COUP D’ETAT DU 19 JUIN 1965: Déclaration de Boudiaf au nom du CNDR

boudiaf.gifLe 19 Juin 1965, Ahmed Ben Bella est renversé par l’armée et Boumediene prend le pouvoir. Les évènements d’Alger donnent une fois de plus raison a Mohamed Boudiaf qui pressentait le danger que représentait une force puissament armée stationnée aux frontières algéro-marocaines et algéro-tunisiennes.

Au nom du C.N.D.R. ( Comité National de Défense de la Révolution ) il fera la déclaration suivante : 

« L’Algérie est a nouveau à un tournant de son histoire, les récents évènements d’Alger, loin de nous surprendre, viennent comfirmer nos prévisions: né d’un coup de force, formé d’alliances hétéroctiles, le régime Benbelliste renfermant, au départ, les germes de sa propre destruction.

Le jeu criminel auquel s’est livré Ben Bella depuis Tripoli trouve ainsi sa conclusion logique dans cette chute sans panache. Ni la démagogie, ni les basses manoeuvres n’ont pu empêcher la déconfiture d’un régime maintenu coûte que coûte, au mépris de toutes les aspirations et de tous les espoirs du peuple algérien.

L’élimination de Ben Bella démontre en outre la justesse de nos positions. Mais le changement intervenu à Alger ne peut nous satisfaire. C’est tout le système qui était condamné et qui doit disparaître. Le mécontentement légitime des masses algériennes et leurs revendications constantes montrent que jamais elles n’accepterons comme solution à leurs problèmes la perpétuation du Benbellisme même sans Ben Bella. La catastrophe économique exige une transformation totale des structures et des méthodes existantes. Nous irons tout droit à une dictature forcenée ou à une «  Congolisation «  désastreuse si des solutions politiques ne sont pas dégagées dans les plus brefs délais ; il ne peut y avoir de demi-solutions, il faut que l’Algérie ait à sa tête un véritable pouvoir révolutionnaire et socialiste, issu des masses laborieuses, capable de promouvoir une politique hardie et réaliste et de parer aux urgences les plus flagrants. » 

A l’occasion du troisième anniversaire de l’indépendance, le 5 Juillet 1965 Boudiaf déclare à nouveau :

«  L’élimination de Ben Bella porte un coup décisif au corps de discipline purement mécanique et de conscience arrogante de sa situation exceptionnelle. »

«  Je dénonce également la politique des clans : clan de l’Ouest, clan de l’Est, clan Chaouia, clan Kabyle etc ..,qui en créant de véritables clientèles régionales constituent un grave danger pour l’Unité Nationale. L’Etat lui-même, mal structuré, est un conglomérat de coteries dans lesquelles la solidarité régionale joue un rôle essentiel. « 

Evoquant la notion d’Unité Nationale :

«  Je refuse toute formule miraculeuse qui, au nom de l’union nationale, chercherait à reunir un Gouvernement allant de Ferhat Abbas à Boudiaf en passant par Benkhedda et Aït Ahmed . »

Quant au mythe du parti unique, il dénonce une fois de plus son caractère réactionnaire. 

Les membres du C.N.D.R. sont : 

Mohamed Ben Ahmed ( le commandant si Moussa )

Mohamed Boudiaf

Hocine Aït Ahmed

Moussa Hassani ;

Le colonel Mohamed Chaabani, récemment éxécuté à Oran, était membre du C.N.D.R. 

Commentaires

  1. POSH dit :

    J’aurais aimé si Mohamed boudiaf restait ferme dans sa position politique depuis 1963..Tout le monde sait bien qu’il était solennel. Jusqu’aux 1993 lorsqu’il est rentré en Algérie par le biais de la France et rejoindre (si l’ose le dire le système mafieux). Peu- importe ses intentions ; de créer une nouvelle société ou un nouveau système ça restera toujours illégitime et illégale. ou est la voix du peuple algérien c’est lui seul qui devrait choisir son président et bien sure son autodétermination.
    Malheureusement il n’a rien atteint de ses espoirs, au contraire il a été liquidé par les gens qui l’ont désigné chef.
    Il fallait mieux rester digne à ses idées et à sa pensées.

  2. Abdelkader dit :

    Beaucoup de personnalités, anciens responsables de la Révolution n’ont pas eu la même réaction et ont rejoint Boumediene : comme l’Histoire ne se fait pas avec des X, il faut bien les nommer et on est interloqué de savoir qu’il s’agit de Ahmed Mashas, Abdelhamid Mehri, Bachir Boumaza, Ali Yahia Abdennour. Le cas de Ahmed Taleb Ibrahimi est encore plus symptomatique : membre du FFS, il se retrouve ministre après le Coup d’Etat. Entre Boudiaf avec Aït Ahmed et ces ralliés, qui a raison ? Nous aimerions bien que notre grand frère Mehri nous éclaire là-dessus et qu’il ne nous dise pas « plus tard », pourquoi « plus tard » et pas maintenant?

  3. amghar dit :

    FFeu Mohamed BOUDIAF fut un grand homme politique et patriote hors pair, c’estsur et confirmé par les gens qui l’ont cotoyé pendant la lutte!
    Cependant, toutes les convictions qu’il portait en lui se sont brusquement évaporées le jour où il a accepté de reprendre du service avec le clan des maffieux au pouvoir!Il s’était conduit vraiment en naif en croyant en la sincérité de gens aux appetits voraces et mercantilistes!La preuve, il a été assassiné en direct à la télévision!
    Allah Yarhmou !

  4. afroukhifrafren dit :

    Il me semble qu’Ait Ahmed ne faisait pas partie du CNDR.Le FFS avait refusé d’intégrer le CNDR, car il n’a pas été associé à sa création. Une demande d’adhésion lui était faite, mais il avait refusé.

  5. vérité historique dit :

    Tout au long de son histoire de libération nationale l’Algérie est une dynamique trivalente qui reposait sur Intérieur/ALN/Extérieur sans lequel auparavant malgré de multiples essaies il n’y a jamais eu de possibilité de transformé quoi que ce soit! En 1962 l’on constate qu’il n’en reste que deux…Intérieur/ANP enfermés dans un dialogue duel; En 1965 « le coups d’état de l’ALN » favorisera une situation devenue pérenne…Dans tous ce générique que deviennent les oubliés de l’histoire sacrifié par les politiques d’EVIAN ?

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