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Hocine Aït-Ahmed à Hamida Ben Sadia: »Dans notre Algérie de trahisons, ta loyauté s’est en effet toujours conjuguée avec «vérité»

hamida.jpgHamida, la très chère
Hamida, ma très chère

Quand je pense à toi Hamida, tout se bouscule: les discussions politiques, les souvenirs personnels, la chaleur de tant de soirées amicales…Mais dans cette profusion, une idée de toi s’impose: si il fallait incarner la difficulté d’être une femme, et une femme libre, dans nos sociétés, ce serait toi et nulle autre.
Nulle autre car, nous le savons, ta vie aurait pu être fracassée. Seuls t’ont sauvé ton tempérament indomptable et la passion des livres dans lesquels tu t’es réfugiée dès l’enfance.
Malgré tout ce que tu as subi, cette liberté, ta liberté, ne se sont jamais affirmées sur le mépris de valeurs et de traditions qui ont pourtant failli faire ton malheur. Tu es sortie de toutes ces épreuves sans haine, sans ressentiment.

Le miracle, ou plutôt ta force, c’est d’avoir su transformer le malheur en énergie positive, en moteur pour l’action, sur le plan personnel comme sur le plan politique. Ce malheur a fait de toi une femme à la fois fragile et déterminée à changer les choses et les ordres immuables. Une femme mue par une obsession permanente: ne jamais trahir les tiens. Et en cela déjà, tu restes unique.

Comment parler de toi, Hamida, sans t’enfermer dans l’une de tes vies ou dans l’un de tes combats, au sein de notre parti bien sûr, dans tant et tant d’associations, pour les libertés des femmes, pour que les enfants ne soient pas coupés de leur langue d’origine, pour les sans papiers, à la Ligue des Droits de l’Homme…

Ta richesse c’est d’avoir mené, en France comme en Algérie, tous les combats successivement et parfois de front, mais sans jamais les dissocier. Dans toutes ces luttes en effet, tu as toujours eu un seul fil conducteur, un seul dénominateur commun: «le droit, que le droit, rien que le droit», comme tu l’écris dans Itinéraire d’une femme française, le très beau livre que tu laisses comme viatique pour la vie à Kamel et Samy, tes deux fils tant aimés.
«Le droit, que le droit, rien que le droit», écho aussi à ta volonté initiale et radicale de refuser l’enfermement et de décider toi même de ta propre vie.

Comment rendre hommage à une comète ? Ce n’est pas une formule. Il y a trop d’affection et trop de respect entre nous pour que les formalismes de circonstance et bien de «chez nous» aient place entre toi et moi. Cela n’a d’ailleurs jamais été le cas. Dans notre Algérie de trahisons, ta loyauté s’est en effet toujours conjuguée avec «vérité». Tu as su me dire sans détour les choses qui fâchent avec la liberté de parole, la bienveillance …et la capacité de propositions concrètes qui te caractérisent. Ton fameux “volontarisme positif” Hamida.

Pourquoi occupes-tu une place toute particulière pour moi Hamida ?
Est-ce parce que j’ai vu en toi une insoumise viscérale mais responsable ? Est-ce à cause de ton exigence radicale, pacifique et décomplexée d’égalité, de justice et de liberté ? Est-ce à cause de ta détestation des faux semblants et de tous les dogmatismes ?

Je revois notre première rencontre. C’était à Alger en 1990 et tu «gérais» une assemblée générale de notre parti. Tu n’avais pas 30 ans et au milieu de cet aéropage à la composante bien masculine, ta maturité et ta lucidité politiques annonçaient la militante atypique que tu allais devenir.

Je te l’ai dit: si tu représentes comme personne cette génération de femmes issues de l’immigration, c’est aussi parce que tu as su prendre le meilleur des valeurs de notre société. C’est le formidable héritage que tu laisses à Kamel et Samy, tes enfants auxquels nous pensons tous très fort aujourd’hui.

Hamida, ma très chère, ta passion du dialogue et de la concertation, ta lucidité, ta révolte et ta tolérance, tes coups de gueule, ton humanité, ton rire, ta capacité à ne jamais baisser les bras, même devant la maladie qui nous prive de toi aujourd’hui…Je voulais juste te dire que tout de toi nous manque déjà atrocement.

Hocine

Commentaires

  1. amghar azzamni dit :

    Dans l’édition du jeudi 5 Novembre 2009,le quotidien national Liberté,publie un article intitulé »Démission collective au FFS.
    Faut-il rappeler que le FFS est un parti sérieux doté de son réglement intérieur,de ses commissions réglementaires qui couvrent largement le fonctionnement de toutes ses structures.
    Aussi,dans la perspective de ne point léser aucun de ses militants,les maires qui avaient délibérément désobei au mot d’ordre de la direction nationale concernant le boycott de la rencontre avec le président de la république à la coupole,ont été traduit en conseil national de médiation sur saisine du premier secrétaire national du parti.
    Ces maires avaient été entendus et ont eu à se défendre devant la commission en charge de leurs dossiers .
    A aucun moment,l’arbitraire n’a eu à se manifester lors de leurs audiences par les membres de la commission, car ces derniers se sont exprimés en toute démocratie.
    La commission de discipline a pris des sanctions à l’encontre de ces maires en toute équité et transparence.
    D’autre part,s’affirmer militant du ffs et, désobéir à sa direction nationale c’est se mettre délibérément au ban du parti.On ne peut etre assis,une fesse au parti et une autre dans les cercles du pouvoir!Nous sommes pourtant des opposants au systéme,alors pourquoi donc rallier le camp adverse!
    S’agissant du maire de DBK qui a refusé de se soumettre aux réglements du parti,il a préféré démissionner de son propre chef sans que personne ne le contraigne à le faire.Pourquoi a-t-il agi ainsi en anticipant,à lui de nous le dire!
    Quand aux militants qui ont démissionné pour soutenir leur maire,ils devraient nous dire si cela a été fait pour un quelconque intéret.En tout cas,ce n’est surement pas dans l’intéret des populations comme ils le prétendent!
    Sachez messieurs que militer dans un parti comme le ffs est une éthique!Il est vrai que ce n’est pas une simple sinécure,tant le FFS dérange certains milieux du pouvoir.
    Le FFS fait de la résistance politique et ne peut se permettre de retenir en son sein des militants désobéissants.
    Pourtant plusieurs des maires FFS n’ont pas répondu favorablement aux appeaux du pouvoir pour se rendre à la coupole.Comment le FFS se serait-il tu sur cette affaire et passer sous silence la désobeissance de certains de ses maires.
    Un hommage est donc rendu aux maires qui se sont abstenus car c’est un acte politique de grande importance!
    Par ailleurs,il serait utile de signaler que ces militans démissionnaires,ont été pris certainement d’affollement en apprenant qu’ils ne pouvaient faire parti du congrés fédéral qui s’était tenu à Tizi Ouzou.Ils se sont sentis écartés définitivement de la politique du FFS,et donc ils ont agi de la sorte,croyant produire un coup médiatique qui risquerait de déstabiliser le parti.
    C’est une erreur tactique grave,car ceci n’est qu’un coup d’épée dans l’eau car le ffs est suffisamment fourni de militants sincéres et aguerris aux coups fourrés!

  2. amghar azzamni dit :

    Prétendre etre militant du ffs et désobeir à son mot d’ordre de boycott de la rencontre avec le pouvoir en place est tout à fait ridicule.C’est trahir la confiance qui leur avait été faite lors de l’accréditation qui leur a été attribuée lors des confections des listes électorales de novembre 2007.
    Pourquoi dans ce cas se bousculaient-ils au portillon au moment de recevoir leurs accréditations?
    C’est donc leurs interets principaux qu’ils jouaient à ce moment-là.Une fois élus,ils se sont mis dans la tete qu’ils trahiraient cette confiance!

  3. amghar azzamni dit :

    Merci Président d’avoir rendu ce vibrant hommage à la militante infatigable que fut notre chere amie defunte Hamida.
    Cher Président,aucun verbatim ne pourrait savoir qualifier son parcours militant,son courage de dire,son amour du prochain et son acharnement de lutte pour que vive la démocratie et la liberté d’expression non seulement dans son pays d’origine l’Algerie mais aussi partout ailleurs dans le monde.
    Hamida,malgré ses responsabilités familiales auxquelles elle doit quotidiennement faire face a toujours su comment dissocier ses obligations personnelles de celles relatives à sa lutte contre le nepotisme et la négation politique.
    Cher Président,l’hommage que vous venez de rendre à cette militante convaincue ne manquera pas de titiller les coeurs de tous nos militants assoiffés de libertés démocratiques et continuera de réveiller en nous cette flamme de révolte contre le despotisme généralisé et le clientélisme.
    Cher Président,militer dans un parti tel que le FFS a de tout temps été une éthique mais une simple sinécure.Par les temps qui courent beaucoup de barrages sur le chemin de la démocratie y sont dressés et il faudrait l’endurance fougueuse d’une Hamida pour les enjamber et poursuivre résolument sa trajectoire vers le bonheur qui serait celui des futures générations.
    Hamida,nous a laissé un trésor que nous devrions exploiter quotidiennement.Comme disait un honorable écrivain, »il faut faire aujourd’hui ce que continuerons de faire les autres demain ».

  4. Ammisaid dit :

    Toutes les branches qui s’étaient greffées pour pourrir ou transformer l’arbre solide qui se nomme FFS et dont le tronc avait pris racine dans le terre au quelle s’était sacrifié tout un peuple, vont tôt au tard tomber pour aller rejoindre l’arbre des traîtres et des criminels.
    C’est devenue une habitude, cher Amghar azzemni, de voir partir ceux qui n’arrivent pas à changer le chemin qui s’était tracé le FFS par son président et ses militants sincères. Le problème qu’ils rencontrent, ceux qui viennent pour le soumettre au pouvoir et à ses maîtres: c’est le programme politique du FFS: La Constituante, l’alternance du pouvoir, la souveraineté populaire, une justice indépendante et une égalité de toutes et de tous devant la loi, la justice sociale et le partage équitable des richesses, les libertés individuelles et la liberté d’expression, le respect intégrale des droits de l’homme et la promotion de notre identité nationale…
    Ces valeurs sont sacrées, immuables et constantes dans le parti depuis sa création. Ces valeurs ne peuvent pas être portées par des hommes qui pensent à leurs intérêts personnels, qui pensent par leurs ventres ou leurs sexes et qui pensent que le pouvoir sert à s’enrichir, à réprimer les opposants, à acheter les consciences, à nourrir les assassins, à humilier les faibles, à écraser les révoltés, à massacrer et a assassiner les résistants, à terroriser les hommes et femmes qui veulent rester digne, à affamer le peuple et à diffuser l’ignorance et les maux de toute sorte dans la société.
    Ceux sont ces valeurs qui ont fait que le pouvoir n’avait jamais supporté et ne supporte toujours pas ce parti qui refuse d’être corrompu, qui résiste à toutes les infiltrations, à tous les coups tordus pour le déstabiliser et qui n’écoute aucun chant de sirène hormis l’appel du peuple à vivre digne et libre toute en participant à la construction d’un état de droit dans lequel tous ses enfants pourront avoir la même chance pour s’épanouir et si possible prospérer.
    Ceux sont ces valeurs qui font que beaucoup de peuple, notamment, dans les pays arabes, les pays dans lesquels la dictature a toujours eu la peau dur, le visage hideux et le coeur orgueilleux, continuent à se battre pour recouvrir le cours de leurs histoires (l’histoire écrite par de hommes d’une droiture extraordinaire, même si beaucoup nous disent le contraire)
    Ceux sont ces valeurs qui ont fait, que l’autre Amghar azemmni, je nomme Mr Aït Ahmed, s’était engagé pour libérer notre pays des griffes méchantes du colonisateur et qui ensuite, avait refusé tous les strapontins de la honte (député, ministre, président…) que les usurpateurs de notre indépendance lui avaient proposé.
    Ceux sont ces valeurs qui ont font que le FFS avait produit et continue à produire des militants dont l’engagement pour la dignité de leur pays et de son peuple est exceptionnel, malgré, que beaucoup d’entre-eux furent assassiné ou éloigné du peuple.
    Vive le FFS et son combat et vive tous les enfants de l’Algérie qui refusent la soumission, le mensonge, le fatalisme, le renoncement et le désespoir.
    Vive une Algérie libre, juste, digne, fraternel, solidaire, prospère et fière de ses valeurs, de son identité entière, de sa diversité totale et de son histoire réelle quelque soit ses insuffisances et ses erreurs.
    Allah yerham echouhada de la guerre et de l’après l’indépendance.
    Fraternellement

  5. amghar azzamni dit :

    Rectification: »mais pas une simple sinécure »
    Merci de corriger mon texte cher el mouhtarem

  6. Passager ...... dit :

    Cet éspace est dédier à l’hommage et à la Mémoire de notre Camarade et non moins Amie Hamida Bensadia et non à des questions internes du parti aussi légitime soit elles , merci .

    « Je veux Vivre , Rester Libre , je veux m’envoller vers le Ciel » ; à TOI HAMIDA .

  7. amghar azzamni dit :

    Si  » passager  » fait allusion à la question des maires demissionnaires pour avoir été traduits en commission de discipline,j’ai le regret de lui apprendre que notre chere HAMIDA n’aurait jamais été satisfaite de leurs comportements et de leur lacheté affichée envers les recommandations de la Direction Nationale..
    De grace,ne qualifiez point de « militant » qui reste une noble tache,des personnes qui ne répondent pas à la démarche globale adoptée par leur iinstance supérieure.En d’autres termes cela se nomme « la fronde « !
    Cet espace est effectivement une page de libre débat,mais que chacun d’entre nous assume ses responsabilités car on ne fait pas ce qu’on veut,cependant on est responsable de ce qu’on fait!
    Salutations et pardon pour cette mise au point meme si elle fait mal,car la vérité ,il faut qu’on se la dise à tout moment et librement!C’est ce qui construit un parti politique où la démocratie reste tout le temps de mise!
    Il est vrai que l’on ne doit pas vivre sous le despotisme mais par ailleurs il n’est pas conseillé non plus de vivre dans l’anarchie car cette derniére ne nous fait aboutir qu’à une débacle annonciatrice de troubles graves dans une meme famille politique ou autre!
    On n’a pas le droit de se mettre au ban de sa famille politique:il faut accepter les régles de la démocratie pour s’unir véritablement!
    Et ce qu’on fait nos maires en question est préjudiciable à la survie du parti!

  8. amghar azzamni dit :

    @ ami said,bonjour ass amagazz à toi et à tous les militants sinceres des libertés démocratiques.
    Le combat continue inlassablement vers des horizons de liberté pour notre pays grace à des femmes et des hommes armés de bonne volonté et de convictions indéfectibles!Certes les armes des démocrates et celles des despotes sont d’une inégalité flagrante mais la justice finit toujours par triompher!
    On dit en kabyle: wine youmssane ivane youmasse , wine yatsoughadhane adhwine oumi arayassimasse!( Le sale est sale,il est visible mais le pauvre est celui qui risque d’etre sali par ce dernier)!
    Bon courage ami said,continues d’écrire,tu es trés instructif!

  9. Yenna-Yas Winna dit :

    Je viens d’apprendre la nouvelle.

    J’ai rencontré Hamida à deux ou trois reprises lors de débats sur la démocratie en Algérie vers 1990/1992 puisque je suis d’origine kabyle comme elle. Nous étions tous les deux dans la mouvance “démocrate” même si nous partagions pas les mêmes idées. Elle était au FFS. J’étais au RCD. Inutile de dire que je n’y suis plus depuis longtemps. On finit toujours par comprendre la manipulation. Quel gâchis! Mais ceci est une autre histoire.

    Elle avait cette ténacité tendre, cette volonté bienveillante, ce courage tranquille d’une “opposante” qui s’oppose avec une sorte d’intelligence du coeur. Je ne l’ai jamais vu haineuse ou méchante même si elle était claire et déterminée.

    Comment ne pas être en admiration face à ce joyaux de la nature si fin, si pur et si authentique. J’étais subjugué. Qui ne l’était pas? Et je ne l’ai rencontrée qu’une ou deux fois dans ma vie. Quelques dizaines de minutes tout au plus. Et je m’en souviens encore près de vingt ans plus tard, comme si c’était hier! Elle était exceptionnelle.

    Elle était à mes yeux le parfait symbole de ces années folles où nous croyions tous, dur comme fer, que la démocratie aller enfin libérer et rendre justice à notre peuple, meurtri par tant d’années de haine machiavélique, de violence gratuite et d’oppression programmée dans l’archipel du goulag de la SM.

    Ses yeux dégageait une sorte de peine joyeuse qui résumait à la fois son parcours personnel douloureux et sa soif de justice et de liberté avec un je ne sais quoi de doux et de tolérant.

    Je viens d’acheter son livre dont j’ai découvert l’existence hier. Je l’ai lu d’une traite. J’avais les larmes aux yeux à maintes et maintes reprises, moi qui ne la connaît guère. C’était comme une invitation à partager une intimité spirituelle, une connivence toute en sensibilité entre gens de bien.

    J’étais en effet spirituellement avec elle le temps de la lire juste pour lui dire combien j’admire son parcours humain, tellement humain et si bref parmi nous « les vivants ».

    Sa vision était sincère, totale, sans réserve, à forcer l’admiration. Et même si elle a commis des erreurs – qui n’en commet pas? – elle l’aura fait de bonne foi.

    Je suis de ceux qui croient que l’on peut mourir le coeur léger à partir du moment où l’on aura donné un sens à sa vie en suivant un code de conduite juste et honnête tout en défendant des valeurs nobles. C’était le cas de Hamida.

    Même si tu as choisi de partir si vite, nous ne t’aurons jamais perdue tant que nous resterons fidèles à l’esprit épris de justice et de liberté qui a animé ta démarche ici-bas.

    Repose en paix petite soeur.

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