24 août, 2008
Me Jacques Vergèsà Liberté: « L’affaire Hassani est un scandale »
Rencontré en compagnie de Me Khaled Lasbeur, un des défenseurs de Mohamed Ziane Hassani, directeur du protocole au ministère des Affaires étrangères, le célèbre avocat Jacques Vergès, nous a livré son avis sur le dossier.
“Il n’a pas le même nom. Il n’a pas le même prénom. Il n’a pas la même date de naissance. Il n’a pas le même lieu de naissance. Il n’a pas le même métier. Et on l’arrête. C’est un haut fonctionnaire. On le fait voyager de nuit, menotté dans un train. Ensuite, on l’inculpe alors qu’ils disent qu’il y a une confusion d’identité. Ensuite on le met — et c’est une mesure prétendument généreuse — sous contrôle judiciaire. Je dis que c’est un scandale. Quand on a un mandat d’arrêt contre quelqu’un, ce mandat porte le nom véritable et le prénom et la date de naissance et le métier. Mais lui s’appelle Hasseni, autrement dit c’est un Maghrébin et on s’en fout. S’il s’était appelé Jean Martin, né à Courbevoie, médecin à Créteil on ne l’aurait pas arrêté parce qu’on recherche un individu nommé Pierre Marton marchand de chaussures à Marseille et né à Martigues. Là, il y a une discrimination, une désinvolture qui est proprement scandaleuse. Elle a été le fait de la police. Mais elle est confirmée par les juges. Et ce que je dirais de plus, c’est que si l’instruction de l’affaire Mécili a été conduite de cette façon, elle ne vaut rien. Et les soupçons portés contre Pierre, Paul et Jacques ne valent rien. Pour la suite : ou bien les juges sont complètement fous, et ils le mettent en prison. Ou bien ils le mettent hors de cause (je souhaite que ce soit le plus rapidement possible). Mais il y a des gens qui l’accusent et si l’on va vers une confrontation, on prolonge le scandale. C’est-à-dire que l’affaire d’Outreau (un dossier de pédophilie où il y a eu des condamnations injustes, et qui est devenu un immense scandale judiciaire) s’applique à cette affaire. C’est proprement scandaleux. ?a mériterait qu’après il y ait une plainte contre la police et contre les juges.
Il a donc le tort de s’appeler Hasseni. S’il s’appelait Martin, Smith, on aurait examiné l’affaire avec beaucoup plus de prudence et d’attention. Pour ce type, en plus, on ne peut même pas parler de montage. Il a un acte de naissance. Cet acte de naissance a été fait par les Français à l’époque (pendant la colonisation). Les Français ne sont pas dans le coup ! C’est monstrueux ! La presse française s’indigne même qu’il ne soit pas au trou et on dit que la complicité avec l’Etat algérien continue (rire). Si ce type se sentait visé par le mandat, il n’aurait quand même pas pris l’avion et débarqué à Marseille. Moi, je crois que c’est la chasse au faciès.”
Commentaires(1)
« Alité depuis le samedi 2 /08 et hospitalisé depuis le mercredi 6/08, Hichem Aboud s’excuse auprès de ses lecteurs de ne pas pouvoir actualiser le site
En votre qualité d’unique témoin dans l’affaire de l’assassinat de l’avocat Ali Mécili en avril 1987, voyez-vous une quelconque relation entre le diplomate algérien Mohamed Ziani Hassani et le complice dans le meurtre ?
Tout à coup, le diplomate assigné à résidence à Paris change de nom dans un grand journal et un ambassadeur en retraite se permet des informations qu’il est seul à connaître: on apprend ainsi que Mohamed Ziane Hassani était en contact avec la police française « depuis ces dernières années ». Prend-on les autorités françaises pour des imbéciles au point d’arrêter un diplomate sans des éléments de suspicion sérieux ?
« A l’époque des faits, le tueur présumé avait été rapidement interpellé avant d’être aussi vite expulsé vers son pays d’origine sur ordre du ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua. Un mandat d’arrêt international a également été délivré en décembre 2007 à l’encontre de ce suspect. On garde espoir de le voir interpellé un jour. L’affaire Mecili, c’est une affaire Ben Barka bis. Sauf que pour Ben Barka, le président de Gaulle avait tapé du poing sur la table pour exiger que la justice passe. Cela a été tout le contraire dans le cas d’Ali Mecili.»
Vingt et un ans




