SOS Disparus:«L’Etat détient des archives sur les disparus »

disparus2008.jpgAbbes Said pour « Algérie Politique »

Une trentaine de familles de disparus s’est rassemblée hier devant l’entrée de la Maison de la presse à Alger pour réclamer la vérité sur la disparition de leurs enfants durant les années 90. Les manifestants dans leur grande majorité des femmes ont organisé pendant plus d’une heure un sit-in criant leurs slogans habituels et affichant les photos de leurs disparus.

Ces familles sont venues principalement des wilayas du centre du pays, Alger, Tipaza, Médéa, Boumerdes, Tizi-Ouzou et Bouira. L’un des organisateurs a expliqué que la faible assistance est du «au manque de moyens financiers» des familles qui «ne peuvent assumer leur déplacement trop coûteux». Selon ce responsable, les familles qui ont été indemnisés par l’Etat «commencent à rejoindre le mouvement  et réclament le corps ou la dépouille de leurs fils ou parents disparus».

L’association SOS disparus a également rendu public hier un communiqué dans lequel elle s’insurge contre les propos de Me Farouk Ksentini président de la Commission nationale des droits de l’Homme, le 18 mars au forum d’El Moudjahid ,dans lequel il avait affirmé que faute d’archives et de témoignages «la demande de vérité des familles des disparus est irréalisable en pratique». 

SOS Disparus reproche au président de la CNCPPDH d’être le porte-parole du gouvernement en «osant conseiller aux familles de tourner la page». Cette association affirme que les archives «existent dans les  brigades de gendarmerie, les commissariats, les tribunaux, les ministères…». En témoigne la correspondance adressée par SOS Disparus au président du CNCPPDH le 02 juin 2004 et portant l’accusé de réception de ladite commission dans laquelle une liste de 29 noms figurent avec leur dossier respectif à savoir l’état civil du disparu, les auteurs de l’enlèvement, le circonstances de l’enlèvement et les témoignages sur l’enlèvement.

Pour étayer leurs propos, les membres de l’association SOS Disparus relèvent qu’en 2007, la CNCPPDH indiquait dans un rapport (officiel) que «le chiffre de 7.200 disparus, fourni par la gendarmerie nationale est le plus fiable». Ce qui prouve bien, selon cette association que «l’Etat détient des informations sur les disparus». De plus, Sos disparus affirme aussi disposer «de plusieurs milliers de témoignages décrivant les circonstances et de noms des responsables de l’arrestation, de noms de témoins, de lieux de détention, de moyens de procéder et de faire disparaître».

Le communiqué ajoute qu’en en 2004, SOS Disparus avait remis à la CNCPPDH «une série de dossiers extrêmement circonstanciés, citant des témoins, reprenant le nom d’agents ayant procédé aux arrestations et toutes les démarches effectuées devant la justice ». Enfin, SOS Disparus s’interroge si l’Etat «met effectivement en œuvre tous les moyens légaux qui sont à sa disposition pour localiser les personnes disparues, comme il est censé le faire en vertu de l’ordonnance portant application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale». Pourtant ajoute l’association présidée par Yous Fatima «l’Etat algérien a délivré des milliers de constats de disparition sans que la famille n‘ait été associée aux supposées recherches et sans qu’un seul disparu n’ait été retrouvé, ce qui amène à dire que les investigations les plus élémentaires n’ont pas eu lieu».

Commentaires

  1. yidir dit :

    L’ETAT DEVAIT DETENIR LES (et non des…) ACHIVES SUR LES DISPARUS ,c’est parmis les grands probleme que ce pays est a confronter
    a l’avenir!

  2. hakim5 dit :

    l algerie ….est elle inscrite comme pays terroriste (par certains pays) pour rien????…le QUI TUE QUI est toujours d actualité .

  3. justice&verite dit :

    l’etat est responsable.

    « etat » = ceux et celles qui sont dans le pouvoir et decident sans le choix du peuple sur le destin de l’algerie.

    Cet etat est responsable de la disparution de ces etres humains.

    Au bon entendeur.

  4. zaaf dit :

    La solution des disparus se trouve ne grande partie dans les locaux situés à Blida, à Alger centre et au Chateau neuf: les reponsables sont tjours en vie, l’un est promu au sein de l’ANP, l’autre après avoir effectué une balade aux AE, il est à la tête d’une institution sous tutelle de la Justice, le dernier, après avoir échappé à l’affaire Khalifa est en paisible retraire. Toutes les personnes ayant suivi cette affaire le savent très bien. Alors Maître Ksentini, ça suffit de mener les gens en bateau.

  5. amghar azzmar dit :

    Pour celles et ceux qui connaissent le Coran Dieu dit : » 3inda Rabikoum takhtassimoun « . Ce verset du Saint Coran en dit long et, en même temps, il est très lourd de conséquences quand on est croyant.
    Pour les peuples qui ne sont pas croyants, l’éthique humanitaire quand elle est respectée,ne permet pas à un humain d’en liquider un autre arbitrairement.On ne peut séquestrer une personne sans sa traduction en justice dans les pays où le respect des droits de la personne humaine est appliqué.
    La pratique utilisée à l’endroit de ces disparus lors de la tragédie nationale s’apparente et relève particulièrement de l’arbitraire.C’est en terme plus clair,une forme de liquidation physique sans jugement.Les familles de disparus ne demandent que leur droit de savoir ce qui est advenu de leurs enfants pour faire le deuil s’ils sont éventuellement décédés.Ils veulent bien tourner la page mais non sans l’avoir lue et relue pour comprendre la situation.
    Jugez-en: comment le fils d’un disparu va-t-il répondre à son enseignant qui lui demanderait de décliner la profession de son père ????? Difficile de retenir ses sanglots, n’est-ce pas ? A méditer,s’il vous plait……..car je n’y arrive pas dans une Algérie de un million et cinq cent mille martyrs de la révolution.

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