Moines de Tibéhirine: trois rapports soulignent le rôle ambigu d’Alger

randot.jpgNouvelObs, 23 septembre 2010

Mediapart publie trois notes signées du général Philippe Rondot (PHOTO), alors qu’il était en mission à Alger en 1996, après l’enlèvement des moines, qui jettent le doute sur le rôle joué par les services secrets algériens dans cette affaire.

Des documents du contre-espionnage français récemment déclassifiés par le juge Marc Trévidic mettent l’accent sur «le rôle ambigu» joué par les services secrets algériens dans l’affaire des moines de Tibehirine, affirme Mediapart, jeudi 23 septembre.

Le site d’information publie notamment trois notes que le général Philippe Rondot, envoyé en mission à Alger après l’enlèvement en avril 1996 des sept moines dans leur monastère, avait adressées au préfet Philippe Parant, alors patron de la DST.

Dans sa première note, qui date du 8 avril 1996, le général Rondot fait remarquer « la lenteur perceptible dans le recueil et l’exploitation des renseignements » de la part des services secrets algériens dans l’enquête sur l’enlèvement des moines.

Dans sa deuxième note, du 10 mai 1996, le général fait part de ses doutes : les services secrets algériens « peuvent être tentés de régler brutalement ce qu’ils considèrent comme un simple ‘fait divers’ (selon une formule entendue), lequel fait obstacle à la normalisation des relations franco-algériennes (élément que n’ignore pas le GIA). »
Sous-entendant qu’Alger ne dise pas tout dans cette affaire, le général propose même de « prendre le risque » d’établir un contact direct avec le GIA pour « connaître l’enjeu réel de cette prise d’otages ».

Lorsqu’il écrit son troisième et dernier rapport, le 27 mai 1996, on sait que les moines sont morts.
« Très (trop) longtemps – et pour des raisons d’ordre tactique – Djamel Zitouni [l'un des principaux leaders des Groupes islamiques armés (GIA), qui a revendiqué le rapt et l'assassinat des moines, ndlr] et ses groupes ont bénéficié d’une relative tolérance de la part des services algérien », écrit le général Rondot.
« Il aidait (sans doute de manière involontaire) à l’éclatement du GIA et favorisait des luttes entre les groupes armés », avance-t-il.
Avant de conclure qu’il est du « devoir » de la France d’ »encourager » les services algériens, voire de le leur « imposer », à « éliminer, par tous les moyens, Djamel Zitouni et ses comparses ». Djamel Zitouni est mort en juillet 1996, rappelle Mediapart, dans des circonstances peu claires.

Audition attendue de Rondot

Ces éléments, souligne le site d’information, laissent penser que Djamel Zitouni ainsi que son adjoint, Abderrazak El-Para, « ont, au mieux, bénéficié d’une certaine complaisance du pouvoir algérien de l’époque, ou, au pire, été des agents à la solde de l’appareil militaire, infiltrés au sein des GIA afin de les manipuler. »

L’audition du général Philippe Rondot, prévue le 27 septembre, pourrait donc apporter des éclaircissements sur le rôle des services secrets algériens dans cette affaire.

D’autant que l’enquête avait été relancée en juin 2009 par le témoignage d’un ancien attaché de Défense à Alger, le général François Buchwalter, selon lequel les moines avaient été tués peu après leur enlèvement par des tirs depuis des hélicoptères militaires alors qu’ils se trouvaient dans ce qui semblait être un bivouac de djihadistes.

Commentaires

  1. Aka Issaoualen dit :

    Qui a tué les moines? Le GIA n’a t-il pas revendiqué leur assassinat ? Prouvez le contraire!!!

  2. labbaci djilani dit :

    oui qui a tue les moines francais?
    c simple
    les assasins c des mercenaires etranger infiltres dans notre armee nationale ou des etranger infiltri ou DRS mais les vrai assasins le general fracais:francois buchwalter et philippe rondot,et d autre service francais politique en france (les voyeux de l europe)
    salam ,vive l algerie vive l armee algerien w alled el chouhadab elahrar

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