Archive pour 'Ait Ahmed Hocine'

Les vérités de Aït-Ahmed sur le détournement de l’avion du FLN

haa.bmpDans un entretien diffusé lundi par la télévision Médi1-Sat, M. Hocine Aït Ahmed, est revenu sur l’affaire du détournement le 22 octobre 1956 d’un avion marocain transportant de Rabat à Tunis cinq dirigeants algériens (Hocine Aït Ahmed, Ahmed Ben Bella, Mohamed Khider, Mohamed Boudiaf et Mustapha Lacheraf).

L’invité de l’émission a répondu à Hassanein Heykal, ancien confident du président  égyptien Gamal Abdel-Nasser, et ancien PDG du quotidien Ah Ahram, qui avait  fait état de la complicité du pouvoir marocain dans l’arraisonnement de l’avion, dans une série historique diffusée par la  télévision arabe Al Jazira.

Intégralité des propos de M. Hocine Aït Ahmed* 

Hocine Ait Ahmed : Ecoutez, vous savez, en tant qu’Algérien, j’ai l’habitude de ne plus m’étonner de voir resurgir des mensonges ridicules et excentriques dans la seule fonction est de totalement travestir la réalité. L’essentiel c’est de faire en sorte que la population et l’opinion maghrébine puissent retrouver la vérité.

(…) Le but du déplacement ? 

HAA : Et bien le but est politique. L’idée c’est d’y aller à une conférence maghrébine avec les Marocains et les Tunisiens qui permette de modifier l’équation politique. Fini le tête-à-tête Algérie-France ! Il fallait que le problème devienne d’abord essentiellement un problème maghrébin. C’est ce qui donc nous permet d’avoir un rapport de force.

Au sujet de la complicité du Maroc 

HAA : Vous savez que l’armée n’avait pas besoin de complicité. Depuis le 1er novembre, l’armée cherchait à décapiter la direction du FLN pour désagréger les structures qui combattent en Algérie. Le Sdec* était sur place ; il n’avait pas besoin de complicité. Le Sdec était sur place aussi à Tunis, était au Caire,  c’est là-bas qu’ils ont essayé de décapiter le bureau du Maghreb. Donc,  il était exclu qu’il y ait une complicité  au sein du pouvoir marocain, puisque le prince héritier Hassan II  a transmis au roi Mohamed V ma crainte lorsqu’ils ont décidé que nous partirons ensemble dans le même avion que le roi. Je n’étais pas d’accord ; je les ai mis en garde qu’en le risque  que courrait le roi Mohamed V. C’est moi qui ai suggéré. Il est évident que la responsabilité incombe au Sdec. D’ailleurs, les préparatifs du détournement sont assez parlants.

(…)

Nous ne parlons pas de la France. L’objectif de l’armée, parce qu’en fait c’est elle qui avait le monopole d’en finir avec la révolution algérienne. Ils ont de tout temps essayé de faire des offensives dans les montagnes, mais en même temps d’en finir avec la direction extérieure. En nous arrêtant, ça pouvait désagréger totalement l’organisation intérieure.

La stratégie fondamentale de l’armée : il fallait à tout prix empêcher la conférence de se tenir parce qu’il pouvait y avoir des conséquences irréversibles en faveur d’un autre solution que celle de la guerre totale.

Ces messieurs (un écrivain et un autre témoin) dénoncent d’une façon catégorique  l’accusation de complicité de comment s’appelle ce journaliste… (Haikel), puisqu’ils considèrent qu’ils sont dans une guerre totale et que dans cette dynamique ils pouvaient arrêter et priver  la révolution algérienne de ses dirigeants.

Quelles ont été les réactions internationales ? 

HAA : Ça été une levée de boucliers formidable, d’abord au Maroc. Ce qui était important du point de vue politique, du point de vue diplomatique, c’est la réaction très ferme aussi bien du roi marocain Mohamed V que du prince héritier qui ont dénoncé. On ne peut pas ne pas citer le fait que le roi Mohamed V a proposé de donner son fils en échange de la libération de ses hôtes qu’il avait reçus. Ce qui est important, la déclaration très forte du roi a eu un retentissement formidable  du point de vue de l’opinion et surtout du point de vue de la façon dans les Américains et les autres conçoivent, parce que, de tout temps, ils ont protesté contre la solution guerrière  du problème algérien 

Dans ce fameux DC3 détourné, vous avez longuement parlé à une journaliste…vous vous souvenez de ce que vous lui avez dit ? 

HAA : Je me suis confié en disant que maintenant l’affaire de l’indépendance de l’Algérie ce n’est plus le monopole des Algériens, c’est le Maghreb. C’est une nouvelle stratégie. Pas une stratégie qui va faire basculer le Maghreb dans la guerre, mais on était persuadé : le rapport de force changerait. Vous voyez, le général De gaulle sait très bien pourquoi il en est venu de mettre fin à la guerre. C’est parce que du point de vue international, du point de vue militaire, les choses risquaient de y allez. Les Français avaient peur de perdre aussi la monarchie marocaine. 

J’ai transmis à la journaliste le document des résolutions de la Soummam. Puis, je devais faire venir un bateau d’armement des Etats-Unis au Maroc, et c’est le prince héritier Moulay Hassan, auquel je me suis adressé, qui m’a dit : je vous donne la licence qui vous autorise à faire ça. 

A propos de la place qu’occupait le Maghreb dans le combat pour la libération de l’Algérie 

HAA : Bien évidemment. Vous savez qu’on ne peut pas tromper tout le monde et tout le temps. Ce qui est important c’est de remettre aux peuples et aux individus le destin du Maghreb. 

NB: Transcription par El Mouhtarem www.ffs1963.unblog.fr. Je n’ai pas repris les questions dans leur intégralité.

Hocine Aït Ahmed n’a pas pris part à la réunion de Tanger

Le Radar du quotidien Liberté a affirmé dans son édition du lundi 28 avril que le leader du FFS, conduira himself une délégation du parti à la rencontre des partis maghrébins ayant participé à Tanger (Maroc) à la commémoration du cinquantenaire de la conférence de Tanger. La vérité est que ni Hocine Ait Ahmed ni une délégation du FFS n’ont participé à cette rencontre.

Civiliser la politique en vue d’une reconstruction démocratique du Maghreb

haa.jpgHocine Aït-Ahmed – 27 avril 2008 

Jamais les peuples du Maghreb n’ont été aussi unis que sous l’oppression coloniale ; aussi bien dans leurs résistances politiques et syndicales unitaires que dans leurs luttes armées de libération. 

La Conférence de Tanger inscrivait les espérances de l’humanité maghrébine dans la continuité de cette dynamique historique . 

Paradoxe des paradoxes, décennies après décennies , la volonté d’unification démocratique du Maghreb – ce rêve fondamental des Maghrébins a disparu des préoccupations des autorités étatiques. 

Nos pays n’ont aucune chance de se développer séparément. 

Plus que jamais des initiatives politiques culturelles et sociale doivent se multiplier au sein de nos sociétés civiles pour civiliser la politique et imposer l’alternative démocratique d’une reconstruction de la région .
D’autant que la conjoncture internationale actuelle, marquée par des aventures guerrières et les courses aux armements, est grosse de retombées aventureuses sur le destin de nos peuples. 

L’urgence et la priorité sont d’abord de sortir de cette guerre froide qui paralyse les relations entre nos pays. Il est temps que les frontières s’ouvrent , que les libertés soient rendues à nos peuples pour qu’ils puissent construire un espace démocratique, paisible et prospère, indispensable à la stabilité de la Méditerranée. 

Je demeure convaincu, ici et maintenant, que réduire les tensions régionales demeure un impératif pour l’avenir de nos enfants.
Partout, dans le monde, des ensembles continentaux et régionaux se sont constitués : de l’Asie à l’Europe en passant par l’Amérique latine. Du pire peut sortir le meilleur ! Comme en témoigne le rapprochement entre les deux grands rivaux géopolitiques d’Amérique du sud qu’étaient le Brésil et l’Argentine. Ces deux pays ont été les promoteurs du Mercosur après avoir réussi une réconciliation politico-militaire exemplaire. Dès lors, nous ne pouvons être en reste au risque d’être réduits à des bantoustans balayés dans une mondialisation sauvage .

Hocine Aït-Ahmed bientôt en Algérie

Le président du Front des Forces Socialistes (FFS) rentrera bientôt en Algérie, a affirmé le premier secrétaire du parti, Karim Tabbou, lors d’une conférence qu’il a animée samedi passé à la salle Issiakhem de la ville de Bouira. « M. Hocine Aït-Ahmed animera des meetings populaires dans plusieurs wilayas du pays», a souligné le conférencier.

Message de Hocine Aït Ahmed au Conseil national du FFS

 

ffs01.jpgChers amis, chers compagnons, chers camarades

 

Très heureux de vous retrouver et de vous saluer affectueusement. J’ai le plaisir et le privilège de vous adresser mes félicitations, et à travers vous et Karim Tabou, aux militants aux sympathisants à toutes et tous les compatriotes qui se sont mobilisés avec dévouement et sagesse dans ce que vous savez n’être une énième piètre compétition tragico-garagouzienne Men QELLA Wa Della.

 

Je vous ferais donc l’économie de verser dans l’évaluation que vous venez de faire sur la stratégie combinée par le DRS, le ministère de l’intérieur et par de multiples officines de corruption politico-financière à tous les niveaux, locaux, régionaux et nationaux. La constance fondamentale du dépérissement progressif et total du suffrage universel n’a fait que suivre le déni brutal du droit à l’autodétermination qui était la raison d’être de l’Etat algérien.

 

Nul doute que vous avez évoqué le parti pris de l’administration. La sortie manu militari des listes communes du FFS et de ses partenaires. La volonté de limiter géographiquement l’implantation du FFS. L’impossibilité de contrôler le processus et le fichier électoral. La réactivation et la mise en action des relais maffieux du pouvoir. Les entrepreneurs affairistes, les organisations archaïques telles que les zaouias et autres associations religieuses, les archaïsmes locaux (village, tribu), l’état d’urgence, les pressions sur les partis politiques, la fermeture des espaces d’expression, l’action psychologique permanente et les pressions sociales sur la population, le maintien d’un seuil indispensable de violence notamment en Kabylie et du terrorisme résiduel destiné à étouffer les espaces d’expression et de libre organisation.

 

Il s’agit aujourd’hui de tirer les leçons politiques et organisationnelles de cet épisode tragique.

 

Nos missions sont prioritaires sur nos ambitions.

 

Sachons garder lucidité en ces moments d’extrêmes confusions.

 

Nous avons été punis par le pouvoir en place pour avoir osé être nous-mêmes, pour avoir osé être fidèles à nous-mêmes, à nos engagements et à nos idéaux. Notre différence ne saurait rester impunie pour les tenants de l’idéologie conformiste et archaïque du système totalitaire.

 

L’impact de notre Congrès, la déclaration commune que nous avons faite avec nos partenaires au lieu d’être accueillis comme autant de chances de paix, de démocratisation et de stabilité sociale ont été considérés comme des menaces et un danger pour les tenants de statu quo crypto-stalinien, de la régression et de la gestion brutale.

 

Force est de constater que le suffrage universel n’est pas encore sorti de la préhistoire coloniale et du Stalinisme allègre.

 

Sachons dire et nous dire la vérité.

 

- Dire : la réorganisation organique du parti sur des bases démocratiques et électives saines, la recherche d’efficacité et de rationalité a dérangé autour de nous et chez nous, les tenants du théâtre de vaudeville.

 

Les observateurs «avisés» et «inspirés» n’ont pas manqué de minimiser les aspects considérables de notre stratégie politique.

 

Par contre, ils s’acharneront avec une docte science à «Tchernobiliser» nos quotas électoraux érigés pour la cause en instruments fiables et infaillibles.- Sachons vérité nous dire, la priorité accordée à la réorganisation de l’appareil au détriment du contact avec notre environnement social, avec notre terreau naturel, nous a valu un enfermement mérité.

 

L’abus de position dominante a fait que certains de nos cadres se sont plus comportés en rentiers de gestion ou d’opposition, plutôt qu’en acteurs sociaux oeuvrant pour le lien et le liant de nos structures avec nos villages nos quartiers et les forces syndicales et associatives autonomes.

 

Le FFS a su faire ses preuves dans les épreuves. Il a su amortir les coups de boutoirs internes et externes, et c’est par miracle que se poursuit tranquillement son odyssée de résistance à une dictature fou furieuse aux relents régionalo-ethnicistes qui menacent la cohésion de la nation. Le FFS demeure disponible, crédible et opérationnel pour une alternative démocratique et sociale.

 

 

 

Que faire ?

 

 

Si les coups qui nous viennent de l’extérieur ne sont ni de notre fait, ni de notre volonté, laissons les au crédit peu honorable de leurs auteurs.

 

Les coups qui nous viennent de l’intérieur de nous même sont à prévoir et à gérer sans renoncer à aucune des résolutions de notre Congrès dans l’esprit, dans la lettre, dans les actes et dans les comportements.

 

La priorité est de combattre nos travers, chacune et chacun, toutes et tous. Le manque de communication, voire le refus de communication à tous les échelons du parti et entre tous les échelons du parti. Le volontarisme et le manque d’organisation dans les actes de gestion, d’élaboration et surtout de mise en application.

 

Nous devons nous atteler sans colère, avec méthode, clairvoyance et détermination à continuer la réorganisation du parti pour la légitimation de tous nos échelons. Sa modernisation signifie également sa « défolklorisation ».

 

Nous devons sans négliger l’instant nous projeter dans l’avenir. Nous avons conclu un pacte, un double pacte, dois je le rappeler : la République Démocratique et Sociale et l’Unité du Maghreb. C’est pour cela que nous n’avons pas le temps d’amuser les galeries officielles et périphériques en s’attardant sur l’écume des fausses échéances ou en amusant les galeries officielles et périphériques qui se pavanent dans les succès factices et éphémères, et dans la multiplication des effets d’annonce illusoires.

 

Un dernier souhait, la composante humaine de tous nos échelons doit refléter l’esprit du FFS. Humilité, abnégation, résistance, détermination et une espérance chaque jour renouvelée.

 

Nos missions sont prioritaires sur nos ambitions.

 

Sur le plan interne au parti, nous aurons à :

 

Mettre en oeuvre les résolutions du 4ème congrès du parti ;

 

Evaluer en profondeur les conséquences des événements de 2001, et des dernières tentatives de déstabilisation du parti ;

 

Continuer le processus d’assainissement politique des structures ;

 

Fixer un calendrier précis de mise en place de structures consacrant l’ouverture politique et organique du parti ;

 

Mettre fin à la rébellion et autres activités fractionnelles dans le parti ;

 

Le plus urgent étant, d’évidence, la désignation du Secrétariat National pour mettre en application ces décisions majeures.

 

Depuis sa désignation, Karim Tabbou a su remplir des missions importantes. La remise en ordre du parti et la remobilisation de la base militante en vue de forcer l’ouverture politique et mettre fin à la politique des sables mouvants. J’apprécie toujours sa contribution décisive à la tenue des échéances internes. Aujourd’hui, j’apprécie également la remise spontanée et responsable de son mandat. C’est un acte moral, militant et politique. C’est enfin un acte révolutionnaire.

 

Aussi je le confirme au poste de premier secrétaire pour accomplir les missions qui nous attendent.

 

 

Avec mes salutations les plus profondes, Hocine AIT-AHMED

 

 

Hocine Aït-Ahmed à l’ouverture du congrès du FFS

Chers camarades, Chers compagnons, Chères sœurs, Chers invités.

C’est en votre nom, c’est devant vous, c’est avec vous que j’ai envie de pousser un cri de vérité , un cri de joie  » idheli, assa, azeka, le FFS yella ! Yella ! « ,  » el barah, el youm, wa inchallah ghadwa le FFS hay « ,  » hier le FFS était, aujourd’hui il est, demain il sera « .

Nous voici grâce à l’engagement et aux efforts de chacune et chacun d’entre vous réunis sous le regard du peuple algérien avec nos amis pour tenir notre 4ème congrès. Et pour construire un avenir pour toutes et pour tous.
Cet avenir que nous devons et pouvons construire s’énonce clairement comme l’accomplissement des objectifs historiques :
· l’indépendance
· la démocratie
· la construction du Maghreb
Pourquoi avons-nous intitule ce rendez vous : congrès du millénaire ?
Notre parti a l’ambition légitime de construire un état de droit selon les normes universelles et de gouverner le pays selon les principes démocratiques. Les objectifs du millénaire pour la démocratie et le développement tels qu’énoncés par l’ONU sont en cohérence avec notre programme et nos valeurs. Nous aurons à en débattre.
Un état de droit de tous les droits qu’ils soient politiques, économiques, sociaux ou culturels.
Chaque algérienne, chaque algérien, a le droit d’avoir des droits ; tous ses droits.
Chaque algérienne, chaque algérien, a droit à la vie, à la liberté, à la dignité et au bonheur.
La raison d’être du FFS est que sur la terre des chahidates et chouhadas soient bannis, soient interdit, soient sanctionné les pratiques d’intimidation, de terreur, de torture et les disparitions.
Ce combat nous le mènerons avec notre peuple, avec d’autres peuples ; pour notre peuple, pour d’autres peuples.
Ce combat nous le menons pour bannir à jamais la guerre civile, la guerre contre les civils et toutes les violences et les dérives à caractères ethnicistes et régionalistes.
Notre ambition pour le parti, notre ambition pour le pays demain, est d’être au premier rang pour soutenir un système des relations internationales fondé sur l’éthique et les droits humains.

Pour un observateur non averti quoi de plus normal pour un parti agrée de tenir ses assises dans un pays qui jouit de son indépendance depuis 45ans et qui a pour devise  » République Algérienne Démocratique et populaire  » même si un état d’urgence de plus de quinze ans maintenant est là pour nous rappeler la vanité rhétorique du  » tout va bien  » dans un pays qui va bien.

Pour un observateur initié, pour vous, c’est un miracle si le FFS est encore là. Et ce miracle vous l’avez construit petit à petit comme un nid’ pierre par pierre comme un temple de la démocratie, mot par mot comme un lexique d’espérance, douleur après douleur comme un champ de résistance. Aussi par reconnaissance aux anciens et aux plus jeunes, je vais esquisser l’odyssée du FFS pour arriver à ces assises.

C’est en votre nom, en votre présence et dans le souvenir de ceux qui nous ont quittés que je souhaite la bienvenue à nos amis du Maghreb, d’Afrique, de l’Orient, de la Méditerranée, d’Europe, d’Asie, d’Amérique, d’ici et d’ailleurs. je remercie les représentants du corps diplomatique qui ont répondu à notre invitation et nous ont honoré de leur présence. Je remercie les personnalités politiques et les représentants de partis politiques qui assistent à nos assises. Quant à nos compatriotes, ils savent qu’ils sont ici chez eux et comme le dit un ami très cher  » nous habitons dans la même maison même si nous sommes dans des pièces différentes »

Nos 4e assises revêtent une importance capitale pour notre histoire commune, pour notre pays, pour le Maghreb, pour notre société et pour notre mouvement et j’espère pour chacune et chacun d’entre nous et pour nous tous collectivement.

Que mes vieux amis, que mes camarades du mouvement national me permettent d’abord, de m’adresser aux plus jeunes de ce forum.

C’est dans vos yeux, c’est dans votre regard juvénile, c’est dans votre détermination, c’est dans votre énergie communicative que je puise la force nécessaire pour continuer l’action politique.
Vous voulez vivre, vous voulez travailler, vous voulez voyager, vous voulez respirer. Vous ne voulez pas, vous ne voulez plus qu’on décide de vos têtes, de votre sort au dessus vos têtes ( our thavghim ara athrayan a fi kouray anwan anig ikaray anwan ) (ma athabouche aydabrou ala rissan koum fouk rissankoum )
Vous êtes le nombre, vous êtes la force, vous êtes la richesse de ce pays ; vous êtes ici avec nous pour prendre en main votre destin, vous saurez trouver les chemins de l’avenir, de la liberté et de la solidarité.
En 1963 le FFS est né, d’abord et surtout pour barrer la route à la guerre civile. Un jour cette vérité historique sera reconnue et justice lui sera rendue.
En 1963 le FFS naquit pour la liberté, les libertés, toutes les libertés, pour un socle constitutionnel incontesté et incontestable, pour le respect du pluralisme et de tous les pluralismes. Ces fondements et ces objectifs restent encore à atteindre et à concrétiser.

Objectivement l’Algérie de 2007 n’est pas l’Algérie de 1963. Mais force est de reconnaître que cette constitution comme les précédentes souffre du double handicap : illégitime et provisoire.

L’état est plus que jamais privatisé.
La société est de plus en plus étatisée.
Les rapports sociaux sont encore empreints de violence et de brutalité.
Le désordre social est ordinairement banal.
La paix civile est obtenue par la domination, elle n’est pas le fruit d’une démarche ou d’un esprit de négociation.

Dès sa naissance le FFS opta pour un credo : la force de la politique et non la politique de la force. La popularité de cette devise, son appropriation par de larges segments de la société firent craindre le pire au pouvoir qui considérait et considère toujours la politique comme une hérésie et des politiques comme des apostats de la révolution.

Le FFS eut alors à subir les affres d’une répression féroce et un procès en sorcellerie sous le fallacieux chef d’accusation de régionalisme et de séparatisme.
Je rappelle ces faits avec un sentiment de douleur car beaucoup de camarades de lutte, d’amis, de frères, moururent par des balles fratricides. Des centaines de militantes et de militants qui connurent les tortures dans des sinistres lieux de détention coloniale furent retortures dans des geôles nouvellement nationales par des mains de compatriotes -permettez-moi de saluer ici pour certains leur mémoire et pour d’autre leur courage et surtout leur fidélité au serment de novembre et à leur rêve d’indépendance et de liberté- (el isteqlal wa el houria).

Je voudrai exprimer ici clairement et obstinément deux idées qui expliquent le comment et le pourquoi de toutes nos positions ultérieurs.

L’une me concerne directement, ayant eu à vivre et à partager des pans de vie entière avec les Belouizdad, Ben m’hidi, Benboulaid et des milliers d’anonymes, des hommes et des femmes exceptionnels, des héros au quotidien pour qui les mots avaient leur plein sens, chaque mot était dans son sens, son juste sens, pas plus que son sens mais pas moins aussi, et dont les faits et gestes quotidiens reflètent à chaque instant une harmonie entre dire et faire, entre parole et acte. Leurs souvenirs ne me quittent jamais. Aussi me suis-je fait l’obligation de ne jamais m’éloigner de ce chemin, de ne jamais renier nos engagements originels, de ne jamais abdiquer devant aucune oppression et de ne céder à aucune sirène de pouvoir ou de gloriole personnelle.

Je me suis senti et me sent toujours redevable envers ma conscience et mes amis de continuer le chemin commun même quand tout concourt à vouloir arrêter ou à désespérer.

Est-ce être rigide, oppositionniste chronique qui d’être fidèle dans l’instant et dans la durée à ses engagements personnels et collectifs ?

Par tempérament je ne rejette aucun compromis. J’explore toute issue pacifique possible mais je n’accepte aucune compromission et je ne prête concours ni ne cautionne aucune crise ou impasse, même si les sentiments de fraternité ou de camaraderie sont convoqués.

Je voudrai expliciter ici une deuxième idée : les clans qui se sont succédé au pouvoir, dans leur ressemblance et leur différence ont toujours substitué aux propositions politiques du FFS,à ses questionnements ou à ses propositions de débats des attitudes de mépris et d’arrogance. Quand c’est nécessaire ils instruisent des procès qui vont de l’argutie administrative en passant par l’accusation de traîtrise en finissant par l’assassinat de cadres ou d’élus s’ils n’ont pu les détourner.

Vous l’aurez compris, ils nous accusent de ce dont ils sont capables de faire. Par quels mécanismes moraux ou mentaux ils nous imputent leurs actes et leurs travers. Ils expriment un désir obsessionnel de nous voir leur ressembler comme si notre différence les dérangeait. Je vous rassure tout de suite, nous ne sommes ni parfaits ni exempts de défauts. J’y reviendrai tout à l’heure car c’est une saine thérapie que de se soigner sous le regard de camarades et d’amis non complaisants. Notre mutuel respect c’est d’abord construit avec des attitudes de vérité avec soi-même et avec les autres.

Ces assises revêtent une importance capitale pour notre pays :
Le développement d’un pays,de notre point de vue passe par le développement de sa société,une société démocratique ou chacun défend ses intérêts ou peut se structurer en fonction de ses intérêts, peut développer un pays durablement. Nous n’avons cesse de proclamer que l’homme -l’HUMAIN- doit être au centre de toute politique de développement. Si nul n’est indispensable, chacun peut et doit contribuer à un effort d’ensemble. Pour cela, des institutions crédibles, légitimes, débarrassées des scories népotiques et mafieuses qu’elles connaissent aujourd’hui, sont nécessaires.
Aucun pays fut -il la suisse, le Vatican ou l’Algérie ne peut se passer d’une armée. C’est une institution républicaine. Elle est nécessaire à la défense du pays, à son intégrité et à son développement.
Quand de gré ou de force, elle outrepasse ses missions, quand pas un jeu de rapport de force elle soumet les autres institutions elle se fait du mal à elle-même d’abord et devient le contraire de ce qu’elle souhaite être et de ce qu’elle doit être.
L’histoire jugera et dira qui respecte l’armée .celui, celles et ceux qui lui rappellent ses devoirs et ses missions et le respect de la discipline l´égale ou les laudateurs et autres aventuriers qui louent sa force et l’incitent à l’utiliser à l’exclusion des voix ou d’issues plus politiques, moins expéditives, moins sanglantes.

Le FFS dans ce domaine n’a pas hésite à alerter les uns et les autres sur les dangers d’un recours à la violence armée en 1991. Il réitérera son appel à une sortie de crise pacifique et ordonnée par un mémorandum remis au président et aux généraux décideurs.

Le contrat national signé à Rome se voulait et se veut toujours une tentative d’arrêter l’effusion de sang, d’amorcer une approche pacifique des conflits et une médiation politique dans les crises. Ces contributions pour éviter ou dénoncer les crises ont valu à nos partenaires et à nous mêmes les qualificatifs de traîtres et de renégats.

Les révélations tardives et les nombreuses mise au point faites ces derniers jours par des acteurs de l’époque qu’ils soient de premier plan ou seconds couteaux montrent avec quelle légèreté s’est joue le destin du pays.

Ces révélations qui sont autant de témoignages tardifs si elles étaient faites à temps auraient épargne au pays une décennie sanglante.

Si les affaires du pays avaient été menées dans la transparence sous le regard des algériennes et les algériens, sous le regard de l’opinion nationale et internationale notre pays se serait épargne une décennie sanglante.

On mesure aujourd’hui les conséquences néfastes des décisions clandestines prises entre complices. – A l’évidence les esprits n’étaient pas murs pour une médiation politique car il n’y avait pas dans la période précédente, dans les us et coutumes du régime des habitudes et des dynamiques de négociation. Il n’y avait pas le sentiment de la nécessité du compromis.
Il n’y avait ni le self-contrôle ni le regard populaire ni le contrôle populaire.
Quant à la classe politique qui n’a pas de relais ni d’ancrage populaire s’insérer dans la proximité du pouvoir était une urgence vitale. Un autre motif plus violent, plus vaste et plus dévastateur fut le sentiment de peur réelle et sciemment entretenu qui s’est emparé d’une large partie de notre société.

Ce sentiment de peur a généré et génère encore des postures de violences et de contre violence endémiques, de suspicion permanente dont le pays et la société peinent à en sortir.

Ces assises revêtent une importance capitale pour le Maghreb.

Le cloisonnement social et politique à l’intérieur de nos sociétés découle de cette vision policière des problèmes et surtout de leur approche sécuritaire. Et c’est tout naturellement que s’est installé un cloisonnement entre les pays du Maghreb que tout a uni jadis et que tout peut unir aujourd’hui et demain et surtout une approche démocratique des problèmes. Le dire avec force aujourd’hui c’est dire l’urgence d’un Maghreb de la société civile et des droits de l’homme. Des sociétés savantes et scientifiques Maghrébines existent et fonctionnent bien m’assure-t-on.
Ici et pour ce cadre j’appelle à l’élection d’un parlement Maghrébin élu au suffrage universel.

Ces assises revêtent une importance capitale pour notre société.

Beaucoup d’observateurs, de chercheurs nationaux, d’institutions internationales s’accordent à dire que les paramètres de développement humain et que les indicateurs sociaux sont au rouge dans notre pays.

Je n’exagère rien en disant que les incuries dans la gestion et dans les relations avec la société relèvent plus du désordre social que du contrat social.

Il ne s’agit pas ici de faire un énième procès du régime ou l’absoudre de son bilan calamiteux, il s’agit pour nous :
-de créer une nouvelle proximité avec la société.
-de renforcer notre présence dans celle-ci.
-d’être à son écoute.

Cette société si admirable dans ses résistances à l’oppression,à la pauvreté subit des pressions intolérables . Ici et là on note ou une apathie ou un bouillonnement désordonné ou suicidaire.

Il s’agit pour nous d’être humble, devant l’énormité des problèmes et d’être aussi déterminés à accompagner les mouvements sociaux les revendications pacifiques catégorielles et de faire un véritable travail de formulation sociale et sociétale.

Ces assises revêtent une importance capitale pour notre mouvement.

J’avais dit tout à l’heur que nous ne sommes pas parfaits et que nous ne sommes pas exempts de défauts.

Aucune raison, aucun alibi d’image ou de cohésion organique ne doivent empêcher de faire le point sur notre fonctionnement et nos dysfonctionnements. La concertation, le débat doivent être la règle à tous les échelons du parti. C’est consacre par nos textes, cela doit être plus consacre encore par nos comportements. Cependant aucun texte ne peut être brandi pour casser l’âme du FFS, son âme de résistance à la dictature et l’oppression. Aucun texte ne peut soumettre l’autonomie stratégique du FFS pour l’arrimer à je ne sais quel clan, à je ne sais quelle communauté fut elle génétique. Aucune manipulation frondeuse ne nous fera dévier de notre ligne originelle pour le combat de la démocratie. Aucune ambition, aucun calcul ne fera abdiquer notre volonté d’ouverture.

Nous avons choisi notre camp, il est dans la société avec toutes et tous les hommes intègres de ce pays. Nous sommes libres de nos fréquentations et nous sommes jaloux de notre liberté à choisir nos fréquentations.

L’habitude a été prise par certains de reprocher au FFS une chose et son contraire, d’annoncer sa mort et d’annoncer en même temps que c’est une menace aux frontières, qu’il deale avec les islamistes et qu’il manque aux démocrates, qu’il est compromis avec le pouvoir et en même temps qu’il est un opposionniste chronique et irréductible.

La qualité de ceux qui nous attaquent, leur parcours suffisent à nous dispenser de leur répondre.
Néanmoins gardons -nous d’un excès de vertu et de pureté. Le FFS a failli dans son ouverture vers la société et surtout vers les femmes, vers les handicapés, les chômeurs et les exclus. Les pesanteurs sociales, l’environnement hostile ne sauraient expliquer cet état de fait.

Dans beaucoup de nos compartiments, les jugements de valeur l’emportent sur les attitudes d’écoute et sur la reconnaissance des qualités des uns et des autres.

Souvent le vice fait procès à la vertu. La vérité, ce n’est pas uniquement le contraire de mensonge c’est aussi ce qui élève l’autre à nos yeux et à ses propres yeux.

Les Conférences Politiques D’évaluation et l’audit si elles ont révèle l’étendue des problèmes, elles ont aussi contribue à les dépasser et à clore le chapitre de l’introspection, notre introspection individuelle et collective. Elles ont aussi génère une décantation qualitativement et quantitativement positive. Nous sommes dans une phase de mobilisation pour nous ancrer et nous reancrer dans la société. Nous sommes dans une phase ou il s’agit de recenser et de fédérer les potentialités de notre pays.

Votre mission est d’édifier la 2eme République Démocratique et sociale promise par novembre et consacrée par la SOUMMAM. Votre mission et de réaliser la construction du maghreb. Notre devoir et de vous y aider. Pour ma part je suis disponible et je suis prêt à vous servir.

J’ABORDE MAINTENANT LE VOLET INTERNATIONAL

Un pouvoir qui maltraite un peuple- le sien ou un autre – ne peut être l’ami d’aucun autre peuple.

Un pouvoir qui viole les lois, qui ment, qui fait de la force et de la violence le principal instrument de sa victoire ne peut être l’ami de la moindre cause juste. Et ne peut que multiplier les malheurs.
Un tel propos n’est pas le fruit d’une philosophie abstraite ou d’un idéalisme rêveur, il est le résultat de l’observation du monde qui nous entoure et s’inscrit dans la poursuite d’une politique internationale conforme aux intérêts des peuples du monde, au sein desquels se trouve le peuple algérien qui, autant que les autres, a tout intérêt a voir triompher :

Le Droit sur la Force
La justice sur le fait accompli,
La démocratie véritable sur la violence et le chaos.

L’ALGERIE se trouve dans CE monde et non sur un plan abstrait de l’univers des dogmes et des croyances.

C’est dans CE monde que les Algériens évoluent et tentent de faire entendre leur voix ; essaient de se faire une place ; d’identifier leurs amis , repérer leurs adversaires etc.….

La politique INTERNATIONALE n’est en définitive que la poursuite de la politique intérieur, de SA propre politique sur un plan plus vaste.

Il est important de faire certains rappels pour faire échec – d’abord – à la somme astronomique de mensonges, d’illusions, de pièges et de leurres qui se dressent devant l’action internationale. Ils sont très souvent le reflet des mensonges et des leurres développés à usage interne.

Il est important de rappeler que l’Universalité des Droits commence et se vérifie aux plans local et national.

L’Algérie se trouve dans ce monde et il serait pour le moins étrange que son gouvernement soit l’ami des peuples palestinien, iraquien, tchétchène ou somalien, alors qu’il n’arrive à gérer son propre peuple qu’à coups de matraque, d’injustice, de manipulation, de paupérisation, de spoliations multiples commençant dans le détournement des urnes et se poursuivant dans le détournement des coffres de la Banque d’Algérie et dans les passations de marchés qui font de tout le pays un immense coffre ou des multinationales et autres Golden Boys de tous les continents viennent se servir pendant que des pans entiers de la société algérienne allant de l’ouvrier au professeurs d’Université sombrent dans la précarité.

Nous vivons dans un monde qui n’a pas tenu ses promesses.

D’abord celles qui ont été faites par les vainqueurs de la Deuxième Guerre Mondiale qui promettaient un monde meilleur fonctionnant sur la base du Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.

Le carnage du 8 mai 1945 en Algérie, les massacres de 1947 à Madagascar, la spoliation du peuple palestinien en 1948 ont vite fait d’éclairer sur le Double Discours des Pouvoirs Dominants.

Arrêtons-nous un instant ici pour préciser un élément fondamental :

Ce ne sont pas les idéaux de Liberté des peuples et d’universalité des Droits de l’Homme qui ont failli ! Ce sont les Pouvoirs dominants qui les ont trahi !

Les idéaux ont continué – quant à eux – à irriguer les sociétés et à se frayer un chemin au sein des peuples dominés qui se les ont appropriés et s’en sont servi comme langage Universellement décodable pour faire entendre la voix de leur humanité écrasée, humiliée, spoliée et niée par la domination féodale des régimes archaïques autant que par la domination coloniale et le racisme.

C’est parce que les peuples dominés et les Sociétés avancées ne se sont pas découragés devant la TRAHISON DES POUVOIRS DOMINANTS que les idéaux de liberté et d’universalité des Droits de l’Homme ont continué à constituer un langage universellement décodable et ont fini par impulser une force irrépressible au mouvement mondial de décolonisation.

Ceci est un point fondamental de l’Histoire passée et un élément central de celle qui est en train d’advenir ! Sans un Langage Universel, le formidable mouvement de Solidarité Internationale n’aurait pas pu se produire et la lutte des peuples sous domination coloniale n’aurait pas bénéficié de l’ample mouvement de décolonisation qui balayait le monde.

La mondialisation dont beaucoup croient qu’elle est fille d’aujourd’hui et n’intéresse que quelques experts en économie a constitué un Elément central pour l’indépendance de nombreux pays dont le notre : l’Algérie.

Cette mondialisation là est celle des peuples et sociétés en lutte pour un Monde plus juste et régi par le Droit , le Dialogue et le Respect. C’est la mondialisation qui repose d’abord sur l’existence de valeurs et de normes universelles constituant un langage commun à tous les peuples de la terre par-delà la diversité des cultures et l’inégalité dans l’auto construction politique des sociétés.

La première trahison à l’égard du mouvement mondial de décolonisation a consisté d’abord à enlever aux peuples nouvellement indépendants les instruments leur ayant permis d’accéder à ce langage commun :
L’autodétermination des peuples sur la base de l’universalité des Droits.

Freiner l’auto construction politique des sociétés anciennement colonisées a été un acte majeur dans le retour de la mondialisation hideuse à laquelle nous assistons aujourd’hui et qui est, elle, la riposte des POUVOIRS à l’Emancipation des peuples et des sociétés, au vaste mouvement de solidarité internationale qu’a été la décolonisation.
Là encore, l’ALGÉRIE s’est particulièrement illustrée !

Comment comprendre qu’une Révolution sortie victorieuse de plus d’un siècle de domination coloniale en s’appuyant sur les conquêtes de la communauté humaine qu’ont été les principes de l’Universalité des Droits des peuples et de la personne humaine – s’en détourne au nom de la spécificité et de l’authenticité ?

Le mot-clé dans cette triste affaire est DETOURNEMENT !

Car si le recours aux principes d’Universalité des Droits ne devait être qu’une parenthèse dans l’histoire de notre peuple vers son Emancipation, deux éléments demandent à être clarifiés :

L’ « authenticité » sous domination donne-t-elle à la société la possibilité de briser les liens de la dépendance sans s’épuiser dans des révoltes sans perspectives réelles?

Celui qui met les principes universels au service de la libération d’un peuple tenu pendant des siècles à l’écart du développement de l’Humanité est-il réellement moins  » authentique  » que celui qui l’invite à idéaliser ses  » carences  » faites de despotisme archaïque et de fatalisme culturaliste entre deux révoltes sans lendemain ?

Ces questions sont aussi cruciales aujourd’hui qu’elles l’ont été hier et les réponses conditionnent gravement ce que sera demain.

Entendons-nous bien : l’Universalité dont nous parlons comme conquête de l’humanité, est celle des droits des peuples, des sociétés et des individus qui les composent sans discrimination aucune !

Car le dernier  » tube  » à la mode auprès des élites dominantes des pays anciennement colonisés est l’Universalité des droits des castes dirigeantes !

En dehors du paradoxe manifeste entre  » Universalité  » et  » Castes « , il n’y a strictement rien de nouveau dans cette posture qui elle-même participe de nos archaïsmes séculaires puisque de tous temps : Sous les Romains, sous les Ottomans ou sous la colonisation, les élites participant au système de domination des peuples disposaient de quelques droits  » spécifiques  » que ces élites se soient drapées de  » gandouras authentiques « , de  » tarbouches stamboul  » ou de  » costumes européens  » !

Soyons sérieux ! Universalité des droits, cela signifie clairement : Peuples – Sociétés – Individus !

Quiconque veut jouer un de ces éléments contre les autres, ne peut aboutir qu’à la destruction du lien entre les trois. Lequel lien est la seule garantie de viabilité d’un Etat, d’une société organisée sur la base de lois qui rassurent et protègent l’individu.

On comprend mieux aujourd’hui le sens du monstrueux détournement opéré au lendemain de l’Indépendance qui, pour des raisons de pouvoirs de clans, a sapé les fondements mêmes de la dynamique de Libération Nationale.

Il n’y a aucune exagération dans ces propos, juste un peu d’amertume devant le gâchis.

Car le détournement monstrueux a consisté à profiter du formidable potentiel de solidarité dont l’Algérie a bénéficié sur la scène internationale pour procéder méthodiquement à sa neutralisation au bénéfice des réseaux d’affaires et de trafics en tous genres.
D’ami des peuples en lutte pour leur libération, l’Algérie est progressivement devenue l’amie de puissances dominatrices.

Le chemin qui mène de la Déclaration du 1er Novembre à la recherche désespérée d’un traité d’amitié avec une France officielle qui connaît un mouvement notable de colonialisme décomplexé, ce chemin-là qui mène de la Conférence de Bandoeng aux manœuvres militaires et à la collaboration tous azimuts avec une Administration américaine contestée par tous les esprits sages dans le monde et dans son propre pays ; ce chemin-là commence par la dictature et ne peut mener qu’au chaos.

Il ne s’agit pas pour nous de critiquer le Pouvoir pour le critiquer, cela il s’en charge tout seul en agitant ses opposants d’opérette.

Suivre pas à pas le cheminement intellectuel et politique dans le discours et dans l’action qui ont mené au tragique échec que vit aujourd’hui l’Algérie, hier porteuse de tant de promesses ; est pour nous un élément essentiel dans la consolidation d’une conscience politique nationale véritablement au service de son peuple.

Nous l’avons souvent répété : il ne sert à rien de changer les hommes du régime si c’est pour maintenir en place les procédés qui ont conduit au désastre actuel.

Mais il est essentiel de comprendre que quiconque opte pour le meurtre et le mensonge pour éluder des problèmes politiques, finit dans le camp des bourreaux des peuples et insulte par cela son propre passé de lutte – s’il en a.

Nous vivons dans un monde qui n’a pas tenu ses promesses.

Prenons garde toutefois à ne pas renforcer ceux qui ont trahi la promesse d’un monde plus juste en rejetant, comme le font les inconscients et les désespérés, l’idée même d’un monde plus juste.

Le cynisme des ambitieux pressés de jouer au petit chef des micro-Etats qui naissent tous les jours, l’aveuglement et la colère face à l’injustice, la résurgence dramatique du fanatisme sous toutes ses formes religieuses ou  » douaristes  » sont non seulement moralement condamnables, mais également politiquement criminels ; car ils renforcent la domination, de la plus proche à la plus globale.

Encore un mot sur les liens entre les premières dérives opérées par la dictature et la collaboration actuelle avec les pires politiques en cours sur la scène internationale.

Tout responsable, à quelque niveau qu’il se tienne sur la terre, se doit au moment d’assumer sa charge, d’opérer des choix stratégiques au premier rang desquels, je dis bien au premier rang, se tient le choix des partenaires.

Un militant politique, un cadre d’entreprise, un chef de gouvernement et un chef d’Etat ont tous, à un moment qui sera déterminant pour l’ensemble de leur action, l’obligation de choisir le type de partenariat qui correspond le plus à leurs ambitions politiques. Et à leur morale politique.

Tout comme on ne choisit pas impunément de méthode, on ne choisit pas impunément de partenaires.
Il n’y a nul mystère insondable à ce que ceux qui ont choisi le mensonge et le meurtre de leurs opposants se retrouvent à être ceux qui ont également opté hier pour la complicité des barbouzards de tous bords, plutôt que pour le dialogue entre partenaires politiques.
On commence par croire que l’on peut s’allier au diable et on finit par se retrouver à son service.
On commence par assassiner ses opposants, puis liquider son peuple en masse.

Pour ce qui nous concerne, il nous semble, aujourd’hui comme hier, que la seule action qui s’inscrive dans le sillage du 1er novembre 1954, notre principale victoire sur le colonialisme en tant que système de domination et sur nos archaïsmes en tant que facteurs aggravant cette domination, reste encore et toujours :
L’universalité des Droits (peuples, sociétés et individus)
Le partenariat avec les acteurs civils et les militants politiques qui s’inscrivent dans cette conception de l’universalité, ici et partout dans le monde
Nos partenaires, outre les syndicats (représentant les intérêts des travailleurs) restent les ONG véritables à ne pas confondre avec les excroissances des Pouvoirs
Le recours à toutes les possibilités qu’offre la mobilisation citoyenne et le droit international.

Plus que jamais, notre pays comme le monde, a besoin que toutes les forces agissant en faveur de l’émancipation des sociétés et de la libération des peuples fassent que l’action citoyenne et l’arbitrage du droit l’emportent sur la voix de la guerre et de la violence.

Si le monde des pouvoirs dominants, anciens et nouveaux, a trahi les promesses faites aux lendemains de la 2ème guerre mondiale et à l’aube de la décolonisation, le combat des sociétés n’a jamais cessé et s’il a souvent été étouffé par le vacarme des néo-colonialistes dans leur version  » moderne  » ou  » archaïque « , il connaît un nouveau souffle avec les victoires des peuples sud-américains et avec les résistances qui s’expriment partout à travers le monde devant le scandale de l’arrogance et de la force brutale qui n’épargne ni les hommes, ni les économies, ni les richesses, ni la nature elle-même.

Si notre société est terriblement éprouvée par les malheurs qui lui ont été imposés durant toutes ces années ; si elle est si fragilisée par les souffrances subies aggravées par la déroute gestionnaires d’un Pouvoir qui se contente de lui interdire l’auto-organisation, il appartient à tous les militants de lui redonner confiance en elle-même et en les autres peuples du monde.

Du militant de base en n’importe quel coin perdu de la planète, au dirigeant associatif, syndicaliste ou politique de 1er plan, le seul mot d’ordre qui vaille est : tenir ses promesses.

Nous choisissons nos partenaires sur cette base, nous élaborons notre programme dans cette perspective. Et nous serons jugés sur cette base.

Chers amis
Chers invités
Je voudrai a travers vous m’adresser à la communauté internationale peuple et institution
D’abord un peu d’histoire

Le sort de république espagnole s’est joué à Berlin, Rome, Paris et Londres.
FRANCO, est arrivé au pouvoir, grâce au soutien ouvert des Allemands et des Italiens mais aussi parce que les Anglais et les Français, effrayés par le péril bolchevique et par Moscou n’ont pas apporté aux républicains espagnols toute l’aide qu’ils pouvaient attendre. Eux aussi ont objectivement choisi FRANCO.
Cette politique préparait la voie au nazisme ; elle explique son ascension foudroyante et irrésistible ainsi que bellicisme au pouvoir.
Le sort de révolution algérienne s’est joué à Paris, Rabat et le Caire. La déposition du GPRA (gouvernement provisoire de la république algérienne) allait sonner le glas de toute évolution pluraliste et démocratique du pays. Le GPRA fut l’unique et le dernier gouvernement pluraliste qu’ait connu l’Algérie. Ce gouvernement était remarquable pour son souci constant de respecter les droits humains, au plus fort d’une guerre atroce et d’une répression sans exemple.
Les logiques de guerre froide, ont permis voire accéléré les dérives de la décolonisation.

Aujourd’hui, la tolérance envers les pouvoirs autoritaires est la source de dérives intérieures mais aussi extérieures de la part des dirigeants.
Au plan intérieur, la tolérance internationale envers ces pouvoirs pousse les populations à l’effondrement moral et la non résistance ; progressivement les sociétés de ces pays se défont.
Au plan extérieur, la grande stratégie policière qui intègre et subordonne la diplomatie évacue de facto, à la fois le droit national et le droit international, notamment dans son volet :
Droits humains
Les jeux d’équilibres internationaux actuels, les enjeux de la lutte internationale contre le terrorisme facilitent la mise en œuvre de cette stratégie.

Chers invités
Les tolérances d’aujourd’hui préparent les désastres de demain. C’est ici et maintenant qu’il faut démasquer les impostures autoritaires et donner un coup d’arrêt aux dérives violentes.

La prévention stratégique des crises et des conflits dans les pays du SUD, c’est l’appui à l’émergence d’une opinion publique, a l’émergence d’une société civile, au respect et à l’enracinement des droits de l’homme dans ces pays.
Si non demain il sera inutile de s’apitoyer sur nos malheurs ou de pleurer sur nos tombes.

Mes chers compatriotes ;

-serait-il encore sérieux, Serait-il encore réaliste de s’illusionner sur les possibilités d’ouverture du régime, quand celui-ci bénéficie encore d’un soutien indéfectible et inconditionnel en dépit de ses options,
- serais ce courir après de fantômes que de croire qu’au sein du pouvoir existe des secteurs ou des hommes convaincus que le changement et l’ouverture sont vitaux pour le pays, que le statu quo est intenable et exige un prix politique et humain très lourd à cause d’explosions de violence et de répression inéluctables.
A ceux là je dirai : exprimez vous et agissez ici et maintenant de manière publique.
A vous mes chers compatriotes, à toutes les militantes et militants des droits humains, des libertés et de la tolérance, je vous appelle à vous rassembler, à vous organiser, et mener des luttes autour d’objectifs politiques clairs et de mesures sociales urgentes pour soulager les souffrances et la détresse de larges couches de la population,

Je vous appelle à une constance inébranlable dans l’action politique, pacifique et non violente,
Vous avez toujours le choix quelque soit la situation ; si vous êtes conscients politiquement, vous ne serez jamais acculés à la violence.

Je vous remercie.

Zéralda, le 7 septembre 2007

Hocine Aït-Ahmed est en Algérie

aitahmd.jpgLe président du Front des Forces Socialistes, Hocine Aït-Ahmed, est arrivé à Alger le samedi 1er septembre pour prendre part aux travaux du 4ème congrès du FFS qui se tiendra les 6 et 7 septembre prochains à la Zerlada. Accueilli par des milliers de citoyens, le président du FFS s’est dirigé directement au siège national du parti où il a tenu une réunion de travail avec le secrétariat national.

Hocine Aït-Ahmed en Algérie le 1er septembre à 14 h 00

aitahme2.jpgLe premier secrétaire du FFS a annoncé à Ifri, à l’occasion de la commémoration du 51ème anniversaire du Congrès de la Soummam, que le président du FFS, Hocine Aït-Ahmed, rentrera en Algérie le 1er septembre prochain. Karim Tabbou a invité les militants et sympathisants du parti à se déplacer en masse à l’aéroport Houari- Boumédiène d’Alger pour accueillir M. Aït-Ahmed qui assistera aux travaux du 4e congrès du parti qui se tiendra les 5 et 6 septembre.

Hocine Aït-Ahmed à Jeune Africain 1986: « Il faut arracher les Algériens à leur passivité, les responsabiliser »

Jeune Africain : Plus de six mois après son lancement spectaculaire à Londres, Où en est le front commun que vous avez créé avec Ben Bella ?

 

Hocine Ait Ahmed : Notre alliance- car il s’agit bien de cela- se porte fort bien. Cela se passe mieux que je ne l’espérais moi-même. Les réactions ont été excellentes. Nombre d’Algériens m’ont dit avoir vibré à cet « appel de Londres » qui leur rappelait celui du 1er Novembre 1954.
Notre « SOS dictature » a été entendu, je crois, un peu partout dans le pays car notre travail d’explication a été et demeure intense : diffusion d’une cassette vidéo reproduisant la conférence de Londres et, surtout, volonté de mener et de gagner cette bataille décisive qui est celle de l’information.
Il faut arracher les Algériens à leur passivité, les responsabiliser. Aussi avons-nous prévu pour bientôt la publication d’un journal qui s’appellera Libre Algérie.
Pour le reste, nous avons toujours dit et répété que Ben Bella et moi-même n’étions pas une solution de rechange ; nous mettons en fait nos possibilités et une certaines notoriété au service de la démocratisation de la société algérienne. C’est aux Algériens de s’assumer, de s’autonomiser, d’imposer leur droit d’avoir des droits, nous sommes là pour les encourager.
Il faut convaincre pour vaincre. Telle est notre tâche.

 

J.A : Aucune personnalité d’envergure n’est pourtant venue vous joindre depuis Londres. Vous êtes toujours à deux…

 

HAA : C’est vrai, nous n’avons pas enregistré de ralliement spectaculaire et peut-être est-ce là une ombre au tableau. Mais les choses évoluent ; notre mot d’ordre-élection libre d’une assemblée constituante fondée sur le pluralisme- gagne chaque jour du terrain. Une opinion en notre faveur est en train de naître et c’est cela que redoute le pouvoir. Cela dit, en privé, la plupart des personnalités qui ont joué un rôle dans le FLN et l’ALN se sont dites agréablement surprises par notre initiative.

 

JA : Il existe, entre vous et Ben Bella, un passé conflictuel qui vous opposa parfois vivement. Alors qui a changé : vous ou lui ?

 

HAA : Tout le monde change. Seules les brutes épaisses pensent qu’elles ne changent pas et que tout ce qu’elles ignorent, comme les lois d’évolution biologiques ou politiques, n’existent pas.
Evolue-t-on vers le bien ou vers le mal ? C’est aux autres d’y répondre…

 

JA : Vous avez été emprisonné par Ben Bella, il y a plus de vingt ans. Tout cela est oublié ?

 

HAA : On ne doit jamais oublier, bien sûr. Mais un homme politique n’a pas le droit d’être crucifié par le passé et son analyse ne peut être guidée par les émotions.

 

JA : Y a-t-il encore des divergences entre vous ?

 

HAA : Je crois que la sagesse l’a emporté. Ahmed Ben Bella joue véritablement le jeu de l’alliance ; d’excellentes mesures de réorganisation sont intervenues au sein de son mouvement. Et puis notre alliance est un compromis, pas une compromission.
Un compromis qui rejoint les principes pour lesquels je me suis toujours battu.

 

JA : Votre projet de journal coûte cher. Qui apporte le financement nécessaire ?

 

HAA : Nous avons d’importantes difficultés financières, qui d’ailleurs expliquent le retard dans la présentation du numéro zéro. Libre Algérie sera un journal de combat et d’information, réalisé et diffusé par des militants bénévoles. Nous tenons absolument à notre indépendance et les moyens seront trouvés en notre sein, pas à l’extérieur. Comme son nom l’indique, Libre Algérie n’aura donc pas de fil à la patte et s’inscrira dans la noble tradition du Moudjahid à sa naissance –avant qu’il ne devienne un instrument de propagande.

 

JA : Quel est votre but : rendre transparent le pouvoir en place à Alger ?

 

HAA : Ce serait impossible. Par nature, ce pouvoir est opaque. Les Algériens ignorent tout de ce qui s’y passe tout comme, à l’époque coloniale, personne ne savait ce qui se tramait au sein du gouvernement général. C’est un système clos. Et les systèmes clos, s’ils permettent de régenter les chauves-souris, sont incompatibles avec la dignité de citoyen. Les clans, la loi du silence, la rigueur de la Camorra : tout cela définit une organisation sociale pré-étatique, mais en aucun cas un Etat moderne digne de ce nom. Ce n’est pas un journal, mais des institutions démocratiques qui peuvent pour assurer la transparence. Et notre journal se battra pour que ces institutions existent enfin.

 

JA : Depuis quand n’avez-vous pas revu l’Algérie ?

 

HAA : Depuis mon évasion, le 1er mai 1966, il y a vingt ans.

 

JA : Deux décennies en dehors du pays : cela crée inévitablement, un décalage entre vous et la réalité telle qu’elle se vit là-bas…

 

HAA : Votre remarque est trop simple. Pendant la lutte de libération déjà, en 1956, dans une étude portant sur la nécessité de former un gouvernement en exil que j’avais pu faire sortir de la prison de la Santé ou j’étais détenu, j’avais dit aux militants de ne pas être obnubilés par cette opposition schématique entre intérieur et extérieur.
Vous savez, quand on vit aujourd’hui, comme hier, en Algérie il n’est pas sûr que l’on soit au fait de la réalité. Ce pays est tellement cloisonné, tellement lessivé par la désinformation quotidienne que seules des bribes de réalité vous sont accessibles. Et puis, j’ai mes propres canaux d’information et ils sont efficaces.

 

JA : Est-ce que pour la nouvelle génération d’Algériens, ceux qui ont vingt ans aujourd’hui, le nom d’Ait Ahmed signifie quelque chose ?

 

HAA : Le nom des « historiques » n’est pas oublié, je crois en dépit des efforts du pouvoir. Cette jeune génération justement est celle qui a le plus soif de retrouver son identité. Malgré le fait que notre nom soit effacé des livres, malgré le fait qu’à l’instar des dynasties mongoles d’autrefois, les maîtres d’Alger s’acharnent à faire table rase de l’histoire et à frapper d’amnésie leurs millions de sujets.

 

JA : Si une certaine grogne diffuse semble exister en Algérie au sein de la population, comme dans bien d’autres pays, on a l’impression que l’opposition n’a que fort peu de prise sur elle et que le pouvoir, finalement, est bien assis…

 

HAA : J’ai un reproche fondamental à faire aux autorités qui dirigent ce pays depuis plus de vingt ans. Celui d’avoir dépolitisé, démotivé en profondeur les Algériens, d’avoir détruit leur esprit civique par une répression permanente. Dés qu’une simple association, comme la Ligue algérienne des droits de l’homme ou le groupe des fils martyrs se crée, la violence répressive est discriminée, totalement disproportionnée. Il y a eu une régression extraordinaire ; de ce point de vue, nous sommes revenus à la situation d’avant 1936.
Bien évidemment nous, opposition, nous en souffrons, il faut remonter la pente et ne pas prendre ses désirs pour des réalités, considérer la société telle qu’elle est. Cela dit, cette grogne comme vous dites est travaillée en profondeur par des courants invisibles à l’œil nu. Pour l’instant…

 

JA : Le pouvoir est donc fort, aussi, de vos faiblesses ?

 

HAA : Sans doute. On occupe les Algériens du matin au soir avec les problèmes de pénuries et de ravitaillement. C’est la politique du couffin quotidien, de la grande débrouille, de la carotte et du bâillon. La seule mobilisation tolérée, c’est celle-là, celle de la vie. Et puis la bureaucratie a enserré et étouffé la société dans ses innombrables tentacules. Le Léviathan, ou plutôt, le Thalafsa, ce dragon à sept ventres de l’imaginaire berbère, s’est assoupi sur le bonheur du peuple…
Mon pays souffre d’une étrange maladie : l’algériasclérose. Ses symptômes ne trompent pas –mal d’être, mal de vivre, tristesse, frustration et soumission, perte des valeurs de solidarité et de courage.
Les rapports sociaux, même au niveau familial, sont entachés d’égoïsme. L’application généralisée des principes pavloviens, les queues, le système D ont laissé des traces. C’est chacun pour soi, chacun son tour. L’algéraisclérose, c’est le manque d’oxygène dans le corps politique, le flux sanguin bloqué par les féodalités claniques, le surdéveloppement de la machine bureaucratiques, la quête pathologique d’identité due à l’amputation d’un poumon – la culture berbère-, l’autre poumon, la culture arabe, étant rabougri parce que privé d’échanges vitaux avec la science et la pédagogie. C’est le vieillissement d’une société dont la population est l’une des plus jeunes du monde et à qui pour tout remède, on offre les béquilles du parti unique.
Nietzsche disait : « Docteur, commence par te soigner toi-même » Pour guérir le peuple algérien, il faut donc commencer par lui rendre sa souveraineté, c’est-à-dire l’exercice quotidien de sa liberté.

 

JA : L’émigration algérienne en Europe vus parait-elle réceptive à vos appels ?

 

HAA : Absolument. Parce qu’elle est inquiète et que personne à Alger ne répond à ses inquiétudes.

 

JA : Il existe pourtant une Amicale, qui semble active, notamment dans le domaine de la lutte contre le racisme, de la défense des droits, etc.

 

HAA : Mais elle n’a aucune prise sur la population émigrée. C’est une force d’encadrement et de contrôle qui dispose de beaucoup de moyens, qui parfois donne l’impression d’être active mais qui retombe bien vite dans l’engourdissement bureaucratique. Et puis n’oubliez pas que l’émigration vit, en Europe, dans un environnement démocratique qui renforce à la fois ses frustrations et sa politisation. Le racisme est le moindre des soucis de l’Amicale. Son souci majeur est le mouvement démocratique. Elle est là pour harceler les autorités françaises afin qu’elles empêchent les Algériens et les Algériennes de s’exprimer et de s’associer librement. Elle va jusqu’à susciter des incidents graves comme l’année passée à la Mutualité, afin de fournir au gouvernement français le motif d’ordre public qui lui permet de déroger à la Constitution en interdisant des manifestations démocratiques.

 

JA : Mais les émigrés eux-mêmes ont des problèmes, comme le logement par exemple, peut-être plus urgents à résoudre que d’autres.

 

HAA : Justement les émigrés n’ont que plus besoin d’un pays, leur pays, qui les accueille au lieu de les rejeter. Il existe aussi, en Algérie, une forme de racisme anti-émigré. Cette politique n’est pas officielle, mais elle est encouragée. Souvenez-vous ; lorsqu’en 1981 il fut question, en France, d’accorder aux étrangers la liberté d’association, les autorités algériennes firent connaitre leur mécontentement. Pas question à leurs yeux de voir leurs ressortissants jouir ailleurs de libertés dont ils ne disposent pas chez eux ! Pour la classe dirigeante, l’émigration est un vecteur d’idées « polluantes » dont il faut à tout prix se préserver : démocratie, pluralisme, presse ouverte, etc.
L’émigration fait peur car on sait fort bien, à Alger, qu’elle a toujours joué un rôle d’avant-garde dans notre histoire.
Que fait le gouvernement algérien, que font les gouvernements « islamiques » pour faire échouer les projets de visa unilatéral que s’apprêtent à appliquer les Européens à leurs ressortissants ? C’est grave, cette espèce de croissant vert qui se profile à l’horizon ! Il faut croire que le visa arrangerait l’Amicale. Il n’est pas d’exemple d’organisation juive sollicitant l’instauration de l’étoile jaune…Les dictateurs ont peur de la libre circulation. En tout cas, les démocrates ont pour devoir à la fois de dénoncer ce projet et le terrorisme, quel qu’i soit.

 

JA : Quel a été votre état d’esprit lors de l’arrivée de Chadli Bendjedid à la tête de l’Etat ?

 

HAA : Je ne le connaissais pas personnellement. Mais j’ai toujours été, dans ce type de circonstance, positif. Déjà, lors du coup d’Etat de 1965, alors que j’étais en détention à la prison de Maison Carrée à Alger, j’avais dit à ceux qui étaient venus solliciter mon avis, notamment Taleb Ibrahimi, d’aller « tâter le terrain » auprès de Boumedinne pour ne pas abandonner aux militaires la totalité du champ politique. Cette attitude initiale de bienveillance a été la mienne également lors de l’arrivée de Chadli. Je n’avais aucune raison particulière ni de lui signer un chèque en blanc, ni de m’opposer à lui.

 

JA : Des contacts entre vous et lui ont donc eu lieu…

 

HAA : Oui, à différents niveaux.

 

JA : Qui était demandeur ?

 

HAA : Je n’ai jamais été demandeur.

 

JA : Qui vous a contacté ?

 

HAA : L e premier à venir e voir était un colonel proche de Chadli. Puis M’Hamed Yazid, ‘ancien ministre de l’information du GPRA et quelques autres.

 

JA : Quelles propositions vous ont-ils faites ?

 

HAA : J’ai entendu des paroles fraternelles, à l’orientale. Mais dés que l’on s’est mis à parler politique, les choses furent différentes. J’ai formulé devant eux mes propres desiderata : en aucun cas une participation au pouvoir, mais une amnistie générale pour tous les détenus d’opinion et surtout, je l’ai suggéré de chercher les voies et moyens de sortir du parti unique, de créer des espaces de libertés. Soit en officialisant mon propre mouvement, qui avait été reconnu par Ben Bella trois jours avant le coup d’Etat de 1965. Soit en autorisant la création d’un journal différent. Soit les deux à la fois. Bref, discutons… Je n’ai en fait été intransigeant que sur un seul point, fondamental : mon opposition au parti unique. Non pas par obsession fétichiste, mais parce que le parti unique c’est tout simplement l’instauration d’un colonialisme indigène.

 

JA : Et c’est sur ce point précis que les négociations ont achoppé ?

 

HAA : D’excellentes relations ont suivi des prises de contacts. J’allais dans les ambassades d’Algérie à Berne et à Paris de la façon la plus décontractée et tout devait se concrétiser lors du trentième anniversaire de la Révolution, le 1er novembre 1984, date retenue en commun pour notre retour au pays. Ils s’étaient engagés sur tout : l’amnistie, la réhabilitation des familles victimes de la répression entre 1963 et 1965, la formulation de propositions concrètes… Et puis, quelques jours avant cette date, c’était un vendredi, on m’annonce que le chef de la mission algérienne à Genève me cherchait partout avec un message de la présidence à me transmettre d’urgence. Je l’ai donc vu. Il m’a dit qu’une commission ad hoc présidée par Chadli Bendjedid dont Taleb Ibrahimi faisait partie devait se réunir le surlendemain à Alger pour examiner une ultime fois le dossier FFS.
« Il n’y aura, en principe aucun problème, m’a-t-il confié, mais on me charge de vous demander un effort ; il faut que vous nous facilitiez la tâche en vous engageant à ne plus faire de politique »
Bien évidemment, cette condition était inacceptable puisqu’on me demandait en somme de renoncer à ma qualité de citoyen. J’ai appris plus tard que la sécurité militaire redoutait que des manifestations de soutien éclatent en ma faveur et que ces « dérapages » deviennent incontrôlables.

 

JA : Ce fut donc la rupture ?

 

HAA : Oui. Ils savaient à l’avance que je refuserais. J’ai trouvé cette démarche, disons… indécente.

 

JA : Et vous n’avez pas songé à accepter ces conditions, quitte ensuite à ne plus jouer le jeu ?

 

HAA : Si Mestiri en Tunisie et Bouabid au Maroc ont pu, de l’intérieur et au prix de grandes difficultés, imposer l’existence de leur parti, ce type d’action est impossible en Algérie. Il n’y a aucune règle du jeu, aucune souplesse dans ce pays ou règne l’anachronisme et ou tout est verrouillé. Le choix est simple : Le silence ou la prison. L’idéologie sécuritaire la plus étroite a remplacé l’idéologie unitaire de l’indépendance ; en son nom, tout est interdit. Regardez comment ils ont agi dés que la Ligue algérienne des droits de l’homme ou l’Association des fils de martyrs ont essayé de faire entendre leurs voix…

 

JA : Existait-il des liens organiques entre vous et ces deux mouvements ?

 

HAA : Aucun, même si des militants de qualité comme Faouzi, d’ailleurs sauvagement torturé pour son appartenance aux FFS, en ont été les promoteurs. Mais je partage leur combat.

 

JA : Qui gouverne aujourd’hui à Alger ?

 

HAA : Chadli, incontestablement. Avec et au milieu des clans. Boumediene était un potentat qui ne cherchait pas à endosser les habits du libéralisme. Lui a voulu adopter un discours « ouvert », mais il s’est enlisé dans ses contradictions.

 

JA : Et le parti FLN ?

 

HAA : C’est une tapisserie, une enluminure. Soulevez-la et vous apercevrez le grouillement des sous-partis, des sous-castes. Il existe actuellement au sein du FLN une lutte intense pour diminuer l’influence de Cherif Messaadia, son « patron », au profit de l’armée et des services de sécurité. Elle s’est traduite tout récemment par l’exclusion du comité central de vingt-huit chefs de Mouhafadas qui en étaient membres.

 

JA : L’armée conserve donc son omnipotence…

 

HAA : Tout à fait. Et c’est ce qui nous inquiète le lus.

 

JA : Chadli Bendjedid peut-il être le président de l’après-pétrole ? Celui qui fera accepter aux Algériens l’épreuve de l’austérité ?

 

HAA : La crise d’aujourd’hui, ne l’oublions pas, a été préparée par vingt ans de gaspillage et de mauvaise gestion. La conjoncture a trouvé l’Algérie en position de moindre résistance. Une preuve : l’agriculture démantelée. Ce qui caractérise ce régime, c’est la privatisation de l’Etat, l’appropriation du patrimoine national par les clans, voire les familles dirigeantes. L’appel à l’austérité pour les autres n’est donc, en aucune mesure, crédible. De plus, à la différence de Boumediene, Chadli n’a ni autorité réelle, ni perspectives claires. Il ne peut donc pas avoir force d’exemple.

 

JA : Comment jugez-vous le Kaddafi de 1986 et quelle a été votre réaction lors du raid américain du 16 avril ?

 

HAA : Ce fut une agression, impardonnable, inqualifiable. Un marteau pilon pour écraser un moustique. La politique de la canonnière dirigée contre un pays frère. Cela dit, je n’ai pas de sympathie particulière pour le régime Kaddafi, pas plus que pour tous ceux qui sont fondés sur la violation des droits de l’homme.
Le pouvoir absolu corrompt absolument et aucun pays, si sonores que soient ses slogans, ne peut se soustraire à cette loi. La suppression physique des opposants dans le style des chasseurs de primes constitue à mes yeux un fait de corruption politique absolu.

 

JA : Votre position à propos du conflit du Sahara occidental a étonné. Etait-il nécessaire de vous aligner ainsi sur les thèses marocaines ?

 

HAA : Il ne s’agit pas d’un alignement. Soyons clairs : il n’existe pas de solution de laboratoire à ce problème, en dehors de l’espace et du temps. Je déplore le mal fait par cette guéguerre larvée, tout ce temps perdu pour la construction du Maghreb. Il faut lever l’hypothèque. Les frontières ne doivent pas être nos limites, mais nos possibilités. Des vastes zones communes de développement doivent être aménagées de part et d’autre de nos frontières, qu’elles soient ou non objet de litige et il faut inventer pour elles des formes audacieuses d’autonomie. Je propose qu’une conférence de tous les Etats riverains du Sahara soit organisée sous l’égide des Nations Unis et de l’OUA pour établir des projets stratégiques de développement susceptibles d’enrayer les progrès de la désertification.
Reste que l’impossibilité, pour l’instant, de trouver une solution rapide à ce problème du Sahara ne doit pas empêcher que s’amorce la construction du Maghreb, un Maghreb de la démocratie et non un Maghreb des armées et des polices.
« La solution » saharienne interviendra dans la foulée, tout comme des garanties de survie, voire de qualité de la vie, pour le peuple touareg.

 

JA : Vous vous êtes rendu au Maroc dans un passé récent, après votre »appel de Londres »
On vous y a vu, entendu. N’était-ce pas vous situer en porte à faux par rapport à l’opinion algérienne et prêter le flanc aux critiques ?

 

HAA : Ecoutez, je fais peu cas des certificats délivrés par ce pouvoir. Les médailles, les contre-médailles, tout cela rappelle le temps des tirailleurs. Je suis un Maghrébin sincère et conscient ; je me sens donc pro-marocain, pro-tunisien, pro-mauritanien et cela me conforte dans mon algérianité.

 

JA : Les médias algériens vous qualifient aussi souvent, vous et Ben Bella de « revenants »…

 

HAA : Ils voient des fantômes partout : c’est aussi cela l’algériasclérose. N’ont pas la conscience tranquille, car la cité est encore hantée par le souvenir d’une révolution, d’une jeunesse politique, ardente et responsable qui a réussi à s’autonomiser par rapport à ses dirigeants et à conduire l’Algérie à l’indépendance. Et puis que signifient ces critiques dans un pays ou la presse est dirigée par la police ?

 

JA : Votre opposition prendra-t-elle un jour d’autres formes, disons plus radicales ?

 

HAA : Notre combat est uniquement et totalement non violent. Je n’ai jamais cru en l’activisme aveugle.
Nous ne ferons pas, surtout sur ce terrain, le jeu du pouvoir.

 

Propos recueillis par François Soudan 1986

La succession d’Aït Ahmed n’est pas à l’ordre du jour

haa.jpg«Parler de la succession d’Aït Ahmed aujourd’hui, c’est faire preuve d’une grande violence envers les militants du Front des forces socialistes (FFS).» C’est ce qu’a affirmé M. Karim Tabbou, premier secrétaire du vieux parti d’opposition. M. Tabbou expliquera que la question de succession d’Aït Ahmed ne se pose même pas au sein du parti. «C’est un débat que nous n’avons pas abordé», précise le premier secrétaire du FFS, avant d’ajouter : «L’évaluation des capacités d’une personne à gérer une formation politique n’est pas tributaire de sa date de naissance mais plutôt de ses capacités d’analyse, de sa maturité politique, de son bon sens et de son habilité à gérer et à mobiliser autour de lui.» L’occasion pour M. Tabbou de rappeler que «M. Hocine Aït Ahmed recèle un potentiel inépuisable et une expérience politique inégalable. C’est une des rares personnalités politiques qui continue à faire des interventions régulières. La dernière en date ne remonte pas à plus loin que 15 jours, lors dune réunion de l’Internationale socialiste». Quant aux rumeurs concernant l’élection d’un nouveau président du parti lors du prochain congrès, tout en conservant à M. Aït Ahmed la présidence d’honneur, M. Tabbou sera formel : «Nos préoccupations sont très loin de tout cela. Le débat ne s’est jamais posé en ces termes à l’intérieur du parti», déclare-t-il, avant de préciser : «Je crois même que si, aujourd’hui, Aït Ahmed souhaite être déchargé de ses responsabilités, il se heurtera à une forte volonté des militants qui souhaitent le voir toujours à la tête du FFS.» Quant aux allusions de certains journaux à de probables successeurs à leur dirigeant, M. Tabbou dira que la relation qu’entretient le FFS avec certaines personnalités «est d’ordre politique et non organique». Il expliquera, dans ce sillage, que le FFS a toujours été allergique aux associations des sigles et aux alliances d’appareil.
«En accompagnant la société dans ses choix, le FFS est toujours convaincu que l’alternative démocratique se construit autour d’objectifs et d’idéaux communs à un certain nombre d’acteurs politiques crédibles». Le FFS, qui se considère comme l’«héritier des valeurs du congrès de la Soummam», choisira toujours ses partenaires parmi ceux qui «restent fidèles au congrès d’Ifri Ouzellaguen». Le FFS organisera, d’ailleurs comme chaque année, son rassemblement sur les lieux du congrès le 20 août prochain.
Un rassemblement auquel ne prendra pas part M. Aït Ahmed, informe M. Tabbou. Les responsables du parti visiteront, comme d’habitude, le musée du congrès et se recueilleront, avec tous ceux qui assisteront à son rassemblement, à la mémoire des martyrs de la révolution.
Un dernier test de la capacité de mobilisation de la direction du parti avant son congrès. Un congrès auquel prendra part M. Aït Ahmed et qui se déroulera les 4, 5 et 6 septembre prochain. Le lieu du congrès n’a pas encore été arrêté par sa commission préparatoire. Elisant son prédisent, la commission préparatoire du 4ème congrès du FFS est sur le point de finaliser son rapport. Un rapport qui permettra au parti de ficeler les préparatifs du congrès.

 

G. H.

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