Vous avez dit Al-Qaïda au Maghreb ?

qaida.jpgLOOS,BAUDOUIN, le Soir de Belgique : Jeudi 12 août 2010. Terrorisme: La piste des services algériens évoquée

décodage: 

L e décès dramatique du Français Michel Germaneau, enlevé le 19 avril dans le nord du Niger par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), n’a certainement pas encore livré tous ses secrets. Les ravisseurs avaient annoncé l’exécution du militant humanitaire le 25 juillet, soit trois jours après un raid militaire franco-mauritanien sur le sol malien contre ce qui a été présenté comme une base de l’Aqmi, raid qui aurait coûté la vie à sept «djihadistes», selon Nouakchott. Le corps de Germaneau qui, selon certaines supputations, aurait pu décéder plusieurs semaines plus tôt – il avait 78 ans et un cœur malade –, n’a pas encore été retrouvé, mais sa mort est bel et bien considérée comme acquise par la France.

Au-delà des polémiques qui se sont développées depuis lors – notamment les accusations de l’Aqmi soutenant que ce raid a été lancé alors que des négociations sur un échange de l’otage contre des prisonniers islamistes étaient en cours, ce que Paris dément fermement – il n’est pas inutile de revenir sur ce mouvement, l’Aqmi, qui demeure enveloppé d’un halo de mystère malgré les assertions de plusieurs «spécialistes».

Que sait-on sur l’Aqmi ? Selon la version relayée par les médias, l’Aqmi procède d’un groupe terroriste algérien créé en 1998, le GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), lui-même une dissidence des tristement célèbres GIA (Groupes islamiques armés) qui firent régner la terreur durant la « sale guerre » dans l’Algérie des années 90.

En décembre 2006, ce qui restait du GSPC dans le maquis algérien fait allégeance de manière spontanée au réseau cher à Oussama Ben Laden, devenant dès janvier 2007 Al-Qaïda au Maghreb islamique (l’Aqmi), sorte de «groupe franchisé» autoproclamé de la «Base» (Al-Qaïda, donc) en Asie, sous la férule d’un certain Abdelmalek Drougbel. Ces informations proviennent surtout de sites internet réputés proches des groupes en cause.

Contrairement au très algérien GSPC, l’Aqmi va veiller à élargir son rayon d’action vers le Sud, dans l’immense zone désertique du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, principalement), un terrain aux frontières poreuses dominé par les tribus nomades parmi lesquelles toutes sortes de trafiquants et contrebandiers agissent au grand jour. Des membres de l’Aqmi se livreraient eux-mêmes à divers trafics lucratifs, quitte à adopter un profil plus mafieux qu’islamiste…

Des dizaines d’attentats et de prises d’otages, revendiqués ou non, sont attribués à l’Aqmi; des rançons (officieuses) et des libérations de détenus en échange ont réussi à faire libérer la plupart des otages. Mais quatre Français et un humanitaire américain sont assassinés en Mauritanie en 2007 puis un otage britannique en 2009 ; deux Espagnols enlevés le 29 novembre dernier restent détenus et ce mardi encore, l’enlèvement de deux Maliens était attribué à l’Aqmi.

La lutte contre l’Aqmi, dont les « katibat » (phalanges) en dehors de l’Algérie compteraient selon les diverses estimations au total entre 200 et 500 hommes, est rendue difficile par la nature hostile du terrain. Des forces spéciales américaines opèrent depuis les années Bush sur place en tant que conseillers des forces africaines des régimes alliés tel le Mali.

Voilà pour la version véhiculée par les États concernés, nombre d’«experts» et aussi la presse en général.

Il y a au moins une autre théorie. Selon des spécialistes, le GSPC n’était autre qu’une création des services secrets de l’armée algérienne (l’ex-Sécurité militaire rebaptisée DRS, Département du renseignement et de la sécurité), qui exerce la réalité du pouvoir à Alger.

« Le “terrorisme résiduel” du GSPC est un des instruments (des chefs de l’armée algérienne) pour consolider leur mainmise sur les richesses du pays et pour se légitimer auprès des puissances occidentales, en particulier auprès des États-Unis grâce à l’adhésion à la “Global War on Terror” de l’administration Bush » après les attentats du 11-Septembre, écrivent ainsi l’éditeur français François Gèze et la journaliste algérienne Salima Mellah sur le site algeria-watch dans un article bien documenté de 72 pages datant de 2007.

Et si le GSPC est manipulé – au moins au niveau de certains de ses chefs – par les « services » algériens, l’Aqmi doit répondre au même schéma. L’assertion n’offusquerait sûrement pas le Britannique Jeremy Keenan, un anthropologue à l’expertise non contestée qui arpente le Sahel depuis quatre décennies. Selon l’universitaire qui connaît un nombre important de sources sur place (et vient d’écrire deux livres sur le sujet), les services secrets américains, après le « 9/11 », ont même collaboré avec le DRS dans des coups tordus dans le Sahel.

S’exprimant sur le site d’Al-Jazeera en anglais (1) à propos de l’affaire Germaneau, il voit aussi l’ombre d’Alger : « Il existe des contacts étroits entre la cellule d’Abdelhamid Abou Zaïd d’Aqmi et le DRS, Zaïd étant lui-même considéré comme un agent du DRS. Pour cette raison, les habitants de la région, de plus en plus remontés contre les soi-disant activités d’Al-Qaïda, se réfèrent souvent à l’Aqmi comme “Aqmi/DRS”. Ainsi, les derniers mots attribués au colonel Lamana Ould Bou, du service malien de la sécurité d’Etat, peu avant son assassinat à Tombouctou le 10 juin 2009, furent : “Au cœur d’Aqmi, il y a le DRS”… »

Mais pourquoi cette duplicité algérienne ? Pour Keenan, Alger veut prouver aux pays de la région « leur incapacité à détruire Al-Qaïda et à assurer leur propre sécurité, tout en démontrant que la seule puissance régionale capable d’assurer ce rôle est l’Algérie. Toute la stratégie du DRS en créant l’Aqmi dans la région sahélienne en 2006, a été de convaincre les Occidentaux, et en particulier les Etats-Unis, du rôle indispensable de l’Algérie comme gendarme régional ».

En tout état de cause, la prudence s’impose. Cité sur un blog du Monde diplomatique, Antoine Glaser, directeur de la Lettre du continent, en atteste : « En tant que journaliste, j’ai toujours été très méfiant dans la couverture du terrorisme, que ce soit en Algérie même ou dans les pays du Sahel. Le journalisme atteint très vite ses limites puisque l’on ne peut pas recouper l’info avec ces terroristes eux-mêmes. (…) Pour le coup, en ce domaine, on se fait balader par tout le monde. »

(1) Le site www.rue89.com a publié la traduction en français de l’article.

Commentaires

  1. prince dit :

    sahel 2010-Aug-4

    Le Sahel grouille d’espions, ces «nouveaux chouyoukh». Al Qaïda sert de prétexte. L’otage français Pierre Camate, libéré dans une transaction avec l’AQMI, était-il un espion de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) ? Le service de renseignement français a officiellement démenti l’information donnée par des journaux à la suite, semble-t-il, d’un «lapsus» de Bernard Bajolet, coordinateur national du renseignement à la présidence de la République française. Toujours est-il que la région du Sahel ne manque pas d’honorables correspondants et d’agents en mission. A en croire le journal El Khaleej, les Etats-Unis ont envoyé en sous-marin des agents transformés en vrais bédouins connaissant parfaitement la langue, les us, les coutumes et les alliances tribales. Ils s’habillent comme les habitants du cru et ont trouvé le moyen de se brunir la peau au point d’être, en tous points, semblables aux habitants de la région sahélienne. Ces agents ont été envoyés dans la région sous le prétexte de combattre l’AQMI alors que des informations sûres évoquent des richesses minières inestimables. Ces agents américains sont «nés entre les gratte-ciels dans la Silicon Valley et n’hésitent pas, dans le cadre de la «mondialisation de l’Empire», à aller au Sahara, à se vêtir en tenue arabo-africaine et à vivre parmi les tribus du nord du Mali afin de mettre en place des réseaux de renseignements dans la région du Sahel. Comme à Hollywood Les officiers américains, écrit Al Khaleej, «appliquent des méthodes semblables à celles de leurs «collègues» de Hollywood, ils s’entraînent à s’habiller en tunique sahraouie, utilisent des mixtures particulières pour donner la bonne teinte à leurs peaux et ils ont appris le Hassania, la langue dominante dans la région. Il y aurait également des agents femmes, accoutrées en mauritaniennes qui ont écumé aussi la zone. Le journal cite un Mauritanien qui s’est marié avec l’une d’elles. Elle «connaissait mieux que moi les liens existants entre les familles mauritaniennes», a-t-il affirmé. L’intérêt de la presse mauritanienne pour les «blondes américaines dans le Sahara mauritanien» a rendu nécessaire de mettre fin à la visibilité des «nouveaux cheikhs et cheikhate». Dans leur travail, les honorables correspondants américains, explique le journal, ont veillé «à suivre les méthodes «stratégiques» d’Al Qaïda au nord du Mali. Ils ont veillé à établir de fortes relations avec des chefs de tribus et des réseaux de marchands dans la région sahélienne, lesquels sont devenus de véritables sociologues connaissant parfaitement la composition ethnique, linguistique et les langages vernaculaires des populations du Sahel». Des espions qui copient l’AQMI Il ne fait pas de doute, explique un des habitants de l’Azawad, «que les chefs de tribus dans la région sont aux ordres des services américains et français. Leur mission est de fournir des renseignements en contrepartie d’aides qui sont livrées de manière très intelligente». Selon lui, la région est maillée par les services et les informations sont transmises soit par téléphone cellulaire satellite, soit par le biais de voyages vers des pays voisins. Ce témoin évoque une compétition âpre entre les services algériens, mauritaniens, marocains, français et américains. L’action de l’AQMI a servi de prétexte à une présence plus forte des services français et américains. L’action d’Al Qaïda est venue renforcer la vision des «faucons» dans les services américains qui œuvrent à asseoir une présence militaire stratégique dans la région». Un homme politique mauritanien a rapporté à Al Khaleej les propos d’un officier américain : «La question d’avoir une base en Mauritanie est réglée afin de préserver notre sécurité. Les Français se sont opposés vivement à une présence militaire américaine au Sahel, ils ont été aidés par les positions de rejet de l’Algérie et de la Libye». Cependant, explique-t-il, l’arrivée de Sarkozy au pouvoir a transformé la compétition franco-américaine en «coopération stratégique». Dans la dernière opération franco-mauritanienne, les Américains ont été les principaux pourvoyeurs d’informations. Ce serait le résultat du «travail des «nouveaux chouyoukh» des tribus du Sahara». source: Le quotidien d’oran

  2. pipo dit :

    Sahel: Les commandos Français ont tuer l’otage Michel Germaneau. 2010-Aug-11

    Le corps de l’otage Michel Germaneau a été sciemment dissimulé pour camoufler la défaillance du commando français.

    Un épais brouillard persiste autour de la mort de l’otage français Michel Germaneau. La raison est simple. Il s’agit de dissimuler une bavure du corps d’élite de l’armée française. C’est un coup dur pour le commandement des opérations spéciales et les agents du renseignement de cette armée. En fait, c’est le commando qui a causé la mort de l’otage suite à des tirs provenant de l’un des deux hélicoptères de type Eurocopter Tigre qui ont participé à l’assaut. L’arme utilisée est le G1, de fabrication française.

    Ce fusil détient le record de la cadence de tir, la plus élevée de tous les fusils d’assaut actuellement en service, soit 950/1000 coups minute pour la version F1 et 1100 pour la G2. Selon les informations parvenant à Alger, «le raid militaire mené conjointement par la France et la Mauritanie a provoqué la mort de l’otage». Michel Germaneau «a été exécuté suite à une bavure de l’armée française», selon les mêmes sources.

    Il fut exécuté maladroitement lors de la seconde opération près du camp de Tissalit entouré des monts de Tigharghar, une zone frontalière algéro-malienne. Germaneau ayant été tué par des tirs depuis un des deux hélicoptères participant au raid, les membres du commando ne pouvaient qu’imaginer un scénario pour camoufler leur fiasco. Les déclarations contradictoires des officiels français trahissent d’ailleurs ce scénario. La sortie du Premier ministre français, François Fillon, laissant entendre que l’otage a été tué avant l’assaut, accentue le doute.

    «En raison du caractère anormal, étrange de cet ultimatum, nous pouvions penser que Michel Germaneau était déjà mort», a confié le Premier ministre. Or, le corps de l’otage a été sciemment dissimulé pour entourer d’une chape de plomb une défaillance des militaires aux conséquences désastreuses. La crainte des conclusions des éventuelles études balistiques et l’autopsie de médecins légistes a poussé les décideurs à faire disparaître le corps de Michel Germaneau. A l’évidence, ce camouflage ne vise qu’à taire le double flop de l’armée française.

    Depuis l’annonce de l’exécution de Michel Germaneau, enlevé le 19 avril dans le nord du Niger par un groupe d’Al Qaîda au Maghreb, les questions sur cette obscure affaire s’accumulent. Autre camouflet: dans une vidéo diffusée sur Al Jazeera, l’émir national d’Aqmi, Abdelmalek Droukdel, confirme l’existence de pourparlers avec Paris. Ce que la France a toujours nié.

    Ce nouveau fiasco a offert à Aqmi une victoire de propagande médiatique qui relance son influence dans la région du Sahel et ailleurs, et sa capacité d’enrôlement de nouvelles recrues. L’insécurité et la déstabilisation dans la région se sont certainement aggravées. Plusieurs chefs terroristes d’Aqmi ont menacé de représailles les intérêts occidentaux. Le raid franco-mauritanien, assimilé à une opération commando, puisée dans la perception d’un cow-boy néocolonial, a endommagé la réputation de Sarkozy dans la région.

    Pour celui-ci, la décision de choisir cette option à haut risque, à l’extérieur, était sans doute une manière de contrer l’impact des affaires et scandales l’éclaboussant à l’intérieur. Cette opération est comparée à la tentative de Jimmy Carter en 1980 de libérer les otages en Iran, ou pire, au fiasco de l’opération des services français contre le Rainbow Warrior en 1985.

    Le Tchad viens de demander le depart des forces française, l’algerie dénonce également les nombreuses interventions secretes de l’otan, le sahara occidental ne suffisant plus à assouvir l’appétit de l’otan en matière premiere, ceux ci envisage de s’étendre sur le mali, la mauritanie, le niger, ces pays ont accepté l’accord algeriens de surveillance de leurs territoires par des drones de fabrication algerienne.

    La DST algerienne à néttoyé le terrains de tout les services occidentaux, les recentes arrestations d’israeliens d’ammericains d’espagnols et de français suite à l’assassinat de 8 gendarmes algeriens à la frontière

    L’ancienne base secrete française du mali, dans les monts tighrit, utilisé par les forces us durant leurs opérations secretes est aux mains de l’armée algerienne avec l’accord du mali.
    L’algerie a d’ailleur menacé l’otan de représailles plus sévère en cas de nouvelle ingérence et de nouveau meurtre d’algeriens sur son territoire.

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