Tiaret: Une veuve tente de s’immoler par le feu à Aïn Kermes

immole.jpgEcartée de la liste des bénéficiaires des logements, Madame T.N., une veuve, quinquagénaire et mère de 03 enfants, femme de ménage dans un CEM, a été sauvée in extremis par l’un des éléments de

la Protection civile au moment où s’étant aspergée à l’essence. Selon La Voix de l’Oranie, cette femme a essayé de se brûler vive dans le bureau du P/APC de Aïn Kermes dans la wilaya de Tiaret.

Commentaires

  1. El Erg Echergui dit :

    Excusez-moi, je reposte mon commentaire avec quelques corrections. Merci

    Lettre à Mme Nadjet K.A.

    Je saisis l’occasion du drame de cette pauvre veuve d’Aïn Kermes, mère de trois enfants et femme de ménage de son état pour écrire une lettre insolite à une personne que le public ne connaît peut-être pas, mais qui est réelle et qui a dû profiter de façon malhonnête des deniers publics par l’entremise d’une fripouille qu’elle connaît bien puisqu’elle partage avec lui la vie et l’opulence indue. A-t-elle goûté aux fruits interdits en pleine connaissance de cause ? On peut le redouter puisqu’elle en a gardé un silence de mort.

    A propos de la mort, il y a lieu de la considérer comme une source de sa richesse et de sa vie de luxe. Le postulat a fait germer l’idée d’adresser une lettre ouverte à cette honorable dame du monde. Car il est difficile de dissocier la richesse insolente et le bonheur captieux auxquels gouttent nos gouvernants et leurs familles de la tragédie que vit une grande partie de nos concitoyens. Les nécessiteux et les crève-la-faim, dont le nombre a connu une augmentation spectaculaire depuis l’intervention directe des généraux dans la vie publique et l’arrivée de Bouteflika à la présidence, sont victimes d’un concours simultané de plusieurs facteurs sociopathogènes. Parmi les facteurs qui font le plus de ravage, il y a l’incurie du gouvernement, le pillage à grande échelle des richesses nationales et l’impunité dont bénéficient les détenteurs du pouvoir algérien et les hommes qui représentent l’Etat algérien. Le mari de cette dame se trouve en bonne place sur tous les maillons de cette chaîne funeste.

    Mme Nadjet

    Pardonnez-moi si j’utilise votre prénom au lieu de vos deux patronymes. Ce n’est pas le penchant aux familiarités ou l’ignorance des bonnes manières qui explique cette conduite. Je n’ose écrire vos deux patronymes. Le premier nom, vous le tenez d’un algérien qui vous a salie, qui a roulé votre réputation dans la boue. Vous le traînez maintenant comme un boulet jusqu’à votre tombe sans résistance et sans remords de votre part. Tandis que le second nom, éclaboussé par le premier, vous n’êtes plus digne à le porter. Il rappelle trop une trahison aux principes d’un homonyme qui a combattu la soumission et l’injustice toute sa vie et qui, après sa mort, est resté un symbole du combat de la liberté de votre malheureux peuple contre un des pires colonisateurs qu’a connu le monde. Arafat, illustre nom et chargé d’histoire d’un peuple martyr, risque d’augmenter le désarroi et l’incompréhension des gens aux yeux de qui vous êtes censée porter et représenter de grandes valeurs humaines. N’appartenez-vous pas à la diaspora d’un peuple palestinien meurtri ?

    Alors par égard à vous et à mes concitoyens, je préfère utiliser votre prénom, le seul, le seul qui ne provoque pas encore le dégoût et l’amertume et reste encore neutre en vous assurant une certaine respectabilité.

    Mme Nadjet,

    C’est au nom de cette veuve qui s’est brûlé volontairement par extrême désespoir parce qu’elle n’arrive pas offrir à ses trois enfants un toit décent pour les abriter, c’est au nom de celle de Tebessa qui s’est pendue l’année dernière et dont on connaîtra probablement ni le nom ni l’histoire à part l’indigence qui tenaillait ses enfants. Des enfants qu’elle a abandonnés et condamnés à un triste sort. Je vous adresse cette lettre au nom de celle de Tlemcen, de celui de Laghouat, de celle de Mila et de toutes les villes, tous villages et enclaves de l’Algérie profonde, qui ont mis une fin à leur vie. Au nom de l’interminable liste d’Algériens et d’Algériennes, qui se sont donné la mort parce qu’ils vivaient dans le plus grand dénuement dans lequel l’Etat algérien les a réduits. Et au nom de tous ceux qui gisent encore sous le poids de la misère imposée grâce à des gens comme votre mari qui a participé à la curée en profitant de sa fonction dans l’Etat et qui a été reconnu coupable de détournements et de dilapidations de grandes ampleurs de l’argent public.
    Mme Najet, avant de mourir, ces suicidés aspiraient seulement à une vie moins pénible, à un petit peu de joie de vivre sur la terre qui les a vus naître. Leurs rêves ne rivalisaient pas avec les vôtres. Ils n’aspiraient pas à une résidence luxueuse au Maryland hors de prix pour la majorité du peuple algérien. Ils n’avaient pas la prétention de vouloir rouler carrosse, d’acquérir des yachts, de faire partie de l’aristocratie à laquelle vous appartenez et que vous allez recevoir avec faste dans votre nouvelle belle demeure. Ils ne voulaient pas fréquenter le jet-set ou mener une vie mondaine qui est la vôtre depuis que vous avez rencontré votre époux. Rien de tout cela; ils étaient humbles, modestes et ils faisaient la fête le jour où un repas béni vient égayer leur coeur et tromper leur faim de leurs enfants. Ils vivaient la peur au ventre de mourir de faim, de finir dans la déchéance avec cet insupportable sentiment d’humiliation d’avoir échoué et le sentiment d’injustice pour ne pas avoir eu les mêmes droits que les autres. Ils voulaient seulement vivre dans la dignité, à l’abri de la faim, des intempéries, du besoin de toutes sortes et à l’abri des lendemains incertains. L’anonymat ne leur posait pas de souci. Ce droit à la vie décente leur a été interdit et, vulnérables, impuissants, ils furent jetés pieds et poings liés à la précarité matérielle et conduits à une détresse psychologique si forte, si écrasante que seule la mort pouvait représenter à leurs yeux une planche de salut et un moyen pour trouver le repos éternel.

    Madame Majet,

    Votre mari, par ses compromissions et par la corruption dont il est accusé, a contribué grandement à prolifération de la misère. Celle-là même qui fauche la vie de centaines d’Algériens et pousse d’autres vers d’autres fléaux meurtriers. Vous êtes physicienne et vous connaissez certainement l’effet domino et l’effet papillon, dont les battements d’ailes qui provoquent un ouragan dans l’autre bout du monde.
    Ouiiii il est coupable. Il n’y a qu’à voir comment il est parti en silence sur la pointe des pieds alors qu’une avalanche de graves accusations s’abattait sur lui et s’étalait sur tous les journaux. Humilié, il n’a pas voulu laver son honneur; il est sorti du gouvernement et de l’histoire par la petite porte, sans demander son reste. C’est le même comportement qu’on retrouve chez un voleur pris la main dans le sac. Il est devenu la honte de l’Algérie. Et ce n’est que grâce à ses liaisons avec Bouteflika et à l’impunité que ce dernier assure à ses hommes qu’il a pu échapper au glaive de la loi. Des mères et des pères de famille ont perdu la vie pour la simple raison d’offrir une vie luxueuse à vous et à votre petite famille.

    Madame Najet

    Je ne sais pour quelle raison j’ai pensé à vous quand j’ai appris le drame de la dame de Aïn Kermes qui a voulu s’immoler. C’est peut-être parce que vous voulez vous faire un nom, une vie publique et vous voulez construire une réputation sur la scène internationale. C’est parce que je vous ai vu, sur quelques sites Web, assister à des conférences sur la fraternité et l’harmonie entre les peuples, j’ai appris que vous avez reçu des hommages et des distinctions de la bonne société américaine pour vos actions. Toujours grâce à Internet, on peut apprendre que vous êtes membre active dans de nombreuses associations communautaires et progressistes, dont celles des droits des femmes arabes. Quelle ironie ?! Des femmes algériennes se font tuer par la faute de votre mari et vous prétendez défendre leurs droits! Par votre silence, vous êtes devenue un symbole de ces centaines de femmes de ministres, de généraux, des hauts responsables et du gotha de la haute bourgeoisie républicaine – les valeurs et les idéologies s’entremêlent – qui, dans la discrétion des voleurs, acceptent de vivre du produit de la concussion et des largesses illégales. C’est la seule distinction dont vous pouvez vous targuer chez le peuple algérien.
    Si le salut de l’âme et la tranquillité de la conscience représentent quelque chose pour vous, si la dignité a un sens pour vous, alors dépêchez-vous de rendre l’argent, tout l’argent volé au peuple algérien. Si vous n’êtes pas incapable d’avouer le fricotage de votre mari et l’ampleur des montants détournés des caisses de Sonatrach, ayez la décence de restituer l’argent malsain sous forme de dons pour les familles algériennes qui sont dans le besoin. Ils sont des milliers qui n’arrivent pas à subvenir aux besoins de leurs enfants. Ils sont des milliers à réfléchir sérieusement au dernier voyage grâce à des gens comme votre mari Khelil. Relisez bien, Madame, les nouvelles sur l’indigence en Algérie, sur les suicides et sur l’ampleur de la corruption et réfléchissez. Tant que vous êtes en vie.

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