5 août, 2009
Quatre citoyens tués à Tadmait: Que veut-on à la Kabylie ?
La Kabylie, région frondeuse et allergique aux provocations, subie, malgré elle, depuis l’indépendance du pays des mouvements, orchestrés ou spontanée, de protestation d’envergure dont le prochain, si prochain y en aura, risque de l’emporter.
Par Karim Aimeur
Depuis 1962, la Kabylie a vécu au rythme des grands mouvements de rue dont le dernier en date a emporté 126 jeunes innocents. 1963, 1976, 1980, 1981, 1998 et 2001 autant de date où des mouvements de grandes ampleurs ont marqué cette région dont elle n’est coupable en rien mais que des cercles occultes lui ont endossées. La poudrière dans laquelle est placée la Kabylie ne pourra en aucun cas être assumé par cette région qui a tant donné pour l’Algérie. Les solutions dérisoires, fragiles et de rafistolage prodiguées aux problèmes spécifiques de cette région montagneuse du pays ne peuvent qu’aggraver une situation déjà grave. Le retard enregistré dans le développement du secteur économique, le laisser aller des autorités, la négligence conjuguées à la hogra, la discrimination et la marginalisation ne peuvent qu’allumer des esprits déjà au bout des nerfs. La concentration des groupes terroristes dans cette région et leur passage à la liquidation des citoyens (le carnage commis sur quatre citoyens de Tadmait par des groupes armés en est la plus désolante illustration), ne mettront que de l’huile dans le feu.
En fait, le feu a déjà pris.
La délocalisation des projets et la fuite des investisseurs, à cause de l’insécurité et des kidnapping ont fait que la région se paupérise d’année en année. En effet, l’insécurité règne au niveau de toutes les localités de la région. Elle gagne même de terrain. Des habitants de cette région se font agresser de jour comme de nuit. Des cadavres de personnes ayant subies des violences avant d’être achevées sont découverts de temps à autre. Les petits mouvements de protestation qui se caractérisent par la fermeture des routes et des sièges des APC et Daïra sont devenus le lot quotidien des citoyens. Le calvaire dans lequel vivent les citoyens dans leur village n’est pas pour désamorcer une condition désastreuse.
A Tizi-Ouzou, à Béjaia, à Bouira, à Boumerdès et à Setif, il suffit de consulter les comptes-rendus des correspondants de presse dans ces wilayas pour mesurer la portée de la situation. Aujourd’hui, il est indéniable de dire que la Kabylie n’est pas assise sur une poudrière. Il est donc grand temps d’agir. La population locale ne peut assumer une autre fois un mouvement dans le quel elle sera entraînée. La sonnette d’alarme est encore une fois tirée et que chacun assume sa responsabilité.
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Des affrontements se sont produits lundi entre des Algériens et quelques dizaines de ressortissants chinois lundi après-midi à Bab Ezzouar, ont indiqué mardi à l’AFP des habitants de ce quartier excentré d’Alger. Les affrontements ont opposé habitants et Chinois, dont certains armés de couteaux et de barres de fer, selon les locaux. La raison exacte de la rixe restait floue mais aurait commencé après une altercation entre un commerçant algérien et un Chinois, selon un habitant du quartier situé à une quinzaine de kilomètres de l’aéroport international d’Alger. Le commerçant algérien a été blessé, a-t-on précisé de même source.
Le procès d’une journaliste soudanaise, passible de 40 coups de fouet pour avoir mis un pantalon, une tenue jugée « indécente », a été reporté mardi au 7 septembre. Les centaines de personnes venues marquer leur soutien à Loubna Ahmed al-Hussein devant le tribunal ont été dispersées au gaz lacrymogène par la police, selon un correspondant de l’AFP. Le juge a décidé d’ajourner l’audience afin de déterminer si Mme Hussein, qui écrit pour un journal soudanais mais travaille aussi à la section communication de la mission de l’ONU au Soudan, bénéficie d’une immunité à ce titre, selon l’un des avocats de la jeune femme, Jalal al-Sayyed. Le juge transmettra le dossier au ministère soudanais des Affaires étrangères avant la prochaine audience, fixée au 7 septembre. La journaliste a indiqué à l’AFP avoir présenté sa démission de l’ONU pour que son procès suive son cours. 

Quatre corps de jeunes criblés de balles ont été découvert hier au village Ichakalène, à 3 km au sud du chef-lieu de la commune de Tadmait. Certains habitants soutiennent que les quatre citoyens, Hocine Chaouchi, Kamel Aïssaoui, Karim Allouache et Ahcène Allouache, ont été victimes d’une bavure militaire. «Les quatre jeunes tués par balle étaient à bord d’une camionnette, de retour du marché où ils se sont approvisionnés en fruits et légumes, pour les besoins d’une fête. Ils ont été retrouvés criblés de balles. On a alerté les services de la police, l’armée et même la gendarmerie pour se déplacer sur les lieux et récupérer les corps des victimes mais rien n’a été fait. Ce sont des citoyens de la localité qui les ont transportés à l’hôpital à bord d’une ambulance appartenant à l’APC », ont affirmé des jeunes à El Watan. A 17h30, des manifestants ont barricadé la route à l’aide des blocs de pierres, des troncs d’arbres et autres pneus enflammés. A 19h, la route était toujours obstruée, provoquant un immense embouteillage sur le tronçon reliant Tizi Ouzou à Alger. 

Un Tunisien, condamné en Italie en 2003 pour appartenance à une association terroriste, a été expulsé dimanche soir vers la Tunisie en dépit d’un décision de la Cour européenne de Justice suspendant son extradition, a indiqué son avocate à l’AFP. Marié à une Italienne et père de trois enfants, Ali Toumi, refusait d’être extradé par peur d’être soumis à la torture en Tunisie et avait sollicité un permis de séjour en Italie pour motifs humanitaires, a précisé Me Barbara Manama. La Cour européenne a, à trois reprises dont la dernière le 24 juillet, demandé aux autorités italiennes de ne pas procéder à l’expulsion de Toumi avant de se prononcer sur sa demande d’asile.
Le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) a dénoncé dimanche la saisie des deux derniers numéros des hebdomadaires marocains TelQuel et Nichane (indépendants) estimant qu’ »il n’existe aucune loi au Maroc qui interdise les sondages ». »Le SNPM dénonce cette saisie administrative, rappelle qu’il n’existe aucun texte de loi qui règlemente les sondages au Maroc, réclame le respect de la liberté de la presse et demande à ce que toute décision de saisie à l’avenir soit du ressort de la justice » et non des départements administratifs comme il est d’usage. Les deux derniers numéros de TelQuel et de Nichane -version arabe de TelQuel- ont été saisis par le ministère de l’Intérieur pour avoir publié samedi « un sondage -effectué en partenariat avec le journal français Le Monde- sur le bilan des 10 premières années du règne du roi Mohammed VI ». 




