2 janvier, 2010
Hommage à Mohamed GHARBI: La mort dans l’âme
Karim AIMEUR pour « Algérie Politique »
Le condamné à mort, si injustement condamné, laisse penser que le pansement des blessures ne saura être du seul ressort du temps, surtout quand elles sont rouillées par les hommes.
Combien est-il dur de se trouver entouré de quatre murs et abandonné par ses propres pairs au lendemain d’un parcours militant sans vergogne ? Combien l’est-il davantage quand on sait qu’on s’est sacrifié, de bout en bout, pour que soit debout un pays qui a traversé autant de crise qu’on ne peut énumérer ? Combien est-il difficile de s’imaginer condamné par ceux-là même que notre combat a libéré d’un joug aussi serré que celui d’une puissance mondiale ?
Le condamné à mort, si injustement condamné, laisse penser que le pansement des blessures ne saura être du seul ressort du temps, surtout quand elles sont rouillées par les hommes. Celui que la cour de Guelma a condamné à mort était de ceux qui croyaient que la défense du pays se fait au prix de la vie. Il était Moudjahid. Il était également Patriote. Il a pris les armes pour défendre sa Patrie contre les colons et il les a reprises pour la défendre contre ceux qui voulaient la mettre à genoux. Celui que le juge a condamné à continuer ses jours entre quatre murs sait déjà que se rougir devant un tel acte (avoir tué un repenti qui n’a cessé de le menacer de mort) est une insulte à la virilité elle-même. Le terroriste se targuait même d’avoir plus de considérations que lui.
« Algérie Politique » s’entretient avec le chanteur-interprète Said Amazigh membre de la troupe « Debza »
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Jeudi 2 janvier 1992, à l’Appel de Hocine Aït-Ahmed, des centaines de milliers de personnes venues d’Oran, de Relizane, de Kabylie, de Tindouf et d’ailleurs ont défilé quatre heures durant. La foule criait à en perdre la voix ’Vive l’Algérie Libre et démocratique’. ’Ni Etat policier, Ni Etat intégriste mais Etat Démocratique’, rapportait Algérie Actualités. Hocine Aït-Ahmed ajoute « l’Algérie moderne existe si on lui donne les moyens de s’exprimer. Les mosquées étaient devenues le refuge des marginalisés et des exclus, donnons leur une autre alternative, ils la saisiront. »
Le rapport annuel 2009 de Reporters sans frontières (RSF), classe l’Algérie à la 141e place sur une liste de 171 pays, avec la note de 49,56. L’Algérie recule de 20 places par rapport à 2008. «Quand les puissants ne font pas arrêter les journalistes, ils les harcèlent par des plaintes en série devant les tribunaux. En Algérie, le directeur de publication du quotidien El Watan,Omar Belhouchet, a reçu, à lui seul cette année 15 convocations devant les juges», peut-on lire dans le communiqué de RSF. Parmi les Etats du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, l’Algérie est classée loin derrière le Koweït, le Liban, les Emirats arabes unis, le Qatar, la Mauritanie, Oman, Bahreïn et le Maroc. En Afrique, l’Algérie occupe la 41ème place. 



