Hommage à Mohamed GHARBI: La mort dans l’âme

mohamedgharbidr.jpgKarim AIMEUR pour « Algérie Politique »

Le condamné à mort, si injustement condamné, laisse penser que le pansement des blessures ne saura être du seul ressort du temps, surtout quand elles sont rouillées par les hommes.

Combien est-il dur de se trouver entouré de quatre murs et abandonné par ses propres pairs au lendemain d’un parcours militant sans vergogne ? Combien l’est-il davantage quand on sait qu’on s’est sacrifié, de bout en bout, pour que soit debout un pays qui a traversé autant de crise qu’on ne peut énumérer ? Combien est-il difficile de s’imaginer condamné par ceux-là même que notre combat a libéré d’un joug aussi serré que celui d’une puissance mondiale ?

Le condamné à mort, si injustement condamné, laisse penser que le pansement des blessures ne saura être du seul ressort du temps, surtout quand elles sont rouillées par les hommes. Celui que la cour de Guelma a condamné à mort était de ceux qui croyaient que la défense du pays se fait au prix de la vie. Il était Moudjahid. Il était également Patriote. Il a pris les armes pour défendre sa Patrie contre les colons et il les a reprises pour la défendre contre ceux qui voulaient la mettre à genoux. Celui que le juge a condamné à continuer ses jours entre quatre murs sait déjà que se rougir devant un tel acte (avoir tué un repenti qui n’a cessé de le menacer de mort) est une insulte à la virilité elle-même. Le terroriste se targuait même d’avoir plus de considérations que lui.

Il sait également que la condamnation émanant des hommes n’a aucune influence sur celle  qu’inscrira l’histoire dans ses travers à propos de la grandeur de l’homme. Il a accepté la condamnation émanant des hommes pour échapper à celle émanant de l’histoire. Car, sachant que l’histoire condamne celui qu’il a «liquidé» et celui qui l’a jugé. Celui qui a consacré toute sa vie pour que l’Algérie vivra debout est condamné à mort. Il sait que la politique de ceux qui l’ont condamné veut nous pousser à ne plus défendre nos hameaux, nos villages et nos villes. Les sanguinaires écumes toujours nos montagnes, nos villages et nos villes. Il sait tout mais il a accepté de subir l’injustice des hommes pour gagner la justice et l’honneur de l’histoire. Il sait tout mais il l’a fait pour sauver son honneur.

Nous vous tirons chapeau à vous qui avez su défendre ceux qui vous ont abandonné en gardant un silence religieux sur votre cas. Nous sommes avec vous Mohamed Gharbi. Les ténèbres n’auront jamais raison de la lumière. C’est écrit. 

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