Encore l’ironie du paradoxe de la corruption en Algérie

corruption.jpg« Corruption » pour « Algérie Politique »

La corruption pose un sérieux défi à l’Algérie. Dans le cadre politique, elle entrave la démocratie et la bonne gouvernance, en rendant perverses les processus formels. La corruption dans les élections et dans les corps législatifs réduisent la transparence, l’accountability et la représentation des décideurs politiques. La corruption dans le système judiciaire entrave l’application de la loi. La corruption dans l’administration publique résulte dans la mauvaise qualité des services. En général, la corruption érode la capacité des institutions, des procédures, et cause le gaspillage des ressources. Les gens sont recrutés et promus sans tenir compte de leur performance, etc……En conséquence, quand certains responsables parlent de la corruption. Il y a plusieurs formes de corruption, à tous les niveaux de la société civile.

De quelle corruption s’agit-il exactement, en Algérie ? Si c’est de la déclaration du patrimoine des hauts responsables, le gouvernement prend le peuple algérien pour des ânes. Même si cette campagne à la FLN est entamée, le malaise de l’Algérie n’est pas résolu, car la problématique de cette caste est à géométrie variable. Les gens qui vont s’occuper de ce dossier, ont-ils les compétences adéquates pour éradiquer ce fléau ? Non. Donc, à notre avis, c’est encore une manœuvre dilatoire pour gagner les élections et garder la situation telle qu’elle : Rien ne va changer. Le peuple algérien veut un changement radical et pur. Chemin faisant, pour préparer le nouveau mandat, et aussi séduire l’électorat, le gouvernement lance une campagne anti-corruption. Certains pays l’ont fait avec succès, car la base politique est saine et transparente. Et, cela renforce le développement économique du pays.

Pour combattre la corruption, il y a des outils. Pour cela, il faut la transparence et l’accountability d’un gouvernement. En Algérie, ces deux éléments fondamentaux pour la lutte anti-corruption sont quasi-absents. Alors, entamer une campagne anti-corruption sans aucun fondement préalable devient en tout état de cause un nouveau paradoxe d’ironie : C’est une gifle qui serait donnée au peuple algérien. Durant l’Empire Ottoman, le Dey a donné un coup d’éventail au Consul de France, car la France n’a pas payé ses dettes. L’histoire se répète: Pour s’occuper de la corruption, c’est une deuxième gifle qui se produit sur le sol algérien. Comment peut-on parler d’anti-corruption ? Par ailleurs, le FLN a gouverné le pays depuis 1962. Tous les responsables sont issus en majorité de ce parti.

Le Président et la caste d’Oudja sont dans le gouvernement depuis 47 ans. Le constat des choses est qu’il y a une caste opulente et un peuple dans la misère. Donc. Cette caste s’est enrichie aux dépens du peuple. Comment, parmi un groupe de voleurs, le chef des voleurs va désigner un voleur pour s’occuper de la campagne anti-corruption. Le commun des mortels dirait tout haut, c’est un paradoxe et une aberration à la FLN. Pour faire une politique anti-corruption, il faut une nouvelle équipe, et attaquer les causes et les diverses de la corruption, à tous les échelons de la société, sur base d’une transparence et d’une accountability, sinon le futur de l’Algérie sera connu d’avance : Pas de changement et assurer la continuité avec la progéniture du FLN. C’est au bon sens du peuple qu’il faut appeler cette fois-ci, et à une nouvelle équipe.

Commentaires

  1. Meziane dit :

    Article copié du site: http://observateurocde.org/news/fullstory.php/aid/142/Qu_est-ce_que_la_corruption_.html

    Qu’est-ce que la corruption?

    Enery Quiñones, Chef de l’Unité anti-corruption, daf.contact@oecd.org
    De nos jours, la corruption est un sujet qui est ouvertement évoqué dans la plupart des pays, et rares sont ceux qui prétendent ne pas en souffrir. C’est là une bonne chose, car les hommes politiques, les représentants patronaux et syndicaux, les journalistes et la société civile ont ainsi, exceptionnellement, l’occasion de s’exprimer d’une seule voix pour dire que l’éradication de ce fléau revêt un caractère d’urgence.
    En revanche, ils ont plus de mal à s’entendre sur ce que recouvre précisément la notion de corruption. Même la définition la plus largement utilisée, à savoir « l’abus de pouvoirs conférés par une fonction publique à des fins d’enrichissement personnel », peut paraître simplificatrice.
    Au début des années 90, de multiples initiatives ont été prises dans le but de lutter contre la corruption, au niveau national et régional aussi bien qu’international. Elles ont donné lieu à une coopération exceptionnellement intense au niveau mondial qui a débouché sur l’élaboration d’une panoplie d’instruments internationaux comme la Convention de l’OCDE sur la lutte contre la corruption d’agents publics étrangers dans les transactions commerciales internationales ou la Convention pénale du Conseil de l’Europe sur la corruption. La raison pour laquelle la communauté internationale s’est mobilisée pour lutter contre la corruption est simple: celle-ci ne respecte aucune frontière, n’admet aucune distinction économique et s’introduit dans toutes les formes de gouvernement. A terme, aucun pays ne peut supporter les coûts sociaux, politiques et économiques qu’entraîne la corruption. Elle sape la confiance dans les institutions politiques et incite à mépriser les règles du droit ; elle fausse l’affectation des ressources et nuit à la concurrence sur les marchés ; et elle a des effets néfastes sur l’investissement, la croissance et le développement. En outre, la corruption a un coût extrêmement élevé pour les classes les plus pauvres de la population dans la mesure où elle leur interdit l’accès aux services de base essentiels.
    OPACITÉ ET MOBILITÉ
    Une multitude de facteurs peuvent influer sur la corruption, sur ses différentes manifestations, sur son étendue, voire sur l’idée que s’en fait le public. Il est indispensable d’en comprendre les multiples aspects pour essayer de s’y attaquer avec efficacité.
    La corruption se présente sous de nombreuses formes. Corruption active, extorsion, fraude, trafic, détournement — mais aussi népotisme et connivence — en font partie. Les actes les plus directs n’impliquent pas toujours le versement de fonds ; d’autres « cadeaux » ou avantages, tels que l’admission dans un club très fermé ou la promesse de bourses pour des enfants, ont été utilisés comme « pots- de- vin » pour conclure des affaires. Quelle que soit sa forme, la corruption implique toujours un échange ; elle suppose qu’il y ait, d’une part, une offre (le corrupteur) et, de l’autre, une demande (le bénéficiaire). C’est la raison pour laquelle il faut mettre au point des mesures visant les deux termes de cette relation.
    Par ailleurs, la corruption peut exister dans de nombreux secteurs de l’économie. Un cas souvent cité, et moralement répréhensible, est celui des agents publics qui abusent de la confiance du public en se laissant corrompre par des entreprises privées. Cependant, les distinctions entre le secteur privé et le secteur public s’estompent avec les privatisations, et la corruption qui sévit à l’intérieur du secteur privé n’est pas non plus sans conséquences néfastes. Même si elle n’est pas aussi courante, la corruption entre agents publics existe également. Ainsi, le scandale récemment soulevé par une affaire de corruption entre des représentants de gouvernements et des responsables du Comité international olympique pour influer sur le choix de la ville qui devait accueillir les Jeux olympiques nous rappelle que les règles valent également entre représentants des autorités et ceux d’organisations non gouvernementales.
    Il y a aussi différents degrés de corruption. Certains observateurs établissent une distinction entre la « petite » corruption et la « grande » corruption. La première concerne généralement le versement de sommes peu élevées à des agents publics de rang inférieur, dans le but de « faciliter les choses » ou de contourner certains obstacles bureaucratiques. A plus grande échelle, les cas des grandes entreprises multinationales versant des milliers, voire des millions de dollars à des responsables gouvernementaux ou des hommes politiques pour obtenir des contrats commerciaux lucratifs, qui font la une des journaux. Cette distinction ne signifie pas que certaines formes de corruption sont pires que d’autres. De fait, la petite corruption, qui peut entraver la mise en œuvre de programmes d’enseignement et de soins de santé de base, peut avoir des conséquences très sérieuses, impliquant parfois de nombreuses années supplémentaires de dénuement pour les populations économiquement désavantagées.
    Lorsque la corruption atteint les institutions politiques et économiques d’un pays, ce n’est plus un petit groupe d’individus malhonnêtes qui est en cause, mais une corruption institutionnelle ou systémique. Ce phénomène se développe particulièrement lorsque les institutions sont en position de faiblesse ou inexistantes. Il est étroitement lié à une mauvaise gestion des affaires publiques. La corruption systémique est particulièrement répandue en l’absence de moyens de contrôle législatifs adéquats, d’instances judiciaires ou d’instances de contrôle autonomes, de moyens d’information professionnels et de représentants de la société civile indépendants. Face à cette forme de corruption, des réformes visant à assurer plus de transparence et de responsabilité dans les institutions publiques et les activités des administrations doivent être mises en œuvre sans retard.
    La tâche est considérable. Il ne faut cependant pas oublier que chaque fois qu’il y a corruption, à quelque niveau que ce soit, ce sont en définitive les citoyens et la société tout entière qui en sont les victimes. C’est pourquoi la lutte contre la corruption est si importante. La recherche de mesures efficaces, crédibles et applicables pour éradiquer la corruption et pour en désigner les responsables n’est pas seulement un noble objectif. C’est peut-être la survie de nos institutions économiques, politiques et juridiques qui est en jeu.
    * * * * * * * * * * * * * * *
    Bibliographie:
    OCDE, Affairisme: la fin du système: Comment combattre la corruption, publication en septembre 2000.

  2. Crystalcollege dit :

    « Pour lutter contre la corruption ; il y a des outils » peut-on lire. Bien entendu, mais si le paradoxe de la corruption en Algérie existe de si longue date, c’est qu’elle dispose elle aussi d’outils bien installés. Et il faudrait peut-être les lui arracher avec plus d’énergie.

    Tandis qu’El Watan vient courageusement de refaire un point sur un dossier qu’on sentait glisser dans le silence, l’affaire de l’autoroute montre à quel point on ne voit, veut voir ou veut faire voir que les parties émergées et médiatiquement correctes de cette affaire.

    Le nom d’un des principaux prévenus, Med Chani, qui mit le feu aux poudres n’est pratiquement plus cité. On passe à ce qui est politiquement plus parlant et plus en vue. Voilà qui est naturel, mais jette dans l’ombre une réalité essentielle; le réseau et ses outils…

    A titre d’exemple, c’est ici qu’intervient la curieuse histoire de la société H.

    Sise jusqu’en 2004 à la résidence Chabani où elle ne payait aucun loyer officiel, lorsqu’éclata l’affaire Faki , elle dut en catastrophe et sous l’injonction d’un propriétaire jusqu’alors complaisant, quitter les lieux précipitamment pour se réfugier dans les locaux loués de la société « Swedish Cosmetics » à Dely Ibrahim. Dans le même temps, son actionnariat fut révisé par un tour de passe-passe ou le dénommé Med Chani fit monter sa participation de 50% à 95%, 5% aboutissant alors dans les mains de AM – gérant actuel et cousin du fondateur et gérant démissionnaire poursuivi dans le cadre de cette affaire Faki (A. Brahimi): ce dernier est toujours en fuite aujourd’hui, condamné par contumace dans le cadre de l’affaire Faki. A noter, que dès la fondation de cette société, le gérant actuel de la société H. avait été directeur administratif et financier, il était donc en contact étroit avec les actionnaires pour tout ce qui touchait aux aspects juridiques et bancaires ou financiers. A cette époque, cette société s’était fait remarquer pour son aptitude à décrocher des contrats importants et pionniers auprès d’Algérie Télécom, en dépit d’une sous-capitalisation, d’un chiffre d’affaires ridicule et d’une évidente faiblesse de ressources humaines. Pourtant la société s’embarqua sur des mégalo-projets et n’avait jamais de réels problèmes de trésorerie, car ses actionnaires étaient au Luxembourg et jouaient aussi le rôle de « banquier » à long terme.

    Faits significatifs:
    - une licence ADSL qui ne devint jamais opérationnelle, avec un DSLAM abandonné chez AT et n’ayant jamais été mis en fonctionnement.
    - une fourniture à ATS d’un hub Canadien (EMS à l’époque) facturé à plus de 1 M de dollars à ATS, hub qui ne fut pas payé par ATS (!) qui dénonça la convention quelques années plus tard. Ce hub a tout de même été mis en fonctionnement. Le non -paiement n’empêcha pas la société de continuer à tourner…
    - une convention Wimax, jamais exploitée et qui fut elle aussi dénoncée par AT.
    - sur la marché privé la société H. vendit des segments spatiaux de la société Eutelsat, qui eût la naïveté de lui faire crédit pour un temps, mais la société H. avait confié la gestion à un cadre local aujourd’hui affublé du titre de directeur général, qui géra l’encaissement des recettes en liquide et remit au département comptable de la société des sommes qui ne purent jamais être réconciliées avec les facturations officielles; certains employés de H. le constatèrent sans être en mesure de s’y opposer, et un cadre de la société remit un courageux rapport d’audit interne à l’actionnaire principal de l’époque (Med Chani précisément) pour dénoncer ces pratiques, mais ce dernier resta volontairement sourd et le cadre en question quitta la société écœuré. Eutelsat bien entendu ne fut jamais payée.
    - Parallèlement, Med Chani était introduit dans le capital de la société Ilias H. à Paris, une petite antenne de façade, également, mais pouvant jouer un rôle d’appoint au moment où les intérêts Luxembourgeois étaient menacés.

    A l’époque, la société H. fut sur le point d’être fermée par les autorités; presque tous les membres du personnel furent interrogés par les services, l’un d’entre eux n’ayant pas cherché à s’enfuir et finissant par être condamné ferme dans le cadre de l’affaire Faki. Passons les détails pour la stratégie de défense adoptée alors par l’actionnaire algéro-luxembourgeois Med Chani -lui aussi mis en cause aussi bien au Luxembourg qu’en Algérie- et sur son associé algéro-parisien O.B., autre cousin du dénommé Anouar Brahimi, et aux idées « religieuses » notoires; tous deux parvinrent à arracher un sursis en appel. On pouvait penser qu’à la suite de cette première affaire, l’actionnaire algéro-luxembourgeois désormais maître du jeu veillerait à respecter une gouvernance saine… Mais sa préoccupation fut de faire prospérer ses contacts en Asie, où il faisait depuis longtemps de fréquents voyages.

    Eclate fin 2009 l’affaire de l’autoroute. La société H. abritée gracieusement dans les locaux de la société « Swedish Cosmetics » à Dely Ibrahim n’est pas à la différence de cette dernière placée sous scellés… Des démarches en catastrophe orchestrées par OB, l’associé algéro-parisien de Med Chani, permettent de relooker l’actionnariat compromis de la société H. Mais la société, qui vit d’un médiocre chiffre d’affaires, perd à nouveau son « banquier de fait » au Luxembourg. Il lui est impossible de gérer des contrats d’importance, au moment précis où elle tente de convaincre l’armée de lui passer un important contrat d’achat sur un logiciel étranger. Un voyage est alors effectué en catastrophe à Beyrouth pour convaincre le grossiste BM, lui-même représentant du fournisseur américain LF. AM, Le gérant de H. en Algérie ne décide plus rien; il est aux ordres du cousin OB de la société Ilias H. en France et du DG « faux-nez » mis en place par ce dernier dans la société H. pour « aider » son cousin-gérant à Alger.

    Aujourd’hui même, pendant que les regards sont tournés ailleurs, cette société H. est un exemple des rouages qui perdurent au-delà de toutes les vicissitudes et dont les actionnaires, pour les uns totalement de paille, pour les autres très « actifs et dominants » semblent se passer le relais brillamment : dès que l’un d’entre eux a commis un faux pas, un autre arrive pour prendre le relais et sauver la mise, les blocs étant transférés, de façon rétroactive si nécessaire. La société H. attend à cette heure la notification de commande de la division informatique de l’armée, tirant partie d’une rédaction de cahier des charges à faire sourire le moindre débutant en faculté de droit. L’armée ne semble guère se soucier de la personnalité des signataires de ses fournisseurs et la vie continue: personnalité pourtant connue puisque l’un des protagonistes a depuis longtemps été fiché (et au-delà !) par elle en raison de ses sympathies présumées pour les opposants de l’époque au régime. Autre indifférence: la cascade de l’intermédiation d’Alger à Beyrouth puis Long Beach en passant par Paris…

    Première conclusion; la cupidité surfe toujours sur les relations avec l’étranger… Il ne fait pas de doute que la société H. n’est qu’un petit exemple de ces réseaux montés depuis l’étranger et qui doivent leur « efficacité » aux multiples liens tissés dans de nombreux pays, aux têtes de pont d’apparence modeste et respectable qui existent à droite et à gauche, mais qui permettent de jouer sur la durée et créent l’illusion d’une activité économique quant en fait les masses financières qui intéressent quelques individus trouvent leur origine ailleurs. Tant qu’on laissera en place les outils, la disparition d’un maillon n’empêchera pas les réseaux de se reconstituer rapidement…D’ici à ce que l’instruction du dossier se poursuive, on a donc le temps de voir apparaitre d’autres affaires, car les mêmes causes produiront les mêmes effets.

    Deuxième conclusion : le maintien d’une faculté de double jeu semble également consubstantiel au système. On l’a vu plus haut avec le retournement d’A. Télécoms, clouant la société H. au pilori après l’avoir intronisée, sans renoncer à prendre livraison d’un hub qui restera non payé, ou bien avec les atermoiements de l’armée dans le cadre de son acquisition de logiciel depuis six mois. Le double jeu permet les renversements d’alliances et d’intérêts au gré des rapports de force et de circonstances, avec un résultat à la clef : faire monter les enchères de toute nature.

    Ainsi vivent les paradoxes, dont les racines demeurent solides…

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