Hicham El Moussaoui*: « EMAAR: les vraies raisons d’un retrait »

emmarmgf.jpgAprès avoir défrayé la chronique locale durant plusieurs années, par des montants d’investissements faramineux, le géant émirati de l’immobilier EMAAR Properties a finalement dissout, le 4 juillet dernier, sa filiale algérienne chargée du suivi des investissements du groupe dans le pays. 

  

Si ce retrait était prévisible depuis un certain temps, les raisons ne sont pas pour autant claires: s’agit-il d’une faiblesse du groupe émirati face à la crise ou y a-t-il d’autres raisons liées à des carences de l’économie algérienne ? EMAAR paierait-t-il les conséquences de la crise financière ? Si l’on en croit l’évolution de l’action du groupe immobilier qui a perdu plus de 85% de sa valeur en 2008, on serait tenté de penser avec le ministre algérien des Finances, Karim Djoudi, que les raisons du retrait du groupe émirati sont liées à la crise financière et à une croissance mal maîtrisée à l’international. L’avènement de la crise économique avait donné un sérieux coup à ses investissements, notamment en Algérie en raison du tarissement des liquidités et de l’augmentation des primes de risque. Du coup, EMAAR a revu ses engagements par ordre de priorité. Mais, si la crise financière peut expliquer en partie la décision de gel et de révision des projets prioritaires, il n’en demeure pas moins qu’il reste à répondre à la question : pourquoi les projets d’EMAAR en Algérie ne sont-ils pas considérés comme prioritaires comme c’est le cas au Maroc et en Tunisie par exemple ?

Problème du foncier et de climat d’affaires…

Contrairement au Maroc et à
la Tunisie, l’Algérie présente un climat d’affaires moins favorable et donc moins attractif pour les investissements hors hydrocarbures. En effet, avec un classement de 132e dans le « Doing Business 2009 », l’Algérie n’occupe que la 15e position sur 19 pays dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) derrière le Maroc et
la Tunisie. Pire, l’Algérie a vu ses performances reculer sur 8 des 10 indicateurs pris en considération par
la Banque mondiale surtout la création d’entreprises, l’accès au crédit et la protection des investisseurs. Les lourdeurs bureaucratiques, les conséquences des dernières circulaires sur l’investissement étranger et la participation algérienne dans le capital des sociétés commerciales étrangères, suite aux récentes circulaires d’Ahmed Ouyahia, obligeant tout investisseur étranger d’ouvrir son capital à un partenaire algérien, ont refroidi de nombreux investisseurs. Ainsi, si EMAAR a décidé de se retirer et de se concentrer sur certains projets prioritaires, c’est parce que la non attractivité du climat des affaires algérien a dû peser dans la balance. 

 

Connivences politiques et patriotisme économique…

L’économie algérienne souffre non seulement d’un climat d’affaires peu incitatif mais également de l’ingérence de la politique dans l’économique. Selon des sources proches, il semble que le ministère de Temmar se serait cependant rétracté sur certains points de l’accord initial. Mais, pourquoi le gouvernement algérien aurait mis les bâtons dans les roues d’EMAAR ? Une partie des terrains visés par les promotions d’EMAAR le sont aussi par des puissants hommes d’affaires algériens liés aux militaires ou proches du président Bouteflika. La redistribution du foncier le plus rentable est une question de partage de pouvoir, tout comme l’accès du crédit, longtemps monopole public, a été utilisé comme un instrument de fabrication de réseaux clientélistes. EMAAR semble payer le lobbying de certaines parties, proches du pouvoir, connues pour leur opposition aux investissements étrangers et qui justifient leurs actes par du patriotisme économique. Malheureusement, ce n’est pas en bloquant les investisseurs étrangers qu’on servira le mieux les intérêts de l’économie algérienne. Il est temps pour les officiels algériens d’assumer leurs responsabilités et d’entreprendre les réformes institutionnelles nécessaires pour rendre l’économie algérienne compétitive et attractive. Car crise ou pas si le climat d’affaires n’est pas favorable, les investisseurs rebrousseront chemin…. El Watan du vendredi

*Docteur-chercheur en économie

Commentaires

  1. SAMARITAIN dit :

    PARCE QUE ET TOUT SIMPLEMENT ILS YA « GDF » ET « SNC LAVALIN » QUI REMPORTENT LES MARCHÉS FARAMINEUX EN ALGÉRIE POUR QUE MADAME ALLIOT MARIE BAISSE LE TON A PROPOS DES MOINES DE TIBHIRINE.
    LA FRANCE CONSTRUIT ET INVESTIT AU MAROC RÉCEMMENT RENAULT QUI A CHOISIT TANGER POUR SON PREMIER USINE AUTOMOBILE EN AFRIQUE ET LA VENTE DE CES DERNIERES EN ALGÉRIE GRÂCE A LA FORMULE « VENTE-CRÉDIT » .
    ON AURA AUCUN SOLIDE PARTENAIRE ÉCONOMIQUE TANTS QUE NOS DIRIGEANTS SONT DIRIGÉS PAR LE QUAI D’ORSAY .

  2. SAMARITAIN dit :

    PARCE QUE ET TOUT SIMPLEMENT ILS YA « GDF » ET « SNC LAVALIN » QUI REMPORTENT LES MARCHÉS FARAMINEUX EN ALGÉRIE POUR QUE MADAME ALLIOT MARIE BAISSE LE TON A PROPOS DES MOINES DE TIBHIRINE.
    LA FRANCE CONSTRUIT ET INVESTIT AU MAROC RÉCEMMENT RENAULT QUI A CHOISIT TANGER POUR SON PREMIER USINE AUTOMOBILE EN AFRIQUE ET LA VENTE DE CES DERNIERES EN ALGÉRIE GRÂCE A LA FORMULE « VENTE-CRÉDIT » .

    LE PAUVRE SAMARITAIN.
    ON AURA AUCUN SOLIDE PARTENAIRE ÉCONOMIQUE TANTS QUE NOS DIRIGEANTS SONT DIRIGÉS PAR LE QUAI D’ORSAY .

  3. Ammisaid dit :

    « El Emmarins Enta3na maklawch wach i3mrou loukkrins » Win yechan yecha iwiyadh tharvouth thekfa. Les vampires boivent tout notre sang et nos corps couent vers les cimetières. Aka iguvgha elhkoum n’dra. C’est la razzia, ils grattent tout ce qu’ils peuvent gratter avant de partir rejoindre les pays où ils pourront dépenser et s’amuser comme des fous. C’est fou, ils sont au pouvoir depuis presque un demi siècle et ils ne savent pas, encore, comme construire un pays. C’est fou et c’est vrai !

  4. NASRI Amar dit :

    Au moment que le chômage frappe durement le pays , l’inexistance de croissance en dehord des hydrocarbures les responsable notre pays instaure des mésures inéxeplicables qui fragilisent l’investissements moteur principal de réation de l’emplois,richésses et dévelopement socio-économique telle que la fameuse mésur « Nationalisme Economique »

    NASRI Amar
    Citoyen de la commune de Tizi N’Berber
    Daira d’Aokas -w- Béjaia

  5. vrait ALGERIEN dit :

    Vous savez monsieur EL MOUSSAOUI, ca n m étonne pas dutout un telle article de votre part, puisque vous étes marocain, j sais que si le gouvernement ALGERIEN acceptera d ouvrir les frontiére ALGÉROmarocainne, alors vous n rédigeriez pas se gore d article sur l ALGÉRIE,j vous rappele monsieur que si les jeunes ALGÉRIEN se maniféstent á chaque fois, et bien pour deux résants:
    La premiere c qu on accepte pas le mépris, l ALGÉRIEN et de nature révolutionnaire, pour lui la dignité viens en premier,il n faut pas oublier que nous avons mené la deuxíéme plus grande révolution au monde avec la révolution viétnamienne.
    la deuxiéme c que AL HAMDOULILLAH ,par raport au autre pays du tiére monde,l ALGÉRIE a aquit une certaine democratie, ici on peut dire non au président et on peut le critiquer.
    J ÉSPÉRE QUE MON ARTICLE SERRA PUBLIER(SI VRAIMENT VOUS ÉTES UN JOURNALE DÉMOCRATE. MERCI ET VIVE L ALGÉRIE

Laisser un commentaire

FRONT NATIONAL - Bouches-du... |
Mouvement des Jeunes Social... |
15ème circonscription du No... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Sagvar, le Roman Noir de la...
| Sarkophage
| UES - Claude WEBER