoir exécutif et dont la création n’est dictée par aucun texte de loi.
Comme le conseil constitutionnel n’a pas veillé à la régularité du scrutin, il est dans son pouvoir de déclarer nuls et non avenus ses résultats. Or, le conseil constitutionnel n’a rien fait et a accepté le fait accompli.
Pire encore, la constitution lui a accordé le pouvoir de proclamer les résultats. Or, il ne l’a pas fait non plus. C’est le ministre de l’intérieur, en violation de cet article de la constitution qui a proclamé en premier les résultats. Le conseil constitutionnel n’a fait que valider les données du pouvoir exécutif. Il n’a pas annulé le processus pour violation de la loi, il a validé la violation de la constitution.
Là, se pose la question suivante: d’où proviennent les chiffres et les taux annoncés par le ministre de l’intérieur ? A-t-il le droit de les avoir ? La réponse est donnée par les articles de la loi électorale.
L’article 165 de la loi électorale stipule, dans son aliéna 5 que la commission électorale de la wilaya «transmet aussitôt ( à la fin de ses travaux) les procès-verbaux correspondants, sous plis scellés au conseil constitutionnel.»
Cet article est aussi clair. Les commissions électorales de wilaya envoient leurs procès-verbaux exclusivement au conseil constitutionnel et sous plis scellés. D’où le ministre de l’intérieur a obtenu les résultats qu’il a proclamés ? Il y a non respect de la procédure et le processus aurait dû être annulé par le conseil constitutionnel qui a le pouvoir de proclamer les résultats de l’élection présidentielle au plus tard 10 jours après avoir reçu les procès-verbaux des commissions électorales de wilaya en vertu de l’article 167 de la loi électorale.
Or, le conseil constitutionnel n’a pas exercé son pouvoir octroyé aussi bien par l’article 163 de la constitution que les articles 165 et 167 de la loi électorale.
La procédure de proclamation des résultats a été violée, les résultats sont nuls de droit. Le communiqué laconique du conseil constitutionnel ne donne pas les résultats définitifs de l’élection présidentielle, au niveau national et au niveau de chaque wilaya et pourquoi pas au niveau de chaque commune et de chaque bureau de vote, mais confirme et valide les chiffres avancés par le ministre de l’intérieur avec des rectificatifs mineurs pour prouver qu’il a étudié les résultats, alors qu’il n’a apporté aucune preuve de cela.
A titre d’exemple, quand les procès-verbaux de chaque commission électorale de wilaya sont-ils arrivés au conseil constitutionnel ? Par quelle voie ? Le jeudi et vendredi étant journées fériées, la poste commence à travailler le samedi. Quand le courrier de la wilaya de Tamenrasset est arrivé au conseil constitutionnel pour prendre un seul exemple.
A titre de rappel, les commissions électorales de wilaya sont composées d’un président désigné par le ministre de la justice ayant le grade de conseiller, d’un vice-président et de deux assistants désignés par le wali parmi les électeurs de la wilaya….en vertu de l’article 88 de la loi électorale.
Dans les faits, la presse n’a jamais rapporté un fait relatif à ces commissions et leurs travaux. Ont-elles été installées ? Etaient-elles opérationnelles ? C’est au conseil constitutionnel de répondre.
Tenant compte du non respect de la procédure de contrôle de la régularité de l’élection présidentielle et de la proclamation des résultats, c’est-à-dire de la violation de l’article 163 de la constitution et des articles 165 et 167 de la loi électorale, les résultats proclamés sont nuls.
De là découle la conclusion finale: Bouteflika n’est pas élu, mais désigné. C’est un usurpateur du pouvoir. Tel a été le cas lors des deux premiers mandats.

Commentaires(8)
Pour résoudre un problème il faut aller de sa raison contraire, ce régime cloué au sommet ne peut partir qu’on construisant un large front politique au niveau de
Une vingtaine de jeunes de la ville des Genêts a investi, hier, la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou pour exiger du directeur de campagne du candidat Abdelaziz Bouteflika, El Hadi Ould Ali, également directeur de la culture de cette wilaya, qu’ils soient payés pour leur engagement dans la campagne électorale en faveur de Bouteflika. Pour rappel, un jeune a menacé de se suicider, il y a quelques jours, pour réclamer la somme d’argent que lui a promis Ould Ali contre l’affichage des posters de Bouteflika. El Mouhtarem
Le Président Abdelaziz Bouteflika a prêté serment, il y a 15 minutes, au Palais des Nations en présence de membres du gouvernement, des députés et sénateurs, des représentants du corps de l’armée, des chefs de parti… Les anciens présidents de la République, Ahmed Benbella, Chadli Bendjedid et Ali Kafi étaient présents à la cérémonie. On remarque l’absence de l’ancien président Liamine Zeroual. Les généraux à la retraite Mohamed Lamari, Mohamed Betchine et Mohamed Attailia étaient au premier rang. Les candidats au dernier scrutin présidentiel, Mohamed Djahid Younsi, Mohamed Said et Moussa Touati étaient présents à la cérémonie. Louisa Hanoune et Ali-Fewzi Rebaïne, quant à eux, ont brillé par leur silence. El Mouhtarem
La commune de Berriane, dans la wilaya de Ghardaïa, était vendredi le théâtre d’actes de violence juste après la prière. Plusieurs agressions ont été signalées sur la route nationale N°1, des locaux commerciaux ont été incendiés, une station d’essence saccagée. Des affrontements entre les deux communautés ont eu lieu en fin d’après-midi dans le quartier de Boudouaou et Chaâd. Plusieurs blessés sont enregistrés, parmi eux des policiers. La route nationale a été bloquée obligeant les automobilistes à faire tout un détour pour accéder à la daïra. Samedi, la ville de Berriane a été paralysée par une grève générale à l’appel de la communauté mozabite. Les écoles, les magasins et même certains secteurs d’activité ont cessé le travail durant toute la journée pour protester contre la violence qui frappe cette ville depuis quatre jours. Source El Hadj Google
Pour exiger le départ de leur directeur, les travailleurs de l’Entreprise électro-industrie d’Azazgalui ont interdit l’accès à l’entreprise. Il a été refoulé devant le portail où l’attendaient les travailleurs occupant les lieux. Une grève générale a été également observée durant toute la journée d’hier. “Cette action sera maintenue jusqu’à la satisfaction de notre revendication. Le directeur ne remettra plus jamais les pieds à l’usine”, a déclaré un syndicaliste de l’entreprise à La DDK.
Les 22 et 29 avril prochains, 103 jeunes vont comparaître devant le tribunal criminel de Chlef pour répondre des chefs d’inculpation de destruction de biens publics, violences sur services de sécurité, incendie et attroupement. Les accusés, pour rappel, sont détenus depuis une année, suite aux émeutes qui avaient secoué les communes de Chlef et de Chettia en avril 2008. Huit autres jeunes ont déjà été jugés et condamnés à des peines de 3 et 5 ans de prison ferme pour les mêmes faits. Le procès des émeutiers présumés intervient dans le cadre de la 2e session criminelle de 2009 qui s’est ouverte samedi, avec au programme, 138 affaires, dont 14 liées au terrorisme.



