Archive pour 'Affaire Mecili'

Alger gronde contre Paris

mecili1.jpgPar Dominique Lagarde, Baya Gacemi, L’Express, publié le 29/01/2009  

Coup de froid sur les relations entre les deux pays. Les Algériens reprochent à la France l’inculpation de l’un de leurs diplomates, soupçonné dans l’assassinat d’un opposant.

Les relations entre Paris et Alger n’ont jamais été simples. Mais, depuis quelques semaines, l’Algérie ne perd pas une occasion de manifester sa mauvaise humeur. A l’origine de cette grogne: la confirmation, le 14 octobre 2008, par la cour d’appel de Paris, de l’inculpation de l’un de ses diplomates pour complicité dans l’assassinat, à Paris, en avril 1987, de l’opposant algérien Ali André Mecili.

Le diplomate, Mohamed Ziane Hasseni, est arrêté le 14 août à son arrivée en France, à l’aéroport de Marignane. Pour la police de l’air et des frontières, l’homme ne serait autre que Rachid Hassani, un agent des services secrets algériens soupçonné d’avoir organisé l’assassinat de Mecili, contre lequel la justice française a lancé en 2007 un mandat d’arrêt international (1). Depuis, Mohamed Ziane Hasseni, placé sous contrôle judiciaire, ne cesse de proclamer son innocence, avec le soutien des autorités algériennes qui affirment qu’il y a erreur sur la personne.

Dans un premier temps, les Algériens font pourtant profil bas. En 2007, l’heure est au renforcement de la toute nouvelle « relation privilégiée » scellée entre les deux chefs d’Etat lors de la visite en juillet de Nicolas Sarkozy à Alger. Le président Abdelaziz Bouteflika envisage d’ailleurs un déplacement officiel en France au premier trimestre de 2009. Surtout, les autorités algériennes sont convaincues que cette affaire sera vite réglée et les poursuites contre le diplomate, rapidement abandonnées. Les autorités françaises ne s’étaient-elles pas montrées coopératives en autorisant, en 1987, l’exfiltration par les services algériens d’Abdelmalek Amellou, assassin présumé de Mecili ? A l’époque, Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur, comptait, il est vrai, sur l’aide d’Alger pour faire libérer les otages français du Liban…

Regrettable méprise?

La confirmation en appel de l’inculpation de Mohamed Ziane Hasseni vient changer la donne. Le jour même, Bouteflika ordonne à son ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, en visite à Rome, de s’arrêter à Paris sur le chemin du retour pour s’entretenir avec Bernard Kouchner. Au Quai d’Orsay, alors que l’Algérien exprime sa « réprobation », le Français répond que le gouvernement n’a aucune prise sur une procédure judiciaire. En novembre, la grogne algérienne devient publique. Mourad Medelci accuse Paris de « retenir en otage » l’un des « meilleurs diplomates algériens ». Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme, dénonce « une tentative de retour à la justice coloniale ». Hors micro, c’est devenu un leitmotiv: à chaque rencontre et quel qu’en soit le sujet, les officiels algériens ne manquent jamais de rappeler à leurs interlocuteurs français à quel point ils sont préoccupés par le sort de leur diplomate.

A Paris, on reconnaît que cette affaire, et les manifestations de mauvaise humeur qu’elle entraîne, « pollue » les relations entre les deux pays. La visite d’Abdelaziz Bouteflika en France a été reportée au mois de juin, après la réélection du chef de l’Etat algérien. Français et Algériens espèrent que la justice, d’ici là, se sera prononcée…

Reste le fond. Hasseni est-il, oui ou non, victime d’une regrettable méprise ? Est-il l’agent algérien qui a payé l’assassin de l’opposant, comme en sont convaincus les proches de Mecili ? C’est à la justice de trancher. Une chose est sûre : les Algériens n’ont pas très envie que l’affaire Mecili revienne, à l’occasion de ce procès, sur le devant de la scène. Certains Français non plus…

(1) L’Express du 28 août 2008

Abdelhamid Mehri: « L’arrestation de Hasseni est une humiliation pour la diplomatie algérienne »

mehri2.jpgL’ancien secrétaire général du FLN, Adbelhamid Mehri, a qualifié l’arrestation en France de Mohamed Ziane Hasseni d’humilitation pour la diplomatie algérienne. « La diplomatie algérienne est humiliée par la France qui a procédé à l’arrestation de Hasseni », a regretté Mehri. « Je ne vois pourquoi on maintient sous contrôle judiciaire le diplomate algérien alors que son innocence est établie », s’est interrogé l’invité de l’hebdomadaire El Khabar El Ousbouai avant d’affirmer que la diplomatie algérienne fonctionne « aala bab Allah ». Pour rappel, Abdelhamid Mehri occupait le poste d’ambassadeur d’Algérie à Paris au moment de l’assassinat de l’avocat et opposant Ali Mecili. El Mouhtarem

Le juge Thouvenot aurait demandé à être muté !(Ennahar)

hasni.jpgSelon le quotidien Ennahar, le juge chargé du dossier aurait décidé de se retirer de l’affaire du diplomate algérien Mohamed Ziane Hasseni. Le journal de Anis Rahmani ajoute que le juge Thouvenot aurait demandé à être muté du tribunal de Paris vers un autre tribunal après avoir commis une erreur judiciaire contre l’Algérie et le chef de protocole au ministère des affaires étrangères, qui se trouve sous contrôle judiciaire depuis le 14 août 2008 en France, sous l’accusation de complicité dans l’assassinat de l’avocat André Mecili.

Ennahar ajoute que le juge Thouvenot aurait été affecté par la gravité de l’erreur commise à l’encontre du diplomate, après l’avoir impliqué dans l’affaire en se basant sur le témoignage de l’officier militaire en fuite, sans enquêter sur les faits. Ce sont là les raisons qui auraient poussé le juge à demander sa mutation. Demande qui a été acceptée. Et selon toujours Ennahar, l’affaire du diplomate algérien connaîtra une autre tournure avec la désignation du juge de Nanterres, Alain Philibeaux, « connu pour être à l’origine du scandale des emplois fictifs contre l’ancien président français Jacques Chirac. » Ce changement intervient dans le cadre du mouvement touchant le secteur de la justice dans la région de Paris. 

Selon des sources judiciaires, écrit Ennahar, les analyses de l’ADN et graphologiques auxquelles étaient soumis le diplomate Hasni seraient certainement l’issue de son affaire et de son innocence, ceci, en plus du témoignage de Hicham Aboud, témoin principal dans l’affaire dont le témoignage était en faveur du diplomate. Ce dernier aurait confirmé que Hasni n’avait aucun rapport avec l’affaire ni de près ni de loin. De plus, les documents présentés par la défense de Hasni sont des preuves de son innocence, tels que les pièces d’identité, le livret de famille de ses parents, le livret militaire original qui comporte tout son parcours militaire dans l’armée nationale populaire.

Par ailleurs, l’absence de l’ancien officier en fuite, Mohamed Samraoui, pour les deux prochaines séances rendrait ses témoignages mensongers et il sera accusé de faux témoignage par la justice française. Accusations qui seront ajoutées aux autres accusations dont il fait l’objet par la justice algérienne.

Commentaire: Affirmer que le juge Thouvenot a demandé à être muté vers un autre tribunal après avoir commis une erreur à l’encontre de l’Algérie et du diplomate Hasseni est une histoire à dormir debout, puisque plus loin, l’auteur de l’article affirme que « ce changement intervient dans le cadre du mouvement touchant le secteur de la justice dans la région de Paris ». Par ailleurs, tout le monde savait que le juge Thouvenot allait être muté à Melun. El Mouhtarem

DE LA PRESOMPTION D’INNONCENCE ET DU JUGE D’INSTRUCTION

justice.jpgJ’observe que les débats s’éloignent de plus en plus de l’invective, et c’est tant mieux ! Le pamphlet est certes un exercice inhérent à la langue française mais il a aussi ses règles qu’il n’est pas inutile de connaître pour éviter de transformer l’exrcice de style en querelle de commères. Nouveau blogueur parmi vous, j’ai essayé de remonter le temps. Stupeur ! En découvrant quelques commentaires, je me demande si leurs auteurs rendent service à la mémoire de celui qu’ils croient défendre. J’entends le défunt Ali Mecili. La potence est dressée et on attend de voir la tête de M. Hasseni rouler sur le billot…

A moins d’avoir mal compris, je pense que le FFS a toujours défendu la justice et l’abolition de la peine capitale. S’agissant de celle-ci, que ceux qui ont aiguisé les couteaux les rangent pour être conformes aux combats du parti. Quant à la justice, je rappelle son principe cardinal qui est la présomption d’innocence. Il énonce que “toute personne poursuivie devant un tribunal est présumée innocente jusqu’à preuve de sa culpabilité”.

Pour l’instant, M. Hasseni est inculpé et placé sous contrôle judiciaire. Depuis une quinzaine d’années d’ailleurs, le législateur français a introduit l’expression de “mise en examen” moins négativement connotée que celle d’”inculpation”. La mise en examen signifie que le juge d’instruction a des soupçons qu’il doit vérifier. Pour parvenir à la vérité et préparer le procès pénal dans les meilleures conditions, il doit enquêter à charge et à décharge. Son rôle n’est pas de juger mais de contituer un dossier le plus complet possible afin d’éclairer le tribunal criminel (cour d’assises) ou correctionnel.

En France, le juge d’instruction a été institué en 1881 par Napoléon qui l’appelle “l’homme le plus puissant de France” en ce sens qu’il ne reçoit pas d’ordre des dirigeants poltiques. D’ailleurs, il n’est pas nommé par le ministre mais désigné par le président du tribunal, un magistrat du siège indépendant comme lui. Dans le cadre d’un dossier dont il est saisi, il peut procéder à des perquisitions, confrontations, écoutes téléphoniques, reconstitution des faits. Il peut entendre toute personne (témoin, victime ou suspect).

Depuis l’année 2000, une réforme lui a ôté le pouvoir de mettre un suspect en détention préventive, un pouvoir confié depuis à un juge des libertés et de la détention. La mise en examen comme c’est le cas de Hasseni ne signifie nullement culpabilité. Le diplomate est donc toujours INNOCENT aux yeux de la loi. Si les soupçons ne sont pas confirmés, le suspect est relaxé. Si, au contraire, ils sont confirmés, le juge d’instruction va délivrer une ORDONNANCE DE RENVOI et le parquet va fixer la date de l’audience. Si le procès a lieu en correctionnel, le tribunal doit apporter la preuve des charges retenues.

En cour d’assises où siège un jury populaire, chaque juré doit dire sa décision en fonction de son intime conviction. En matière de terrorisme (je parle du cas de la France) la cour d’assises est composée uniquement de magistrats professionnels et ne compte pas de jury. (C’est comme les cours spéciales que le gouvernement algérien avait créées en 1993 avant de les supprimer…)

Le juge d’instruction est-il indépendant dans les faits ? J’éviterais de répondre par oui ou par non afin de ne pas orienter les points de vue. Je rappelle juste quelques faits. En 2006 et 2007, dans le cadre de l’affaire de dénonciation calomnieuse dite CLEARSTREAM, les juges ont entendu les plus hauts responsables et perquisitionné leurs bureaux: le Premier ministre, le ministre de la Défense, le patron des services secrets, celui des RG … Le Chef de l’Etat n’a pas été entendu parce qu’il est protégé par un statut spécial.

Deux mois après son départ de l’Elysée, Chirac a été entendu dans une affaire d’emplois dans son ancien parti le RPR par le le juge Alain Philibeaux qui va remplacer Baudoin Thouvenot. Je ne citerai pas les noms de tous les anciens ministres et hauts responsables poursuivis, condamnés voire emprisonnés. Pour cela, je trouve pitoyables et fortement déplacés les propos méprisant de M. Ksentini qui parle de “petit juge” en évoquant Thouvenot. Ce n’est pas rendre service à M. Hasseni que de tenir de tels propos. Par contre, j’apprécie la position toute prudente du FFS exprimée par Karim Tabbou.

Pour revenir au diplomate, j’observe que son accusateur Mohamed Samraoui est entrain d’effectuer un glissement suspect. Une diversion. Il veut désormais nous convaincre que M. Hasseni un officier du DRS. Et alors ? Ce n’est quand même pas ça la quête de Mme Mecili. L’appartenance à la CIA aux Etats-unis ou à la DST en France n’est quand même pas en soi un crime !

Par Amer Ouali

Farouk Ksenti à propos de l’affaire Hasseni à Liberté: « L’Algérie n’a pas à se soumettre au chantage d’un petit juge »

ksentini.jpgVous avez annoncé, la semaine dernière, votre départ imminent en France dans le cadre de l’affaire du diplomate Mohamed Ziane Hasseni sous contrôle judicaire à Paris sous le chef d’accusation d’assassinat dans la capitale française de l’avocat  algérien Ali Mecili. Vous allez rencontrer qui ?

Pour rencontrer surtout l’intéressé et lui apporter notre soutien et notre solidarité. Pour lui dire que l’État ne l’oublie pas et nous allons nous inquiéter de près auprès de ses avocats sur l’état d’avancement   du dossier. Je dis encore une fois que  cette affaire est scandaleuse. Il se prépare contre cette personne un procès inéquitable. Depuis le début, le juge français  sait très bien que Hasseni n’a rien à voir avec cette affaire et il insiste et persiste à l’inculper. C’est une espèce de chantage  qu’il nous fait dans la mesure où en agissant comme il le fait, il veut faire pression  sur l’Algérie pour lui livrer quelqu’un d’autre. Tout simplement.

L’Algérie va-t-elle céder et livrer le vrai  coupable ? Sera-t-il un jour jugé ici ?
Ça ne se fera pas du tout, parce que l’Algérie n’a pas à se soumettre au chantage d’un petit juge, d’une part, et d’autre part, il faudra bien qu’il soit mis fin à ce véritable scandale judiciaire.

Qu’est-ce qui sera entrepris par Alger dans les prochains jours ?
 Moi, personnellement, je ne souhaite pas un incident diplomatique majeur entre la France et l’Algérie. Mais il faudrait bien que la partie française comprenne définitivement que l’Algérie n’est pas près d’abandonner ces fonctionnaires à l’injustice française. C’est quelqu’un qui sera défendu, cautionné et avec lequel nous serons toujours solidaires jusqu’à sa libération. Et sa libération ne fait pas de doute  sur le plan de la procédure parce qu’elle est inéluctable et inévitable. D’ailleurs, il a de très bons avocats qui feront valoir l’argumentation nécessaire pour les résultats escomptés. Ce sont des avocats qu’il a  choisis lui-même en France et ce sont de très bons avocats.

M. Ouali, j’ai été vraiment choqué par les motifs que vous avez présentés pour fustiger M. Samraoui

coronelmohamedsamraoui.jpgM. Ouali

Dans une enquête sur un meurtre comme dans toute enquête, ce sont la probité, le sérieux, la rigueur et le langage rationnel, qui doivent prévaloir. Le cœur à des raisons que la raison ne connaît point…

Je suis complètement abasourdi et consterné par votre réponse. Quand j’ai lu votre première contribution surprise, j’ai dit, au fond de moi-même: ce journaliste est courageux et a une conscience professionnelle; il veut se défendre auprès de ces détracteurs; il veut soigner son image. À mon grand regret, votre deuxième intervention m’a laissé terriblement déçu et sans voix. J’ai été vraiment choqué par les motifs que vous avez présentés pour fustiger M. Samraoui. Et ce n’est absolument pas par manque de respect que je réagis vivement à votre réponse. J’aurai réagi pareillement avec un ami quand je vois une aussi grosse bavure.

J’aurais préféré de loin que vous teniez contre Samraoui un langage aussi hostile, mais aussi échafaudé que celui de M. Aboud; aussi clair, inquisiteur et malveillant que de ceux, qui habituellement représentent sa ligne dans ce blog; et comme vous l’avez certainement remarqué, ils sont toute une famille d’assaillants*, que de lire un texte remplit de sensiblerie, d’émotion et d’une attendrissante histoire de jeunesse qui n’a absolument rien à voir avec l’affaire.

Vous n’avez pas apporté la moindre explication sur les raisons qui vous ont amené à faire accroire à vos lecteurs que Samraoui est un “gros menteur” et un dégonflé qui fuit la justice. Vous n’avez pas abordé aucun de mes trois reproches que je vous ai indiqués. Au lieu de cela à quoi avions-nous droit? A des blâmes et à des anathèmes qui le visent pour son choix d’être un militaire, et sa décision d’ être un membre des services de renseignements. Je cite:

“Parce que Samraoui et ses pairs avaient peur de voir se dissoudre leur patriotisme dans nos errements d’aspirants démocrates. Souvenez-vous des débats sur la charte nationale, de nos camarades de classe arrêtés. Par qui? Demandons-le à M. Samraoui! ” (Pourquoi celui-ci et pas à Aboud, Bouteflika et Cie?! Incroyable! cet acharnement discriminatoire).

Et vous nous présentez ces raisons-là ainsi que la pauvreté qui régnait dans votre région dans les années 70 comme les éléments clés de votre conviction de l’innocence de M. Hasseni ?! Je n’en reviens pas encore. Vraiment, M. Ouali, en voulant vous justifier, vous n’avez fait que déstructurer littéralement votre système de pensée, truffé d’incohérences que je ne veux pas démontrer pour ne pas susciter d’autres polémiques qui vont nous éloigner du débat de fond: l’affaire Mecili et la thèse de l’homonymie de M. Hasseni-Hassani.

Monsieur Ouali, il s’agit d’une affaire de meurtre, vous ne pouvez pas l’utiliser pour un règlement de compte ou pour assouvir votre haine contre le régime algérien dans les années 70. Si vous avez contre le témoin Samraoui des accusations graves, des indices tangibles de son animosité pour M. Hasseni, il faut se dépêcher de les publier et alerter l’opinion publique tant que l’instruction est en cours, “Liberté” se fera un plaisir de vous aider et je serai parmi les premiers à les lire. Vous rendrez un immense service à la vérité que vous auriez aidé à éclater.

Mais, de grâce! si vous ne pouvez pas pousser vos investigations dans tous les sens par crainte sur votre vie, si vous n’avez que vos intuitions à proposer et vos dépits contre Samraoui le “carriériste”, l’”antidémocrate “, l’”oppresseur”, le soudard, ” antiKabyle “, à transmettre sournoisement à vos lecteurs, n’écrivez pas sur l’affaire Mecili. Exprimez ces sentiments clairement indépendamment de l’affaire de M. Mecili. Ou du moins, astreignez-vous exclusivement à votre témoignage sur l’innocence de M. Hasseni. N’attaquez pas la crédibilité d’un autre témoin avec du vent.

Vous nous dites que vous n’auriez jamais écrit un mot sur cette affaire si vous n’aviez pas l’intime conviction que M. Hasseni-Hassani était innocent. Alors, je vous pose ces deux petites questions

1. Qui vous empêche de révéler vos preuves si elles sont différentes de celles qui sont déjà avancées et qui, pour le juge français, doivent être étayées, car elles ne sont pas des pièces à conviction .

2. Croyez-vous que le juge Thouvenot s’acharne sur lui si les preuves que vous détenez étaient aussi irréfutables?

Pour ce qui est de l’avocat Verges, je suis d’accord que ses déclarations avaient joué en faveur de M. Hasseni. Mais je vous dois l’information que ses déclarations étaient basées sur des doutes et non sur des certitudes. Voilà une information qui ne va pas dans le sens de votre article publié chez Liberté.

C’est mon besoin de savoir la vérité qui me pousse à vous interroger encore une fois en étant très direct. Il ne faut surtout pas voir dans ma réaction une quelconque malveillance de ma part. Vous êtes journaliste, vous avez sûrement l’habitude.

Amicalement. Sniper

* la famille des Daltons, pour reprendre l’aimable comparaison de lala Taous qui avec The Kbil (reconverti dans la délation et le harcèlement après avoir souhaiter obséquieusement la bonne année au juge Thouvenot) est la plus revêche de la famille.

Sniper répond au journaliste de Liberté: « Votre article est imprégné par l’aspiration d’en découdre avec Samraoui que de sauver Hasseni »

samra.bmpJ’avais décidé de ne pas faire de commentaires sur le sujet (Affaire Hasseni) avant de nouveaux développements, mais comme un invité de marque, un journaliste de Liberté, vient de m’interpeller alors je n’ai pas le choix de répondre.

M. Ouali,

D’abord, je vous remercie d’avoir répondu à mes remarques, désobligeantes certes, mais fondées sur la manière dont vous avez rendu compte de votre investigation et vos recoupements et le support que vous avez utilisé pour le faire.

Un esprit neutre et critique ou un journaliste professionnel qui respecte l’éthique de la profession, ne se positionne pas pour la victime, surtout dans une affaire de meurtre ni contre le témoin. Il aide à éclairer l’opinion publique de la façon la plus rigoureuse possible. La moindre remarque personnelle négative sur l’un ou l’autre des acteurs d’une affaire est très préjudiciable pour la vérité et une partialité flagrante qui, aux yeux des esprits libres et critiques; elle entame la crédibilité de son auteur.

Votre article publié sur ce blog le 3 décembre donne l’impression de respecter ces lignes de conduite et laisse supposer qu’un travail sérieux et neutre a été entrepris, mais malheureusement il est bel et bien entaché par vos jugements de valeur sur Samraoui. Jugez-en:

1. “le chef du protocole au Ministère des Affaires étrangères est accusé par Mohamed Samraoui.”

Comme M. Aboud. M. Samraoui a accusé Rachid Hassani et non le chef du protocole au ministère des Affaires étrangères M. Hasseni.
On n’a pas eu connaissance que c’est M. Samraoui qui a insufflé au juge Thouvenot d’arrêter et de mettre en examen M. Hasseni. M. Samraoui n’a rien avoir avec l’arrestation de M. Hasseni (s’il y a homonymie). Les déboires de ce dernier sont dus à la seule justice française.
L’identification par Samraoui à Mediapart n’est pas la cause des ennuis de M. Hasseni. Il faut attendre la confrontation officielle et la déposition de Samraoui devant le juge pour porter un jugement équitable sur Samraoui que je ne défends pas, mais que je n’accepte pas qu’il soit lynché comme un criminel sans aucune raison apparente ou avérée. Son identification à Mediapart n’aurait rien changé sur le cours de l’instruction. Sinon elle aurait conforté l’hypothèse de l’homonymie.

2. “(Samraoui) Se rendra-t-il en France malgré ce précédent (Espagne) ou fera-t-il de ce risque un prétexte pour se soustraire à une éventuelle confrontation ?”

Le sentiment que vous voulez laisser chez vos lecteurs est trop clair.
Avec cette simple interrogation, on vous doit une idée de poltron et de fuyard qui sera collée à Samraoui. La technique est bien connue dans votre milieu. Pourtant si vous avez suivi les déclarations de M. Samraoui, il vous serait facile de trouver qu’il n’a jamais voulu se soustraire à la justice. Vous trouverez qu’il a toujours espéré cette confrontation. M. Aboud lui-même a considéré justement cette situation et a demandé l’annulation du mandat d’arrêt.

3.” Il s’est piégé lorsque France 3 lui a montré les images d’une autre personne qui, elle, était le véritable Hasseni.”

Même technique d’intoxication passive. Pourquoi avez-vous utiliser le terme “s’est piégé” au lieu de “s’est trompé” ou à la rigueur si on ne l’aime pas, “il s’est confondu dans on identification”. Un piège, une proie, un criminel ou un ennemi pas un témoin. Son témoignage a été suivi par une déclaration que vous trouverez facilement sur le Net: “Je n’aurai la conscience tranquille qu’ après avoir été confronté avec le mis en cause”. Mais cette prudence ne semble pas retenir votre attention ni celle des médias algériens.

Désolé M. Ouali, votre article est imprégné par la même aspiration qui anime le régime algérien qui veut plus en découdre avec Samraoui que de sauver M. Hasseni.

D’autres reproche que je vous fais, pas en tant que journaliste, mais en tant que journaliste qui a publié dans le journal “La Liberté”. Les investigations de ce journal sont très limitées et sont guidées par des a priori évidents. Peut-être c’est pour cela que le journal a bien voulu ouvrir ses pages pour vous. Les nombreuses questions qui restent sont réponses alors qu’elles pourraient être facilement élucidées est très révélateur de la chape de plomb qui est établi autour de cette affaire. La liberté comme d’autres journaux d’ailleurs n’a pas le professionnalisme d’aller chercher la vérité chez les vrais responsables. Personne n’a publié la photo de Hassani et de Amellou, ni parler avec leur entourage familial ou professionnel. Si tel est le constat qui est à décrier Samraoui ou l’Etat algérien qui cache la vérité? Vous êtes journaliste, vous avez accépté cette lourde responsabilité, alors éclairez-nous.

Malgré ces griefs qui n’ont rien de personnel, je salue votre volonté de démentir nos reproches. Vous auriez été un très bon internaute dans ce blog pour contribuer avec nous tous à voir plus clair. Nous espérons vous lire plus souvent.

Par Sniper

Mohand répond à A. Ouali: »Voila pourquoi j’ai été catégorique en ce qui concerne votre tendance à être et à défendre le parti le plus fort »

liberte.gifAu journaliste A. Ouali de Liberté

Vos commentaires m’interpellent car vous ne changez pas votre fusil d’épaule. Vous vous mêlez à nous dans cette quête de vérité pour informer. Mais à notre grand regret, vous suivez des sillons marqués et tracés, peut-être pour ne pas vous perdre dans cette jungle… Je n’ai jamais voulu les emprunter, c’est pourquoi nous ne sommes pas d’accords. Il faut des contrepouvoirs et des contrepoids pour tenter de rétablir un équilibre qui n’existe ni dans cette affaire ni dans d’autres nombreuses hélas !

Nous ne simplifions pas votre rôle. Vous connaissez mieux que nous la pratique de votre métier en Algérie et la particularité de votre journal. Son nom est beau mais qu’en est-il de son ventre, de ses membres et de sa tête. Si vous affirmez que vous n’agissez sous aucun contrôle, permettez de douter, si vous dites que le service de propagande vous fiche la paix, vous ne dites pas tout. La “case” a perdu de son prestige, elle est dévoyée et elle se cherche, elle est partagée entre deux visions diamétralement opposées. Perdurer ou changer et évoluer. Ce que nous connaissons provient des tripes même de ce corps qui fantasme les journalistes mais aussi les citoyens. 

40 années de mensonges laissent des rides et des traces dans nos attitudes à tous. 40 années durant lesquelles il était difficile d’approcher la vérité avec les outils et les moyens normaux. 40 années de combines opportunistes font de nous des personnes qui nous méfions des gens qui affirment connaître tout de tout. Votre métier de journaliste est dur, nous le savons, il est dangereux d’y résister, dure aussi de dire non c’est ainsi que plusieurs tombent dans la facilité du oui. 

Pour ma part je ne vous connais pas, je ne connais pas vos attaches professionnelles ni vos informateurs. C’est pourquoi en me basant uniquement sur vos écrits, je conclue que vous ne dites pas tout.Vous partez de postulats de départ. Nous aurions voulu faire parler les seuls faits que nous connaissons tous sur cette affaire d’abord puis chacun tirera les conclusions en fonction de sa vision de la justice et de la gestion d’un Etat de droit. Nous aimons beaucoup rester neutre et nous aurions voulu lire des articles qui respectent ce principe fédérateur. 

On peut préférer Hassani, ou Hasseni, ou Hasni ou Amellou, nous n’aimons pas voir apparaître les préférences, ou bien il faut le dire d’emblée pour se démarquer d’une analyse objective. Vous dites avoir procédé à des investigations qui vous ont amené à vos conclusions, nous n’avons pas de raison de douter. Mais alors, votre travail aurait pris de couleurs si vous nous aviez dit en même temps qui est Hassani, le vrai, puisque celui ci serait un faux. Vous auriez pu nous dévoiler aussi quelques pans de la réalité de cet assassin appelé Amellou et qui s’occupe (ironie du sort) en Algérie d’une société de sécurité. Vous auriez pu nous donner quelques informations pertinentes sur l’aberration de la situation d’un proxénète, assassin donc avec un gros casier, qui a l’autorisation d’exercer dans un domaine où l’intégrité morale et l’honnêteté sont le baba comme vous dites de la fonction.  D’un tueur on n’en fait pas un “notable”, on ne lui ouvre pas les portes, bien au contraire on le met là où il ne peut plus refaire ses coups vaches, c’est-à-dire la prison. Mais peut-être les valeurs aussi ont changé en Algérie.

Le pouvoir nous rend fou, l’argent nous fait pousser des ailes et on oublie que chacun de nous laisse derrière des traces indélébiles de son action sur cette terre. 

Vous ne dites rien également sur les événements qui se sont déroulés en 1987 en France, ni sur le comportement complice et délictuel de Pasqua et consorts. Vous ne dites rien sur les raisons sordides de cet assassinat. Peut-être que vous ne pourriez pas le faire et dans ce cas alors pourquoi ne parlez que de pile et vous abandonnez la face. Mecili a été assassiné parce qu il savait des choses sur les dirigeants et c’est cela qui lui a coûté la vie. Ce qui fait agir les hommes et certains dirigeants c’est certains faits cachés, ayant en rapport avec la dilapidation des deniers publics, qu’ils habillent de raisons d’Etat. Il est toujours temps de véhiculer les données réelles sur ces assassinats de l’ombre.Or votre attaque systématique de tous ceux qui on en eu marre de voir se comporter la bête immonde à plusieurs têtes et qui ont dit assez en partant ne nous convainc pas de sa neutralité.  Si Samraoui a dit de vous, que vous êtes un des leurs sur la base de ses informations, cela ne fait pas de lui votre ennemi à incriminer à tout prix. Si c’est aussi simple, vous auriez des milliers d’ennemis. Ce que l’on sait de certains journalistes provient de vos propres collègues, car nous n’avons pas de listing précis, c’est dans la nature de ces choses de l’ombre. Même si par habitude on n’aime pas les traîtres et les «retourneurs» de vestes, encore faudrait-il distinguer les gros des accessoires, il faut les mettre tous sur le même plan et les traiter tous de la même manière. Or, en Algérie, et c’est un mal profond, on a organisé des règlements de compte mais on a jamais épinglés les vrais faussaires, au contraire on les a honorés et on continue de le faire. On absout les crimes horribles des terroristes, mais on tombe à plusieurs sur ceux des nôtres qui essaient de faire savoir que le blanc seing que s’octroie certains a brisé l’Algérien et a sali l’Algérien. 

Vous tombez, vous et les autres, sur la seule voix discordante dans ce milieu de mensonge. Beaucoup de gens qualifient de tous les noms ces quelques personnes qui se comptent dans les doigts de la main. Or ils se gardent de traiter d’Agents de l’ancien colonisateur des personnes qui ont pris le pouvoir en Algérie pour faire de ce pays une poule aux oeufs d’or pour eux, leur clan, et leurs amis étrangers.Voila pourquoi j’ai été catégorique en ce qui concerne votre tendance à être et à défendre le parti le plus fort; c’est votre droit, mais c’est aussi notre droit de dire et ne critiquez pas notre propension à dire les choses sans frontières et sans ligne rouge. Pour ne pas être perdant et trop long, je ne suis convaincu par vos arguments. Vous choisissez comme vos collègues le moment de livrer les mêmes données, vous avez tous les mêmes jugements. La ficelle est trop grosse pour ne pas être vue. Il y a en même temps sur ce blog, des personnes qui soutiennent mordicus comme vous que Hasseni, n’est pas un agent des services secrets algériens. Comment peuvent donc le savoir ? Le fichier du personnel des services secrets algériens est-il consultable à souhait ? oh que non. Mais vous savez tout comme moi que beaucoup de journalistes, de cadres et d’Agents aspirent à en faire partie. Chaque journaliste est un informateur potentiel, chaque journal est un foyer de propagande… En affirmant que votre journal est un journal non-aligné, vous nous donnez encore un autre sujet d’inquiétude, car ce n’est pas vrai.  

On retrouve en lisant attentivement beaucoup d’indices et beaucoup de non dits. Le fait d’avoir ainsi nommément répondu en vous adressant à Sniper et à moi même me pousse à m’interroger sur la vraie raison et je devine votre objectif. Soit ! Certains blogueurs se distinguent par des écrits comme le votre. On se demande si vous aussi vous ne voulez pas remettre sur le tapis ce sujet qui a fait coulé beaucoup d’encre. Il a été examiné en long et en large. Quand des ministres de
la République se mettent de la partie, il y a fort à parier que quelque chose de spécial et d’inhabituel est en train de prendre corps, au grand regret de parties qui n’en veulent pas.
 

Si vous répondez à Sniper et à moi même, c’est qu’à vos yeux nous nous trompons. Tout comme les ministres qui se sont distingués, Ksentini, la presse écrite et certains bloguers appointés l’idée même que vous vous trompez ne vous effleure pas. Vous ne voulez même pas que l’idée contraire puisse être évoquée. Qu’à cela ne tienne, nous continuerons à dire que le droit est une science, elle n’est pas exacte, mais elle a ses principes et ses règles. Elle fonctionne uniformément pour les pauvres et pour les riches, et il faut ainsi même si c’est encore un illusion penser que les dirigeants sont aussi des citoyens justiciables chaque fois qu’ils commettent un délit. On ne voit pas ce genre de chose en Algérie, vous le savez tous; c’est aussi que chaque fois qu’un individu, se considérant au dessus des lois, est épinglé, en dehors cieux, à défaut de le vivre chez nous, nous fascine et nous pousse à espérer d’une même justice pour tous. Ce sont ces buts que nous défendons modestement et nous continuerons à le faire. N’en déplaise aux sempiternels béni oui oui. 

On pensait que la révolution les a anéanti, à notre grand regret, leurs racines ont repoussé. C’est pourquoi nous aimerions tant, que le règne du oui, puisse enfin laisser sa place au non chaque fois que possible et que la vie d’un frère ou d’un père est beaucoup plus importante que les ambitions des hommes. ALLAH HOUA AALAM.
Par Mohand

A. Ouali: « Je peux être formel: Hasseni n’est pas Hassani »

hasni.jpgMOHAND,

Merci de m’offrir l’hospitalité dans cet espace de LIBERTE. Si j’ai manqué de m’y manifester avant ce jour c’est simplement parce que je ne le connaissais pas. Je l’ai découvert au hasard d’un moment de navigation. Je suis journaliste. Donc je connais les critiques, les insultes, les anathèmes. Dès qu’on refuse de servir de simple relais à une thèse ou à un discours on est habillé du burnous de l’infamie. Vous dites vous même que je reçois des fax (de mes manipualteurs…) Samraoui laisse entendre que je serais un indic. Il n’a pas changé. C’est le propre des services qui l’ont nourri et élevé au grade de colonel, avec en prime un poste à à l’étranger toujours réservé aux plus zélés des affidés, de répandre ce genre de rumeurs pour discréditer quiconque s’oppose à eux. Ces mêmes services sont en mesure de fabriquer leur plus virulent détracteur quand ils ont besoin d’infilter l’opposition. Je joins ici la réponse donnée à Sniper.

Sniper, vous avez peut-être bien choisi votre surnom puisque vous dégainez très vite. Mais là, votre tir ne fais pas mouche. Je vous rassure: je ne cherche ni à être sénateur, ni député, ni maire. Je ne veux même pas d’un poste de journaliste dans la presse publique en Algérie. Et ce pas Liberté qui me fait vivre à Paris ! Que me reprochez-vous? D’affirmer que l’audition de Samraoui est un casse-tête? Vous en avez maintenant la preuve puisqu’il n’est pas venu à Paris. Sortez votre flingue et accusez-moi de l’avoir découragé et de lui avoir fait peur. En 2003, je n’avais rien écrit sur le sujet et le juge Thouvenot avait dû se déplacer en Allemagne… Dans cette affaire, malgré les limites qui sont celles de la presse algériene, j’ai toujours écrit que la mort de Mecili était un crime d’Etat. Au demeurant, je compte dans mon entourage énormément de militants du FFS qui savent tout sur mes engagements politiques.

Pour votre gouverne, le baba du journalisme s’appelle le recoupement des informations. J’ai donc pris en compte le témoignage de Samraoui en essayant de le recouper avec le parcours de Hasseni. Dans mon premier article, je m’étais contenté de rapporter l’interpellation de Hasseni et son inculpation. Après, j’ai essayé de vérifer s’il y avait effectivement une erreur sur sa personne. J’ai pu retracer son parcours depuis l’université. Je me suis interessé à sa belle famille. J’ai aussi vérifié s’il y avait bien un Rachid Hassani. Je peux être formel: Hasseni n’est pas Hassani. Le juge d’instruction instruit à charge et à décharge. Après avoir commencé par instruire à charge il va maintenant le faire à décharge. Vous verrez à ce moment-la que Hasseni sera déclaré innocent. Il restera Hassani: c’est au juge d’aller le chercher et pas à moi. C’est à la défense de Mme Mecili de demander aussi l’audition d’autres témoins.

Comme vous, je tiens à connaître la vérité sur la mort de Mécili. Et cela, je l’ai écrit. Mais je suis convaincu qu’elle ne viendra pas du témoignage de M. Samraoui. Après tout, ce n’est pas moi l’officier des services. Comme la majorité des Algériens, ma seule relation avec l’armée a été mes deux années de service militaire. Et comme tous ceux qui n’ont pas de piston, je n’ai pas eu de dispense malgré mes charges de famille. Et je les ai passé dans le désert…Si Samraoui est le responsable qu’il prétend avoir été, je pense qu’il pourra reconstituer mon parcours. J’écris sous la seule dictée de ma conscience, après avoir vérifié les informations.
Cordialement

A. Ouali, journaliste de Liberté

Des clarifications d’El Mouhtarem

lumiere.jpgJe viens de lire avec attention l’article du journaliste Noureddine Khellassi sur l’affaire du diplomate algérien Mohamed Ziane Hasseni. Je tiens à clarifier certaines zones d’ombre qui entourent l’affaire. 

Le journaliste écrit: « Les résultats des tests ADN subis par le diplomate algérien se seraient révélés négatifs. »

Commentaire: Les test ADN peuvent prouver que Hasseni n’a pas remis les balles à l’assassin Amellou. Les résultats du test graphologique (vérification de la signature de Rachid Hassani sur l’ordre de mission remis à l’assassin), ne sont pas encore connus.

Le journaliste écrit: « Le témoignage de Hicham Aboud, apparemment décisif, a solidement conforté la thèse de l’homonymie imparfaite dont a été victime Mohamed Ziane Hasseni. L’ancien chef de cabinet du général Mohamed Betchine à la DGPS a affirmé de manière catégorique, sur la base de sa connaissance personnelle du diplomate et de Rachid Ziane Hassani, commanditaire présumé de l’assassinat de l’avocat français André-Ali Mécili, au mois d’avril 1987, que le premier n’est absolument pas le second.’

Commentaire: Comment peut-on croire le témoignage de Aboud après avoir déclaré, en 2002, au Juge Thouvenot, que Rachid Hassani était consul en Allemagne en 2002 et c’est Mohamed Ziane Hasseni qui occupait ce poste à cette époque.

Le journaliste écrit: « Défection du colonel Samraoui. Ce témoignage a d’autant plus sonné fort et juste que l’autre témoin clé dans l’affaire, n’a pas, lui, répondu à la convocation du magistrat français. L’ancien colonel du DRS Mohamed Samraoui, puisque c’est de lui qu’il est question, a prétexté un mandat d’arrêt international lancé contre lui par l’Algérie pour se dérober. Son absence a donc empêché une confrontation avec Abboud Hichem et avec Mohamed Ziane Hasseni qu’il avait affirmé avoir reconnu comme étant formellement Rachid Ziane Hasseni.

Commentaire: Dans un entretien accordé au quotidien Echourouk (20 décembre 2008), Mohamed Samraoui a déclaré que «des raisons que j´exposerai ultérieurement, ne m´ont pas permis de me rendre en France. Le guet-apens dans lequel je suis tombé en Espagne l´année dernière est encore vivace. »

Le journaliste écrit: « D’autant plus important qu’il aurait été également apprécié à l’aune de sa confrontation avec Mohamed Ziane Hasseni qu’il prétend bien connaître au point de l’identifier comme étant l’ancien capitaine des services algériens, Rachid Ziane Hassani. « 

Commentaire: Le juge Thouvenot n’a jamais programmé une confrontation entre les trois.

Le journaliste écrit: « Pourtant, Mohamed Samraoui est un témoin déterminant, surdéterminant même, étant donné que son témoignage initial a constitué le fil rouge du dossier d’accusation. Il avait même fondé la première conviction intime du juge Baudoin Thouvenot, lequel, s’y basant, avait inculpé et mis en examen et sous contrôle judiciaire Mohamed Ziane Hasseni. »

Commentaire:  Le journaliste ne s’est pas trompé en soulignant que Mohamed Samraoui est un témoin déterminant, surdéterminant même. Il est donc évident que le juge ne prononcera pas de jugement avant d’entendre Samraoui. Par ailleurs, Samraoui n’est pas obligé de se déplacer en France. Faut-il rappeler qu’en 2003, c’est le juge Thouvenot qui s’est déplacé en Allemangne pour entendre Samraoui ?

Le journaliste écrit: «  S’ajoute aussi au registre des bonnes nouvelles pour Mohamed Ziane Hasseni le fait que le juge Baudoin Thouvenot ne serait plus, dans les prochaines semaines, responsable du dossier d’instruction ».

Commentaire: Le juge qui remplacera Thouvenot n’abandonnera certainement pas l’affaire. La justice française n’est pas celle de Tayeb Belaiz.

Le journaliste écrit: « S’agissant de Rachid Hassani, cadre de la Gendarmerie nationale avant de rejoindre l’ex-Sécurité militaire, dirigée alors par le général Medjdoub Lakehal Ayat, Abboud Hichem le connaît bien. Très bien même. Et pour cause, le commanditaire présumé de l’assassinat de l’avocat Mécili est son propre cousin. Il est, comme lui, natif de la ville d’Oum El Bouaghi, dans l’Est algérien. Aboud

Commentaire: Hicham connait très bien Rachid Hassani ? S’il le connaissait très bien, s’il est son cousin, pourquoi avait-il déclaré au juge en 2003 que Hassani était consul en 2002 avant de se retracter le 17 décembre 2008. «C’est Samraoui qui m’avait dit», s’est contenté de déclarer Aboud et d’ajouter qu’il n’avait pas vu Hassani depuis 1990 ! Pourtant, Aboud était en Algérie jusqu’en 1996.

Le journaliste écrit: « Contrairement à ce que d’aucuns pouvaient penser, la réactivation du dossier de l’assassinat de l’ancien ami et conseiller de Hocine Aït Ahmed au FFS n’est pas imputable à Annie Mécili, la veuve éplorée de l’ancien avocat. Elle est due à un hasard. En fait à une interview choc, accordée par Abboud Hichem, en juillet 2003 à l’hebdomadaire français le Nouvel Observateur. »

Commentaire: L’interview est parue le 14 juin 2001 et pas en juillet 2003. «C’est le capitaine Rachid Hassani qui a pris en charge cette mission (l’assassinat de Mecilià). Il venait d’arriver de la gendarmerie», affirme Aboud au N.O.  Comment l’avez-vous appris ? H. Aboud. – « C’est le capitaine Hassani qui m’en a parlé. C’était mon ami. Il est de mon patelin, pratiquement de la même tribu que moi, dans les Aurès. Hassani a pris en main l’affaire Mecili parce qu’aucun officier ne l’avait acceptée. ». Qui peut croire les propos de Aboud ? Un officier chargé d’une mission de tuer un opposant peut-il raconter avec une telle facilité les termes de sa mission ?

Par El Mouhtarem qui vous dit: Bonne année 2009. Meilleurs voeux.

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