Presse algérienne: En guise de poudre aux yeux, une certaine liberté de ton !

presse.jpgNarmotard pour « Algérie Politique » 

Merci monsieur GHRIB Mohamed pour votre communication qui excite, en moi, l’appétit pour déguster un bon débat contradictoire d’idées.  Je partage volontiers votre très pertinente communication, à laquelle je voudrais ajouter quelques impressions et idées personnelles.
J’abonde ainsi dans le sens de votre affirmation qui dit: « L’affranchissement de la presse indépendante de la relation ombilicale avec le pouvoir, n’a pas encore conduit à une rupture de dépendance par rapport à la totalité des clans du pouvoir ». Je constate en effet que chaque canard de la presse algérienne, privée ou dite indépendante, traîne obligatoirement un fil à la patte, le reliant à tel ou tel clan civil, militaire ou policier ou parallèle du pouvoir. Ainsi, tout litige ou différent qui éclate à l’intérieur de la « famille clanique » sera exposé dans la forme et le fond, puis diffusé, par les canards protagonistes correspondants, comme une information et de manière telle, qu’elle trompe, désinforme et manipule le lecteur non initié. Parce que cette désinformation leur est, à mon avis, exigée, de gré ou de force, par le strict respect de la protection et de la pérennisation du régime politique en cours, en tant que socle commun aux différents clans du pouvoir en place.

En guise de poudre aux yeux, une certaine liberté de ton purement formelle accompagne quelquefois des critiques à l’encontre des institutions du pouvoir, mais vise beaucoup moins les dogmes, les raisons d’Etat et les mobiles claires et objectifs, que les personnes, sans jamais atteindre évidemment les décideurs de l’ombre et de l’omerta. C’est ainsi que l’autocensure réflexe conditionné est consentie plus ou moins volontairement dans la mentalité des éditorialistes algériens.


Il n’est pas permis à ces voltairiens d’expliciter, d’argumenter et de pousser leurs analyses satiriques, plus ou moins littéraires, jusqu’à évoquer et justifier la nécessaire et radicale rupture avec le régime politique en place. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que cette presse privée dite indépendante, s’autorise à franchir la ligne rouge établie, en explicitant les avantages et l’intérêt commun d’une alternative démocratique et pacifique que souhaite le peuple timidement, et que réclame sans cesse, depuis 1963 à ce jour, le parti FFS de AÏT AHMED Hocine, parmi de rares autres.

C’est là qu’apparaissent le déficit professionnel en matière d’investigation journalistique ainsi que la résignation au renoncement à ce qu’on aimerait réaliser librement. C’est ce qui va aboutir à la manipulation du lecteur crédule en particulier, et de la population en général. Je termine, après mes excuses pour de la longueur de ma communication et mes remerciements pour votre attention, par la citation de Machiavel, rapportée par un journaliste digne de ce nom et auteur d’une pertinente tribune intitulée “Changer de république pour vaincre les abus”. Cette citation est la suivante: “Que les princes ne se plaignent pas des fautes commises par les peuples soumis à leur autorité, car elles ne peuvent venir que de leur négligence ou de leur mauvais exemple”.

Commentaires

  1. amghar azzamni dit :

    Le mot indépendant est trés lourd de sens!
    Devenir presse indépendant s’est répudier définitivement et courageusement tous les liens qui nous rattachent à un clan donné!C’est effectivement un exercice trés difficile dans notre pays et c’est pour cette raison qu’il necessite un combat permanent au prix d’efforts multiples de résistance et d’idéologie!
    Etre lié,se soumettre à l’autocensure ,ce n’est pas etre indépendant pour un journalisme professionnel, sans parler de la déontologie à laquelle doit se conformer un journaliste digne de ce nom!Hélas ,dans notre pays et ce, depuis l’instauration de l’état d’urgence, la profession de journalite se confond avec l’asservissement à un pouvoir qui choisit l’information à donner aux masses populaires!
    Mais malgré toutes ces contraintes qui leurs sont soumises par un pouvoir qui veut tout controler, nos journalistes feraient mieux à se concentrer dans un meme combat libérateur de la corporation afin de sauver les droits d’informer justement et de garder jalousement leurs lignes politiques respectives.

  2. yacine dit :

    Les Chinois appellent cela « combattre le drapeau rouge avec le drapeau rouge ». En clair, les opposants font semblant de s’opposer et la presse fait semblant d’être indépendante. Mais en réalité, ils sont tous dépendants les uns des autres et se nourrissent tous à la même mamelle des hydrocarbures. Dieu seul sait ce qui adviendra de ce pays lorsqu’il n’y aura ni gaz ni pétrole.

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