Rachid Hallet: « Le FFS ne se laissera pas détourner de l’essentiel »

haletNadjia Bouaricha In El Watan du 26 octobre 2014

A peine deux jours après le lancement par le FFS d’une série de consultations avec d’autres acteurs politiques dans l’objectif de tenir une conférence de consensus national, la CNLTD a vite fait de réagir et d’accueillir cette initiative avec une salve de critiques.

Ces attaques n’ont pas étonné le FFS nous dit-on. «Dès le départ nous savions, en prônant une politique qui viserait à changer le débat public, à ouvrir de nouveaux espaces de consensus éventuel, que nous nous exposions à des risques. Des risques que nous prenons de façon consciente avec l’approbation du congrès», explique Rachid Halet, membre de l’instance présidentielle du FFS. Notre interlocuteur qualifie de «complètement irréaliste» de prétendre que l’appel à la conférence de consensus est une réaction conjoncturelle à telle ou telle initiative. «Il suffit de regarder la chronologie et les décisions prises. Il n’est quand même pas sérieux d’avancer certaines critiques», dit-il en notant que dans cette phase de préparation de la conférence de consensus, le FFS se cantonnera dans un rôle de facilitateur. «Ce ne sera pas toujours le cas, viendra le moment où nous exposerons nos propositions.»

Le FFS n’est pas dans une démarche d’imposer les termes d’une solution, nous dit-on. «Les termes du consensus sont pour nous dans l’écoute du point de vue de l’autre, voire dans les possibilités d’action commune. Cette phase de préparation, nous la voulons collective. Nous cherchons à la fois un starter et un effet boule de neige», indique le responsable du FFS.   «Les critiques prennent un tour systématique. Il y a comme un recyclage de thèmes plus qu’usés. Parfois on nous sort le deal avec le pouvoir ou la théorie du complot, ou que sais-je encore. Mais bon, tout observateur un peu attentif sait très bien que nous n’en sommes pas là… A un moment donné, il y aura un clivage entre partisans et adversaires du consensus, entre ceux pour une stratégie pour faire évoluer et sortir pacifiquement du système actuel et ceux pour qui les luttes politiques se résument à des compétitions de pouvoir», assène le docteur Halet en réaction aux critiques récurrentes contre le FFS. Il se dit «persuadé» qu’une décantation salutaire verra le jour au fur et à mesure que le processus évoluera.

«On verra à ce moment-là quelle est la clarté des engagements des uns et des autres, qui sert la construction du consensus et le renouveau de ce pays et de ses institutions et qui, en fait, même s’ils sont dans une apparente logique d’affrontement, ils sont dans des affrontements larvés, des affrontements qui poussent à s’interroger sur leur finalité.»

Même la date de la tenue de la conférence de consensus sera déterminée d’un commun accord entre les parties adhérant à l’initiative du FFS. «Tout est discutable, tout est négociable, l’essentiel est de faire de la conférence un creuset de la construction du consensus national. Avec cette conférence, nous envisageons de faire quelque chose de tout à fait différent, sans vouloir nous substituer à qui que ce soit ou casser toute autre initiative», précise Rachid Halet. La CNLTD, en tant que regroupement de partis, ne sera pas invitée aux consultations du FFS. Ce dernier privilégie le contact bilatéral direct avec les partis ou les personnalités. «C’est après avoir mûrement réfléchi que nous avons choisi les approches bilatérales. A ce stade, l’essentiel, c’est que nous reprenions tous contact avec la réalité. Il ne faut jamais perdre de vue le réel, sinon c’est ce qui nous mènera vers des stratégies suicidaires», affirme notre interlocuteur.

Et d’ajouter : «Chacun des acteurs qui se prétendent légitimes, y compris nous, a besoin de retrouver la proximité avec le réel, de se colleter avec le réel, sinon à terme ça risque d’être suicidaire… ça serait à terme suicidaire aussi pour le pays, nous risquons d’aller dans le mur. C’est une impression de fausse sécurité que nous avons en ce moment, il faut donc revenir aux choses sérieuses.» Halet estime que le FFS gardera son sang-froid et ne tombera pas dans «les polémiques stériles ou s’égarer en perdant de vue l’essentiel qui est le consensus national».

Tout en qualifiant les consultations passées de franches, il  affirme que des entretiens auront lieu cette semaine avec d’autres acteurs. «Une des réalités politiques qui a fait qu’on s’est orientés vers la reconstruction du consensus, c’est le Printemps arabe. A quelques années de distance on voit bien que des forces politiques ont échoué parce qu’elles n’ont pas su élargir l’arc politique. Les pays qui conservent encore des chances sont ceux qui ont su adosser la légitimité consensuelle à la légitimité démocratique. Vu l’état de développement, vu l’état des forces politiques et sociales dans notre pays, le consensus est une condition indispensable pour permettre des avancées», considère Rachid Halet en notant que «le moment venu, les Algériens s’exprimeront sur la légitimité des uns et des autres et l’approbation des projets des uns et des autres».

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