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Charles Pasqua raconte le détournement de l’airbus français à Alger*

pasqua.bmp« Il y a eu la prise d’otage à Alger dans l’airbus qui faisait la liaison entre Alger et Paris. Il fallait d’abord savoir ce qui se passait. Nous avions bien entendu la version des autorités algériennes, cela n’était pas suffisant. De toutes façons, il faut prendre toutes les dispositions pour sauver la vie des passagers. 

 

Sans attendre la suite des conversations que nous pouvions avoir avec les autorités algériennes, j’ai proposé au Premier ministre de positionner le GIGN de façon à ce qu’ils soient prêts, ils étaient à une heure d’Alger, à pouvoir intervenir en cas de nécessité. Puis nous avons engagé des conversations avec les autorités algériennes. Les Algériens étaient totalement hostiles à l’intervention directe des militaires français sur leur sol. Je leur ai proposé au moins de faire en sorte que le commandant du détachement puisse leur apporter le soutien de ses compétences techniques, ils ont refusé également. Je savais qu’ils avaient des unités d’intervention très compétentes et opérationnelles. Ce sont nos propres services qui les avaient préparé et organisé en conséquence.

 

Le problème qu’il y’avait, ils étaient parfaitement capables de résoudre cette prise d’otage, mais ils l’auraient fait sans tenir aucunement compte des conséquences en vies humaines. Je veux dire par là que s’il devait y a voir 15 ou 20 morts, ce n’était pas l’essentiel de leur préoccupations. C’était les nôtres, nous ne voulions pas qu’il y ait de la casse. 

 

Dans le même temps, il fallait que nous ayons le maximum d’informations sur les preneurs d’orage. Et pour cela, nous ne pouvons compter que sur nos propres sources d’information. Nous avons rapidement appris en définitive que ce qui avait été envisagé c’était un commando beaucoup plus important qui aurait accompli cette prise d’otage. Mais l’essentiel de ce commando était tombé sur une embuscade de forces algériennes et le commando a été disséminé. Au lieu de se trouve en douzaine, ils n’étaient plus que quatre. 

 

Ils étaient quatre dans l’avion et nous savions qu’ils étaient décidés à risquer le tout pour le tout et que la perte de leur vie était peu de chose. Il a fallu que le Premier ministre intervienne auprès du président de la République algérienne pour demander à ce qu’il n’y ait pas l’intervention des groupes d’assaut algériens. Nous avons demandé en définitive, c’est ce que je souhaitais, que l’avion soit autorisé à rejoindre la France. 

 

Comme il n’avait pas beaucoup de carburant, nous savions qu’il était obligé de se poser à Marseille pour faire du ravitaillement. Il était bien évident qu’à partir du moment où il se posait à Marseille, nous ne laisserons plus repartir. Et c’est bien ce qui s’est passé. Parce que le risque qui existait, les informations que nous avions eu, c’est qu’il n’était pas exclu dans leur idée,  il s’agisse de faire exploser cet avion sur Paris, donc on a dit qu’il ne partira pas.  A partir de là, il nous fallait gagner du temps pour mettre en place notre propre dispositif et décider du moment où nous interviendrions. Mais comme d’habitude, nous n’étions qu’un des deux éléments de décision, mais les preneurs d’otage nous ne savions pas ce qu’ils allaient faire. 

 

Au bout d’un certain temps, ils ont parfaitement compris que nous étions entrain de gagner du temps et donc ils ont décidé de rapprocher l’avion vers la tour de contrôle. Les instructions que j’avais données à ce moment là au GIGN c’était qu’avant que nous intervenions si des preneurs d’otage se trouvaient dans la lunette de visée, il fallait les abattre. Et nous avions eu la chance au moment où l’avion a été positionné vers la tour de contrôle, eux-mêmes ont tiré sur la tour de contrôle. Dès lors, les instructions que j’avais données étaient claires et le GIGN s’était préparé à passer à l’assaut. Dans le même temps deux des terroristes se trouvaient dans le cockpit, nous avons eu la chance de pouvoir les neutraliser. Ce qui fait qu’il ne restait dans l’avion que deux. Ils étaient près de la cabine de pilotage. Il n’y a personne à l’arrière, ce qui nous a permis de conduire par derrière un assaut… »

 

 

 

*Interview accordée au site Omega TV. Transcription d’El Mouhtarem   

Commentaires

  1. justice&verite dit :

    et si se pasqua nous raconte son histoire sur l’horrible assassinat du maitre Mecili et sa part dans ce crime.
    Au bon entendeur

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