Archive pour 'Analyse'

Les aventuriers de l’Arche perdue

Le Tchad est-il un Etat indépendant et souverain ? C’est une évidence pour tout le monde sauf pour le président français qui s’engage publiquement qu’il ira chercher ses six concitoyens impliqués dans l’affaire de l’Arche de Zoé, quoi qu’ils aient fait. En tenant ce genre de discours, le président français est dans une posture de déni car il disqualifie non seulement la justice tchadienne, mais il professe arrogance et mépris envers tout un pays. L’affaire de l’Arche de Zoé est désormais suffisamment connue sur le plan international pour en rappeler les tenants et les aboutissants, sauf à dire que les charges qui pèsent contre les six Français détenus au Tchad sont accablantes. A bon droit, ces six Français devront être jugés au Tchad puisque c’est dans ce pays qu’ils ont commis les délits qui leur sont imputés, c’est-à-dire la tentative d’enlèvement de 103 enfants africains, dont au moins 91 jeunes Tchadiens. Il n’est donc pas possible de faire comme si rien ne s’était passé. En réalité, il y a une sorte de fuite en avant de la part du président Sarkozy, car le procès au Tchad des six Français pourrait révéler autre chose que leur seule responsabilité dans l’affaire. Les membres de l’ONG française ne pouvaient, en effet, pas agir sans attirer au moins l’attention des services de sécurité et de renseignements de leur propre pays. C’est une affaire dans laquelle il y a beaucoup de questions sans réponse. Dans cet ordre d’idées, il y a lieu de se demander si les six Français avaient reçu l’assurance – et les moyens – de pouvoir agir en toute impunité. Mais il n’est pas banal d’opérer le transfert massif de 103 enfants africains – même pour des motifs humanitaires – sans susciter une légitime méfiance. A cet égard, les autorités tchadiennes ont pu faire preuve de vigilance et empêcher un rapt d’enfants à très grande échelle. Maintenant que ces faits sont avérés, c’est bien sûr à la justice tchadienne de prendre le relais. Comment le président français peut-il alors affirmer qu’il irait chercher ses compatriotes quoi qu’ils aient fait ? La sagesse, la raison imposent respect de la procédure d’instruction pour laquelle la justice tchadienne est pleinement compétente. Le « quoi qu’ils aient fait » utilisé par le président Sarkozy résonne comme une mise en garde, une menace contre le Tchad, mais aussi une autorisation explicite donnée à tout ressortissant français dans le monde de commettre un délit en ayant la garantie que leur chef d’Etat se porterait immédiatement à la rescousse. Or, dans cette affaire de l’Arche de Zoé qui n’a manifestement pas livré tous ses secrets, il serait plus responsable d’inviter à la sérénité et de placer une confiance résolue en la justice tchadienne. Le volontarisme du président français, dans de telles conditions, ne s’accorde ni avec les usages diplomatiques ni avec les plus élémentaires règles de respect de la souveraineté des Etats peu enclins à accepter un prétendu devoir d’ingérence parfaitement assimilable à une manifestation néo-colonialiste. C’est aujourd’hui le cas du Tchad, et son exemple sera certainement médité sous toutes les latitudes. Quant aux Français protagonistes de cette triste histoire, ils sont – pour paraphraser un film célèbre – les aventuriers d’une Arche de Zoé perdue. Au moins de réputation.

 

 

Amine Lotfi

Que cache la polémique Sadi-Zerhouni ?

said4.jpgyazidzerhouni22.jpgC’est tout de même curieux que ce blog, réputé proche du FFS, puisse devenir un relais des polémiques Zerhouni-Sadi en ce moment précis et trouble ! Les polémiques Zerhouni-Sadi nous intéressent-elles ? Qu’est-ce qu’elles sont sensées cacher ? Sadi a-t-il été rappelé à de nouvelles missions ? A de nouvelles diversions ? Ne sont-elles pas là pour camoufler le hold-up des listes FFS dans plusieurs wilaya ? La suppression des listes FFS n’a-t-elle pas pour fonction de réduire par la fraude et l’arbitraire le FFS au même niveau de mobilisation que le RCD ? Y–a-t-il un plan de fraude visant à faire dire que le RCD à lui seul a été capable de mobiliser plus d’électorat que le FFS et ses partenaires (Hamrouche, Mehri et les syndicats autonomes) réunis ? Y–a-t-il un plan qui vise à placer le RCD par la force, la fraude et l’intox comme principal interlocuteur de l’opposition démocratique en Algérie aux yeux de l’hypothétique communauté internationale ? Sadi accusant Zerhouni d’être des services ? Sadi a-t-il oublié la genèse de son parti aux mains des labos des services ? N’ont-il pas siégé dans le même gouvernement ? N’appartiennent-ils pas tous les deux à l’école criminelle des janvieristes éradicateurs qui a mis le pays à sang à feux et à genoux ? C’est le fait d’appartenir aux services qui soit un crime plus que le fait d’avoir les mains tachées de sang ?

Par Fouroulou

 

 

Face to face

L’Algérie est un pays très difficile, vu d’en bas mais aussi vu d’en haut. En gros, il y a deux approches de gouvernance. La première est du genre Abdelaziz Belkhadem, assistant de direction, qui applique en général les ordres globaux, gère administrativement le consensus et signe les chèques sans faire de vagues. L’autre est du genre Ahmed Ouyahia. Un peu plus audacieuse, plus soviétique, assistée par ordinateur, plus radicale mais avec autant d’erreurs, elle est plus méprisante mais fondée sur une approche plus franche des problèmes. Pourtant, on le sait, les deux approches sont en fait les mêmes dans le fond, résultats d’équilibre de clans et comme le dit lui-même Ahmed Ouyahia, le tout sous la pression des lobbies, qui « activent dans le but de détruire l’économie nationale », selon l’ancien chef du gouvernement. Si l’on peut se demander pourquoi il n’a pas combattu ces lobbies, on peut souligner que contrairement à son successeur, au moins, il en parle. Si chacun a en tête une phrase ou une action d’Ahmed Ouyahia, personne ne se rappellera d’un mot de Abdelaziz Belkhadem parce que tout simplement, il ne dit rien. Il y a pourtant des points communs entre eux. Ils n’aiment pas trop les libertés et les autonomies, et couvrent les dérives du système. Si l’un arbore une marque au front en signe d’appartenance, l’autre affiche ouvertement son penchant pour la discipline militaire et le modèle économie de casernes. Aucun des deux n’a réglé le problème du chômage, du logement, de l’économie, de la faiblesse du dinar ou de la violence. Et quand Ahmed Ouyahia critique l’annulation de la loi qui interdit aux entreprises publiques de déposer de l’argent chez le privé, il oublie que c’est sous son gouvernement que Khalifa s’est enrichi. Alors, tous les mêmes ? Presque. Quelle approche choisir ? La question est ridicule, qui a dit qu’on avait le choix ? Chawki Amari

 

 

La Fondation Nobel se trompe !

algore1.jpgC’est un prix Nobel de l’écologie qu’il aurait fallu discerner à Al Gore et l’ONU et non pas celui de la Paix, ceci étant si ce prix vaille encore quelques respects.

Quelques commentaires.

Al Gore a découvert l’écologie bien après le scandale des élections présidentielles américaines de 2000.

Pour rappel, le samedi 9 décembre 2000, La Cour suprême de La Floride arrête le décompte manuel des voix. Cet arrêt permet à Georges Bush de devenir Président. La poursuite du décompte aurait pu donner Al Gore Gagnant. Les manœuvres ont voulu autrement. Selon quelques analystes, un compromis a été trouvé entre les camps pour éviter aux USA une crise politique majeure qui à son tour aurait eu des conséquences globales sur l’économie mondiale. Moralité : la Présidence américaine dépasse largement la question de personne ou de parti politique. C’est une question qui relève du consensus tacite parmi l’élite dirigeante sous l’égide d’une oligarchie des riches qui fait et défait les présidents et les hauts fonctionnaires.
Al Gore a depuis fait son chemin dans l’écologie. En 2007, il s’est ‘oscarisé’ en remportant la statuette du meilleur documentaire pour ‘ Une Vérité qui dérange’. En 2008, il s’est ‘Nobélisé’ pour ce qu’il est, autrement selon Oslo ‘probablement l’individu qui a fait le plus dans le monde pour une meilleure compréhension des mesures nécessaires’.

Al Gore savoure donc les prix comme « lot de consolation » si ça peut servir de substitution à la présidence qui aurait pu lui revenir de fait. Dans le camp des démocrates, Hilary Clinton et Barack Obama sont trop loin devant dans les préparatifs pour els prochaines présidentielles.

Je n’ai aucun doute quant aux convictions écologistes d’Al Gore. Le quotidien britannique ‘The Guardian’ a déjà révélé que la consommation personnelle d’électricité d’Al Gore est de vingt fois la moyenne nationale ! Le prix Nobel à l’ONU et donc à son conseil de sécurité rejoint en cynisme celui de Henry Kissinger.

On aurait aimé voir l’ONU et Al Gore se distinguer pour la paix en Irak, Darfour, Afghanistan, Iran, Palestine, Kosovo, … On a bien compris. De nos jours, l’engagement pour l’environnement est le combat le moins risqué politiquement et de loin le plus porteur. Sauf qu’aujourd’hui les propagandes des médias et des institutions internationales peuvent mais encore très difficilement convaincre des gloires qu’ils décernent aux lâchetés, complaisances et complicités éhontées.

Par Fouroulou

Le fascisme, selon La Dépêche de Kabyle et la démocratie, selon les Arouch¹

ladepechedekabyliecopy23.jpgTrès simplement et selon le dictionnaire Larousse, le fascisme, régime établi en Italie de 1922 à 1945, est fondé sur la dictature du parti unique et l’exaltation nationaliste et visant à substituer un régime autoritaire à un régime démocratique. Le quotidien « La dépêche de Kabylie » a fait usage et à maintes reprises du terme « fascisme » dès lors que des actes de violence ont été commis à son endroit.
Il a fallu que ce quotidien soit interdit de distribution par un certain délégué agissant sous couvert du mouvement pour … « la citoyenneté » pour que ce même journal titre à sa une et sans équivoque : « Cet homme est un fasciste ! » Il a fallu aussi que le siège de « La Dépêche de Kabylie » fasse l’objet d’une visite nocturne pour qu’elle crie de nouveau « au fascisme. » De tels actes, sont – par principe, aux yeux de tout démocrate et de « tout homme libre » condamnables.
Ceci dit, il est utile de « rafraîchir » la mémoire de « La dépêche de Kabylie et de lui rappeler que ce qu’elle a qualifié de fascisme, ne date pas d’aujourd’hui dans la région, depuis l’avènement du Printemps « noir. » Ou alors – si l’on se fie aux réactions « épisodiquement » éditoriales du quotidien- il y aurait deux types de fascismes : le bon et le mauvais et qu’un acte n’est fasciste que s’il porte atteinte à sa propre liberté.
Il y a quelques mois, au plus fort de la violence politique qui s’est déchaînée sur la région et qui a ciblé essentiellement le FFS à qui, des représentants autoproclamés de la population voulaient imposer une ligne de conduite et, au nom d’une certaine conception de la démocratie, des sièges du parti ont été incendiés, des militants et des candidats agressés, des conférences et meetings interdits et… « réprimés » à la méthode stalinienne forts de « ses comités populaires », des affichages arrachés et La Dépêche de Kabylie s’est contentée de rapporter les faits. Sans plus. Alors que d’autres journaux –faiseurs de « figures proue » sans prouesses et faisant le jeu des extrémismes – ont même laissé transparaître une certaine satisfaction qu’il n’est pas difficile de déceler à travers leurs commentaires. Il n’y a qu’à s’amuser à faire une petite revue de presse pour constater …
Au lendemain du saccage du siège du FFS, à Maâktas – pour ne citer que cet exemple – « La Dépêche de Kabylie », dans son édition du 12 septembre 2002, préfère consacrer « l’intégralité » de sa Une à Aît Menguellet, déroge à la règle et « omet » d’exprimer son indignation et de condamner ce qui est pourtant loin d’être un simple acte de vandalisme. En revanche, lorsque le journal a été interdit par ce même … « délégué », le journal n’a pas hésité de qualifier et à juste titre d’ailleurs, cet acte d’action « commando. » Et voilà, qu’en réaction à la menace de suspension qui pèse sur certains journaux, l’auteur de cette « prouesse », dans une déclaration au nom du « comité citoyen », au quotidien « L’Expression » du 7 août 2003, tentait encore de faire croire « qu’en ce qui les concernait (le comité citoyen ), ils étaient surpris par cette mesure digne d’un Etat dictatorial, alors qu’ils étaient en plein combat pour la liberté d’expression, d’opinion et de conscience. » Décidément ! Un jour on braque un journal, un autre on « craque » pour la liberté d’expression.
De notre point de vue, une telle façon de traiter l’information et d’analyser et d’interpréter les faits paraît sélective et discriminatoire. Car œuvrer pour la liberté d’expression c’est aussi et surtout de condamner – et en toute circonstance – tout acte visant à empêcher l’expression de la liberté… D’autant qu’il s’agit d’un journal dont la devise est « le journal des hommes libres. »
Par ailleurs, suite aux menaces d’un militant du RCD à l’encontre du journal, un … délégué déclarait que « menacer des journalistes était du fascisme. » Soit et nous y souscrivons totalement. Seulement, soyons conséquents avec nos convictions et n’ayons pas peur des mots lorsque d’autres espaces d’expression sont menacés d’extinction. « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, disait Voltaire, mais je me battrai avec vous pour que vous puissiez le dire. »
N’a-t-on pas vu des citoyens se faire lyncher et au nom de « la liberté » pour leur appartenance politique et pour délit… d’opinion ? « Il faut attaquer l’opinion avec ses armes », écrivait justement le journaliste Antoine Rivarol², on ne tire pas des coups de fusil aux idées. Et au-delà de sa mission d’informer, un journal ne doit pas perdre de vue son rôle « pédagogique » en direction du public et au service de la démocratie.
Justement, dans son interview à « La dépêche de Kabylie », Aït Menguellet disait : « Si les politiques faisaient de la politique, les culturels la culture, les artisans l’artisanat, eh bien! on se porterait mieux. » Cette liste de métiers reste ouverte et eu égard à la légèreté et à la partialité avec laquelle une certaine presse s’est « occupée » de l’actualité politique qui a marqué le pays ces dernières années, celui de journaliste… dans notre pays, y tiendrait une bonne place. Par Rahim Zenati

 

1-Transmis à certains journaux, cet article rédigé en octobre 2003, a été interdit de publication
2-Ecrivain et journaliste français (1753-1801)

 

Le général Toufik veut déstabiliser Bouteflika*

francoisgeze1.jpgSelon François Gèze, le clan du général Mohamed Tewfik Médiène, général et chef du DRS depuis 1990, est le véritable maître de l’Algérie. Son objectif, en infiltrant ses hommes dans le GSPC, serait de déstabiliser le pouvoir officiel, celui de Bouteflika. En entretenant ainsi la violence islamiste, le DRS contrôlerait une population terrorisée et nourrirait sa révolte. En toile de fond, les milliards de dollars que représentent les richesses hydrocarbures du pays et sur lesquels lorgnent les deux camps.

 

La déclaration d’Abdelaziz Bouteflika, après l’attentat de Batna, en serait un signe: le Président s’en est pris aux « capitales étrangères ». Il faut comprendre « Washington », explique François Gèze. Et prendre au sérieux cette attaque en règle des services algériens, proches de leurs homologues américains. En favorisant le terrorisme islamiste, le DRS servirait en effet depuis des années les intérêts américains et les siens propres.
Mais comment expliquer aujourd’hui cette flambée de violence en Algérie? Pour François Gèze et Salima Mellah, la réponse est dans la guerre des clans, relancée depuis 2006. Derrière les attentats, il faudrait lire des avertissements lancés par le DRS à ses adversaires: le clan « Tewfik » se sentant fragilisé frappe du poing. En effet, au sein des militaires, l’alliance stratégique avec les Américains perdrait de plus en plus son sens dans une Algérie richissime: les prix des hydrocarbures augmentent nettement.
Au tropisme américain ferait à nouveau face le géant russe. Et la puissance du clan Tewfik commencerait à agacer ses détracteurs. Plusieurs éléments qui peuvent ainsi expliquer cette montée en puissance du GSPC, toujours selon François Gèze. Manipulé par le DRS, l’existence même de ces terroriste légitimerait la présence militaire américaine dans le cadre de sa lutte contre le terrorisme et pousserait les Européens à un désengagement progressif d’une région dangereuse. L’attentat à Lakhdaria visait en effet des Occidentaux (…)
Par Zineb Dryef (Rue89) * Le titre est de ffs1963

Haine des autres, haine de soi

 

 

En adoptant aux petites heures de vendredi le projet de loi Hortefeux sur la maîtrise de l’immigration, et en particulier l’amendement revu et corrigé, mais finalement maintenu dans son principe, du recours aux tests ADN pour les candidats au regroupement familial, les sénateurs, après les députés, ont fini d’esquisser le visage le plus inquiétant de la France. S’il advenait que ce texte soit maintenu au sortir de la commission mixte paritaire prévue le 16 octobre, alors il faudra acter que notre pays a fait litière de son histoire et de sa géographie au détriment des étrangers. Admettre que la famille ne vaut que par le lien biologique établi entre ses membres, considérer que seul le sang donne son sens et sa validation à la stricte parenté entre une mère et ses enfants, c’est nier la différence des autres. C’est nier l’existence de cultures singulières ou fermer les yeux sur les drames de contrées à fléaux qui font qu’un enfant peut ne pas être élevé par sa mère. Que des demi-frères ou demi-soeurs peuvent être des fils et des filles à part entière dans le coeur d’une femme qui ne les a pas enfantés. Il n’est que de lire les réactions blessées de nombre de responsables africains pour mesurer combien cette tentative dommageable de tri dans les familles, outre la suspicion de fraude a priori qu’elle suggère, risque de couper la France de ses meilleurs amis. Réservée aux étrangers, la traque de l’enfant illégitime n’est pas seulement contraire au droit fixé par la loi de bioéthique, qui limite la recherche de la signature génétique à des fins médicales ou judiciaires. Il y a de la haine dans cette course à l’ADN, de la haine des autres, de la haine de soi. On ne se respecte pas quand on manque ainsi d’humanité. A gauche, mais aussi à droite, des voix s’élèvent contre cet amendement, se mêlant aux voix des Eglises et du Conseil national d’éthique. On aimerait que la représentation nationale les entende. Sauf à miser sur le Conseil constitutionnel pour préserver notre législation de repoussantes dérives.
Editorial, Le Monde du 5 octobre 2007, par Eric Fottorino

Un long sommeil

kabyle.jpgPrès de vingt ans après les événements d’octobre, le pays offre l’image d’une Algérie encore plus malade. Les médications qu’on a soi-disant tenté de prodiguer à la situation explosive des Algériens au lendemain d’un certain 5 octobre 1988 n’ont pas apporté les remèdes escomptés. C’est le désenchantement général. Le pays est, en effet, aujourd’hui encore, sous l’emprise des problèmes objectifs et subjectifs qui le tiennent en tenailles depuis des décennies. Le pari démocratique s’est transformé dramatiquement en une grande supercherie où il n’y a de place qu’à la figuration, à la forfanterie politique, à la gabegie et à la prédation économique. En politique comme en économie ou le social, l’Algérie découvre à ses dépens qu’elle s’est fourvoyée dans des élans liberticides dans sa quête d’ouverture. Un véritable capharnaüm a supplanté le dirigisme et le rigorisme du parti unique : constellation d’associations politiques sans ancrage populaire et satellitaires, apparition soudaine de nouveaux riches, paupérisation de la société, déception de rêves inaccomplis, tout cela sur fond de terrorisme et d’incertitudes multiples. Les événements sanglants d’octobre ont-ils servi à ce que l’Algérie justifie son passage à un autre mode de gestion d’un pays qui s’est trouvé au bord du gouffre en raison de l’effondrement des cours de pétrole ? Auquel cas, il faudrait alors conclure à la « révolution du palais ». Ou Octobre n’est-il pas plutôt le cri de révolte d’une jeunesse en mal de vivre qui compte bien prendre son destin en main ? Les manifestations de 1988 qui ont été réprimées, on le sait, dans le sang n’ont en tout cas pas charrié, vingt ans après, les avancées démocratiques souhaitées, et le rêve d’un plus de liberté devient de plus en plus contrarié presque au quotidien. Entre-temps, la société observe, impuissante, des compromissions avec les plans du pouvoir qui n’a d’yeux que pour la chose économique, l’économisme étant, pour lui, la solution idoine aux problèmes de l’heure. Le rêve d’octobre, pour autant qu’il soit interprété comme une quête de liberté, d’un idéal démocratique, ou comme un vœu de rupture avec l’imposture institutionnelle dans toute sa manifestation démocratique, ce rêve, si l’on en juge par le présent, a encore besoin d’un long sommeil pour qu’il soit accompli. Pendant ce temps, les jeunes ont bien choisi l’exil au péril de leur vie.

 

Ali Benyahia, El Watan

 

Les délires de l’Expression

Dans son édition d’hier, 2 octobre, le quotidien l’Expression a publié un article signé de la main de l’un de ses rédacteurs en chef, Arezki Louni. Intitulé «Reddition de Hassen Hattab : le black-out officiel», l’auteur de l’article a affirmé qu «une chose est sûre: celui qui a fondé le Gspc (Hattab) en 1998 sur instigation de Oussama Ben Laden, soit trois ans avant les attentats du 11 septembre, fait désormais partie des repentis. »

Tout le monde sait que le GSPC a été crée le 16 septembre 1998, soit quelques jours après l’annonce de Zeroual d’organiser des élections présidentielles anticipées. Le 11 septembre 2006, Ayman Al-Zawahiri, numéro deux d’Al-Qaida, annonce dans un message vidéo le ralliement du GSPC à Al-Qaida Le 13 septembre 2006, le GSPC publie sur son site Web un communiqué dans lequel il confirme l’information donnée par : «Nous prêtons allégeance à cheikh Oussama Ben Laden. […] Nous poursuivrons notre djihad en Algérie. Nos soldats sont à ses ordres pour qu’il frappe par notre entremise qui il voudra et partout où il voudra ».

Donc, affirmer que le GSPC a été fondé sur instigation de Oussama Benladen trois ans avant les attentats du 11 septembre relève vraiment du délire. C’est remettre en cause le Made In algéria du GSPC. Enfin, pourquoi le GSPC annoncerait son allégeance à Benladen, en 2006, puisqu’il a été crée sur son instigation?

Spéculation

 

« L’effort de l’Etat profite aux spéculateurs. Une déclaration du Chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, faite lors de son passage devant les membres de la Caci, rapportée par des confrères de la presse. Voilà qui est tout dit ! La flambée des prix de première nécessité, comme la semoule et la pomme de terre, est donc l’œuvre d’une bande de marchands sans scrupules devant lesquels l’Etat algérien est impuissannt.
Un
Etat, avec son gouvernement, toutes ses institutions, ses ministères, ses agents, ses banques et ses services de lutte contre la fraude fiscale et la corruption, est incapable de venir à bout des agissements d’un groupuscule de marchands véreux qui en font à leur guise et dans la certitude d’une impunité assurée. Un constat «clinique» qui a déjà été fait par plus d’un. Que faire alors ? Plus précisément, que va faire l’Etat ? Le Chef du gouvernement affirme que «la préoccupation majeure de l’Etat est la protection du pouvoir d’achat du citoyen qui ne se résume pas à l’augmentation des salaires qui favorisent les spéculateurs». En voilà donc une autre. La valorisation des salaires ne profite, elle aussi, qu’aux seuls spéculateurs ! Inutile donc d’augmenter les salaires des travailleurs qui, de toute façon, n’en profiteront pas à ces derniers, mais aux «spéculateurs». Mais qui sont ces «spéculateurs» ? Belkhadem ne nous dit rien ! Sauf qu’ils «foisonnent dans l’appareil économique».

Lors d’une déclaration faite à la veille de la rentrée sociale, l’ex-chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, affirmait que la levée des barrières douanières profiterait à quelques importateurs déjà connus pour leurs antécédents. Qui sont-ils ces importateurs ? Le patron du RND n’en dit pas plus, lui non plus. Y a-t-il une connexion entre ces «spéculateurs» dont parle l’actuel Chef du gouvernement et ces «importateurs» dont parlait son prédécesseur ? Et si elle existe, qu’elle est sa nature ? La question mérite d’être posée. La réponse aussi mérite d’être apportée. Et cela, c’est à Belkhadem et aussi à Ouyahia de le faire. A défaut, ces déclarations qui se veulent courageuses, n’en seront qu’une spéculation de plus. Une spéculation à ne pas ajouter à l’économie, mais à en faire l’économie. Par Boudjemaâ Medjkoun.

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