Maroc: Le fils de Ben Barka salue la diffusion de quatre mandats d’arrêt

benbarka.jpgLe fils de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka, disparu en 1965 à Paris, a salué vendredi la diffusion par Interpol de mandats d’arrêt internationaux visant quatre Marocains tout en soulignant la nécessité d’une « volonté politique » pour faire la lumière dans cette affaire. 

« Enfin ! Ces mandats d’arrêt avaient été lancés il y a deux ans. Ce sont deux années perdues, 44 ans après la disparition de mon père », a dit Bechir Ben Barka à l’AFP.  « Or chaque année compte car les témoins vieillissent et nous n’aimerions pas que la vérité parte au fond d’une tombe. Tout laisse à penser que mon père a été assassiné mais ce qui nous intéresse, c’est de connaître la vérité », a-t-il ajouté. 

Ces mandats, signés le 18 octobre 2007 par le juge parisien Patrick Ramaël et révélés le 22 octobre lors d’une visite d’Etat de Nicolas Sarkozy au Maroc, ont été notifiés ces derniers jours par Interpol, après accord du ministère de la Justice.  Ils visent le général Hosni Benslimane, chef de la gendarmerie royale   marocaine, le général Abdelhak Kadiri, ancien patron de la Direction générale des Etudes et de la Documentation (DGED, renseignements militaires), Miloud Tounsi, alias Larbi Chtouki, un membre présumé du commando marocain auteur de l’enlèvement, et Abdlehak Achaachi, agent du Cab 1, une unité secrète des services marocains. 

« Nous attendons l’application de ces mandats. Il y a tellement eu de fausses bonnes annonces dans cette affaire », a affirmé M. Ben Barka.  « S’il y a une réelle volonté politique, il faut qu’ils soient entendus par un juge marocain », a-t-il ajouté.    

Mehdi Ben Barka, chef de file de l’opposition marocaine en exil et figure emblématique du tiers-mondisme, a disparu le 29 octobre 1965 devant la brasserie Lipp à Paris, lors d’une opération menée par les services marocains du roi Hassan II avec la complicité de policiers et de truands français. Cette affaire n’a jamais été totalement élucidée malgré deux instructions judiciaires: le corps de Ben Barka n’a jamais été retrouvé et les conditions de sa mort n’ont pas été établies.    

Commentaires

  1. fiq dit :

    C’est pour quand les mandats d’arrêt contre les assassins de Ali Mecili le Moudjahid et le militant des droits de l’homme. Encore plus que le criminel est connu de tous, c’est un algérien et un proxénète.

  2. moul chache dit :

    LA NUIT TRAGIQUE Le vendredi 29 octobre 1965 vers midi trente, Mehdi Ben Barka est arrivé en taxi devant la brasserie Lipp. Il était accompagné d’un jeune étudiant, Thami El Azemmouri, connu comme membre actif de l’U.N.F.P en France. Deux policiers français, se sont approchés de leader marocain, ont décliné leur identité, ont présenté leur carte professionnelle et brandi leur insigne. Ben Barka a sorti son passeport que les deux flics ont examiné avant d’inviter le visiteur étranger à monter dans leur voiture. Controle de routine. Ben Barka avait une grande confiance dans la justice hexagonale et une admiration sans bornes pour le général de Gaulle. Rien de facheux, pensait-il,ne pouvait lui arriver en compagnie d’authentiques fonctionnaires de la police française.La voiture a démarré, conduite par un faux policier et trois truands direction fontenay-le-Vicomte. Quand la voiture de police est arrivée devant la villa, Boucheseiche a ouvert le portail. Ben Barka est descendu du véhicule, le truand l’a salué et l’a aimablement invité à pénétrer dans la maison. L’hote involontaire ne se méfiait toujours pas. Dans le salon, quatre policiers marocain attendaient le prisonnier: les deux fréres Achaachi,Saka et Mesnaoui. Ils n’en croyaient pas leurs yeux. Mehdi Ben Barka était-ilvraiment devant eux avec son costume gris et son feutre mou ? Ils n’osaient pas encore crier victoire et craignaient qu’un imprévu de derniere minute ne vienne encore sauver celui que la baraka avait déja protégé tant de fois. Mesnaoui fut le premier à prendre la parole. Il s’adressa à son interlocuteur avec une grande courtoisie et un infini respect. Il était bien l’homme de la situation car il s’exprimait avec verve, raffinement et une pointe d’humour. Il a su trouver les mots qu’il fallait pour annoncer à l’opposant que les personnes présente étaient des policiers du Cab 1 . Afin de mettre en confiance le prisonnier, il lui dit que ces membres éminents des services spéciaux avaient été envoyés pa Hassan II pour préparer une nouvelle entrevue avec un émissaire officiel. Un instant après, la Renault 16 de location est arrivée, conduite par Tounzi. L’agent des opération techniquesa parqué l’automobile dans le garage de la villa et à discuté quelques instants avec Boucheseiche avant d’entrer à l’intérieur.Au cours des deux heures suivantes, la demeure allait se remplir. Halim et ben youssef débarquaient en taxi, puis c’était au tour de Derfoufi et Bettiche. Les quetre policiers, extremement fatigués, mal remis encore de leurs émotions, se sont étendus sur le gazon du jardin. Bientot, la D.S. noire de l’ambassade du Maroc s’est rangée devant la porte. Hassouni en est sorti pour extraire du coffre de louds cartons plein d’eau minérale, de boissons alcoolisées, de sandwichs et de fruits. Vers 14 h 15, Tounzi sest rendu dans lejardin pour dire quatre policiers Marocains qu’ils pouvaient partir.A l’intérieur, l’atmosphére était plutot détendue. Ben Barka discutait avec les quatre fonctionnaires du Cab 1 qui l’avaient acceuilli. Durant six heures, dans un calme absolu, les policiers et leur détenu ont évoqué tres ouvertement la politique marocaine, la situation mondiale, les problémes du tiers-monde et la future Tricontinentale. Le leader s’est montré agréablement surpris de la culture et l’intelligence de ses jeunes geoliers.Ben Barka était à présent parfaitement serein. Il s’attendait simplement à négocier bientot les conditions de son retour au paysavec un gentlemen émissaire du roi Au sujet des émeutes du mois de mars à casablanca, Ben Barka n’a pas hésité à critiquer férocement le régime de Hassan II, le comparant aux dictatures d’Amérique latine.-Dans le pays, a-t-il expliqué en substance, il y a beaucoup de choses à faire en faveur du peuplke qui continue de souffrir. Mais tant qu’il n’y aura pas de démocratie, tant que les élections seront truquées, tant que les pouvoirs ne seront pas séparés, tant que les gouvernements ne seront pas légitimes, tant que les ex-officiers incultes de l’armée française seront élevés à des postes de responsabilités, enfin tant qu’il y aura les memes hommes dans l’entourage du roi, il ne faudra pas s’attendre à des changement dans le bon sens. Il a beaucoup insisté sur l’armée. Il y est revenu plusiers fois pour dire que les militaires devaient rentrer dans les caszernes et laisser la politiqque à des hommes compétents. Il s’en est pris avec virulence aux officiers supérieurs coupable d’occuper des fonctions stratégiques de gouverneurs de ministres. Eh, bien sùr, il a vilipendé les premiers d’entre eux, Oufkir et Dlimi. Entre l’analyse politique et quelques anecdote plaisamment racontées par Mesnaoui, le teps est passé trés vite. Selon le plan établi par Mohamed Achaachi, il fallaity patienter jusqu’à 22 heures, horaire prévu pour l’atterrissage à paris du petit avion militaire marocain. A ce moment, un tranquillisant serait injecté au detenu par l’infirmier Hasssouni, juste de quoi transporter sans encombre le ((colis)) dans la D.S. jusqu’à l’aéroport.A Rabat-Salé, les deux pilotes de l’appareil avaient reçu ordre de s’envoler pour Orly où ils devaient se ranger à l’écart, dans un coin tranquille du tarmac. De plus, tout avait été prévu pour que ce vol exceptionnel ne soit inscrit sur aucun registre officiel. Ni la présence de Dlimi ni celle d’Oufkir n’étaient prévues au programme. C’est dire que l’irruption de Dlimi vers 19 heures surpris tout le monde Le commandant avait atterri à paris avec un avion de ligne, mais sous une fausse identité. Arrivé en taxi, le nouveau venu entra dans le salon de la villa. Tous les policiers remarquérent qu’il portait des gants de caoutchou, semblable à ceux des chirurgiens. Ce détail laisse supposer que, déjà, il préméditait ce qui allais survenir… En le voyant entrer, Ben Barka se tut d’un seul coup. Bleme, tremblant, les yeux écarquillés, il se leva et fixa son ennemi. Il redoutait maintenenat d’avoir été séquestré dans cette villa de banlieu pour etre proprement liquidé. Les deux homme échangèrent des mots très durs, des insultes et des menaces. Ben Barka parlait en homme civilisé. Dlimi lançait des grossièretés dans un langage de voyou. Le commandant était un solide gaillard, un vrai paysan du Gharb, très violent, très agressif, qui parlait peu mais qui ouvrait la bouche que pour débier des stupidités et des obscénités indignes d’un officier supérieur des F.A.R. Il tenta d’humilier sa victime à coup d’allusions intimes qui n’étaient que pure invention mais qui mirent Ben Barka hors de lui. Il hurlait, gesticulait et voulut meme franchement se ruer sur Dlimi pour le faire taire. Le commandant donna ordre à Tounzi et Hassouni de se saisir de lui, de le ligoter sur une chaise, les mains derriere le dos et la bouche fermée par un large ruban de sparadrap. Dlimi entreprit alors de torturer méthodiquement sa proie si longtemps guetté. Il pouvait enfin assouvir sa vieille rancune. Sur sa chaise, Ben Barka terrorisé continuait à se démener, les yeux exorbités. Pour le calmer, Hassouni lui fit une injection. La dose devait etre trop forte car le supplicié perdit connaissance immédiatement et resta évanoui durant trois longue heures.Mohamed Achaachi, sidéré par ce débordement de violence et de cruauté, explosa de colére. Le responsable du département contre-subversion reprocha amérement au tortionnaire ses méthodes barbares et lui interdit de poursuivre dans cette voie. Indigné, la vois blanche, il donna ordre à Saka et Mesnaoui de détacher le malheureus, de lui retirer le sparadrap qui le baillonnait et de l’étendre sur un divan. La discussion, très vive, entre Achaachi et Dlimi se poursuivit durant près de deux heures. Vers 22 heures, Ben Barka retrouva ses esprit. Dlimi insista pour reprendre l’interrogatoire. Mohamed Achaachi s’y opposa. Vers minuit un taxi s’arreta devant la villa. Le général Oufkir arrivait, la parole pateuse et la démarche titubante. Il avait encore forcé sur le whisky. En voyant enter le puissant factotum du régime, Ben Barka fut saisi d’une nouvelle terreur, appelant inutilement au secours, persuadé que sa mort venait de pénétrer dans le salon. Oufkir autorisa Dlimi à reprendre la séance de torture, mais dans la cave cette fois-ci. Il somme Hassouni de faire une nouvelle piqure au captif, mais juste pour le calmer et non l’endormir, car il devait gouter jusqu’à l’abomination le chatiment que lui réservaient ses tourmenteurs. Le commandant avait trouvé un endroit idéal pour pratiquer ses horreurs: un petit recoin des sous-sols où il put faire suspendre le suplicié par les bras, les mains derrière le dos, les menottes aus poignets. Pendant ce temps, le général sortait de sa poche son habituel flacon de whisky et s’en imbibait méthodiquement. Malgré les précautions prises par l’infirmier, Ben Barka pardit connaissance à nouveau. Vers 2 Heures du matin, il ouvrit les yeux. ne plus rien comprendre de ce qui se passait autour de lui. Il n’était plus qu’un agonisant au regard empli d’une étrange tristesse. Un regard poignant, resté à jamais dans la tete de tous les policiers présents. Mohamed Achaachi s’est interposé à nouveau. Avec l’aide de Saka et Mesnaoui, il a soulevé le malheureux, lui a retiré les menottes, l’a allongé sur un lit de camp et a essayé de le ranimer pour le maintenir en vie. Mais il était trop tard. Le souffle déjà échappait au moribond. Il s’est éteint vers 3 heures du matin, ce samedi 30 octobre 1965. Le dimanche 31 octobre dans l’après-midi, la dépouille mortelle de l’opposant fut dissoute dans la cuve du P.F.2. à Dar El Mokri pour disparaitre à jamais…

  3. Spectateur dit :

    Maintenant je comprends pourquoi Gilles Perrault a di dans son livre « notre ami le roi que Oufkir est devenu à l’époque capitaine dans l’armée française parce que il defendait les interrets de la france beaucoup plus que les Français, alors il a été PROMU!
    En tous les cas les HEROS NE MEURENT JAMAIS.

  4. Mohand dit :

    Le bras armé du Roi Hassan 2 qui a organisé et mené l’opération à Paris , avec la complicité de policiers français est mort aussi d’une balle dans la tête.
    Dommage pour ses enfants et sa femme qui ont passé plus de 20 ans en prison au Maroc. Ils ont fuis les geoles du Roi et ils ont rejoins la France. La fille adoptive du Roi Hassan 2 , malika a écrit un livre pour relater la vraie histoire de son père OUFKIR. Elle a écrit dans le détail la vie inhumaine qu’on leur a fait subir , y compris le frère qui avait 2ans au moment de l’arrestation. J’invite tous ceux qui veulent savoir comment le Roi, musulman, qui se dit AMIR EL MOUAMININE , vit et traite les humains , c’est sidérant …
    Mohand

  5. amghar dit :

    Moul Chache nous raconte avec exactitude l’assassinat de Ben Barka!Comment a-t-il su tous les détails sur cette affaire?Peut-il nous divulguer la source de son récit?

  6. adel dit :

    L’histoire de Mehdi Ben Barka reflette la realite politique du monde Arabe et de l’Afrique tel qu’elle etait et tel qu’elle est aujourd’hui c´est a dire tenue par des corrompus incultes telecommandés par la malice extérieure

Laisser un commentaire

FRONT NATIONAL - Bouches-du... |
Mouvement des Jeunes Social... |
15ème circonscription du No... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Sagvar, le Roman Noir de la...
| Sarkophage
| UES - Claude WEBER