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Message de Hocine Aït-Ahmed au Conseil national du FFS

aitahmedhocine.jpgQuestions ¬insolites aux membres du Conseil National réunis en session ordinaire à Alger, 26/07/2007

 

Chers camarades, chers amis,
Massa Ennour, Azul moqren, salutations affectueuses.
A l’occasion de votre dernière session ordinaire qui précède la tenue de nos prochaines assises, j’ai pensé plus sympa de vous faire une surprise en vous posant quelques questions qui, certes se moquent de la langue de bois, mais ne sont ni surprenantes dans la forme ni légères dans le fond.
Il s’agit d’un exercice sérieux de réflexion, que je souhaite sous la marque FFS de l’humour et de la dérision. Les conclusions pourraient être éventuellement soumises au congrès.

 

1 / Que pensez-vous des attentats-kamikases perpétrés contre les bâtiments du 1er ministre et celui de l’intérieur ? La rumeur court sous le burnous, dans les allées du pouvoir, et aussi à Paris que ces attaques sophistiquées sont tombées à point pour soutenir l’un des candidats à l’Elysée dont le problème sécuritaire était le cheval de bataille. Cette version ne semble pas invraisemblable étant donné les campagnes médiatiques unanimes et simultanées qui ont actualisé l’antique cri de guerre romain  » Hannibal est à nos portes !  » autrement dit  » le GSPC à leur porte !  » Pourtant Mr Zerhouni, ministre de l’intérieur s’était empressé de démentir techniquement le caractère Kamikase de l’attentat. Laissant clairement entendre qu’il s’agissait d’un règlement interne au pouvoir.

 

Quid de l’attaque contre la caserne de Lakhdaria, située dans le périmètre  » kabyle  » et
des effets d’annonce tragiques concernant la grande offensive du  » GSPC  » à Yakouren, haut lieu de la lutte de libération ? Ne sommes nous pas également dans le scénario désormais classique toutes les fois que s’aggravent les luttes de pouvoir à propos de la succession à El Mouradia. Pourquoi faut-il régler leurs comptes par massacres interposés comme ce fut le cas au cours de la sale guerre en particulier dans la Mitidja ? On doit une fière chandelle à l’ambassadeur des USA, non pas tellement d’avoir protégé la présidence du général Zéroual, mais d’avoir stoppé les hécatombes en chaîne en direction de la capitale.

 

Quels liens avec le vieux et permanent complot stratégique visant à Tchétchéniser la province algérienne de Kabylie ; afin de la « pacifier » et d’y éradiquer le politique et la démocratie ? Le printemps noir et les grandes manipulations militaro-policières des « Arouch » pouvant être considérées comme des préludes.
Par qui et comment a été commise – plus grave qu’un crime – la faute politique de créer systématiquement l’insécurité dans cette région dans l’objectif de faire imploser l’unité nationale.
N’y a t-il pas lieu d’attribuer aussi aux généraux de « l’opération ¬Jumelles », l’intention de punir les villageois de Kabylie pour avoir accueilli, organisé et protégé le congrès de la Soummam. Evénement sans lequel les processus tactiques d’intégration civique, politique et révolutionnaire – comme prévu par le déclenchement technique du 1er novembre 1954 – seraient, sinon problématiques, du moins terriblement retardés. Avec pour conséquence catastrophique de rendre impossible la dynamique et la légitimation du GPRA, l’instrument révolutionnaire par excellence, qui sera le levier fondamental à la fois de l’internationalisation de la question algérienne et de la négociation de l’indépendance.
N’oublions jamais cette réalité subversive: les manipulations mensongères, qu’elles soient politiques ou criminelles, sont la géométrie officielle de la culture ambiante du système. Ce n’est pas le souci du bien et de la sécurité des compatriotes qui anime les  » gouvernants  » c’est celui de la conservation de leur puissance et de leurs intérêts.

 

2 / a- Pourquoi l’Algérie officielle dont les institutions onusiennes savaient qu’elle n’a respecté ni de près ni de loin aucune de ses signatures au bas de l’ensemble des pactes des Droits de l’Homme et des conventions humanitaires, a-t-elle été admise au nouveau Conseil Onusien des Droits de l’Homme? Il faudra bien enquêter sur les complicités non pas tellement des partenaires inconditionnels des dictateurs mais de certains gouvernements dévoués aux Droits de l’Homme mais qui ont pris pour de l’argent comptant la profusion des gestes de promesses et de séduction voire de pleurnicherie et d’auto-victimisation. Le silence et l’indifférence de ces défenseurs des Droits de l’Homme devant les phénomènes gravissimes de leurs violations à ciel ouvert sont aussi sidérants que la responsabilité des potentats qui piétinent chaque jour davantage leurs engagements internationaux solennels.

 

b- Pourquoi donc a-t-elle persévéré dans le parjure en violant les deux engagements successifs préalables, conditions sine qua non à l’admission à cette nouvelle instance, savoir défendre et promouvoir toutes les libertés et droits proclamés dans la nouvelle instance ?
Devant tant de bienveillance, et peut être de pitié à l’égard d’un peuple si glorieux, une certaine décence de la part des gouvernants algériens aurait dû inspirer un renvoi d’ascenseur en faisant moins de répressions visibles. Or jamais, jamais les répressions n’ont été aussi permanentes, systématiques et généralisées.
D’où viennent cette hargne et cet empressement à faire le nettoyage politique, sans aucun égard au contrat clair et transparent qu’ils venaient de signer. La motivation qui pousse les décideurs à multiplier les gaffes et les empressements irresponsables est qu’ils réalisent qu’ils maîtrisent l’espace national et les  » indigènes  » mais pas le temps. L’impunité garantie par la corruption et l’esbroufe n’est pas éternelle. Hitler n’a-t-il pas dit dans mein kampf  » un contrat ou un accord vaut ce que valent les circonstances dans lesquelles ils sont signés. » Pourquoi donc ces dénis fou furieux des Droits de l’Homme ?

 

3 / Pourquoi, l’hitlérisme a été moins difficile et plus facile à repérer que le stalinisme, comme ennemi de la liberté de la démocratie et de la paix ?
Serait-il violer le secret en disant parce que le stalinisme a longtemps réussi à s’emparer de ces mêmes valeurs, leitmotiv et leit-bildung ( leading ideas and images ), pour les enraciner dans sa vitrine et sa propagande, avec un culot « révolutionnaire » c’est à dire mensonger.

 

Chers camarades, chers amis,

 

Puis-je suggérer que nous baptisions notre prochain congrès ; à vous, aux camarades militants et cadres de proposer une dénomination adéquate. Moi je pense à un Congrès du Millénaire, du 21e évidemment ; avec l’ensemble des grandes thématiques proclamées. En rejetant Dhimniyen, les systèmes fascisants et totalitaires du siècle précèdent mais qui aujourd’hui s’évertuent à renaître de leurs cendres. Qui dit mieux ? Je l’espère en tout cas ; Ana abd edhaâif comme disent nos potentats.
Peut-être même pourrions-nous nommer chacune de nos commissions au Congrès par un martyr d’une qualité transcendante. J’ai personnellement pensé à Larbi Ben M’Hidi, et Kacem Zidoun l’un des premiers brillants diplomates militants arrêté à Oran le 1er novembre 1954, torturé, coupé en morceau et jeté à la mer dans un sac. Face aux vitesses de l’histoire et aux terribles distances qui séparent les évènements, il n’est pas inutile de s’engager dans des quêtes de rapprochement des racines et des causes plus profondes, quand celles-ci sont camouflées par les préjugés ou ces apparences qu’elles sont censées avoir provoquées.
D’évidence, les gouvernements totalitaires comme le nôtre, ont le génie malfaisant d’ouvrir de profondes fosses communes pour y enterrer les faits et les évènements précis qui leur font toujours peur. Comme la destruction du GPRA par le groupe de Tlemcen. Condamner le passé comme s’il n’avait jamais existé. Mais le passé existe avec force et, quand il bégaie dans le présent, c’est qu’il refuse de passer vers l’avenir.

 

Pensées affectueuses et respectueuses.

 

Hocine Ait-Ahmed

Contribution de Hocine Aït-Ahmed à la Conférence nationale de l’Audit de construction du F.F.S

haa1.jpgChers compatriotes, chers ami(e)s, chers camarades
Essalam Elweddi ! Azul moqrane seggul ! Bonjour !
Bon travail !

 

Des camarades m’avaient gracieusement demandé un papier à l’occasion de la tenue de l’Audit du parti. Etait-ce nécessaire étant donné les messages déjà adressés à nos instances dirigeantes. D’autant qu’en prélude, j’avais eu déjà l’immense plaisir de débattre avec la délégation du Secrétariat national accompagnée de ses conseillers, des problèmes et des perspectives que posent les prochaines Assises Nationales du FFS ainsi que de la feuille de route – dans sa globalité et dans chacune de ses échéances – destinée à préparer rigoureusement ce rendez-vous important pour l’avenir du pays, de la démocratie et du parti.

 

Le dévouement et l’intelligence politique avec lesquels militants et responsables viennent de préparer cet événement à l’échelle nationale et à tous les niveaux, me font une grande joie de leur rendre un hommage appuyé.
Je tiens à saluer tout particulièrement, les élections libres qui, pour la première fois dans l’histoire du FFS ont désigné à l’audit les délégués de nos sections et de nos fédérations. Je tiens à rendre hommage à notre base militante pour sa maturité et sa vigilance politiques. Elle vient d’assurer le succès de ce principe démocratique qui est nouveau au sein de nos structures. Une « bidâa la ba’ssa biha » (De cette innovation ! rien à redire !) Principe politique qui, hélas ! est dénié, à la nation algérienne qui en avait, pourtant fait son credo et sa raison d’exister tout au long de ses luttes d’émancipation politique et de résistance armée.

 

Je tiens, également à féliciter le secrétariat national pour avoir :
1. répondu avec célérité et fermeté, au recours des militants qui s’étaient senti lésés par le déroulement anormal du scrutin dans deux sections.
2. pour avoir refait les opérations électorales à la satisfaction de tous. Force est de constater le nombre infime de couacs, de ratés dans cette procédure digne de la modernité. Et partant de se permettre quelque fierté, quand on connaît l’effroyable généralisation de la corruption morale, politique, culturelle, financière et électorale, avec pour bilan le refus de reconnaître aux Algériens et Algériennes ce droit d’avoir des droits. Cette condition sine qua non, pour s’affranchir définitivement de cette  » réplique indigène de l’indigénat  » en vue d’exercer leur souveraineté et leur devoir de citoyennes et citoyens librement et en toute responsabilité.

 

N’oublions pas ! Paradoxe des paradoxes ! Le seul vote libre et non falsifié fut le référendum du 2 juillet 1962 qui proclama le droit des Algériens et Algériennes à l’autodétermination et à l’indépendance.

 

Cher(e)s compatriotes !
« Il est un temps pour écrire, un temps pour parler, et un temps pour se taire », nous apprend le sens commun. Que l’on me pardonne de les y avoir mêlés et non pas confondus.
Je vous livre des bouts de réflexions pragmatiques de terrain – sans égard à la chronologie – ; de préférence traitant du présent, bien sûr, mais aussi du passé, l’un devant éclairer l’autre et vice versa. Pour aider à mieux anticiper et préparer l’avenir ensemble.
Que puis-je vous dire de si loin et heureusement, malgré tout, de si près, de si chaleureusement convivial ? Je ne sais pourquoi, l’envie m’a pris, sans crier gare, de partager avec vous, la terrible émotion de cette « mauvaise nouvelle » que le secrétariat national m’a fait parvenir d’urgence au courant de l’année dernière:

 

Objet de l’E-mail : Mauvaise Nouvelle
Nous venons d’apprendre le décès de Rabah Aissat P/APW de Tizi Ouzou.
Hier après le maghreb, il a été victime d’un attentat dans un café de son village Ain Zaouia, daira de Boghni.
Des individus parait-il vêtus d’uniformes de la police ont tiré dans sa direction. Plusieurs blessés et lui, transféré à l’hôpital de Draa el Mizan. 3 balles: l’épaule, le ventre et la jambe. Il a perdu beaucoup de sang et a subi une intervention chirurgicale de plusieurs heures avant de décéder vers 3h du matin.

 

Il me semble assez troublant qu’un tel message nous parvienne alors que le FFS dit et montre sa détermination à se structurer sérieusement dans la perspective d’un Congrès utile à la sortie de crise. Et à s’ouvrir à la société malgré toutes les entraves (externes et internes), et à tisser de sérieuses relations avec les syndicats, et les associations autonomes non agrées. Des relations de sincérité et de solidarité.
Incontestablement, Ammi Rabah symbolisait vraiment le FFS. Intégrité, crédibilité, rectitude morale, sagesse, intelligence politique et sincérité dans son engagement.
Cet ancien proviseur du Lycée technique de Boghni, élu en 2002 puis réélu en 2005, a parfaitement réussi à tenir le coup à la tête d’une des institutions les plus difficiles de ce pays, l’APW de Tizi. L’une de ses dernières initiatives a été de faire voter une enveloppe financière au profit des peuples palestiniens et libanais.
C’est une perte très lourde, un coup très dur, mais aussi un signal fort pour que nos militants et nos responsables soient au fait des enjeux et à la hauteur de la tâche que nous devons accomplir.
Bien sur, cet assassinat m’a rappelé les camarades Mahiou, Azraraq, mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Anna Politovskaia…

 

Désolé pour cette terrible nouvelle.
Salutations affectueuses et militantes.

 

Je salue de tout coeur l’évocation par le Secrétariat National de l’assassinat d’Anna Politovskaia la journaliste russe aux côtés de nos martyrs, comme si elle était des nôtres. Nous du FFS, nous aimons notre pays pour des valeurs, de liberté, de justice et de vérité qui le débordent. Il y a dans ce geste, un souci de réhabiliter et développer l’ouverture de notre société vers le monde –  » une welt-aunshaung  » – en ranimant une culture de l’humanisme sous le mode d’une solidarité internationale partagée.
C’est aussi un devoir sous-jacent de gratitude envers la dynamique en chaîne de soutiens et de reconnaissances internationales du G.P.R.A. (Gouvernement Provisoire de la Révolution Algérienne). Car nul doute que ce Tsunami de solidarité a précipité l’accession de notre pays à l’indépendance. En effet, au plan national, il avait rendu impossible la victoire des forces coloniales, en galvanisant et en renforçant le moral des populations et des combattants. Et au plan international, la rupture du rapport de forces politiques et diplomatiques en présence qui fera opposer et imposer et aux thèses impérialistes et bellicistes, la négociation politique de l’indépendance de notre pays.

 

Force est de constater que face à l’acte criminel planifié qui a ravi la vie de Da Rabah, le réflexe des dirigeants du parti, n’a pas été de crier vengeance ou de se coucher. Mais bien au contraire, esprit de responsabilité quand tu nous tiens ! de positiver le pire, en remettant la priorité et l’urgence sur l’objectif de la préparation du congrès.
Je rappelle que les propriétaires de l’Algérie, n’ont reculé devant aucun moyen aussi ignobles soient ils : prises d’otages, agressions, réseaux de drogues, petit et grand banditisme, campagnes d’intoxication visant à étouffer les bastions politiques du FFS en y installant un climat de violences d’insécurité et de corruption généralisées.
La finalité stratégique de cette version atypique de  » normalisation  » est d’anéantir dans les villages et agglomérations rurales, l’ensemble des espaces de rencontre et de libre expression qu’ils soient traditionnels (les djemâa) ou modernes (activités politiques et sociales) dans des régions entières acquises au politique et à la non violence. Meilleure façon de couper notre parti du soutien des populations et de le réduire à un simple appareil malléable et domesticable à merci. Tigi Ur Drat Ur Derrout. ( Impossible que les mauvais coups qui, hier, ont échoué réussissent aujourd’hui)
Avec au surplus la volonté de parasiter et déstabiliser la préparation de notre congrès, voire d’en empêcher la tenue purement et simplement. Elli yahseb Wahdu Ichit Lu ! (Celui planifie tout seul se donne toujours gagnant)

 

Toutefois, l’inventivité destructrice du régime militaro-policier ne manquera pas de scenarii plus démoniaques encore pour autant qu’il puisse toujours compter sur le soutien inconditionnel de nos partenaires occidentaux, de l’opinion et des institutions internationales.
Il pourrait bien nous rejouer le syndrome de Ben Laden au Maghreb, c’est à dire d’Hannibal à nos portes et aux portes de Paris. Une sorte de  » remake  » du coup des kamikazes bizarroïdes qui ont déclenché à distance des bombes qui ont endommagé des ministères à Alger et surtout ont volé des vies algériennes et endeuillé tant de familles.

 

Chers Camarades !
Un Congrès vaut ce que vaut sa préparation à tous les niveaux politiques, culturels – pour ne pas dire idéologiques – et organiques. Nous ne pouvons pas nous offrir le luxe de répéter nos erreurs. A commencer par les identifier sereinement, et souligner clairement leurs conséquences.
Un exemple significatif de disfonctionnement anti-démocratique : l’élection des membres du Conseil National, au dernier congrès qui était, de fait, prise en otage par certains dignitaires ; hélas, je ne m’en rendrai compte que tardivement et à la faveur du refus de quelques cadres de valeur de présenter leur candidature, sans m’en donner d’autre explication que strictement personnelle. De toute façon, même averti et parce que respectueux des règles je me serais interdit d’intervenir. En général, routine presque traditionnelle, les enjeux et les jeux de pouvoir s’exacerbent vers la fin des congrès, lorsque le moment arrive d’élire les membres des instances dirigeantes.

 

Je souhaite que l’audit aura à cœur de revenir sur les responsabilités du congrès précédent comme source des dérives d’apparatchiks et des insuffisances qui parasiteront une gestion démocratique des structures.
La modernisation de nos méthodes de travail, dans les prises de décisions et dans leur application s’impose impérativement.
Il nous faut sortir des improvisions et des approximations. Il est inconcevable, à titre d’exemple, de ne pas conclure réunions et débats, à tous les niveaux par des procès verbaux clairs et sans verbiage. Se garder, bien entendu, de tomber dans les tares inverses d’une bureaucratie d’apparat. Il nous faut des mécanismes d’efficience. Par ailleurs, tenir un minimum d’archives est indispensable pour sortir des thaktchoukas habituelles, des bilans fictifs voire bidons, et ainsi faciliter le contrôle hiérarchique des cartes d’adhérents – voire de sympathisants – pour vérifier les bilans financiers, les activités programmées en direction des syndicats et des associations et pour les responsables se retrouver eux-mêmes et rationaliser les activités quotidiennes. A cet effet, une brochure rendra d’éminents services, j’en suis sûr ; une dose d’écrit ne nuit pas à l’oralité culturelle ambiante.

 

Une chose est indéniable, dans l’accumulation chaotique des campagnes de manipulations et de mensonges menées tambour battant par les autorités de fait et de force, le peuple algérien a, par son abstention massive exceptionnelle, signifié clairement, fortement et sans équivoque sa rupture avec le système de prédation culturelle, politique, électorale, économique et sociale. Au-delà du ras le bol, il a marqué son inébranlable volonté de reconquérir sa souveraineté et restituer aux citoyennes et citoyens leurs libertés d’expression, d’organisation et de participation à la gestion politique, culturelle, économique et sociale du pays. Il est de notre responsabilité de traduire ce message en programme politique efficace, cohérent et mobilisateur de l’ensemble des forces saines du pays, en vue d’une alternative démocratique et sociale radicale et pacifique.
Aussi devons-nous préparer nos structures pour concrétiser vraiment les options stratégiques d’ouverture vers la société recommandées par le 3e congrès et qui sont terriblement d’actualité.

 

Que notre belle jeunesse et nos si dignes femmes, exclus et expropriés de tout, s’arment de volonté politique et de non-violence: Pour qu’ensemble nous puissions construire cette Deuxième République.

 

Je vous remercie.
Salutations
Hocine Aït-Ahmed

Message de Hocine AIT AHMED concernant L’AUDIT DE CONSTRUCTION adressé au Conseil national réuni en session ordinaire les 31 mai et 1er juin 2007

aitahmed.jpgChers amis, chers camarades, chers compagnons :

 

L’été qui s’annonce sera particulièrement chaud.
Dès qu’une soit disant  » élection  » est expédiée, une autre prend le relais et comme le souligne si bien votre déclaration, la subversion reste l’Alpha et l’Oméga de ce système obsolète, aveugle et entêté.

 

Tout se passe comme si l’imperméabilité à l’expérience historique et politique de ses  » chefs  » visibles et invisibles, au demeurant vieux chevaux de retour, est une façon de rafistoler leurs clichés afin de conserver leurs illusions et leurs fictions. A l’exemple des autorités coloniales qui refusaient l’évidence de l’indigénat et de la domination à force d’auto – mystification et de narcissisme pathologiques.
Malgré l’absence d’un adversaire jouant dans leurs catégories et dans leurs répertoires, les autorités  » nationales  » ne peuvent prétendre à une réelle représentativité ou à une sérieuse viabilité. L’illégitimité, l’illégalité et la théâtralisation du mensonge ont fini par les user et totalement les disqualifier.
Comme s’ils brisaient systématiquement les miroirs qui leur renvoient l’inexistence de leurs consciences morales et politiques.
C’est dans ces moments qu’ils deviennent plus arrogants et plus dangereux.
Si des hommes ou des groupes d’hommes à l’intérieur du système sont susceptibles d’évolution ou prétendent afficher des volontés de changement, la nature du système reste fondamentalement inchangée. Elle noie et broie toute volonté de réforme.

 

Comme nous en avions l’intuition, l’abstention du peuple algérien constitue un message fort, clair et sans équivoque, tant sur le plan interne que pour l’opinion internationale. Il est de notre responsabilité de traduire ce message en programme politique efficient, cohérent et mobilisateur pour un changement radical et pacifique.
Il est plus que jamais nécessaire de préparer notre organisation à affronter des échéances imminentes qui peuvent s’avérer décisives pour l’avenir du pays. Je demande au Secrétariat national de mettre en place une instance politique à l’étranger pour dépasser les lourdeurs et les procédures de l’appareil et répondre à l’impératif d’un redéploiement politique du parti. Ainsi seront clarifiée les missions des uns et des autres.
Dans la situation politique actuelle – dussé – je me répéter – je veux vous réaffirmer que la marge d’erreur autorisée par nécessité est toujours réduite. Nous ne pouvons pas nous offrir le luxe de nous tromper et nous ne devons pas nous égarer dans des exercices de rhétorique et dans des nostalgies patriotisantes ou des mirages politiques.
Nos fins et nos moyens ne sont pas les fins et les moyens du pouvoir. La stratégie de l’opposant ne peut, ni ne se veut calquée sur celle de l’oppresseur.
Nous sommes contre toutes les formes de violence, de haine et de règlements de comptes malgré que nous les subissions toujours, sans frein ni normes. Nous n’oublions ni les plaies ouvertes par les éliminations brutales de NOS DEUX ELUS Rabah AISSAT et Ali AZRARAQ, ni les manquements à la loi de l’institution judiciaire qui, de toute évidence, exprime des décisions consensuelles au plus haut niveau. Libre aux omnipotents et aux omniscients de s’exonérer de toute responsabilité.

 

Mes amis,
Encore une fois, nous, militants d’une alternative crédible, n’avons pas le droit à l’erreur.
C’est pourquoi je vous invite à l’humilité, à la lucidité, à l’intelligence du coeur et de la raison.
Notre préparation organisationnelle est déjà commencée mais beaucoup reste à faire. Pour nous l’été 2007 sera studieux.
Dans mon message du 6 avril dernier, je vous informais que je vous soumettrai pour approbation les modalités de préparation et de représentation pour l’audit du 21 juin 2007.
J’ai dégagé ces modalités, le camarade Tabbou vous les détaillera, et le camarade Cherifi qui a une grande expérience des forums internationaux a mis ses connaissances et son expertise dans le domaine des audits de partis et de syndicats, notamment en Amérique de sud, à notre service et à notre portée.
Mon souci fondamental a été de mettre nos procédures structurelles et statutaires en harmonie et en cohérence avec nos valeurs centrales et nos buts politiques.

 

Dans notre cœur, le FFS est grand mais le pays est encore plus grand.
Nous devons construire un parti et proposer un programme politique en phase avec la société. Je refuse le fétichisme du parti ; l’esprit de parti doit l’emporter sur l’esprit partisan. Le parti est un moyen nécessaire mais non exclusif de notre marche vers les libertés et l’autodétermination individuelle et collective.
La reconstruction et la consolidation de l’unité politique et sociale de la nation se feront à partir de l’émancipation de l’ensemble des Algériennes et Algériens, en toute égalité de statut.
Sur cette route nous ne sommes pas seuls, et nous ne sommes pas les seuls. Ce n’est pas un hasard si aujourd’hui, par delà les différences de générations et d’itinéraires nous nous retrouvons, à l’échelle nationale, en communion fondamentale d’idéaux et d’options politiques.

 

Nous avons également pour devoir de creuser avec profondeur et lucidité certaines leçons magistrales de l’histoire du siècle des fascismes et des totalitarismes et de ses prolongements jusqu’à nos jours. Je pense que la chute du Mur de Berlin et l’effondrement consécutif de l’empire soviétique, nous autorisent non pas à un axiome scientifique – mais à un constat historique d’ordre international : les mouvements d’émancipation révolutionnaires qui n’avaient pas de fondements et d’horizons démocratiques ont été et sont toujours non seulement condamnés à l’échec ; mais plus, voués à des dérives totalitaires voire à des répressions barbares, indignes de leurs credo libérateurs et qui n’ont rien à envier à la cruauté et à l’ampleur des hécatombes apocalyptiques qui ont marqué, notamment, les guerres confessionnelles et coloniales.

 

Chers amis,
Je connais votre générosité.
Je sais votre ferveur, je n’ai jamais douté de votre engagement.
Je suis persuadé que ce peuple saura reconnaître les siens.
Je sais qu’un jour la légitimité des uns et des autres sera reconnue, que votre abnégation et votre probité serons reconnues et honorées.
Les militants du FFS peuvent être fiers de leur action. Ils font preuve de constance et ne seront pas comptables devant eux-mêmes de batailles qu’ils n’auront pas menées, y compris sur eux-mêmes.

 

Nous sommes dans la société et nous sommes sous le regard du peuple. Je sais que nous serons à la hauteur de nos missions et de nos ambitions, chacun à sa place et chacun dans son rôle. EN SYNERGIE.
Le système d’oppression finira. La naissance de la deuxième République Algérienne sera.
Avec l’avènement de la démocratie qui en est la condition sine qua non.

 

Nous nous donnons la route, Nous nous donnons le temps.
Au travail et a très bientôt.
Hocine AIT AHMED

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