Hamida Ben Sadia, une femme libre

hamida.gifC’est un récit souvent bouleversant, empreint de détermination mais aussi de fragilité. Si l’itinéraire d’Hamida Ben Sadia ressemble à celui de bien des femmes musulmanes qui ont lutté puis raconté leur combat pour leur liberté face à un mari, une famille et les sociétés des pays arabes, où elles sont considérées comme des mineures aux yeux de la loi, cette « femme française » tient d’emblée à différencier ce livre autobiographique de certains de ces récits, qui véhiculent trop souvent clichés et caricatures des traditions musulmanes.

L’auteure rappelle en introduction le « malaise » qu’elle éprouve devant le succès de best-sellers instrumentalisant – parfois inconsciemment – les destins tragiques de leurs auteures « pour mieux promouvoir des visions injustes, méprisantes et parfois racistes du monde ». Et, tout en se sachant « mal placée pour dénier à ces femmes le droit de raconter les frustrations, les humiliations, les violences qu’elles ont subies (…), moi qui ai vécu un destin comparable », Hamida Ben Sadia s’interroge dès le début de l’ouvrage : « Jusqu’où peut-on parler de la réalité de femmes de tradition musulmane sans ouvrir un boulevard aux propagandistes de la haine ? Comment concilier antiracisme et féminisme ? »

Le ton est donc donné dans l’avant-propos de cet ouvrage sensible, tout en finesse, qui se veut le récit d’une vie et « non pas un livre de revendications », de la part de cette militante des droits des femmes des deux côtés de la Méditerranée, membre du comité central de la Ligue des droits de l’homme. Comme le précise le sous-titre, son existence est marquée par les étapes que constituent les allers-retours entre l’Algérie et la France, de Clamart à Bab El-Oued puis à Épinay-sur-Seine. Née en banlieue parisienne dans une famille kabyle pauvre non pratiquante, Hamida (comme ses parents) subit à partir de l’adolescence la pression culturelle de la famille restée au pays, avec in fine un mariage forcé et le « retour » dans un pays qu’elle connaît à peine.

Elle s’oppose bientôt avec force aux traditions et, malgré le code de la famille ou « code de la honte » promulgué en Algérie en 1984, réussit à imposer le divorce à son mari. Un divorce qu’elle paye cependant au prix fort puisque, pour pouvoir rentrer en France, elle doit laisser là-bas ses deux fils, qu’elle mettra ensuite plus de douze ans à faire revenir auprès d’elle. Sur plus de deux cents pages, Hamida Ben Sadia livre ainsi un témoignage fort, loin des idées reçues sur les femmes originaires du Maghreb. Celui d’une femme bien décidée à sauvegarder sa liberté.http://www.protection-palestine.org/spip.php?article7875

Commentaires

  1. abderezak zemmouri dit :

    C’est avec tristesse que j’ai appris le décès de mon amie, camarade, militante Hamida l’fahla qui a tout d’une grande.
    Malgré tout les problèmes qu’elle avait, elle na jamais cessé de militer, c’était la première qui avait traité les dossiers des disparus en France et prendre en charge les familles des disparus dans leurs déplacement en France ya l’fahla.
    Je t’oublierais jamais .
    Repose en paix ya l’fahla

    Abderezak ZEMMOURI
    militant defenseur des droits de l’homme

  2. ummqassim dit :

    Salem
    Femme unique et courageuse, pleine de bonté et de générosité, voilà l’image que je garderai toujours de cette Femme Formidable. Elle est notre modèle à toutes les femmes musulmanes et fière de l’être. Son combat n’a jamais été de discrédité l’Islam mais les traditions arcaiques que les générations et les hommes ont refusé d’abandonner. J’aurai tant aimé la rencontrer. Je prie pour toi, Hamida l’fahla et pour qu’Allah t’ouvre les portes de Sa miséricorde, Amine!! Que ton âme repose en paix, Amine!!!

  3. Anonyme dit :

    Merci Abderezek je suis Samy le fils de Hamida

  4. lynda dit :

    avant tout je présente mes sincères condoléances à ses fils kamel et samy. je ne connais pas hamida en personne mais ce que je peux vous dire qu’elle est une femme formidable, courageuse et exemplaire elle a pu casser tous les obstacles pour s’exprimer et a aidé plusieus femmes. j’ai pu la découvrir à travers son livre où elle raconte sa vie c’est une femme qui a souffert et qui a pu se relever pour aider ses enfants. ses enfants doivent etre fiers d’avoir une mère avec un bon coeur et surtout sa générosité.

  5. zina Rolland Abdellaoui dit :

    Bonjour Samy,

    c’est avec tristesse oh combien une grande tritesse, je n’ai pas pu me rendre à son enterrement, je connais ta maman depuis je ne sais combien au FFS avec Ouali et Tarek, mais vous entre temps vous étiez en Algerie. Elle était très malheureuse, d’abord vous étiez loin, encore moins sa situation en France bref j’en passe et mon seul et unique frère a été emporté d’un cancer en 2003 à l’âge de 30 ans et que ta maman connaissait, elle m’a beaucoup soutenu.

    Que vous souahitez d’autre, perdre une maman!!!!! fiston il n’y a que le temps wallah yatekoum sabar, et le temps guerri mais on oublie pas je crois le plus dure et le plus horrible est de perdre un enfant, un frère ou une soeur et une maman.

    Je ne me suis pas remise de la mort de Nacer et encore en 2008 une amie commune à ta maman est morte par cette sale maladie le cancer.

    Cette année 2009 est une sale année et du courage, je serai ravie de vous voir, je ne vous connais pas, que sur les photos datant de 1986.

    Je suis triste que Julien Dray alors qu’elle a collaboré avec lui pendant quelques années et aussi Malek Boutih

    Va sur Facebook et prend mes coordonnees et j’aimerai qu’on se voit, j’irais bientôt me recueillir sur sa tombe. et si je peux faire quoi que se soit, je serai la pour vous et surtout ton frère.

    je vous embrasse bien fort a vous deux

    affectueusement

    Zina

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