Témoignage sur Ali Mecili

alimecili.jpgRamdane Sadi pour « Algérie Politique »

Pour autant qu’il m’en souvienne, c’est depuis 1971/72 qu’Ali Mécili m’avait, à l’occasion de la campagne de promotion faite autour de Taos Amrouche pour sa première (et combien mémorable!) série de récitals au 18h du Théâtre de la Ville, « recruté » comme son contact régulier. Parmi les personnes qui allaient immédiatement et, à des degrés divers, directement être impliquées, il y avait Madjid Bali, Hachemi Naït Djoudi, Boussaad Mammeri et mon frère Hend.

Je ne saurais affirmer que tous étaient présents à la réunion, organisée autour d’Aït Ahmed par Ali fin 72 début 73 dans un hôtel du 6ème arrondissement, crois-je me souvenir.

Ces contacts avec Aït-Ahmed ont été relativement suivis, jusqu’à des rencontres à Lausanne à plusieurs reprises, jusqu’aux années 80.

Naturellement mon frère Saïd avait été mis au courant de ces contacts, qui me valurent d’être arrêté et refoulé aux frontières à deux reprises en août 1973: A Maghnia d’abord, à l’aéroport (Maison Blanche) ensuite.

Plus tard, vers 1985, j’ai même organisé avec le soutien de feu mon bon maître feu Robert Jaulin, le premier (à ma connaissance et à cette date en tout cas) meeting ouvert au public de Aït-Ahmed en Europe dans un amphi, plein à craquer, de Jussieu-Paris qui avait réuni quelque 500 personnes. Un ou deux jours avant, ce meeting précédé d’un bon « tractage », avait aussi fa(????)

Avec Ali Mécili, nos rapports ont toujours continué à être des plus fraternels et chaleureux: la veille de son assasssinat, je l’avais appelé comme de routine, vers dix-neuf heures. Je le sentais stressé et je lui proposai de passer à la maison s’il le voulait. Il m’avait répondu qu’il était fatigué (?), mais il me proposait de réserver mon samedi après-midi et soirée (nous étions un mardi, me semble-t-il) pour que nous fassions un tour d’horizon et dînions “en familles” pour finir.

Le lendemain, une sonnerie de téléphone me réveilla vers sept heures: c’était Tarik Mira qui m’annonçait la nouvelle.

Entre temps, naturellement, il y avait eu diverses interventions d’Ali en faveur d’artistes dans le besoin, jusques et y compris pour… des soins dentaires ! Mais aussi et plus sérieusement, son impulsion décisive dans plusieurs opérations de communications, quelques pages dans “Libération” et autres interventions sur des radios (France Inter, avec les merveilleux Frantz Priollet, Maryse Friboulet, Aline Paillé…), mais surtout le projet “Libre Algérie”, dont j’avais conduit la réalisation des premiers numéros (Ali et moi-même ayant, me semble-t-il, écrit la totalité du contenu du numéro “0″), puis en compagnie de Tarik Mira qui venait d’arriver en France à partir de la deuxième “livraison” et, plus tard, d’un certain Jacques Simon (que je ne connaissais pas et qu’Ali m’avait présenté comme un syndicaliste de l’enseignement). Le même Jacques Simon que j’ai, il y a un an ou deux, entendu disserter (sur Brtv ?) sur son rôle de “fondateur et/ou directeur” de cet éphémère publication sans seulement nommer ni Tarik ni moi-même !

Commentaires

  1. kader dit :

    Jacques Simon, feu ali Mecili et qui encore a fondé Libre Algérie ? Qui ? Et à qui appartient le titre, intellectuellement parlant ?

  2. Zine El hadda... dit :

    Lebateau Algérie…
    Le bateau Algérie « ivre » qui chavire , a perdu sa vitesse et n’a pas désormais de repères…Les houles montagneux et les nombreux vagues lui ont arraché la proue à un moment où la poupe est déjà endommagée. Le commandant seul, dans le navire ne trouve ni ses cartes ni sa boussole. Le bateau n’a plus d’orientation d’où la bataille que se livrent, aujourd’hui ,les équipes , entre le clan qui soutient et l’équipe de la mouvance nouvelle .C’est la situation qui prévaut en Algérie.C’est digne d’une image d’un vrai bateau ivre au milieu d’un océan mondial agité par une situation économique qui met tous les pays à genoux. A la différence des autres pays, l’équipage du bateau Algérie est hétéroclite et fantôme, ce qui constitue un double handicap pour le pays.Le présumé commandant à bord est sous somnifère pour ne pas dire ivre.une seule solution pour ce bateau sans avenir, le démantèlement pur et simple. Fin peu glorieuse qui pourrait inciter le commandant déjà cité à se précipiter vers sa tombe en tirant les leçons de ces deux vers du poète Arthur Rimbaud.
    Comme je descendais des fleuves impassibles,
    Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
    Des peaux-rouges criards les avaient pris pour cible,
    Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs .
    Ainsi, la marine marchande du pays est en faillite. N’a-t-on pas le devoir de nous orienter vers l’autre marine pour sauver le bateau en détresse ?

  3. amghar dit :

    A la lecture de la réponse que Ramdhane Sadi a eu l’audace de donner à mon commentaire, il me revient en mémoir d’ailleurs trés fraiche, qu’il n’a jamais été détenteur du Prix d’excellence à la date qu’il a invoquée et que les personnalités qu’il a citées n’ont jamais assisté à une remise de prix au collége moderne de Tizi Ouzou.Je voudrais également rappelé à Mr SADI, que durant le 11 Décembre 1960, il n’y jamais eu de coups de raffales tirées par les militaires pour la simple raison qu’ils n’y étaient pas présents mais que ce sont les CRS de Redjaouna qui avaient lancé des grenades lacrymogénes.Je peux en témoigner car nous étions mes camarades et moi-meme sortis manifester en dehors de l’enceinte du Lycée.Quant à Djazia Amellal que je connais trés bien, elle alliée à ma famille, je doute fort qu’elle connaisse Ramdhane Sadi qui avait 3 Classes supérieures à lui.
    Les vérités doivent etre rétablies telles que et sans aucune animosité!
    Pour information,en ce qui concerne les anciens éléves du Lycée, je les cotoie tous les jours que le Bon dieu fait!De leur part, je ne me vois pas à aucun moment désapprouvé par eux, ils sont tous mes amis.De ce coté El hamdouallah car ils savent trés bien mon parcours militant!

  4. Ramdane SADI dit :

    Merci de vouloir bien déplacer le commentaire ci-dessus de « Amghar » qui ( bien moins que celui de « Aït Mohand », que vous avez jugé hors sujet ici) n’a absolument RIEN à voir avec Ali Mécili. Mais il pourrait avoir sa place dans les « Souvenirs de Lycéens  » ou autre « Libres Débats », d’ailleurs, car, pour tout dire, je ne vois pas un ancien élève du Lycée Amirouche écrire ce qu’il écrit, comme il le fait de surcroît. Mais cela est une autre histoire.

    A défaut, je vous demande, au tout de moins de remettre ici ma contribution d’hier (supprimée).

    Faute de cela, des lecteurs de bonne foi pourraient être fondés à penser que j’aurais cautionné tout ce qu’il a développé ici. Développements que vous êtes libres de juger recevables, mais dont vous n’avez pas le droit de les amplifier à mon détriment en leur donnant l’aura de la mémoire d’Ali comme caisse de résonnance qui plus est.
    Merci de votre compréhension. R. Sadi.

    Ps : Je ne demande pas spécialement la publication de ce « post ».

  5. Ramdane SADI dit :

    Je viens d’avoir, pour enfin le lire, le « best seller »(1) du moment.
    Dans son dernier « post » dans ce forum, « Amghar », insistait, en dénégation à l’un de mes souvenirs:

    « A la lecture de la réponse que Ramdhane Sadi a eu l’audace de donner à mon commentaire, il me revient en mémoir d’ailleurs trés fraiche, (…) que les personnalités qu’il a citées -[Krim, Ouamrane, Boumendjel, Dahlab(?)…]- n’ont jamais assisté à une remise de prix au collége moderne de Tizi Ouzou. »

    Voici ce que je trouve dans mon actuel livre de chevet p. 320 (de la première édition, épuisée) :

    « Nous étions encore au lycée en cet été 1962. Une délégation du GPRA conduite par Krim Belkacem vint présider la cérémonie de la distribution des prix. Sans être trop explicite, le signataire des accords d’Evian invita dans son discours la jeunesse à veiller à ne jamais laisser la force et l’injustice dominer l’Algérie, qui avait payé un lourd tribut pour vivre dans la liberté et la dignité (…) »

    Mais je dois reconnaître que « Amghar » a toute latitude de démentir, à l’aune de sa « mémoir d’ailleurs trés fraiche », cet autre témoignage pour évidente conjonction d’intérêts… Ou au motif que, comme moi-même et quelques autres (n’est-ce pas D. A. ?) mon frère, lui non plus, « [n’aimerait] pas les Algériens ».

    R. Sadi, AlgeriaFaraDase.Com.

    (1) « Amirouche, une vie, deux morts, un testament… », S. Sadi, Alger 2010.

  6. ral le bol dit :

    On efface tout et on recommence. Parfois il faut savoir faire table rase pour repartir de plus belle. Pauvre pays ivre de liberté et on en est encore à se demander qui a fait quoi et à qui. Pendant ce temps, les hommes, les vrais et les femmes dignes de ce nom, construisent l’avenir de leurs enfants. Vous faites quoi là à vouloir refaire un monde défait à jamais. Allez, au travail!!

  7. Mohand dit :

    voici un lien sur un nouvel article que vient de publier le site viva-lalgerie.com

    http://www.viva- lalgerie.com/content/exclusif-hasseni-d%C3%A9finitivement-fix%C3%A9-sur-son-sort-le-mois-prochain

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