Meryem, l’ exemple des abus des multinationales

meriem2.jpgPar H. Mouhou, Le Jeune indépendant 

Mme Meryem Mehdi boucle aujourd’hui son 12e jour de grève de la faim illimitée pour demander sa réintégration dans son poste d’origine à Hassi Messaoud, d’où elle avait été abusivement licenciée le 8 novembre dernier par son employeur, la multinationale British Gas (BG). Le Jeune Indépendant a rendu visite, avant-hier, à cette dame de 41 ans, à la Maison des syndicats d’Alger où elle observe son abstinence depuis le 10 de ce mois.

Son médecin indique que «l’état clinique de Meryem se dégrade avec une pâleur cutanée apparente, un affaiblissement, des vomissements bilieux et des vertiges à chaque fois qu’elle tente de se lever». Mais la pâleur, la voix éteinte et la mine fatiguée n’arrivent pas à voiler la ferme détermination qui transparaît à travers les yeux de Meryem. «Je refuse d’être injustement licenciée. Je refuse d’accepter un licenciement qui me met arbitrairement dans la précarité», tonne cette digne fille de Béjaïa, déclarant qu’elle «leur (à British Gas, NDLR) a toujours rendu service et accompli des tâches au-delà de celles prévues dans mon contrat».

Diplômée supérieure, polyglotte, Meryem Mehdi a été recrutée en mai 2007 par British Gas en qualité de coordinatrice de l’administration des opérations à Hassi Messaoud. Elle avait signé un contrat de travail à durée indéterminée (CDI). Elle avait mis très vite sa compétence en évidence et donné pleine satisfaction à son employeur.

N’admettant toutefois pas les inégalités et les traitements de faveur dont bénéficient les employés étrangers, Meryem se révèlera revendicative, mais aussi et surtout honnête et intègre, entravant donc les «play around», ces pratiques peu orthodoxes réputées courantes chez les multinationales exerçant dans le Sud algérien notamment. Commença alors, entre 2008 et 2009, le harcèlement administratif et moral à son encontre : pas de promotion, pas d’augmentations de salaire et encore moins de formations à l’étranger ou en Algérie comme le stipulait le contrat.

Pourquoi ? «Pour me faire sentir mal et quitter», répond-t-elle.

En octobre dernier, les responsables de British Gas lui ont fait savoir leur intention de disposer d’elle, avant de lui signifier son licenciement le 8 novembre dernier. «On m’a prétexté une soi-disant réorganisation de l’administration des opérations. Or, je suis la seule à être licenciée, alors que deux autres employés ont été recrutés. Le paradoxe est que j’occupe un poste organique et qu’il y a des conditions légales bien spécifiques pour annuler un tel poste», explique-t-elle, soulignant que son licenciement «est en violation du code de travail algérien, de l’accord de principe entre BG et le gouvernement algérien, du règlement intérieur de l’entreprise et de mon contrat de travail».
«J’invite les autorités algériennes à jeter un coup d’œil sur mon cas mais aussi sur celui de tous les travailleurs algériens exerçant dans les multinationales dans le Sud, pour défendre leurs droits et leur dignité. C’est l’instauration d’un féodalisme et d’un néo-esclavagisme réels», dénonce-t-elle.

Quant à moi, je suis prête à aller jusqu’à la mort. Ces gens doivent reconnaître leur tort, me réintégrer dans mon poste d’origine sans conditions et me présenter des excuses. Je refuse que n’importe quel étranger vienne me dicter sa conduite au mépris des règles et des lois de mon pays», conclue-t-elle. Le cas de Meryem Mehdi a suscité un élan de solidarité national et international notamment chez des mouvements syndicaux d’Europe. Le comité femmes du SNAPAP qui soutient Meryem dans son épreuve a saisi le président de la République en plus des responsables de British Gas à Londres et à Alger.

Commentaires

  1. Hkm dit :

    aaah si ceci serait arriver ailleurs le resultat aurait été autres,….

    respectez vous et le monde vous respectera
    pauvre algerie

  2. amghar azzamni dit :

    Pourtant,nous sommes un pays souverain reconnu par l’ONU depuis notre indépendance.Nous avons notre législation,notre code du travail,nos instances chargé du suivi réglementaire de tous nos textes et décrets concernant les relations de travail.
    Alors,comment nos responsables du Ministére du Travail,ne font-ils pas appliquer les lois en vigueur en Algérie.L’inspection du travail se doit d’intervenir pour régler tout conflit de ce genre et stopper les dépassements constatés de ces sociétés étrangéres installées dans notre pays qui utilisent notre main d’oeuvre.Cette dame,en gréve de la faim,n’a commis aucun impair dans son travail et ne mérite pas d’etre licenciée d’autant plus qu’elle est détentrice d’un contrat de travail indeterminé.C’est un licenciement abusif et l’inspection du travail devrait faire un procés verbal au tribunal prudhommal qui prendra en charge l’affaire en application des lois sur la relation de travail en vigueur dans notre pays.

  3. salim dit :

    j’éspère que les personnes qui sont autour de mme meryem la fassent raisonner pour qu’elle cesse sa grève de la faim car avant tout le suicide est Haram.je voulais lui dire à madame meryem, que n’etant recrutée que depuis 2007,peu de choses pour une carière professionnelle, c’est trop prématuré pou exiger des promotions,des augmentations de salaire et en plus des formations à l’étranger.il y’a beaucoup de gens avec des diplomes supérieurs, polyglottes qui travaillent dans des sociétés nationales et qui ont des salaires minables, ils sont traités comme de simples employers pas de formations ni en algerie ni à l’étanger. sans parler de ceux qui travaillent dans les sociétés algeriennes privées ,ils sont traités comme des moins que rien. madame meriem ne vous suicidez pas ayez crainte de Dieu, si vous pensez qu’il y’a injustice ne vous emprenez pas à la vie que le bon Dieu vous a confié, car après tout c’est lui qui trace nos chemins. et j’ajoute que les travailleurs qui se croient tout dù et se prennent la tete en pensant qu’ils méritent certaines choses et qui commencent à casser les pieds aux résponsables finissent toujours par se casser la gueule, ça s’est vu dans tout types de sociétés et ça n’a rien avoir avec le fait que la societé soit étrangère ou nationale et arretons de prendre toujours les étrangers comme étant un diable qui veut nous posséder.l’algerie a besoin qu’on se retrousse les manches et qu’on bosse, comme partout ailleurs dans le monde car nous sommes très en retard.madame vous n’etes pas la première qui a perdu son travail et vous ne serez pas la dernière.si vous avez des compétances élevées vous n’allez pas chomer, Dieu est avec vous. car l’algerie ne vas pas faire la guerre pour votre licenciment, soyons logique.Et en plus pour le moment l’algerie n’est pas autossuffisante du point de vue le savoir technologique et elle a besoin d’investisseurs oxydantaux.pour évoluer il faut vaincre la mentalité noire qui s’est installée depuis la décenie noire. madame meryem ne vous suicidez pas s’il vous plait.

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