Archive pour 'Hommage'

Deuxième anniversaire de l’assassinat de Rabah Aissat

aissat2.jpgA l’occasion du deuxième anniversaire de l’assassinat de Rabah Aissat, El Mouhtarem publie, pour la seconde fois, ce témognage de Zemouche R. présent sur le lieu de l’assassinat. 

Pour ma part, le jour de l’assassinat du camarade Aissat, je me retrouvais à 4 kms de Ain Zaouia. D’ailleurs, j’avais tout de suite rejoint les camarades du FFS à l’hôpital de Draa El Mizane où se trouvait le corps de Da Rabah. Repose en PAIX. El Mouhtarem 

Nous sommes le jeudi de l’avant dernière semaine du mois de ramadan 2006. A Ain Zaouia, la soirée est très mouvementée.  Il est 20 h 45.  Nous venons de terminer une partie de domino dans une cafétéria appartenant à ma famille.  Je sors du café. Je me dirige vers mon cousin propriétaire d’une librairie situant en face. Avant d’arriver à la librairie, j’entends des manœuvres d’armes au niveau de la terrasse de la cafétéria.  Tout d’un coup, j’entends des rafales, tout le monde s’est couché par terre. A cet instant, tous mes «logiciels mentaux » se déconnectent. Je suis resté bouche bée et accroupi  jusqu’à ce que les nuages se dispersent.  Je me mets à plat ventre ; j’essaye de voir ce qui vient de se passer. En vain. Je vois un individu qui court, une arme à la main, et tire des coups de feu en direction du siège de la garde communale, situé en face, pour empêcher toute intervention.

La scène dure pas plus de cinq minutes. Les tueurs s’évaporent dans l’univers. Le calme revient grâce au courage des jeunes qui risquent leur vie à tout moment.
Je prends mon courage à deux mains pour me rendre sur les lieux…A mon arrivée, je découvre un corps, criblé de balles (entre 8 et 9 balles), gisant dans un bain de sang.  C’est Rabah Aissat, président de l’APW de Tizi-Ouzou. Je le prends dans mes bras et je crie à l’aide, car le corps est lourd. Aucun n’ose approcher ni se lever. J’essaye de mettre son bras sur mon épaule pour le prendre dans ma voiture, garée en face en milieu d’autres voitures. Incapable de faire sortir mon véhicule, je demande à un voisin, tout près de moi, de m’aider à le prendre dans sa voiture (Renault express). On démarre en direction de l’hôpital Krim Belkacem de la commune de Draa El Mizane

Nous arrivons à l’hôpital. Plusieurs personnes nous rejoignent. Ils sont venus dans des fourgons, des 404, des camionnettes…pour donner du sang….Le sort de Aissat est entre les mains des médecins de garde. Je constate l’arrivée d’un groupe de médecins dépêchés du CHU de Tizi-Ouzou. Malheureusement, entre 3h00 et 3h30, Rabah Aissat succombe à ses blessures. C’est une autre panique qui s’installe.
Vendredi matin, un seul sujet de discussion : le tragique évènement qui s’est produit la veille. Les gens parlent avec hésitation. On ne sait pas quoi dire encore moins quoi faire. Les gens se regardent et la méfiance s’installe. Ainsi, la ville de Ain Zaouia meurt et ne reprend la vie que plusieurs mois après la mort de Aissat.

Samedi matin, tout le monde attend l’arrivée de la dépouille du CHU Nadir Mohamed de Tizi-Ouzou. Toute la population de Ain Zaouia se rassemble. Le village natal de Aissat, Ain Laabid, devient inaccessible. Des gens de tout âge et de différents horizons arrivent. Je vois des députés, des artistes, des responsables, des cadres de la nation, des jeunes…Ils sont venus  voir pour l’ultime fois le corps de Aissat et lui rendre un hommage. A Dieu nous appartenons et à Lui seul nous revenons. Il est le juge de toute âme. J’avoue que ce n’est pas facile de vivre de tels moments et de tels évènements qui dégradent notre société qui était saine autrefois. Mais laissant tout au Bon Dieu.

Par Zemouche R.

FERHAT ABBAS, Premier Président du GPRA

Témoignage d’Abdelhamid Mehri, ancien ministre du GPRAferhat.jpg

 

Ferhat Abbas représentait pour moi et pour des générations de militants PPA le porte-parole d’une école politique que nous avons combattu. Ferhat Abbas prônait, avant la deuxième guerre mondiale, l’assimilation comme moyen pour les algériens, soumis aux obligations de leur statut de français, d’en acquérir les droits.

A la fin de la guerre, les positions de Ferhat Abbas ont évolué vers des positions plus proches de la revendication de l’indépendance. Les dialogues menés avec lui par le Dr Lamine Debbaghine et le Dr Chawki Mostefai, dirigeants du PPA, y avaient grandement contribué. Et ce fut le Manifeste du peuple algérien, puis les Amis du Manifeste et de la Liberté (AML). Immense mouvement d’union populaire qui a marqué la lutte politique du peuple algérien contre le régime colonial.

 

La tragédie du 8 mai 1945 et la dissolution des AML ont provoqué la dislocation de cette union, emmené Ferhat Abbas à créer l’Union Démocratique du Manifeste Algérien (UDMA) et s’inscrire dans la vision du Général De Gaulle qui voulait transformer l’empire colonial français en union « librement consentie »: l’Union Française. Les députés UDMA proposaient, en conséquence, à l’Assemblée Nationale Française le projet d’une République Algérienne fédérée à cette Union.
Ce projet a été également combattu par notre génération et rejeté, en même temps, par le Gouvernement français.

 

Aujourd’hui, avec le recul, je demeure convaincu que le combat contre la politique prônée par Ferhat Abbas, pour la solution du problème algérien, devait être mené. Et il est heureux qu’il l’ait été.
Le Premier Novembre a éloigné ce passé avec ses clivages politiques. Mais c’est l’homme de ce passé qui est accueilli, au sein du FLN, par les hommes qui l’avaient combattu. Tous les dirigeants de première ligne de la révolution étaient, en effet, issus du PPA, son principal adversaire politique. L’événement n’était pas anodin et les contacts au début étaient un peu laborieux et prudents. Les retenues et les réserves étaient, peut-être, de la même nature des deux cotés. L’adhésion de Ferhat Abbas au FLN ne pouvait effacer d’un trait les traces d’un passé chargé de divergences politiques et idéologiques, mais aussi de préjugés et de séquelles de polémiques pas toujours heureuses.

 

Mais l’adhésion de Ferhat Abbas était sincère, honnête et réfléchie. Il a su s’adapter à un milieu politique très différent de son itinéraire et de son expérience politique. Il a fait des efforts méritoires pour s’intégrer à ce nouvel environnement, l’accompagner, le comprendre. Il a même aidé à maintenir et à consolider sa propre cohésion. Son apport au combat de la libération était considérable et son rôle au sein des organismes dirigeants de la Révolution (CCE et GPRA) très important.

 

Les contacts avec Ferhat Abbas ont commencé après l’installation de Abbane Ramdane à Alger.

 

Ce dernier me disait, en mai 1955, que ses contacts avec le leader de l’UDMA étaient encourageants et qu’il a été agréablement surpris par les dispositions de l’homme. Ces contacts entrepris par Abbane auprès des acteurs politiques, on l’a appris par la suite, préparaient le terrain à la tenue du Congrès de la Soummam qui a scellé l’union de toutes les familles du nationalisme algérien. Lors de ces assises, Ferhat Abbas et d’autres personnalités politiques d’horizons fort éloignés du PPA, ont fait leur entrée au Conseil National de la Révolution Algérienne (CNRA). Les décisions politiques et organisationnelles de la Soummam ont eu de grandes répercussions à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Mais cette ouverture politique provoqua des remous dans les sphères dirigeantes de la Révolution, notamment chez certains « historiques ».

 

Ces remous se transformèrent en crise aiguë, après la sortie du CCE et lors la première session du CNRA, réunie au Caire en août 1957.

 

Dans une première phase de cette crise, la contestation remettait en cause, simplement, tous les organismes dirigeants mis en place par le Congrès de la Soummam et son orientation générale. Mais un compromis, sauvant l’essentiel des décisions du Congrès, a pu être dégagé au prix d’efforts considérables de dialogue et de contact. Ferhat Abbas a pris une part importante à cet effort de conciliation.

 

Au point que les contestataires, qu’on appelait les militaires, ont surpris lorsque il s’est agit de la formation du Comité de Coordination et d’exécution (CCE). Car, au moment ou ces contestataires reprochaient à Dahleb et à Benkhedda leur tiédeur à l’égard du projet insurrectionnel et insistaient pour leur élimination du CCE, ils tenaient à ce que Ferhat Abbas y figure malgré les réserves de certains, dont je faisais partie, mais pour des raisons différentes.

 

Cela explique, en grande partie, que lors de la formation du GPRA, le nom de Ferhat Abbas était celui qui réalisait le consensus le plus large pour le présider.

 

Le CCE, puis le GPRA, présidé par Ferhat Abbas, connurent des phases difficiles et des crises internes. L’attitude de Ferhat Abbas, en ces moments là, a été toujours marquée par une volonté tenace de les résoudre, ou les atténuer, par le dialogue et la concertation.

 

Arrive la grande crise de l’été 1962. N’étant pas convaincu des motifs invoqués par les deux camps, j’ai vainement essayé de persuader Ferhat Abbas de rester en dehors de la mêlée pour continuer de jouer le même rôle. Je n’ai pas réussi à le convaincre. Il a choisis de prendre position avec le Bureau politique.

 

Il me confia ultérieurement, et il l’a répété à d’autres amis, qu’il a profondément regretté cette prise de position.

 

 

******Il m’est arrivé, quelques fois, d’accompagner le Président Ferhat Abbas lors de rencontres de chefs d’État. La trame de fond de toutes ces rencontres était évidemment la question algérienne. Mais certains gestes et paroles de l’Homme, sont restés en mémoire.

 

 

 

 

 

J’évoquerais trois moments significatifs à certains égards:
1. Rencontre avec le Président Jamal Abdennasser.
Si mes souvenirs sont exacts, c’était la première rencontre entre les deux hommes. Et il n’a pas était facile de l’organiser. Car l’image de Ferhat Abbas dans les fiches des services de renseignements égyptiens était, peut être, à l’origine de certaines réserves. Mais finalement la rencontre s’est déroulée dans une atmosphère sereine, emprunte de respect et de franchise, même si elle manquait de chaleur. En quittant les lieux où nous avons été reçus, Ferhat Abbas résumait ses impressions dans cette phrase: « C’est un grand homme, dommage qu’il traîne une bureaucratie millénaire!! »
2. Rencontre avec le Président Habib Bourguiba à un moment de brouille avec Jamal Abdenasser.
Entre les deux hommes, tout le monde le savait, le courant ne passait pas. Leurs désaccords tournaient parfois à la crise ouverte. Au début de la conversation, Bourguiba commençait à évoquer cette brouille. Alors que personne ne s’y attendait, Ferhat Abbas l’interrompit brusquement: « Mon cher ami cesse de te chamailler avec Abdennasser… (Les deux hommes se tutoyaient)…nous sommes en train de faire face à une guerre atroce et sachez bien que nous avons besoin de vous tous! ». Je m’attendis à une réplique coléreuse habituelle de la part de Habib Bourguiba. Ce fut un silence pesant qui me paraissait long. Puis Bourguiba esquissait un large sourire et change de sujet. Le message du président Abbas était bien reçu. Les conversations revinrent vers l’objet initial de notre rencontre.
3. Rencontre avec sa Majesté Mohamed V (août 1958 moins de deux mois avant la formation du GPRA).
Dépêchés en mission urgente auprès de Sa Mohamed V, Ferhat Abbas et moi nous fument reçus au Palais Royal dés notre arrivée à Rabat. Une grande tension régnait alors aux frontières algéro-marocaines dans la région de Béchar. Des heurts graves et regrettables avaient eu lieu entre des éléments des deux pays. La circulation dans la région était sévérement réglementée et un blocus établi autour de certains points de présence de l’ALN. Sa Majesté Mohamed V nous a reçus, comme il a toujours fait avec les responsables du FLN, avec simplicité et gentillesse. Informé de l’objet de notre mission, il entra directement dans le vif du sujet. « Vous savez que moi et le Maroc tout entier sommes aux côtés de la révolution algérienne. Je peux vous assurer que cela ne changera pas. Mais, en tant que chef d’État, j’ai des obligations envers mon Pays et son unité territoriale. Il y a un problème de frontières entre nos deux pays et j’aimerais que l’on en discute dès maintenant. Je désigne le Prince Moulay El Hassen pour présider la délégation marocaine »

L’audience était brève mais édifiante. Ce que l’on croyait être des incidents locaux limités, était en fait lié un problème sérieux posé officiellement, et solennellement.

 

Ferhat Abbas était d’autant plus désolé qu’il devait quitter le Maroc pour un rendez-vous important. Il me demanda donc de rester à Rabat, de former une délégation sur place et de mener les négociations avec les responsables marocains. Ce que je me suis efforcé de faire.

 

En guise de consignes, Ferhat Abbas me dit ceci: « Ecoute mon cher Mehri, formellement, nos frères marocains ont peut-être raison d’évoquer la question des frontières. Cependant, ils choisissent très mal la façon et le moment de le faire. Nous ne pouvons pas les suivre sur cette voie. Tâche de les persuader que l’intérêt des deux pays commande le renvoi du règlement de cette question après l’indépendance de l’Algérie ».

 

 

Après l’indépendance je rendais, souvent, visite au Président du GPRA. L’une des dernières visites que je lui ai rendues chez lui, se situait juste après la défaite des armées arabes en Juin 1967. Après un bref échange amical, je le provoquais un peu : « Alors, Monsieur le Président, nous avons reçu encore une tannée!? » Ferhat Abbas, calme, me fixa un moment, puis, sans aucun signe de plaisanterie dans sa voix, me répondit: – Mais, mon cher Mehri, nous allons vaincre – !?!!! Comment cela Monsieur le Président ? – Oui, nous vaincrons à force d’être vaincus !

 

 

Rahima Allah Ferhat Abbas.
Alger le 19 Septembre 2008, Abdelhamid Mehri

Hommage à l’architecte de la révolution algérienne

abane.jpgNé en 1920 à Iazouzene dans la commune de Larbaa Nath Irathen, dans la wilaya de Tizi Ouzou, Abane Ramdane obtient le baccalauréat mathématiques avec mention «Bien» en 1941 au lycée Duveyrier de Blida. Au contact d’autres jeunes Algériens, il se forge alors et se cimente une conscience politique et nationale, dans une société villageoise rongée par la pauvreté et la misère.

Abane est ensuite mobilisé et affecté pendant la Second Guerre mondiale, avec le grade de sous-officier. Démobilisé, il entre au Parti du peuple algérien (PPA) et milite activement tout en travaillant comme secrétaire de la commune mixte de Châteaudun du Rhummel (Chelghoum Laïd).

Fortement marqué par les massacres du 8 mai 1945, il abandonne ses fonctions, rompt définitivement avec l’administration coloniale et entre en clandestinité pour se consacrer à « la cause nationale » au sein du PPA-MTLD. Il est désigné, en 1948, comme chef de wilaya, d’abord dans la région de Sérif, puis dans l’Oranie. Durant cette période, il est également membre de l’Organisation spéciale (OS). Il est arrêté en 1951 et condamné à 5 ans de prison. Il est libéré le 18 janvier 1955. Les dirigeants de la zone III  prennent contact avec lui quelques jours après sa sortie de prison. Il quitte Azouza, entre en clandestinité et prend en charge la direction politique de la capitale. Son appel du 1er avril 1955 à l’union et à l’engagement du peuple algérien, signe l’acte de naissance d’un véritable Front de libération et son émergence en tant que mouvement national.

Chargé des questions d’animation de la « Révolution » au niveau national en assurant la coordination inter-wilaya, il anime également la liaison avec la Délégation Extérieure du FLN établie au Caire, les fédérations de France, de Tunisie et du Maroc…Secondé par Benyoucef Ben Khedda, il impulse la création d’El Moudjahid, de l’hymne national (en contactant lui-même le poète Moufdi Zakaria), appuie la naissance des organisations syndicales ouvrière (UGTA), commerçante (UGCA) et estudiantine (UGEMA), qui deviendront, elles aussi, un terreau pour la Révolution.

Appuyé par Larbi Ben M’hidi, il fait adopter au Congrès de la Soummam du 20 août 1956 un statut pour l’armée de libération nationale (ALN) devant se soumettre aux «lois de la guerrre», et surtout, devenir une plateforme politique dans laquelle est affirmée la « primauté du politique sur le militaire et de l’intérieur sur l’extérieur ». Il est désigné comme l’un des 5 membres d’un directoire politique national, le Comité de Coordination et d’Exécution (CCE), chargés de coordonner la « Révolution » et d’exécuter les directives de son conseil national (CNRA) créé à cet effet.

C’est Abane Radmane qui décide avec Larbi Ben M’Hidi et Yacef Saadi de déclencher la bataille d’Alger, durant laquelle, chargé avec Ben M’hidi de superviser l’action militaire, il coordonne l’action et la propagande politiques en direction de la population algérienne.

Il gagne Tuinis, après une longue marche de plus d’un mois, et la traversée de tout l’Ouest algérien. Dans la capitale tunisienne, il se heurte aux colonels de l’ALN. À ces derniers qui investissent en force les organes dirigeants de la Révolution (CCE et CNRA), il reproche une dérive autoritariste et l’abandon de la primauté du politique et de l’intérieur, adoptée à la Soummam, ce qui lui vaut des inimitiés.

Attiré dans un guet-apens organisé par les colonels du CCE (Krim Belkacem, Abdelhafid Boussouf, Lakhdar Ben Tobbal) encouragés par Ben Bella alors détenu à la prison de la Santé, il est assassiné le 27 décembre 1957 dans une ferme proche de la ville marocaine de Tétouan. Son corps, disparu, est symboliquement rapatrié en Algérie, en 1984, pour être « inhumé » au carré des martyrs du cimetière d’El Alia, à Alger 

Il convient de signaler, d’après M. Harbi, des chefs historiques se trouvant à extérieur, seul Hocine Aït Ahmed a soutenu ouvertement le congrès de la Soummam. Et ce soutien n’était pas passé sous silence. Selon Harbi, M. Boudiaf a signifié à Aït Ahmed que son soutien relevait de la solidarité régionale car Abane était de la même zone que lui.

Sources Wilkepedia

عندما يموت الشاعر ونعترف به امبراطوراً

من أذن له بالغياب؟ من سمح له أن يترجّل ويترك جروحنا وحيدة تدمي؟ ألم يدر أنّا ما مازلنا لم نبصر طريقنا الى القرية المهجورة، أنّا ما زلنا نحمل مفتاحاً من الاربعينيات في أيدينا؟ كيف له أن يترك منبر الغضب والحنين والقضية المقهورة؟ كيف له أن يترك أيتاماً تبكي مكلومة؟
ما زلنا هنا يا محمود… ما زلنا هنا نأتمر بكلماتك، نتنشق عنفوانك، نبرد قلمك، نحضر قهوتك، نشعل سيجارتك وننام منتظرين ثورة تنسجها من خيالك.

مازالت بطاقتنا تحمل رقم الخمسين ألف وما زال الحقل بدون رجال والقرية من دون أسماء. مازلنا نسجل “أنا عربي” ومازال أطفالنا ثمانية وأتى تاسعهم وما زال يبحث عن شمس شامخة. كيف تترك المحراث وترفع العقال عن كوفيتك؟ من أين نأتي برغيف الخبز الآن؟ صخورنا ملّت، لم تعُد تولد لنا ثوباً أو دفتراً ولم تعُد تأبه لمن يلامسها. وهناك من يتوسل ليل نهار وينام أمام البلاط وأنت لن تكون هناك لتشعل جمراً ولتحمي شجرة الزيتون.

غادرت في زمن الحصار وفي زمن يولدُ فيه يوسف كل يوم وأخوة لا يزالون له بالمرصاد. غادرت والجوع لم يولِد ما يكفي من الغضب. غادرت والغضب ينتظر خلف جدار الفصل ووراء بحر يموت من العطش. وهناك من بقي من حيث أنت رحلت. هناك من لم يعبرْ الحدود ومازال يحنّ الى خبز أمه ومازالت الأم تخبئ حبوب البُن وما زال البُن يحتمي من اللصوص والرصاص.

من سيحفظ أرقام السجناء وعدد الموتى و ألوان السماء؟ من سيعدّ النجوم والكواكب وعلى دربها يخطّ طر
يق عودة لمن أراد أن تدفن أمه عظامه؟ أنت جعلت من جرح فلسطين غابة زيتون وجعلت لها حراساً لا ينامون. كلّما استولى الليل على شجرة أنبتّها بكلمة وكلّما سهت عين حارس أتيت له بلحن غجري. هل تدري كم كبرنا نرتّل أشعارك على ضوء شمعة؟ شمعة تقاوم غزواً أو تفكّ حصار. لولاها لتاه عنّا القمر ونسينا درب الأمل وخُنّا رائحة الياسمين.

أمّا الآن وقد رحلت يا محمود وتركت لنا بطاقة هوية وكتاباً وعنواناً وحورية، أما الآن وقد أبت فلسطين إلا أن تؤبّنك حياً وأن ترفض أنت من بعدها حروف المديح، فلنعترف بموتك لأنك منا وستبقى لنا.

Par أمل غزال

Canada

Non Soraya, continue ! (Lettre parue le 14 octobre 2006)*

Non Soraya, continue ! (Lettre parue le 14 octobre 2006)* dans Hommage 1329_28877 C’est en lisant la lettre que tu as adressée au ministre de la Jeunesse et des Sports que j’ai compris tout le drame dans lequel est plongé notre sport national. Je me suis dit si Soraya Haddad, une championne reconnue mondialement, se plaint des conditions de travail médiocres, voire inexistantes, que diront alors les jeunes qui évoluent dans de petits clubs ? Je me suis tout de suite rappelé mon cousin Doudine, champion d’Algérie de karaté, pour qui les autorités ont offert un poste K7 de 1500 DA comme récompense au titre obtenu . J’ai également compris pourquoi M. Yahia Guidoum a déclaré la guerre à la maffia du sport.

 

Soraya, wletma, ma sœur

A la seule lecture de votre lettre, le wali de Béjaïa doit avoir honte. Honte du traitement du dédain, je dirais même du mépris que les autorités font subir à leurs champions. Tu as sacrifié ton adolescence, ta famille, tes amis et tes études pour défendre les couleurs nationales. Ces couleurs que d’aucuns ne portent pas dans le cœur  et qui ne connaissent que la seule couleur des billets de banque. Face à  l’exacerbation de tes souffrances du fait que tu subis un traitement malsain, tu as lancé un cri de détresse pour réclamer l’intervention du ministère de la Jeunesse et des Sports. Il est, déchirant, émouvant, terrifiant, douloureux et triste, mais en même temps révoltant le cri de détresse de Soraya Haddad. Un cri que pourraient lancer tant d’autres humbles citoyens victimes de la hogra et de  l’exclusion, qui finissent par être ruinés physiquement et moralement. D’ailleurs la destruction des champions dans notre pays est un secteur où responsables et leurs complices ont accompli des exploits inégalés. C’est malheureusement là la réalité qui brise le cœur ! Toutes les peines qu’endure injustement Soraya avec d’autres filles et fils de l’Algérie sont condamnables et inacceptables.

 

Soraya, wletma, ma sœur

La décision de mettre fin à ta carrière internationale, quand bien même justifiée, a frustré les Algériens, notamment les Algériennes, car tu représentes à leurs yeux un symbole de combat, de dévouement et de bravoure. Il faut tenir bon, résister et rester debout comme cette bougie qui n’a pas peur du feu. Tu es une fille digne de tes parents, de ta région et de ton pays. Tu dois continuer le combat, n’en déplaise aux briseurs d’hommes et de femmes et aux tueurs d’ambitions. Ceux-là ne sont motivés que par la réception de pots-de-vin et de dessous-de-table qui confirment, d’ailleurs l’ampleur de la corruption qui gangrène depuis plusieurs années, le sport algérien. Aujourd’hui Soraya tu ne dois pas payer le prix de la légèreté des dirigeants dans la gestion des affaires du secteur de la jeunesse et des sports. Une gestion dénoncée avec courage par le ministre chargé du secteur. Il a dénoncé haut et fort les dirigeants de fédérations qui ont sacrifié le sport sur l’autel de leurs intérêts. Aujourd’hui, la machine de lutte contre la corruption dans le secteur a démarré et rien ne pourra l’arrêter. M. Guidoum a le mérite de sortir le débat du carcan des appareils pour le porter directement devant les Algériens qui sont primordialement concernés par l’avenir de notre sport.

 

Soraya, wletma, ma sœur

Que ces quelques mots soient l’expression de ma plus profonde solidarité avec toi et avec tous ceux qui souffrent aussi impitoyablement parce qu’ils ont refusé sans calculer l’énorme poids de leurs sacrifices, d’accepter la loi de la corruption et du piston. Tu dois continuer ton parcours, même semé d’embûches car nous te portons dans nos cœurs. Pour les arrivistes parvenus qui n’ont pour ambition que d’amasser des fortunes colossales, l’histoire va les juger tout comme les responsables de la wilaya de Béjaïa qui ont osé un geste de déshonneur : 50 000 DA comme récompense à Soraya. Cette somme représente sans exagérer l’argent de poche de certains responsables véreux de fédérations.

Nous avons besoin de toi

Bon courage !

Chafaâ Bouaiche

Journaliste

*Lettre parue dans la rubrique « opinion » de La Dépêche de Kabylie

En hommage à Mahmoud Derwiche

dar.jpgCe poème, écrit en 1964, est devenu comme un refrain magique enflammant les coeurs et déchaînant les sentiments de fierté et d’enthousiasme des Palestiniens.


Inscris !
Je suis Arabe
Le numéro de ma carte : cinquante mille
Nombre d’enfants : huit
Et le neuvième… arrivera après l’été !
Et te voilà furieux !

Inscris !
Je suis Arabe
Je travaille à la carrière avec mes compagnons de peine
Et j’ai huit bambins
Leur galette de pain
Les vêtements, leur cahier d’écolier
Je les tire des rochers…
Oh ! je n’irai pas quémander l’aumône à ta porte
Je ne me fais pas tout petit au porche de ton palais
Et te voilà furieux !

Inscris !
Je suis Arabe
Sans nom de famille – je suis mon prénom
« Patient infiniment » dans un pays où tous
Vivent sur les braises de la Colère
Mes racines…
Avant la naissance du temps elles prirent pied
Avant l’effusion de la durée
Avant le cyprès et l’olivier
…avant l’éclosion de l’herbe
Mon père… est d’une famille de laboureurs
N’a rien avec messieurs les notables
Mon grand-père était paysan – être
Sans valeur – ni ascendance.
Ma maison, une hutte de gardien
En troncs et en roseaux
Voilà qui je suis – cela te plaît-il ?
Sans nom de famille, je ne suis que mon prénom.

Inscris !
Je suis Arabe
Mes cheveux… couleur du charbon
Mes yeux… couleur de café
Signes particuliers :
Sur la tête un kefiyyé avec son cordon bien serré
Et ma paume est dure comme une pierre
…elle écorche celui qui la serre
La nourriture que je préfère c’est
L’huile d’olive et le thym

Mon adresse :
Je suis d’un village isolé…
Où les rues n’ont plus de noms
Et tous les hommes… à la carrière comme au champ
Aiment bien le communisme
Inscris !
Je suis Arabe
Et te voilà furieux !

Inscris
Que je suis Arabe
Que tu as rafflé les vignes de mes pères
Et la terre que je cultivais
Moi et mes enfants ensemble
Tu nous as tout pris hormis
Pour la survie de mes petits-fils
Les rochers que voici
Mais votre gouvernement va les saisir aussi
…à ce que l’on dit !

DONC

Inscris !
En tête du premier feuillet
Que je n’ai pas de haine pour les hommes
Que je n’assaille personne mais que
Si j’ai faim
Je mange la chair de mon Usurpateur
Gare ! Gare ! Gare
À ma fureur !
 

Commentaire: Je suis très triste; je ne peux rien écrire aujourd’hui. EL Mouhtarem

Il y a 14 ans disparaissait Mustapha Bacha

Il y a 14 ans, le 8 août 1994, disparaissait Bacha Mustapha à l’âge de 38 ans, des suites d’un arrêt cardiaque. A la fac centrale d’Alger où il fut étudiant, il était parmi les fondateurs du GCR, Groupe communiste révolutionnaire. En 1980, il fut un membre actif des évènements du printemps bérbère.  En 1981, il participa au premier séminaire du MCB à Yakourène (Tizi-Ouzou). Avec Saïd Sadi et deux autres camarades, il signera en 1989 un appel à la tenue des assises nationales du MCB, qui donneront naissance au Rassemblement pour la culture et la démocratie. Il fut également l’un des organisateurs actifs, le 25 novembre 1993, des états généraux des patriotes républicains, qui ont donné naissance au Mouvement pour la république (MPR). Il fut aussi celui qui aura le plus été marqué par l’attentat d’Alger, le 29 juin 1994, lors de la marche des démocrates, pour la vérité sur l’assassinat de Mohamed Boudiaf.  D’après le Soir d’Algérie.

Nasreddine décède avant de réaliser son rêve

Nasreddine Laouira, âgé de 50 ans, est l’un des plus anciens agents de sécurité du complexe gazier de Skikda, le Glik. Transféré, mercredi dernier, à la veille du début de la grève de la faim des agents de sécurité, en urgence au centre hospitalier de Skikda pour des complications artérielles, il restera inconscient avant de rendre l’âme hier à 7h.  Il laisse derrière lui une veuve et 5 enfants. «Il est mort à cause des pressions que nous subissons depuis deux semaines. Il a donné 15 années de sa vie au Glik et n’avait, comme nous tous, qu’un seul rêve : intégrer à titre permanent Sonatrach. Il est mort en simple contractuel. C’est une honte pour toute la zone pétrochimique», a déclaré son collègue Des représentants des agents grévistes ont tenu par la même occasion à révéler que le défunt, pris d’un malaise dans l’enceinte même du complexe, ne disposait même pas d’un contrat de travail. « Nous poursuivons notre lutte et refusons de servir de marchandise qui se loue et se lègue d’une entreprise privée à une autre. Notre collègue est mort et c’est Sonatrach qui l’a tué », s’écrie l’un des grévistes.

En souvenir de Ali Belaroussi et de mon ami Azzedine Belkadi

deuxdiplomates.jpg

Le 25 juillet 2005, j’étais avec des amis journalistes quand j’ai appris ton assassinat par des terroristes en Irak. Les journalistes m’ont posé une question sur ton éventuelle appartenance au DRS algérien. Te connaissant depuis de longues années, j’ai vite démenti ces allégations mensongères. Je savais que l’accusation visait à justifier ton assassinat.

Azzedine, tu étais estimé pour ta simplicité, ta modestie et ta conduite exemplaire. Tu étais au service de la jeunesse et du mouvement associatif. Tu es mort en martyr. Repose en paix mon ami.  El Mouhtarem

Tournoi national à la mémoire de Rabah Aissat

La ville de Draâ Ben Khedda dans la wilaya de Tizi-Ouzou accueillera du 9 et le 11 juillet le premier tournoi national des petits champions. Dédiée à la mémoire du regretté Rabah Aïssat, ex-P/APW de Tizi Ouzou et Mohamed Boughias, ex-S/G de la Pépinière sportive de Draâ Ben Khedda (PSDBK), cette première édition est organisée par la PSDBK, le club sportif amateur (CSA) et l’école de football en collaboration avec les autorités locales. La compétition se jouera au stade communal de DBK. Des équipes de football de Biskra, de Ouargla, d’Alger et de Béjaia participeront au tournoi. Prendront part également des sélections locales : l’équipe d’Abi Youssef (Aïn El Hammam), le onze d’Ait Saïd de Bouzeguene, la J.F. Tizi Ouzou et la PSDBK. La phase des éliminatoires ouvrira le challenge, mercredi à 9h, suivie des rencontres de classement, jeudi, à partir de 8h. Ainsi, les finalistes, clôtureront la partie le même jour à 10h.

1...8910111213

FRONT NATIONAL - Bouches-du... |
Mouvement des Jeunes Social... |
15ème circonscription du No... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Sagvar, le Roman Noir de la...
| Sarkophage
| UES - Claude WEBER