Aïssat Idir, l’ancêtre du syndicalisme algérien

aissatidir.gifPar Zhor Hadjam (archives Le Matin) 

Je me souviens qu’en franchissant pour la première fois le seuil de la Maison du peuple, siège de la Centrale syndicale, j’avais remarqué son portrait accroché un peu partout. Dans le hall et dans les bureaux, toujours la même photo en noir et blanc, dans le pur style des années 50. Aïssat Idir, photographié presque de profil, semble fixer un point au loin. Une moustache fine et un grain de beauté sur la joue sont les signes distinctifs que reflète le portrait. Je n’avais en ce temps-là qu’une vague idée sur le personnage, et les syndicalistes que je côtoyais alors se chargèrent, avec plaisir, de me raconter le parcours de Aïssat Idir: un symbole de la lutte armée et la figure la plus marquante du mouvement national et syndicaliste algérien.

Ils parlaient avec beaucoup de passion et de fierté de celui qui a permis à l’UGTA d’exister et aux travailleurs de jouir de leurs droits. Les plus vieux d’entre eux, nostalgiques, se perdaient dans leurs souvenirs et racontaient avec une lueur particulière dans les yeux les années de lutte pour la création d’une centrale syndicale. « Un homme courageux, un militant convaincu et un révolutionnaire », disaient-ils.

Aïssat Idir est né le 7 juin 1919 à Djemaâ Saharidj, wilaya de Tizi-Ouzou. Il s’éveillera très tôt à la lutte syndicale en constatant les difficiles conditions de vie et de travail des fellahs, dont ses propres parents faisaient partie.

Sa situation modeste ne lui permettra pas, d’ailleurs, de poursuivre des études secondaires et universitaires, et c’est donc vers le monde du travail qu’il se dirigea. Il connaîtra alors la ségrégation dont souffraient les ouvriers algériens qui étaient souvent exploités et très mal considérés par rapport à leurs collègues français, et il se mobilisera tout naturellement pour la sauvegarde de leurs intérêts. En 1944, il commencera à militer avec d’autres syndicalistes pour la création d’une organisation nationale qui devait prendre en charge les aspirations politiques et sociales des travailleurs algériens. Il multipliera alors les rencontres avec d’autres personnalités. Et en 1947, il dirigera un groupe de syndicalistes affilié à la  » commission des affaires sociales et syndicales « , créée par le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD).

Le 24 février 1956, le projet de la création d’une centrale syndicale prit forme à l’issue du premier congrès de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), et Aïssat Idir fut élu secrétaire général. L’engouement pour le syndicat fut immédiat, et dès le premier mois, plus de cent mille adhésions furent enregistrées.

Le siège de la Centrale syndicale, installé à La Vigerie, à Alger, commencera à accueillir des délégations de syndicalistes venues protester auprès de Aïssat Idir de leurs difficiles conditions de travail. Le secrétaire général, fraîchement élu, se consacrera par ailleurs à la mise en place des structures de l’UGTA. Ensuite fut créé le journal de l’organisation syndicale, L’Ouvrier algérien, qui a permis de tenir les travailleurs informés sur les actions menées par la Centrale syndicale et de les mobiliser pour la lutte armée.

Le 22 mai 1956, Aïssat Idir est arrêté dans son bureau à la Centrale syndicale avec d’autres cadres et militants de l’UGTA par la police française. Il sera incarcéré et connaîtra plusieurs prisons (Bossuet, Berrouaghia et Barberousse) où il subira d’atroces tortures ordonnées par le colonel Godart, qui dirigeait alors la DST (Défense et sécurité du territoire). Inculpé d’atteinte à la sécurité de l’Etat, il sera traduit avec vingt-deux autres syndicalistes devant la justice militaire à Alger. La liberté obtenue malgré l‘acharnement des autorités coloniales ne permettra pas à Aïssat Idir pour autant de militer librement pour les droits des travailleurs. Le 13 février 1959, il sera encore arrêté par le colonel Godart et emprisonné. Les tortures qu’il subira eurent raison de la résistance légendaire de l’homme et, le 26 juillet 1959, il rendra l’âme en héros. Il deviendra un exemple à suivre pour tous les Algériens qui luttaient alors pour recouvrer la liberté et un symbole pour les travailleurs et les syndicalistes.

Commentaires

  1. BOUDERSA dit :

    Aissat Idir a laissé un grand principe politique pour encourager les militants et les combattants à vaincre dans la guerre psychologique. Voici ce qu’il a laissé gravé dans la mémoire de ses codétenus à la prison de Bossuet: » Si le dénigrement vous vient d’un vil, c’est la preuve de votre perfection ». Ces propos m’ont été rapportés par un ancien détenu qui a connu Aissat IDDIR en prison, avant il entendait parler de lui, car ils étaient tous les deux militants du MTLD. Cet ancien codétenu habite une modeste maison à El-Mouradia à Alger dans un immeuble collectif. IL est malade et se déplace difficelement. Partisans du changement du système politique en Algérie, faites de cette devise d’Aissat Iddir votre dynamique pour accélérer la vitesse et augmenter la force des partisans du changement par les méthodes politiques pacifiques et démocratiques. La farce du 9 avril a prouvé l’efficacité de la méthode politique ainsi que son coût très réduit. Le pouvoir a cherché la provocation pour enclencher la répression, il échoué face à la grande matûrité politique du peuple algérien. C’est la plus grande défaite politique de ce pouvoir qui a décidé d’inventer des taux pour sauver sa face et refuser de reconnaitre sa grande défaite face à son ennemi de toujours le peuple algérien.

  2. Ammisaid dit :

    May regmik al3ar, efhem thelidh dhahrar

  3. zerdi dit :

    C’est à l’initiative de Abane Ramdane que Aissat Idir a été sollicité pour mettre sur pied un syndicat algérien sous l’égide du FLN.

    Au départ Aissat Idir a refusé toute tutelle politique sur la centrale et il a fallu la force de conviction de Abane Ramdane pour lui faire accepter l’idée que toutes les forces nationalistes doivent opposer un front au colonisateur.

    Selon certaines sources Abane Ramdane a promis a Aissat Idir que la centrale syndicale retrouvera son autonomie une fois l’indépendance acquise, ce qui a provoqué l’adhésion de Aissat Idir après plusieurs heures de négociations serrees.

  4. chouaf dit :

    et si l’on fait le bila de l’ UGTA en 2009 qu’en dira t on de nos jours car sil madjid il a fait de cette organisme une boite de résonance du système pourri,hélas da idir doit se retourner dans sa tombe lui qui donné son âme pour l’ouvrier algérien et el haq en générale;

  5. moha dit :

    ya pas que sid hom said qui est leche botte ya plusieur et benhamouda fait parti

  6. justice&verite dit :

    En effet Mr Boudersa une tres bonne analyse qui est veridique.
    Le pouvoir avait tenté sa provocation contre le peuple qui a vraiment montré sa maturité et a finalement vaincu par son ABSTENTION á plus de 90%.

    Aissat Idir a laissé un grand principe politique pour encourager les militants et les combattants à vaincre dans la guerre psychologique. Voici ce qu’il a laissé gravé dans la mémoire de ses codétenus à la prison de Bossuet:” Si le dénigrement vous vient d’un vil, c’est la preuve de votre perfection”.

    C’est une vraie guerre psychologique que le peuple a vraiment infliger une tanée Historique et c’est le debut de la fin de ces tyrans au pouvoir en algerie depuis 1962 á nos jours.

    Mon Dieu le tout puissant, juste apres la maskharate algerienne et leur taux OFF-iciel de plus de 75% INVISBLE au monde entier NOUS AVIONS ASSISTÈ ET TEMOIGNÈ LES VRAIS ELECTIONS SANS FRAUDE DE L’AFRIQUE DU SUD ET LE TAUX DE PARTICIPATION DE 80% VISIBLE AU MONDE ENTIER …
    c’etait l’oeuvre du Bon Dieu qui avait fait que les assassins voleurs violeurs corrupteurs et fraudeurs s’auto-devoilent au monde entier et cela s’etait produit admirablement et le faite que les memes tetes caduques et archaiques á El-mouradia, apn, senat et gouvernement nous demontre qu’ils sont isolés et tres loin du peuple, comme il avait dit le Dr. Hocine Ait-Ahmed á un certain criminel tortionnaire Jezzar lors de son humiliation á Paris contre le HERO Souaidia, « un fleuve de sang nous separe de ces tortionnaires voleurs violeurs et fraudeurs et responsables des crimes humanitaires! ».

    Nous les poursuivrons dans toutes les institutions internationales et partout dans le monde entier pour les crimes humanitaires contre le peuple algerien.
    Ils le savent, nous le savons et le monde entier le sait qu’ils sont coupables des crimes humanitaires en algerie…. c’est une question ils s’auto ecroulent et ils seront pechés ONE-BYE-ONE!

    Conference Nationale
    GP-radp-2m9

    Au bon entendeur

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