Archive pour 'Ait Ahmed Hocine'

Quand l’histoire rend justice à Hocine Aït-Ahmed

aitahmed.jpgAbbes Said pour « Algérie Politique »

Après le regretté M’hamed Yazid qui l’avait révélé avant sa mort sur les ondes de la radio (chaîne III), c’est au tour de Abdelhamid Mehri, l’ancien Secrétaire général du FLN de reconnaître la paternité de la création du GPRA à Hocine Aït-Ahmed, le chef incontesté du FFS et de l’opposition algérienne. Pourtant les circonstances de la création du gouvernement provisoire restent encore méconnues des historiens et de nombreux Algériens.

Même détenu à la prison de Fresnes, Aït-Ahmed a toujours gardé le contact avec les chefs militaires de l’ALN et politiques du FLN de par les nombreuses correspondances qu’il échangeait avec eux. N’était-il pas le seul détenu parmi les cinq (Boudiaf, Benbella, Khider et Lacheraf) à avoir accepté et soutenu les orientations du congrès de la Soummam en 1956.

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Aït Ahmed a le mérite d’être le premier homme à appeler à la création du GPRA

aitahmed.jpgSur les détails de la création du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), M. Abdelhamid Mehri a indiqué que Hocine Aït-Ahmed est le premier homme à appeler à la constitution du GPRA. «Du coté historique personne ne peut contester cette vérité. Le frère Hocine Aït-Ahmed avait appelé à la constitution d’un gouvernement provisoire avant même le détournement de l’avion des 5 et son incarcération en 1956», a affirmé M. Mehri. Par Y. Aouchiche

 

Conférence d’évaluation: Les résultats attendus dépassent le cadre partisan étroit

hocineaitahmed1.jpgLe président du FFS a veillé, dans son message, à l’indépendance de la commission qui sera chargée d’organiser la conférence d’évaluation.  M. Aït-Ahmed a  souligné l’indépendance de la commission vis-à-vis des instances exécutives du Parti.

« Il me parait aller de soi que pour l’éthique et l’efficacité, cette évaluation doit répondre aux critères de transparence et de liberté. Les objectifs assignés et les résultats attendus dépassent le cadre partisan étroit. C’est pourquoi je vous recommande principalement que la commission d’organisation de la conférence travaille en toute liberté et indépendance; notamment vis-à-vis des instances exécutives du parti. Ces instances apporteront l’appui et les moyens nécessaires à la réussite de la conférence d’évaluation. Je me propose de transmettre au Premier secrétaire, dans les prochains jours, la composition de cette commission. »

Conférence d’évaluation: Hocine Aït-Ahmed propose des thématiques de débat

loupethumb311233.jpg« Oui nous nous devons d’adapter et d’actualiser l’organisation de notre parti à la fois pour organiser ce débat et pour renouveler notre stratégie. Après le pourquoi, le comment faire pour tenir une conférence nationale d’évaluation crédible », a souligné le président du FFS dans son message au Conseil national du Parti. M. Aït-Ahmed a proposé des thématiques de débat suivantes:

- A quoi sert une organisation politique dans un contexte de fermeture brutale de l’espace public ? – Peut-on continuer à considérer possible une voie légale et pacifique vers la démocratie ? Quels types d’actions concrètes dans l’environnement actuel- Alternances claniques ou alternatives politiques; quel contrat politique pour le pays.

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Hocine Aït-Ahmed met en garde contre la dislocation de l’Algérie

saidsadi.jpgferh.jpgmedienemohamed.jpgDans un message adressé samedi au conseil national du FFS réuni en session extraordinaire, le président du Parti, Hocine Aït-Ahmed, a dénoncé ceux qui essayent de mobiliser sur des thèmes à caractère religieux, régionalistes et même ethniques. «Ils poussent à une surenchère régionaliste, tout particulièrement en Kabylie, pendant que d’autres instrumentalisent l’extrémisme armé à des fins politiques surtout dans la région du Sahel», a dénoncé le leader du FFS.

«Ces menées aventureuses, ces politiques de hasard procèdent d’une même approche stratégique qui met en péril l’unité et la cohésion du pays. Un éclatement qui serait parfaitement conforme au remodelage des Etats, pensé et voulu par les plus puissants; surtout quand l’Etat est fragilisé et le pouvoir illégitime», a averti M. Aït-Ahmed. Et d’ajouter : «Les pouvoirs illégitimes, même s’ils auraient des velléités de résistance à ce mouvement, sont incapables de faire face; ils n’ont d’autre choix que de se soumettre et de soumettre leur société par la violence».  El Mouhtarem

Aït-Ahmed: « La commission d’organisation de la conférence travaillera en indépendance vis-à-vis des instances exécutives du parti »

aitahmedn.jpgAdresse de Hocine Aït-Ahmed au Conseil national du FFS réuni en session extraordinaire jeudi 5 juin 2010.

Chers amis,

Dans mon message adressé à la précédente session du Conseil National tenue le mois de mars dernier, je vous invitais à la préparation et à l’organisation de la Conférence Nationale d’Evaluation du parti.

Dans ce message, je tentais de vous faire partager mes questionnements et vous indiquer quelques pistes de réflexion; je me promettais également de vous transmettre mes propositions concernant cette conférence à laquelle j’attache une importance décisive.

Avant d’entrer dans le détail de ces propositions, permettez moi de faire un détour ou un retour sur les aspects politiques de la situation dans le pays ainsi que dans le parti; non par coquetterie intellectuelle, mais parce que je voudrais vous alerter, vous inviter à la vigilance et dénoncer l’exploitation faite de certains événements de l’actualité politique nationale.

D’aucuns essayent de mobiliser sur des thèmes à caractère religieux, régionalistes et même ethniques. Ils poussent à une surenchère régionaliste, tout particulièrement en Kabylie, pendant que d’autres instrumentalisent l’extrémisme armé à des fins politiques surtout dans la région du Sahel.

Ces menées aventureuses, ces politiques de hasard procèdent d’une même approche stratégique qui met en péril l’unité et la cohésion du pays. Un éclatement qui serait parfaitement conforme au remodelage des Etats, pensé et voulu par les plus puissants; surtout quand l’Etat est fragilisé et le pouvoir illégitime.

Les pouvoirs illégitimes, même s’ils auraient des velléités de résistance à ce mouvement, sont incapables de faire face; ils n’ont d’autre choix que de se soumettre et de soumettre leur société par la violence.

Je réaffirme avec force que les Algériennes et les Algériens ont mené une guerre de libération exemplaire qui a marqué l’histoire des peuples colonisés ; c’est bien la preuve qu’ils étaient une Nation jouissant d’une profondeur historique.  Si les femmes et les hommes de notre pays ont refusé l’abdication et la soumission devant une des plus grandes puissances coloniales, non seulement sur toute l’étendue du territoire mais aussi en France, c’est qu’ils formaient un peuple uni et solidaire. Un grand peuple pour un grand pays.

Les apprentis sorciers qui se livrent à ces surenchères oscillent tous entre le délire individuel et la dérive collective.

Ne perdons pas de vue que l’actualité internationale montre que ces dérives politiques se situent, à tous les coups, en amont ou en aval de violations massives des droits de l’homme, de génocides, de crimes contre l’Humanité et de guerres civiles fratricides.

Ni pureté religieuse, ni pureté ethnique et ni pureté idéologique, ne peuvent constituer un projet politique viable.

Il n’appartient pas à un homme ou un parti politique conséquent de réaliser les fantasmes qu’ils soient individuels ou collectifs.

Depuis l’indépendance, nous faisons face au même régime qui mène les mêmes politiques. Depuis le coup d’Etat de janvier 1992, l’histoire balbutie en Algérie. Le pays est malade du vide politique voulu et organisé et de l’absence de gouvernants légitimes. C’est le facteur principal d’instabilité dans le pays.

Chers compatriotes

Mes amis

Demain sera aussi la conséquence et les résultats de nos actes d’aujourd’hui.

Je sais que c’est presqu’un miracle que le peuple algérien ait survécu à ce siècle. C’est presque un miracle que chaque enfant, chaque femme et chaque homme continue malgré tout, à faire face à un quotidien terrible. 

Je n’ignore rien de vos meurtrissures, de vos blessures, de vos doutes mais aussi de vos espérances. Mais je connais la force, sans cesse renouvelée qui porte ce peuple à se dépasser. Je connais ses fureurs de vivre, de travailler, de voyager et de lutter.

Je n’oublie à aucun moment que certains ont choisi délibérément la vacance de la démocratie dans le pays. Alors me direz vous: à quoi sert un parti politique dans cet environnement mortifère et hostile; dans un Etat d’urgence permanent.

Je vous répondrai : Il y a toujours quelque chose à faire pour un peuple, un parti ou des hommes qui ont choisi la construction, la formation et la proposition politiques.    

Je vous répondrai: C’est à faire et nous le ferons !

Je vous répondrai : Nous le ferons ensemble, nous le ferons avec tous ceux qui refusent de se soumettre ou de se résigner ; j’ajouterai qu’aux horizons bouchés d’aujourd’hui, il est non seulement de notre devoir mais aussi à notre portée de faire face en traçant des perspectives d’avenir.

Nous voulons nous montrer dignes de ceux qui nous ont précédés et des générations futures. Notre parti s’inscrit dans la continuité historique du mouvement national et constitue un maillon important, un relais dans la chaine des luttes d’émancipation menées par les Algériennes et les Algériens.

Nous avons d’abord besoin de débattre et de réfléchir.

Oui nous avons besoin de débattre en toute liberté de nos problèmes, de rejeter tous les conservatismes y compris ceux qui ont cours dans notre parti. Nous devons privilégier l’analyse politique et rigoureuse des faits pour échapper à l’intoxication de l’espace public. C’est le seul moyen de respirer, en phase avec notre société, c’est le moyen d’empêcher que les uns et les autres «décident de nos têtes au dessus de nos têtes». 

Nous avons notre projet, nous savons ce que nous voulons, nous avons la conviction profonde qu’un débat élargi s’impose pour répondre en toute lucidité et en toute cohérence aux exigences et défis de la situation.

Oui nous nous devons d’adapter et d’actualiser l’organisation de notre parti à la fois pour organiser ce débat et pour renouveler notre stratégie.  

Après le pourquoi, le comment faire pour tenir une conférence nationale d’évaluation crédible.

Je vous propose les thématiques de débat qui m’apparaissent essentielles.

-         A quoi sert une organisation politique dans un contexte de fermeture brutale de l’espace public ?

 -         Peut-on continuer à considérer possible une voie légale et pacifique vers la démocratie ? Quels types d’actions concrètes dans l’environnement actuel 

-         Alternances claniques ou alternatives politiques; quel contrat politique pour le pays.

Le débat sur l’économie peut-il ou pas échapper aux conditions qui perturbent les autres champs de la connaissance, en premier lieu l’opacité ?

 

  1. Quel est le processus de la prise de décision économique ?
  2. Nos statistiques sont-elles fiables ?
  3. Quel bilan économique et quelles propositions ?
  4. La question sociale : inégalités et injustices. Pour un Etat juste, responsable et comptable aux  Algériennes et algériens
  5. Les mécanismes d’alerte et de contrôle

Dans une société au développement politique insuffisant l’absence de rente induit-elle des comportements plus rationnels et moins maffieux ? Les richesses naturelles induisent-elles systématiquement une situation de rente ?

Il me parait aller de soi que pour l’éthique et l’efficacité, cette évaluation doit répondre aux critères de transparence et de liberté. Les objectifs assignés et les résultats attendus dépassent le cadre partisan étroit. C’est pourquoi je vous recommande principalement que la commission d’organisation de la conférence travaille en toute liberté et indépendance; notamment vis-à-vis des instances exécutives du parti. Ces instances apporteront l’appui et les moyens nécessaires à la réussite de la conférence d’évaluation.

Je me propose de transmettre au Premier secrétaire, dans les prochains jours, la composition de cette commission.

Tout en vous soumettant pour discussions, enrichissement et adoption ces propositions, je vous salue chaleureusement.

Discours de Hocine Aït-Ahmed au VIIIe Congrès du Parti du progrès et du Socialisme

haa.jpgBouznika (Maroc) – 29 mai 2010

Chers camarades,

C’est pour moi un grand plaisir et un honneur de partager avec vous ces quelques moments de réflexion et de débat politique.  Je serai bref. L’inflation de discours dans un contexte maghrébin aux promesses fabuleuses mais aux réalisations bien maigres a grandement contribué à dénaturer, dans l’écart qui se creuse entre le verbe et le geste, la vraie portée du politique.

Le militant politique n’est pas un faiseur de miracles. Ni un gladiateur des temps modernes. Il est, au mieux et quand les conditions de sa société le permettent, un citoyen conscient des enjeux du moment. Je dis, quand les conditions de sa société le permettent, car pour un militant politique l’essentiel consiste à être ancré dans sa société sans pour autant se laisser enfermer dans les limites de cette dernière.

Or, en matière de conscience et de luttes politiques, des vies entières de militantisme se sont réduites à expliquer ce que militer veut dire. Entre des archaïsmes, que l’adoption des nouvelles technologies croit pouvoir masquer judicieusement, et la loi d’airain d’un monde sans pitié pour les faibles, militer pour un monde meilleur, ici et maintenant, passe par une douloureuse et constante explication.

Explication, sans cesse repoussée, par des pouvoirs politiques que leurs choix enchainent à des postures autoritaires puis répressives puis carrément hostiles à l’égard de sociétés qu’ils ne cherchent même plus à comprendre.

Explication biaisée, au sein même de nos sociétés, où elle finit par se confondre avec la longue litanie de tout ce qu’il faudrait changer autour de nous et qui oublie de commencer par ce qui doit changer en nous.

Chers camarades et amis,

Nous connaissons nos maux : sous-développement politique, économique et culturel. Nous connaissons, ou croyons connaitre, la solution : Le développement, la démocratie, la transformation de nos mœurs politiques…

Mais une vie entière de militantisme se résume souvent à chercher, chaque jour, le meilleur moyen de tisser des liens entre les mots et les gestes.

Chers camarades, chers amis,

C’est en militant optimiste, quant aux possibilités que recèle notre beau Maghreb pour se frayer une place dans le monde de demain, que je vous exprime mon inquiétude de voir s’accumuler les signes de la régression régionale au moment où se redessinent les rapports internationaux. Alors que des nations s’imposent sur la scène internationale sous le mot magique de pays émergents. Alors que ces nations, comme l’Inde, le Brésil, la Turquie ou l’Iran viennent disputer aux anciennes puissances coloniales et à l’hyper-puissance américaine le droit de régenter le monde, nous donnons encore l’image de tribus qui se cherchent sans cesse querelle et en appellent à l’arbitrage, voire à la protection, de ceux là mêmes auxquels les nations qui ont relevé les défis de la modernité contestent la conduite du monde.

Chers camarades, chers amis,

Nous avons, certes, connu des moments plus durs par le passé, mais les temps qui viennent, s’ils ne sont pas abordés avec la lucidité et le sérieux qu’ils nécessitent, risquent de nous laisser en marge de l’histoire du monde.

Un monde où la lutte pour les ressources, pour la puissance, pour la vie tout simplement se ferra au profit des nations qui participent à l’écriture de l’Histoire du monde et au détriment des nations en marge de cette histoire.

Une partie importante de nos élites a déjà déserté la bataille collective pour un Maghreb fort, démocratique et uni dans la conquête de ses intérêts. Ceci n’est pas nouveau dans notre histoire. Ce qui serait nouveau serait de réussir à repousser nos atavismes meurtriers, nos égoïsmes plus tribaux que nationaux et cette sorte de fatalisme qui nous pousse à accepter le pire quand le mieux nous semble trop lourd à porter.

Je vous ai dit que j’allais être bref, je vais donc m’arrêter là, pour l’instant en vous souhaitant le meilleur pour la conduite de vos travaux. Après, si vous le souhaitez, nous pourrons parler d’avenir. Hocine Aït-Ahmed

Hocine Aït-Ahmed: « Une partie importante de « nos élites » a déserté la bataille collective pour un Maghreb fort et uni »

haa.jpg«Une partie importante de nos élites a déjà déserté la bataille collective pour un Maghreb fort, démocratique et uni dans la conquête de ses intérêts», a affirmé, samedi à Bouznika (Maroc), M. Hocine Aït Ahmed, président du Front des forces socialistes (FFS). «Ce qui serait nouveau serait de réussir à repousser nos atavismes meurtriers, nos égoïsmes plus tribaux que nationaux et cette sorte de fatalisme qui nous pousse à accepter le pire quand le mieux nous semble trop lourd à supporter», a-t-il souligné dans une allocution devant le 8ème congrès du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) qui s’est tenu à Bouznika du 28 au 30 mai.

Il a, à cet égard, exprimé son «inquiétude» de voir s’accumuler «les signes de la régression régionale» au moment où se «redessinent les rapports internationaux».

«Si les temps qui viennent ne sont pas abordés avec la lucidité et le sérieux qu’ils nécessitent, ils risquent de nous laisser en marge de l’histoire du monde», a-t-il poursuivi, estimant que «nous vivons dans un monde où la lutte pour les ressources, pour la puissance, pour la vie tout simplement, se fera au profit des nations qui participent à l’écriture de l’Histoire du monde et au détriment des nations en marge de cette histoire».

Les travaux de ce congrès de trois jours, initié sous le signe « Une nouvelle génération de réformes pour le Maroc de la démocratie », ont pris fin dimanche avec notamment l’élection du secrétaire général du parti. MAP

Exclusif: Lettre de Hocine Aït-Ahmed à Mohamed Boudiaf (Octobre 1964)

 

haa.bmp5.10.1964

Cher Mohamed,

Il y a (xxx) équivoque au sujet du CNDR et des conditions précipitées dans lesquelles le problème du regroupement a été abordé.

Nous avons été mis devant une série de faits accomplis. Nous avons été choqués par de nombreux comportements, mais nous nous sommes tus; avec l’espoir que les discussions engagées (et seulement engagées) éclairciraient tous les problèmes en suspens, au fur et mesure de notre combat.

J’apprends que tu es à Paris et que tu es mandaté par le CNDR pour entreprendre des activités publiques.

La Djemaâ du FFS n’a mandaté personne en dehors des ses structures.

Je fais des pieds et des mains pour contacter Hassani afin d’éclaircir la question dans son ensemble.

En attendant, je compte sur ta sagesse pour ne pas précipiter les choses et aider au contraire à régler les problèmes que pose le regroupement de l’opposition.

Tu es libre d’agir au nom du PRS (xxx) s’il t’a mandaté. Nous pensons même qu’à ce titre tu fais œuvre utile en expliquant à l’opinion comment tu conçois l’union. Le cartel doit tendre vers la fusion si (xxx) (xxx) et principes.

Pour l’heure, il faut détruite le régime des tortionnaires, et éviter ce qui peut faire son jeu.

Fraternellement. Hocine.   

N.B:  (xxx) remplacent les mots que je n’ai pas réussi à déchiffrer de la lettre manuscrite. 

Exclusif: Lettre de Hocine Aït-Ahmed à Mohamed Boudiaf (Octobre 1964)

haa.bmpAlgérie Politique publie, en exclusivité, cette lettre envoyée par Hocine Aït-Ahmed, leader du FFS, à Mohamed Boudiaf, leader du PRS, en octobre 1964.

5-10-1964

Cher Mohamed,

Je t’ai griffoné quelques mots pour te demander de surseoir à toute initiative de nature à accentuer l’équivoque et à freiner par contrecoup le regroupement sur des bases saines de toutes les forces saines du pays.

En ce moment, le plus (xxx) des hordes néo-fascistes est dirigé sur la Kabylie; 900 nouveaux postes avancés viennent d’être installés, opérations sur opérations sont montées avec une sauvagerie Inouïe: les véhicules civils sont réquisitionnés 20 jours par mois, qui permettent à l’ANP de transporter ses bataillons rapidement d’un secteur à un autre.

C’est à plein ratissage que je t’ai donc demandé de ne pas aggraver la situation.

Je propose que tu reviennes et que nous tenions, Si Sadeq, Hassani, Toi, un responsable dûment mandaté où tous les problèmes posés par la lutte antifasciste et par le regroupement seront réglés dans la discussion fraternelle et la confrontation directe des points de vue. Ce sera la réunion Constitutive du mouvement dont, ensemble, nous définirons les buts principaux et les bases organiques notamment: Cartel avec autonomie, mais dans un cadre défini en commun, ou bien fusion pure et simple.

En tout cas, après la réunion, la voie sera plus claire; les militants seront consciemment engagés. Plus de fait accompli ni de décisions unilatérales. La direction provisoire pourra alors te mandater pour créer un journal (xxx).

La ligne du journal doit être au préalable définie d’un commun accord.

Mais il y a plus urgent: L’unification de la lutte. Il ne faut pas que le comité soit une fiction. Tu n’ignores pas que l’Ex-Wilaya 6 ne se sent pas engagée du tout à nos côtés et n’a jamais reconnu le CNDR pour la simple raison qu’il n’y a pas eu consultation et qu’il y a eu des divergences sur «l’utilisation du potentiel de la 6». «Le Haut Commandement de la W.6» n’a pas cessé de se réclamer du FLN dans les quelques tracts où elle se déclare pour «le socialisme arabe et islamique».

Plus Grave encore ! Le Haut Commandement pratique l’attente, «le wait and see» et pèle par conséquent des troupes bien armées dont l’action n’avait jamais permis aux bourreaux de se concentrer sur la Kabylie (et Djidjelli de temps en temps).

Nos militants doutent de la sincérité et de l’efficacité de l’Union. Ils se posent des questions et c’est pour cela que c’est grave. Chaque jour apporte son lot de malheurs, nos camarades tombent, nous avons pour devoir de clarifier cette situation. S’ériger en direction révolutionnaire c’est diriger d’une façon effective et permanente. Les directions-couvertures, les comités-alibi ne peuvent que préparer des crises futures sans régler les problèmes du présent.

Si tu ne peux pas venir. Tu mandates quelqu’un………………. et nous pouvons très bien faire en une semaine tout le travail.

Pour ce qui est du FFS, engagé dans une Lutte implacable depuis janvier, et dont le sigle a une résonance nationale en raison de ses assises populaires, il n’entreprendra rien qui puisse ralentir ou gêner le processus de regroupement. Il continuera à développer le combat pour le redressement de la révolution. Il vengera ses centaines de martyrs et surtout il continuera à poser à l’opinion algérienne sans démagogie mais sans paternalisme les problèmes d’aujourd’hui et les problèmes de demain. Notre base militante sera associée à ce débat. Nous ne laissons pas les militants dans l’ignorance des problèmes et de leurs développements…jusqu’au jour où ils recevront une tuile sur la tête et où ils s’en prendront alors à leurs responsables qui les auraient trahi et dupé.

Nous ne voulons pas être des boucs émissaires et nous ne voulons pas être accusés de comportements « Personnels ».

Cher Mohamed, nos militants ne se laissent plus mener; j’espère que tu assisteras un jour prochain à cette atmosphère d’ardeur révolutionnaire. C’est là un grand acquis, quand on voit en face ce troupeau bêtart guidés par des chiens policiers bâtards.

Personnellement, j’ai eu beaucoup de difficultés après lecture par les militants de l’appel du frère Hassani. Pourtant, dans ma lettre à ce dernier datée du 22 juin, mon souci était de le convaincre d’agir avant le 1er juillet et de le prévenir contre les surprises policières. Il fallait agir d’abord, d’autant qu’il pouvait faire tomber Constantine…je lui fixai rendez-vous à Bougie pour discuter. Que s’est-il passé ? Boumedienne vous a pris de court.

Mais la discussion reste ouverte ?

Je termine en te disant (ce que j’ai dit à Ben Bella le 1er nov dernier pour lui arracher les concessions sur les modalités démocratiques du congrès) je ne veux plus assumer de responsabilités à l’échelon national et je m’engage par ce mot  à me retirer de tout rôle de 1er plan. Je combats pour la liberté et j’espère pouvoir mériter la mienne. Fraternellement; Hocine.  

N.B:  (xxx) remplacent les mots que je n’ai pas réussi à déchiffrer de la lettre manuscrite.

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