Sit-in des cachetiers de la radio: Les grévistes dénoncent le «chantage» de la DG de l’ENRS

radio.jpg(…) Le collectif des journalistes cachetiers de la Radio a volé en morceaux. Ils ne sont désormais que trois, derniers survivants des «révoltés du Bounty» à l’animer. Hier, à l’heure du «rassemblement de solidarité» auquel a appelé le collectif des grévistes de la Radio, sur le parvis requinqué de la place de la Liberté de la presse (rue Hassiba Ben Bouali), affichait un trop-plein de képis dans une clinquante indifférence générale. Il y avait davantage de policiers en tenue et/ou camouflés que de représentants de la société civile, de médias publics ou privés. Les syndicats de la profession, dont la toute nouvelle Fédération nationale des journaliste (FNJA), ont aussi faussé compagnie. (…)

(…) La gorge nouée, Samir Larabi, le porte-parole du collectif, s’accroche à sa «victoire morale» comme s’accrocherait un naufragé aux cordes du vent : « Nous n’accepterons jamais les conditions posées par la direction générale de l’Enrs ni le chantage exercé sur des employés dont le seul tort est d’avoir revendiqué un droit garanti par la loi : un contrat de travail en bonne et due forme pour des travailleurs cachetiers, astreints au service permanent. » Le préalable à la réintégration des protestataires, tel que posé par le directeur général de la Radio, n’est autre, a-t-il dit, qu’«une pâle copie de la paix des braves. Une réintégration dans des termes vils et indécents ».

En contrepartie de cette réintégration, la direction générale de l’ENRS aurait, selon lui, exigé des grévistes de rendre publique une déclaration dénonçant la « manipulation » dont aurait fait l’objet leur mouvement de protestation. Ils devraient également consentir à reprendre le travail avec leur statut initial (cachetier) et accepter une réaffectation dans d’autres stations de radio. Ainsi tondus, les mutins ne peuvent même plus prétendre à conserver la feuille de vigne.

«Doula heggara. Etat oppresseur.» Mourad Abacha, reporter à Radio El Bahdja et membre du collectif, n’y va pas de main morte. La radio, employeur public, est le premier à fouler aux pieds les lois de la République. « La loi est claire, notre convention collective l’est aussi. Elle interdit d’employer un journaliste sans contrat de travail. Or parmi nous, certains, qui ont plus de dix ans de métier, sont employés comme cachetiers, sans couverture médicale ni assurance sociale. Comment l’Etat peut-il, dès lors, exiger des journaux privés de respecter la loi ? » Après avoir retracé les péripéties de leur mouvement revendicatif, leur « suspension abusive », les « manœuvres dilatoires », les tentatives de « médiation inaboutie », M. Abacha se dit « déterminé » à poursuivre le combat : « Ils peuvent toujours nous licencier, ils ne tueront jamais en nous l’envie de rester journaliste ! » (…)

Rabah Abdellah, ancien secrétaire général du Syndicat national des journalistes (SNJ), revient quant à lui sur les déclarations de Azzedine Mihoubi, lundi, dans la presse nationale, assimilées à une fuite, un déni de la réalité : « Le travail à la pige, a dit le secrétaire d’Etat, est une forme juridique reconnue dans les entreprises médiatiques. Des dizaines de journaux travaillent à la pige. Je veux juste lui rappeler que pour ce qui est de cachetiers de la Radio, mobilisés tels qu’ils sont à longueur de journée, sans droit au congé, sans couverture sociale, sans un salaire digne, est un statut qui n’est reconnu par aucune loi. Ce n’est rien d’autre que de l’exploitation pratiquée à grande échelle par un employeur public. » Mohand Aziri, El Watan

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